Bonsoir !
Je suis tombée sur le bandeau de l'atelier à texte, j'ai eu envie d'essayer car c'est la première fois que j'écris un texte de ce type, je ne sais pas si l'occasion se présentera à nouveau ! ::)
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Alors que je pénètre dans l’open-space, mes sens sont en alerte. Je ne suis pas supposée être présente à cette heure si tardive, encore moins dans un service qui n’est pas le mien.
La vaste pièce est dépourvue de lumière. J’avance à tâtons, guidée par les faibles éclairages des postes informatiques. Enfin, j’aperçois sa silhouette. Dos à moi, il fixe le building d’en face, parfaitement immobile. J’approche à pas feutrés, et dépose délicatement mon manteau sur le coin d’un bureau. Concentré dans sa contemplation, il ne m’a pas entendue. Les battements de mon cœur s’accélèrent lorsque je hume son parfum musqué, cela me ramène instantanément à notre dernière rencontre. Alors que je me poste à ses côtés, plaquant mes mains moites sur ma jupe pour gagner de l’assurance, je peux enfin admirer le tableau qu’il m’avait promis, des semaines auparavant. Il avait raison, encore une fois : la vue est à couper le souffle. Du cinquante-sixième étage, les véhicules et la vie citadine paraissent insignifiants. Mon travail aux archives, au deuxième étage, me prive de cet avantage.
— Je ne pensais pas que tu viendrais, dit-il doucement.
Sa voix réveille quelque chose en moi, je perds mes moyens alors qu’il ne m'a toujours pas adressé le moindre regard. Comment puis-je autant désirer un homme que je connais à peine ? C’est curieux, lorsqu’on y pense : je ne connais ni son âge ni même sa fonction, bien que j'en ai une vague idée. En revanche, l’intensité de son regard voilé de désir m’est familière et une forme inégalable d'attraction se crée lorsque nos corps se frôlent.
— J’ai horreur d’enfreindre le règlement, dis-je dans un murmure.
Il sourit, et tourne enfin la tête vers moi. Il m’observe attentivement, sachant exactement pourquoi je me trouve ici, auprès de lui. L’éclat de lumière dorée du bâtiment d’en face se reflète dans ses cheveux, attire mon regard sur la chaîne en argent qui scintille sur le blanc éclatant de sa chemise.
— Mais tu es là, conclut-il, sûr de lui.
— Combien de temps allons-nous tenir ainsi ? J’ai pensé à toi toute cette journée, dis-je en me rapprochant de lui.
— Je ne sais pas, tant que j’en aurais envie, se contente-t-il de répondre.
Sa main attrape la mienne, étreinte légèrement autoritaire. Je frissonne tout en me demandant si nous sommes vraiment seuls. Étrangement, je préfère ne pas en avoir la certitude.
— Personne ne viendra, souffle-t-il au creux de mon oreille, à moins que je le décide.
— Les portes sont ouvertes, puisque je suis entrée, dis-je avec hésitation sans parvenir à masquer mon malaise.
Il me fixe, impassible. J’avais oublié qu’avec lui, tout a un double sens. Il me fixe intensément, passe une main dans mes cheveux épais et prolonge sa caresse en effleurant mon cou, puis ma clavicule. Son regard inquisiteur m’embrase et je succombe, pourquoi essayer de le combattre ?
Je ne parviens à pas déceler la moindre émotion à travers son regard lorsqu’il me regarde de cette façon. Pourtant, j’ai envie qu’il se jette sur moi. Je brûle d’impatience à l’idée de me retrouver emprisonnée entre ses bras puissants. J’ai du mal à déglutir et mes yeux se ferment tandis qu’il m’embrasse avec fougue. Ses cheveux fins chatouillent mon front tandis que je fonds sous son emprise. Contre toute attente, il se détache de moi et me plaque contre la baie vitrée, dos à lui. Surprise, je n’ai pas le temps de réagir. Il se colle à moi et embrasse mon cou, méthodiquement, après avoir dégagé ma chevelure.
J’ai subitement chaud, ma peau s’embrase et retiens un gémissement. Il recule un instant, je sens son regard peser dans mon dos.
Libérée de cette étreinte brûlante, mille idées se bousculent dans mon esprit : ma vie est bien rangée, pourquoi lorsque je l’aperçois, j’ai envie qu’il me prenne sauvagement ? Est-ce son sourire énigmatique qui me pousse à aller hors de mes retranchements, à braver les interdits ? Mon regard se pose sur l’alliance qui enserre son annulaire lorsque ses mains m’enlacent à nouveau, je déglutis difficilement. Il le remarque et se contente de revenir à la charge, comme pour me convaincre de rester.
Ses lèvres chaudes sur ma peau entraînent une myriade de sensations qui me rapprochent un peu plus de l’orgasme. Ses dents me mordillent doucement, titillant mes nerfs. Je mords mes lèvres sans m’en rendre compte, je dois me retenir encore un peu.
J’ai tant envie de lui, de serrer son corps solide contre le mien. Suppliante, je tente de me retourner pour lui rendre son étreinte. Il pose ses mains sur mes hanches pour m’en empêcher, avec autorité. Ses bras puissants ceignent ma taille, ses baisers se font plus pressants et mes genoux manquent de se dérober. Lorsqu’il passe ses mains froides sous mon chemiser, je frisonne et commence à me détendre. Mais cela ne lui suffit pas. Il me chuchote à l’oreille, d’une voix rauque :
— Je veux que tu le dises, ma belle.
Je ferme les yeux lorsque ses mains remontent jusqu’à mon soutien-gorge. Ses doigts habiles trouvent rapidement l’attache et bientôt, ils frôlent le contour de mes seins. Sa respiration s’accélère et je sens son sexe se presser contre le bas de mon dos. Je retiens à nouveau un gémissement, et sursaute lorsqu’il arrache les boutons de mon haut, qui glisse silencieusement sur le sol. Il se délecte de ma surprise, puis se débarrasse avec nonchalance d’un des boutons resté dans ses mains. Même s’il est derrière moi, je sais qu’il attend une réponse.
— Je le veux, j’ai envie de toi, j’articule avec difficulté.
— Pas suffisant.
Il fait glisser les bretelles de mon soutien-gorge sur mes épaules, et le retire sans hésitation. Il prend ensuite coupe mes deux seins, raffermit la pression de nos corps tandis que je me cambre pour mieux le sentir contre moi. Il suçote lentement mon cou, en mordille la peau tendre, et pince doucement les pointes dressées de mes tétons. Je gémis doucement, moite de plaisir, et l’implore de me laisser me retourner.
- Non, murmure-t-il, je veux que tu te retiennes.
J’essaie de serrer les cuisses pour apaiser le feu qu’il a déclenché par ces mots simples, mais il ne me le permet pas. Il glisse un genou entre mes jambes pour empêcher tout mouvement, avant de reprendre ses caresses cuisantes. Il enfouit sa tête dans mon cou et ses doigts continuent de titiller ma poitrine.
- Pose tes mains sur la vitre.
Je m’exécute, sentant immédiatement le froid du plexiglas sur mes paumes moites. Je tends les fesses vers lui, suppliante. Sa main suit ma colonne vertébrale, mes poils se hérissent car l’orgasme se rapproche dangereusement. Guidée par ses mots, je baisse la tête lorsqu’il pose ses mains sur mes fesses, qu’il caresse enfin mes cuisses.
- Retire ta jupe.
Tremblante, je m’exécute et manque de trébucher en voulant l’enjamber. Il est clair que je ne suis pas en pleine possession de mes moyens. Il se colle à nouveau à moi et j’entends sa respiration saccadée. Ses mains qui se nichent à l’intérieur de mes cuisses se font plus pressantes, comme ses caresses expertes qui visent précisément à éviter mon sexe brûlant de désir. Je me tends un peu plus contre lui.
- Si tu continues, je vais jouir, balbutié-je, je ne peux plus me retenir.
Il accède enfin à ma requête et me fait pivoter pour que je me retrouve face à lui. Mon dos nu écrase la baie vitrée. Ses yeux sombres rencontrent les miens et je l’embrasse avec force, enroulant sa langue de la mienne. Il mordille mes lèvres, tandis que j’entreprends de déboutonner sa chemise claire. Mes mains tremblent, sous le joug du désir. Un sourire énigmatique semble éclairer son visage. Cela ne fait aucun doute, nous avons suffisamment joué. En deux mouvements, il m’agrippe par les cuisses et me dépose sur le bureau le plus proche. Il se niche entre mes cuisses nues, et je me précipite sur sa ceinture. Son jean glisse sur ses cuisses fuselées. Il me contemple un instant, découvrant comme pour la première fois mon corps tendu par le plaisir qui me cisaille.
Lorsqu’il se presse contre moi, son érection menace d’imploser. Mécaniquement, je serre mes jambes autour de sa taille mince mais il se dégage de cette étreinte. Il enroule mes cheveux autour de son poing, me scrute un court instant avant de renoncer. Pas ce soir, je connais ce regard. Ce n’est pas ce qu’il veut.
Il attrape les bords de ma culotte en dentelle, et la fait glisser lentement sur mes jambes. Pratiquement nue, j’admire les courbes de son corps, les reflets de ses cheveux cuivrés lorsqu’il empoigne doucement mes cuisses. Ses mains parcourent avidement chaque parcelle de peau, déclenchant une cascade de plaisir. Je me renverse sur le bois du bureau lorsqu’il pose une main au centre de ma poitrine, et manque de défaillir lorsqu’il effleure le bas de mon ventre de ses doigts experts.
— Tu es déjà trempée, souffle-t-il d’une voix rauque, je veux t’entendre.
Ma respiration s’accélère, et gémis à mon insu lorsque je perçois son souffle sur mon sexe gonflé de désir. Son pouce effleure mon clitoris avec une douceur calculée, maîtrisée, tandis qu’il insère un doigt en moi. Mes cuisses se contractent, mon souffle devient court. Je sais qu’il observe chacune de mes réactions, il agit toujours ainsi lorsqu’il me conduit jusqu’à l’orgasme.
Ses caresses sont divines, je plaque une main sur mes lèvres pour rester silencieuse. Il demeure immobile un instant, je sens qu’il va s’éloigner si je ne cède pas.
— Baise-moi, murmuré-je, les joues rougies par la honte.
— Plus fort, dit-il, impitoyable.
— Maintenant, je crie sans m’en rendre compte, prends-moi maintenant !
Ses lèvres s’étirent en un sourire satisfait et lorsqu’il dessine des cercles sur mon clitoris et qu’il me pénètre de deux doigts, un orgasme me transperce et me laisse pantelante.
Ivre de plaisir, je me redresse d’un bond et me jette sur lui. L’idée qu’il me prenne immédiatement devient pour moi une obsession, je ressens le besoin impérieux de sentir son sexe en moi.
Surpris, il se laisse avoir et nous nous retrouvons sur la moquette, moi à califourchon sur lui. Je le débarrasse de son boxer et l’embrasse avec fougue, aspirant la peau de ses lèvres. Je passe mes mains dans ses cheveux, presse mon clitoris contre son érection. Transcendés par le désir, plus rien n’a d’importance. Nos yeux se rencontrent et il me fait basculer sous lui.
J’ouvre les jambes pour mieux l’accueillir, impatiente à l’idée qu’il me pénètre. Il agrippe mes poignets et les place au- dessus de ma tête, c’est également une vieille habitude sur laquelle je n’ai pas encore eu le courage de le questionner. Je suis trop impatiente pour le réprimander, et me contente d’ouvrir un peu plus les cuisses. Il m’arrache un baiser plus violent, mord doucement la peau de mon cou, et s’enfonce en moi d’un puissant coup de reins. Malgré ma retenue naturelle, je hurle de plaisir.
Il laisse échapper un grognement sourd et entame de puissants va-et-vient. Mes doigts comprimés par les siens cherchent à s’extirper en vain. La mince lumière me permet de voir son visage, transformé par la passion qu’il met à l’ouvrage. Ses coups de reins s’accélèrent, il me pilonne avec force, toujours plus loin, secouant tout mon être. Mes yeux se révulsent. Un deuxième orgasme, encore plus puissant que le précédent, me submerge tandis mon sexe se contracte autour du sien. Je ne remarque pas que mes mains sont libérées, elles trouvent immédiatement le chemin jusqu’à ses cheveux. J’entoure ses hanches de mes jambes et me cambre pour mieux le sentir se répandre en moi. Le souffle court, il se couche sur moi et dépose un rapide baiser sur mes lèvres :
— Je t’attendrai demain, dit-il, je veux que tu reviennes.
— Oui, je serai là, réponds-je dans un murmure.
— J’y compte bien !
Tandis qu’il se relève habilement pour enfiler ses vêtements, je le toise avec curiosité. Comme à chaque fois, je me demande ce que je fiche ici et une étrange sensation de honte s’empare de moi. Je n’ose lui poser la question qui me taraude. Tout en reboutonnant sa chemise, il m’interroge du regard :
— C’est bien demain que tu passes un entretien pour obtenir un poste au dixième étage ?
J’acquiesce silencieusement, entreprenant également de me rhabiller.
— Oui. Tu penses que j’ai mes chances ?
Amusé, il enfile sa veste :
— Pourquoi pas. Je suis marié à la DRH, alors après tout, je te conseille de porter un pantalon. Tu es trop bien foutue pour qu’elle te recrute si portes une de ces jupes fendues.
Je cesse de respirer un instant, surprise par les mots qui viennent de franchir ces lèvres que j’ai si longtemps embrassées, qui ont goûté aux moindres recoins de mon intimité. Il dépose un baiser sur mon front et disparaît de mon champ de vision.