Bonjour à vous lecteurs et lectrices,
En spectatrice quelque peu décontenancée par les derniers propos tenus sur le forum concernant le bandeau d’accueil, j’ai hésité à mettre ces extraits en ligne. Je ne veux nullement choquer par mes écrits et tiens à m’excuser si cela devait gêner quelqu’un. Je m’amuse à écrire ce genre de scénettes sans prétentions, c’est un défouloir et une prise de liberté.
Un texte érotique est apparemment difficile à définir, à codifier, je m’y suis essayée, en vain, alors j’ai pensé à ce que moi j’aimerai lire un soir, seule dans mon lit douillet, l’esprit libéré et enfin détendue. Cela a donné naissance à une nouvelle encore inachevée.
« Gribouiller » reste un petit plaisir qui revient périodiquement comme l’envie de chocolat, alors faute d’Appel à textes sur l’Economie mondiale ou la Politique française, je sors de mon ordinateur ce que je trouve…
Mon écriture, je le crains, ne s’est toujours pas corrigée de ses défauts dont la concordance des temps et pourtant je fais des efforts.
Voici donc les premiers extraits des mémoires d’une jeune fille très libertine :
« Depuis mon enfance, je vivais avec ma tante au château familial. Dans l’espoir de réaliser un beau mariage, je recevais toute l’éducation que les jeunes filles de bonnes familles se devaient de connaître. Monsieur Daniel, mon Précepteur, récemment rentré du front et gravement blessé, se déplaçait difficilement avec sa canne. Deux passions dans ma vie m’animaient l’écriture et les hommes. Je remplissais des cahiers entiers ne me lassant jamais d’y déposer mes moindres pensées, des plus futiles au plus déconseillées pour une jeune fille.
Depuis mes seize ans, je regardais ou mieux j’étudiais toutes sortes de spécimens masculins, du simple domestique au plus noble représentant de la couronne. Ma tante m’interdisait l’accès à la bibliothèque, m’empêchant ainsi d’en apprendre plus par le biais des livres. Je passais donc mon temps libre et certaines de mes nuits à espionner les domestiques et cela était fort intéressant.
— Mademoiselle Hannah vous rêvassez ?!
— Non Monsieur Daniel, je réfléchis.
— Alors faites-le en rédigeant votre devoir.
— Oui Monsieur.
Se levant avec difficultés de sa chaise, je l’entends traverser la pièce et venir se positionner derrière moi. Son souffle chaud caresse mon oreille, l’odeur dégagée par son corps à la fois boisée et virile me met dans un état émotionnel inédit, j’en perds mes moyens et mon cœur bat plus fort. Lorsqu’il tend le bras pour tourner la page de mon devoir, j’imagine qu’en se redressant il frôlera mon bras, mon épaule et enfin ma nuque offerte. Mais non, il se recule et je devine qu’une nouvelle fois sa main est venue rejoindre la première sur le pommeau de sa canne.
— C’est très bien, vos personnages sont parfaitement dans leurs tourments.
— Merci.
— Cela suffira pour aujourd’hui, vous avez trois jours pour terminer, je vous revoie lundi matin.
— Mais…et demain ?
— Non, votre tante m’a expressément demandé de vous libérer, elle souhaite que rencontriez son fiancé.
— Alors à lundi Monsieur Daniel.
Dans l’état où j’étais un seul homme pouvait me satisfaire, Gédéon, le Maître d’écurie, étalon masculin de couleur travaillant pour notre famille. Je lui devais mes premières initiations et la découverte du plaisir féminin.
Au moment de le rejoindre j’accélère le pas, je nous imagine déjà, lui entrant dans l’orifice de mes fesses et moi le suppliant de ne pas s’arrêter. Jamais, il ne voulait me déflorer, seul mon époux aurait ce privilège. Je le retrouve donc dans l’espace réservé au carrosse et au phaéton, il astique les dorures avec application et surtout torse nu. Quel corps parfait ! Entendant ma course, il se retourne et me sourit. Essoufflée et impatiente, je me jette dans ses bras et l’embrasse à pleine bouche en m’accrochant à son cou.
— Bonjour Mademoiselle. Monsieur Daniel vous a libéré !
— Oui et pour trois jours, alors je suis venue te rejoindre le plus vite possible.
— Je vois, tu as le souffle court et tu as de la chance tout le monde est parti.
— Je sais, j’ai croisé les lads sur le chemin. Tu crois qu’ils se doutent pour toi et moi ?
— Peut-être, cela te dérange de te faire prendre par un noir ?
— Non, prends-moi comme tu veux et aussi souvent, tu sais que j’aime cela.
— Viens, j’ai préparé dans un des box quelque chose pour toi.
Le box est impeccable, recouvert de paille au sol, l’odeur qui s’en dégage est un puissant aphrodisiaque. En son centre, trois ballots de paille en forme de cube et disposés en escalier, je devine déjà l’idée de Gédéon et je suis impatiente.
— Cela te plait et t’inspire ?
— Beaucoup.
Ses mains quittent ma taille qu’il avait prise pour me guider jusque-là et montent le long de mon dos, les agrafes de mon corset sautent les unes après les autres et à chaque fois il pose ses lèvres sur ma peau. Gédéon est l’homme le plus doux et le plus fort. Maintenant, face à moi, il m’ôte le corset et le pose sur la botte de paille la plus haute. Puis très naturellement, il dégrafe mes deux jupons, les abaissent jusqu’au sol, les disposent sur la première botte de paille et reprend son effeuillage en délassant ma culotte. Vêtue maintenant seulement de mes bas et bottines, je constate toujours émerveillée que ma peau laiteuse serrée contre celle chocolatée de Gédéon est toujours aussi émoustillante, pour preuve la chaleur ressentie entre mes cuisses. Je veux que la langue de Gédéon y vienne, j’adore cette sensation et lui buvait à cette source le liquide qui en sortait.
Mais en cette fin d’après-midi ce n’est pas ce qu’il a prévu, il me pousse vers les ballots, m’oblige à m’agenouiller sur le premier et à poser mes mains sur le plus haut. D’une main Gédéon caresse mon dos et de l’autre se masturbe si fortement qu’il ne tarde pas à obtenir le maximum d’érection de son sexe. Sa main sur mon dos descend jusqu’à mes fesses et son pouce vient chercher l’orifice pour le fouiller d’abord doucement avant d’y introduire un second doigt. Face à cette première intrusion, un cri m’échappe et je pousse mon bassin vers l’arrière, j’en veux plus, je veux sa verge. Une de mes mains vient s’enhardir dans mon sexe et caresser cette petite crête érectile comme Gédéon me l’a appris, je la pince, la stimule et la mouille grâce à la sève qui se répand en moi, preuve que mon corps aussi désire recevoir du plaisir. Mon intimité pulse et mon index fourrage à son entrée, mais jamais trop. En même temps, je sens le sommet de la verge venir à l’orée de l’orifice où Gédéon aime s’introduire et une nouvelle fois il n’hésite pas. Son membre entre dans cet espace qu’il a façonné depuis quelques semaines, d’abord étroit, je sentais maintenant que le passage était formaté à son gabarit et j’appréciais de ne plus souffrir, mes cris n’étaient que plaisir. Si une de ses mains reste sur ma croupe, l’autre vient pétrir fermement un de mes seins accentuant les sensations. Mon corps se cambre pour s’offrir et sur un dernier râle je jouis, bientôt rejointe par Gédéon qui répand sa semence. »
…
« Depuis l’aube, ma tante s’enfermait dans sa chambre aidée de deux domestiques pour trouver la tenue parfaite pour recevoir son fiancé attendu pour le déjeuner. J’avais donc eu tout le loisir de passer voir Gédéon, même si ce dernier était occupé à retrousser les jupons de la laitière venue déposer les pots à l’office, je n’avais pas détourné les yeux en les surprenant. Observer leurs corps enchevêtrés dans les tissus, écouter leurs cris de plaisir me donnaient des frissons d’envie. Alors, je n’ai pas hésité longtemps et me suis glissée à l’entrée de la sellerie, espérant ne pas être vue. Mon corset délacé, je pinçais mes tétons déjà tendus et glissais mon autre main dans ma jupe. Ainsi au travers de ma culotte, je me masturbais avec deux doigts, m’imaginant recevoir la fessée des larges mains de Gédéon. Plus la laitière gémissait et plus j’enfonçais mon index bientôt suivi de mon majeur plus loin encore en moi, au-delà de ce qu’il fallait. Cette cadence de fessées était aussi un supplice pour moi, je couinais et chevauchais mes doigts au même rythme. Mon souffle se fait difficile, ma main sur ma poitrine trouve à prendre appui sur le mur frais et là, plus rien ne retient mon corps, je jouis, je tremble et ne reconnais pas le son rauque et guttural qui sort de ma bouche. L’extase, tout simplement. Gédéon était un amant extraordinaire, un pur-sang et aucune pouliche ne lui résistait. Je reste quelques instants au sol pour me remettre de tous ces troubles, les yeux fermés, les jambes écartées, je reprends mon souffle et calme le rythme de mon cœur.
Bizarre, mon sein gauche est doucement caressé, rouvrant les yeux, je vois la jeune laitière agenouillée devant moi souriante et Gédéon dans son dos qui d’une main lui caresse la tête et de l’autre empoigne sa verge tendue. La bouche de la jeune fille s’approche de la mienne d’abord incertaine, elle prend de l’assurance. Mes lèvres s’entrouvrent pour savourer mon premier baiser entre filles. C’est bon, c’est beau, c’est tendre, sa petite langue se frotte à la mienne presque intimidée de cette intrusion. La caresse sur mon sein s’accentue, alors je m’enhardis, ma bouche dévore la sienne, mes mains cherchent à retrousser sa jupe et trouve en l’absence de culotte l’accès direct à ce sexe sosie du mien. Je le caresse avant d’en découvrir tous les recoins et lorsqu’elle gémit un certain vertige me prend. J’enfonce deux doigts dans son intimité, ressors, rentre de nouveau, son bassin tangue vers moi, notre baiser se prolonge et lorsqu’elle me quitte pour mordiller mon téton je hurle de plaisir et mes doigts la pénètre profondément déclenchant des spasmes dans son vagin. Gédéon nous observe et à voir son érection, je sais ce qu’il désire. Il tire alors les cheveux de la laitière et l’oblige à prendre sa hampe dans sa bouche, le spectacle des deux se percutant est hypnotique. Pour ne pas être en reste, je fouille une nouvelle fois l’intimité de la laitière et récolte sur mes doigts la sève s’écoulant abondamment, je savais déjà que j’y goutterai mais pour l’instant j’accentuai mes va-et-vient au rythme de ceux de Gédéon. Sur un dernier coup de boutoir, il se répand dans sa gorge, elle recrache en partie cette semence et s’empale sur ma main dans un cri d’extase.
Cette débauche des corps inédite m’ouvre de nouvelles perspectives, je souris à Gédéon, pousse sur le côté la laitière qui ne retient plus ses sanglots et enfin lèche mes doigts sous le regard étonné de l’homme à qui je dois tout ce plaisir.
Mon entrejambe encore humide je rentre discrètement et remonte dans ma chambre pour me laver à même la bassine d’eau fraiche posée à côté de ma coiffeuse. Ma tenue froissée n’est plus mettable, je n’ose appeler la domestique et me rhabille seule terminant que peu de temps avant l’arrivée du prétendant de ma tante. C’est presque en courant que je rejoins le salon d’accueil du rez-de-chaussée.
— Enfin, Hannah où étiez-vous donc, nous vous attendons ?
— Excusez mon retard tante Geneviève, je travaillais un devoir.
— Bien, je vous présente le Vicomte Théodore de Grandville.
L’homme qui regardait jusqu’à maintenant par la fenêtre se retourne d’un seul mouvement. Il n’est guère dans les standards de beauté masculine, un visage buriné, sévère et marqué d’une cicatrice sous l’œil gauche donne à ce dernier un air penché. Le reste du corps s’apprécie sans mal, belle stature, épaules larges, je devine sous son habit que le reste parait fonctionnel. Cette pensée me fait rougir et ma révérence s’en trouve quelque peu gauche et peu conventionnelle.
— Et bien ma nièce quel étrange comportement.
— Ce n’est rien très chère, la fraicheur de la jeunesse et puis, je ne suis pas tout à fait l’image que l’on attend d’un fiancé. N’est-ce pas Mademoiselle … Hannah, je crois !
Il avait donc remarqué mes rougeurs et ma confusion. Sa voix forte et autoritaire déclenche une trainée de frissons le long de ma colonne vertébrale. Troublée, ma réponse fuse sans retenue :
— Votre image semble être celle d’un homme d’expérience.
Son rire finit de me déconcerter.
— C’est exact Mademoiselle, une très grande expérience dans bien des domaines et … j’espère pouvoir vous le démontrer bientôt. »
…
« Le déjeuner dans la salle à manger généralement réservée aux grandes occasions est une première pour ma tante et moi, la dernière utilisation remontait du vivant de mes parents soit une douzaine d’années auparavant. Le couvert dressé sur l’immense table nous rend ridiculement petits, le Vicomte placé en face de moi ne cache aucunement son impertinence, son regard dit ce que sa bouche tait. Difficile d’éviter à nos regards de se croiser, j’avais honte de ne pouvoir m’y soustraire.
Dès le début du repas son pied avait cherché les miens, je ne voulais pas passer pour une oie blanche, alors j’acceptais cette joute inédite et trouvais même cela très osé. Comment le pied chaussé d’un homme montant et descendant de ma cheville à mon mollet pouvait avoir une telle répercussion érotique ?
La conversation de ma tante se résume à un quasi monologue, le Vicomte se contentant de répondre à grand renfort de « Vous avez raison très chère » ou d’un indifférent « Je vous fais confiance ma mie ». Quant à moi, mon silence était une habitude, un accord tacite, ma tante et moi n’étions pas les meilleures amies. Le service du café annoncé dans le petit salon j’en profite pour m’éclipser. Réfugiée dans la roseraie, cadeau de mon père à ma mère, je trouve un banc à l’abri des regards et reprend peu à peu mes esprits.
Mon imagination vagabonde, je me vois nue allongée sur une méridienne des pétales de roses tout autour de moi, le Vicomte debout devant moi prend mon pied, le pose sur son sexe gonflé et commence de lentes caresses de ma cheville à ma cuisse. A chaque fois qu’il se penche pour déposer un baiser sur mon genou, j’appuie plus fermement sur son entrejambe et lorsqu’il se frotte à mon pied je souris, ravie de lui donner ce plaisir. Instinctivement, je plie ma jambe afin que ses mains me caressent plus haut, juste au cœur de ma féminité. Lorsque ses doigts l’efflorent, mon bassin se soulève et je gémis : « Oui, encore… ». Alors, à mon tour, mes doigts rejoignent les siens, ils s’entrelacent et s’unissent dans ma chaleur… Je m’entends soupirer et sors de ce songe pour revenir sur le banc, le vent s’est levé et j’ai froid. Ce diable d’homme en plus d’être le fiancé de ma tante était un danger, certainement un coureur de jupons désargenté, ma décision ne devait souffrir d’aucune hésitation, éviter le Vicomte.
De retour dans ma chambre pour reprendre mon devoir de littérature anglaise, je suis surprise de découvrir sur mon secrétaire, un pli portant mon prénom. Impatiente d’en connaître l’expéditeur, je décachète le papier et lis, rougissante : « Vous et moi, une évidence. Si vous ressentez aussi cette attirance, cette nuit sera la nôtre. Venez, vous brûler les ailes joli papillon. Théodore. »
Quoi ?! Mes jambes flageolent, je ne peux que m’asseoir, mes sens m’égarent. Quelle impudence, quelle effronterie, quelle goujaterie, les mots me manquent. Que faire de ce feuillet qui enflamme mes doigts ? Je le plie et le replie plusieurs fois et choisis de le glisser dans mon corset contre mon sein gauche. Le rouge ne semble pas vouloir quitter mes joues, il me faut retrouver mon calme avant de rejoindre ma tante et son fiancé pour la visite du domaine prévue dans moins d’une heure maintenant.
Le phaéton est dans la cour, à ses côtés Gédéon flatte l’encolure du cheval, mais ni ma tante, ni son fiancé ne sont présents et puis ce mode de transport est prévu pour deux personnes. Le Vicomte a peut-être choisi de monter son cheval.
— Bonjour Mademoiselle Hannah.
— Dites-moi Gédéon, savez pour qui est l’attelage ?
— Monsieur le Vicomte m’a informé que Madame votre tante se sent lasse et préfère garder la chambre …
— Donc Mademoiselle, il vous revient de me faire visiter le domaine.
Caché derrière la capote, le Vicomte s’était donc dispensé de manifester sa présence.
— … Votre main je vous prie.
Impossible de refuser sans paraître impolie. Installée, je regarde le Vicomte contourner le phaéton et monter à mes côtés.
— Par où partons-nous ?
— A droite, nous longerons ainsi plus rapidement le domaine en suivant le lac.
— Pressée Mademoiselle Hannah ?
— Je pense simplement que la compagnie de ma tante, vous serait plus agréable Monsieur le Vicomte.
— Appelez-moi Théodore ou mieux Théo, après tout, nous allons dorénavant vivre ensemble.
Comprenant le double sens de ses paroles, je me trouble et cache mon visage en passant mes mains sur mes joues. Nous avions parcouru à peine un kilomètre et je me sentais toujours bizarre, une sorte d’appréhension doublée d’une excitation inappropriée envers cet homme.
— Quelque chose ne va pas Hannah ? Ooohhh ! J’attache le cheval et nous marchons un peu, vous êtes toute rouge.
— Non, non, je vous assure !
Trop tard, il contourne la voiture, pose ses larges mains sur ma taille et me soulève comme si mon poids était insignifiant.
— Marchons un peu le long du sous-bois, l’air frais vous fera du bien.
Il avait raison, ce sentiment de malaise disparaissait au fur et à mesure de l’avancée de nos pas dans l’allée forestière, le Vicomte tenait mon bras dans les règles de l’art sans se départir de son éducation de gentleman.
— Vous savez ce qu’il va arriver entre nous ? Je suis un homme clairvoyant en matière de femmes et votre comportement ne trompe pas, le mien non plus d’ailleurs.
— Monsieur le Vicomte, je ne vous permets pas…
— Certes Mademoiselle, mais là l’envie de vous appuyer contre un arbre me taraude le bassin. Alors ?
Sans me laisser une chance de répondre, le Vicomte me pousse contre un chêne, certainement centenaire, ses deux mains bloquent mes épaules, je ne vois plus que sa bouche s’approcher et je ne peux empêcher mes lèvres de s’ouvrir. Notre premier baiser est fantastique, différent de tous les autres, d’abord brusque Théodore devient doux et ses doigts rugueux enserrent mon cou. Les bras ballants, je savoure ses lèvres, sa langue et quand sa bouche se fait plus entreprenante sur mon visage, je lui facilite tous les accès. Il s’empare de mon oreille, je manque de défaillir de désir et ne retiens pas mes gémissements de plaisir. Son corps écrase le mien, une main derrière ma nuque et l’autre qui malmène un sein sorti de sa corbeille, je perds toute contenance devant mon envie pour cet homme, fiancé de ma tante. Mais cette dernière remarque de mon cerveau est balayée lorsqu’une de mes mains se glisse entre nous et vient se presser contre son entrejambe. Son râle de surprise, puis son sourire sont pour moi une autorisation, voire un encouragement, alors malmenant son pantalon, ma main se faufile jusqu’à sa verge tendue, dure et prête à l’emploi.
— Continue joli papillon.
A cette invite, ma seconde main caresse ses fesses et les presse. Théodore lèche mon sein dévêtu et en mordille son sommet durci, je crie sans lâcher ce que je tiens. Une de mes jambes monte le long de la sienne en une tentative de caresse qui ressemble plus à un frottement de chienne en chaleur, je ne le nie pas, mon corps en veut plus. Les épaisseurs de tissus sont un obstacle insurmontable.
— Bon sang ! Vous êtes un vrai danger Mademoiselle.
Je ne suis plus moi, je me vois au ralenti comme incapable de gérer la suite de mes gestes. Glissant le long de l’arbre, je me retrouve appuyée à lui et accroupie devant ce qui s’offre à moi. Je respire fort, ouvre grand les yeux et sans hésiter mes mains s’activent à débrailler Monsieur le Vicomte de Grandville, lorsque cela est fait c’est fièrement que se dresse devant mon regard sa grande et belle noblesse. Je sens à peine les deux mains se poser sur mes épaules, ma bouche est attirée, mais c’est ma langue qui la première goutte cette verge offerte, en savoure sa chaleur et sa douceur. Ma bouche l’aspire, la retient, l’aspire encore et la retient de nouveau, une folie…
«… que je ne maîtrise pas me pousse à vouloir plus. Quand les premières gouttes de sperme ruissellent sur ma langue, je jubile intérieurement. Dominer un tel homme et de cette manière, Gédéon serait fière de moi. Je sens à peine les mains du Vicomte se crisper sur ma chevelure apprêtée, son sexe vient heurter mon palais, ma gorge et je comprends alors que même si je le voulais, un retour est impossible. Dans un râle de mâle satisfait, je reçois sa semence comme un don précieux, sa verge cogne encore une fois dans le fond de ma bouche et se retire. Nos yeux se fixent intensément et je rougis d’un coup lorsqu’apparait devant mon visage un mouchoir dont je m’empare pour essuyer mes lèvres sans perdre mes bonnes manières malgré les circonstances.
— Hannah, vous êtes ce que tout homme rêve de rencontrer au moins une fois dans sa vie. Votre époux sera un homme chanceux et assurément combler.
— Je ne vous permets pas de tels …
— Vous savez que j’ai raison. Viendrez-vous me rejoindre cette nuit ?
— Non !
Remettre de l’ordre dans ma tenue et ma coiffure n’aurait pu se faire sans l’aide du Vicomte.
— Comment est ma coiffure Monsieur ?
— Personne de doutera de ce qui s’est passé.
— Oh non, je ne peux pas rentrer ainsi.
— Pas d’inquiétude, nous passerons par les cuisines et si quelqu’un s’étonne je sauverai votre honneur en expliquant que prise de peur par un bourdon vous avez craint qu’il se soit coincé dans votre chevelure.
— C’est abracadabrantesque.
— J’en conviens, partons, votre tante risque de se poser des questions.
Le retour se fait en silence, seule la main du Vicomte posée sur les miennes croisées nerveusement montre que ce qu’il s’est passé dans les sous-bois fait aussi écho en lui, mais de quelle façon ?
A notre retour Gédéon m’aide à descendre.
— Mademoiselle devrait utiliser son étole pour couvrir en partie la mise de sa coiffure.
Rougissante, je m’exécute et rejoins en hâte mes appartements, sonne Clara ma femme de chambre et commence à me déshabiller.
— Mademoiselle a besoin de moi ?
— Oui Clara, un bain et après votre petite douceur.
— Bien Mademoiselle, je m’occupe de l’eau et du reste.
En attendant que tout soit prêt, mes souvenirs me ramène dans le sous-bois, cette folie avec cet homme devait prendre fin, il le fallait pour ma tante et pour moi.
Au retour de ma tendre Clara, j’oublie tout, le baquet en cuivre recouvert d’un large drap accueille mon corps et l’eau tiède bienfaisante est un plaisir qui prend de l’ampleur lorsque les magnifiques mains de Clara s’emparent du pain de savon et effectuent de tendres attouchements sur une ligne nuque, épaules, bras et mains. Picorée par ses baisers mutins, je ressens un tel bien-être physique que lorsqu’elle effleure ma poitrine je ne peux que soupirer d’aise. Elle détenait un tel pouvoir sur mes sens, la maîtresse de mon corps, munit d’une éponge savonnée généreusement, elle caresse à peine mes tétons bruns qu’ils se dressent comme par magie et quand ses lèvres s’emparent de l’un pour le suçoter, le lécher, le mordiller, je perds toute notion de temps et de lieu. Mes mains plongent sous l’eau pour rejoindre mon coquillage et au même rythme que sa bouche envahissante, mes mains envahissent de la même façon mon intimité… »