Réponse au défi de faire un texte playa-fantasy (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=21935.msg562502#msg562502) (mots imposés)
Un pas, puis l’autre. Le nourrisson, tendu de chaque côté par des bras gigantesques, apprenait à déambuler sur la toison tondue d’un tigre blanc défunt. Ses parents (biologiques et autres) étaient assis en cercle sur la peau de tigre, et applaudissaient le jeune marcheur.
C’était un orc qui tenait entre ses doigts monstrueux le petit os gracile du radius infantile. Si on ne pouvait pas l’appeler le père, ou la mère, c’était tout de même le parent « principal », dans le sens où c’était lui qui avait apporté une partie conséquente du matériel vivant.
Pourtant l’enfant ne ressemblait en rien à un orc : sa peau était rose et souple, ses cheveux fins et courts, et toute sa physionomie faisait penser à un petit humain normal et sain. Point, donc, de défenses à la mâchoire inférieure, ni de peau glauque et cornée, ni même de prognathisme prononcé ou d’ongles incurvés.
« Quelque part, se disait l’orc tout en tenant les petits bras, ce n’est pas mon enfant. » Mais il ressentait un attachement profond et bouleversant pour le petit. Il avait — de manière toute naturelle – bien engendré des dizaines et des dizaines de petits orcs, sales, écœurants, visqueux, répugnants, etc. Et même si lui-même parfois, ressentait l’envie de se rouler dans la boue — « comme un hippopotame », le raillait-on — il gardait l’apparence aussi propre que possible avec une courte et légère tunique de lin.
L’orc était, après tout, le membre de l’assemblée qui avait l’allure la plus effrayante. Les autres étaient des plus curieux et, au pire, coupables d’être hideux. Sous le soleil brillant de l’île, n’importe quelle momie et n’importe quel blafard avait la plus belle mine et la plus jolie tenue. C’était peut-être, de l’avis de l’orc, une des raisons pour lesquelles Relmo, le père « idéel » de l’enfant, avait choisi ce lieu. Les odeurs de patchouli imbibaient chaque objet qui avait touché la case de bambou où le Maître avait posé ses malles, tellement d’années plus tôt.
Le bébé s’était assis et l’orc avait repris une place dans le cercles des parents. Il n’était pas le seul à être totalement subjugué par le petit être de chair que ne lui ressemblait pas : toute l’assistance était sous emprise. Le pouvoir d’attachement que l’enfant suscitait n’effrayait personne, pourtant. Relmo, le Maître, semblait le seul à ne pas se soucier de l’enfant — qu’il appelait le sujet. L’orc ne s’en plaignait pas — le savant lui inspirait par ailleurs crainte et asservissement. Il préférait le voir fourrager dans son atelier, sans se soucier des palmiers ondoyants du bord de plage, du sable tiède léché par les flots, la dizaine de hamacs tendus pour les parents à travers la bambouseraie.
La couronne de tentacules de l’holothurie vrombirent doucement quand le bébé se dirigea vers elle en rampant. L’holothurie était la seule créature à ne pas pouvoir parler, et semblait à première vue ne pas être douée de conscience — elle n’avait pas de visage, pas de membre osseux. Elle tendait ses podia innombrables vers l’enfant, comme pour le caresser, ou le lécher.
Une colère intense s’éleva dans les parents. Une rothienne aux yeux de galaxie bondit pour empêcher à l’holothurie de toucher l’enfant. Les podia de la créature muette s’émurent de colère. Sans baisser ses antennes, la rothienne se confronta à l’holothurie, puis au khajit qui s’était faufilé entre elles. Bientôt tous les parents étaient debout et se disputaient sans tenir la moindre pensée pour l’enfant.
Le bébé, bousculé par les adultes en conflit, avait été poussé hors de la peau de tigre et se faisait brûler par le sable de midi sous ses jambes, ses mains, son visage. Tentant de ramper vers un bout de sol frais, perdu dans l’étendue brûlante et abandonné par ses parents, il bouillonna en sanglots. De grosses larmes hurlaient contre ses joues rebondies mouillées de bave et chargées de sable, et les larmes sur le sable mouillé traçaient un petit chemin de gouttes qui disparaissait une fois absorbées. Tandis qu’il s’approchait du rivage, recherchant la fraîcheur, une vaguelette le renversa.
Dans sa petite case en bambou, les mains posées sur son miroir horizontal, le Maître Relmo considérait la scène. Il pouvait voir le bébé emporté par les vagues, et les parents insensibles à ses cris. Il soupira, et nota dans son carnet — « essai non-concluant, scénario de type 3 , holothurie-M, rothien-F ».
Yo Oper, je m'attaque à ton texte :)
tendu de chaque côté par des bras gigantesques
:D au début j'ai cru de chaque côté genre bras et jambes, écartelés quoi, pauvre bébé
Ses parents (biologiques et autres)
zut, j'ai cru les parents du tigres ><
dans le sens où c’était lui qui avait apporté une partie conséquente du matériel vivant.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
« Quelque part, se disait l’orc tout en tenant les petits bras, ce n’est pas mon enfant. »
Fun ou triste, telle est la question :mrgreen:
le membre de l’assemblée
zut, je comprends pas de quelle assemblée
sans se soucier des palmiers ondoyants du bord de plage, du sable tiède léché par les flots, la dizaine de hamacs tendus pour les parents à travers la bambouseraie.
oh yeah 8)
La couronne de tentacules de l’holothurie vrombirent doucement quand le bébé se dirigea vers elle en rampant.
hahaaha comme elle sort de nulle part l'holothurie, comme ses intestins quand elle se défend
et semblait à première vue ne pas être douée de conscience
:')
Une rothienne aux yeux de galaxie bondit pour empêcher à l’holothurie de toucher l’enfant.
:(
Le bébé, bousculé par les adultes en conflit, avait été poussé hors de la peau de tigre et se faisait brûler par le sable de midi sous ses jambes, ses mains, son visage
haha mince, glauque ou triste ?
une vaguelette le renversa.
maaaais haha pauvre bébé
Dans sa petite case en bambou, les mains posées sur son miroir horizontal, le Maître Relmo considérait la scène. Il pouvait voir le bébé emporté par les vagues, et les parents insensibles à ses cris. Il soupira, et nota dans son carnet — « essai non-concluant, scénario de type 3 , holothurie-M, rothien-F ».
:') :') :')
J'ai vraiment aimé la fin. Le texte pourrait être retravaillé pour plus de clarté, j'ai eu du mal à comprendre certains passages à premier abord, mais sinon c'était original, et jusqu'à la fin je me suis demandée où tu voulais en venir :D Bien joué !