Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Zacharielle le 03 Octobre 2010 à 16:59:43

Titre: [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Zacharielle le 03 Octobre 2010 à 16:59:43
J'avais envie d'écrire un western. Ca n'en est pas. Tant pis.
___


     Le matin a fermé ses portes.
     Un nuage de poussière retombe.
     Les cloches font tomber sept heures, le bourdon des mouches enfle autour de sa tête. Un degré s’écrase, pesamment suivi d’un autre. Il n’y aura pas de répit avant des années. Pas avant d’avoir traversé l’enfer et son sous-sol. Une journée étalée dans toute son ignoble lenteur. Je vous demande combien de temps ça peut s’étirer.
     Vous ne pouvez pas savoir. Lui va le vivre.

*

     Il s’appelle Than.
     Il porte le chapeau usé des bouviers. Comme lors de la première nuit où je l’ai vu, quand il veillait les vaches et jetait des âmes aux flammes. Les feux de la plaine protègent du froid, des bêtes et des mauvais esprits. Pour Than, c’est différent. Ses yeux plongent dans les abîmes brûlant que nul n’est censé voir. Il lutte pour rester dans ce monde pendant des heures. Quand le soleil se lève enfin, il part avec le troupeau et laisse derrière lui de la fumée grise-amère. On s’approche. Les cendres frémissantes expirent l’odeur tenace de l’au-delà. Je frissonne. S’il n’était pas venu me chercher, je serais morte.

     Il a des manières de cowboy.
     Mâcheur, de chique et de mots. Econome, de mouvements et de pensées. Than est lent. Il est décidé.
     Pas du tout mon genre.
     Il a bien fallu que je m’y fasse.

     J’ai crié.
     Quand il m’a agrippé le bras, quand j’ai cru qu’il me l’arrachait. Quand ses doigts se terminaient alors par des griffes et qu’il avait la peau en crépis. Ce moment, je préférerais ne pas m’en souvenir. Mais c’est le seul, c’est ma naissance, je ne connais rien d’avant. Comment je suis arrivée dans les flammes, pourquoi je ne suis pas allée au ciel comme les bonnes gens, qui m’avait tuée, est-ce que c’était le temps, un orage, mon compagnon, je l’ignore. Il m’a tirée de là, moi qui pense n’avoir rien connu d’autre, il m’a tirée de là pour me forcer à entrer (de nouveau, peut-être) dans les landes réservées aux vivants.
     Mais je ne le connaissais pas.
     Lorsqu’il s’en est aperçu, il était trop tard.

     Avec qui m’a-t-il confondue ?
     J’ai demandé, il n’a rien dit.
     L’infime contraction de sa mâchoire a parlé pour lui. Il s’en voulait de sa méprise : c’est tout ce que je devais savoir. Than m’a regardé droit dans les yeux, une seule fois. M’a liée à lui. Puis il a détourné la tête et a remis son sac sur l’épaule. J’ai eu du mal à le suivre mais je n’ai pas pu faire autrement. Il ne s’est pas retourné. Nous avons marché longtemps à côté du troupeau. Le soir, il n’y a pas eu de feu. Juste sa silhouette immobile accroupie un peu plus haut. Il n’a pas dormi de la nuit.
     C’est un veilleur.

     Une procession silencieuse.
     Dans ces plaines aux allures de désert, nous n’avons jamais cheminé droit. Il cherchait à repousser le moment où il faudrait rentrer. Où il faudrait s’expliquer. Devant le patron du ranch. Pas celui qui a un gros ventre et une cassette fermée à clé. Celui qu’on ne voit pas. Celui dont la propriété n’a que du sable comme barrière. C’est ce que j’ai fini par comprendre, dans un grommèlement échappé. Il disait des choses aux bestiaux, jamais à moi. Un besoin de se confier. J’étais là mais je ne devais pas l’être. S’il ne me regardait pas, peut-être que je disparaîtrais ? J’avais beau faire. Je restais. Le boulet au pied dans un pénitencier sans fin.

*

     C’est aujourd’hui qu’il s’en débarrasse.
     Sept heures tombent des cloches déjà chauffées par le soleil. La tour blanche a des meurtrières garnies de têtes. Tous veulent observer, tant qu’ils le peuvent, l’avancée de Than dans le désert. La vue sera bientôt si brûlante que les yeux éclateront en pop corn. Mais pour le moment ils tiennent. Ils tiennent pour l’histoire. Pour raconter comment Than a fait la traversée. Comment il est parti avec son vieux chapeau de bouvier. Et son paquet tiré du feu… Les paupières se plissent.

     Je ploie sous la cascade solaire.
     Qu’importent mes prières murmurées, les ombres des bâtiments ne m’accompagneront pas.
     S’il pouvait ne pas me rendre, ne pas s’y rendre.
     Si je n’avais jamais quitté l’inconscience.

     J’ai un corps de plomb, des pieds emprisonnés dans du ciment. J’ai une tête et elle m’écrase. Tout gonfle et broie. Pas un bruissement, nos pas sont avalés par le sable. Mon souffle qui court et s’épuise, c’est tout. Than dégage un chemin tout en détours. A côté les serpents, les trous mangeurs d’homme, les vers, les scorpions, à côté les mirages d’oasis bienfaisantes, l’illusion d’un arbrisseau, la courbe d’un puits, à côté la ville que nous venons de quitter, tout est repoussé, maintenu hors, il déploie une énergie venue du fond des âges pour se frayer un accès vers ce ranch oublié, cet abysse accablant. Je ne regarderai pas derrière où ne loge nul espoir. Je ne vois que mes pieds qui suivent ses traces. Et je suis moins qu’un chien, je ne suis plus qu’un regard enchaîné à une empreinte qui jamais n’aboutit. Comment me débattre et comment l’abattre ? Pourquoi épuiser des forces qui n’auraient jamais dû m’être données ? Qu’y a-t-il de si merveilleux dans ces plaines et ces déserts et ces cités où chaque muscle est broyé par la marche du temps ? Que m’apporterait un combat victorieux ? Ce mouvement qui dure plus que l’éternité ?

     Et puis un jour, une marche de basalte.
     L’enfer à la dérobée.
     L’empreinte a un pied.
     S’arrêter est une épreuve.

     Than pose sur ma tête son chapeau élimé et sans forme. Je ne m’étonne pas de la fraîcheur qui y règne : j’y tombe tout entière. Il fait une grimace comme un adieu, je l’aperçois qui s’enfonce dans la terre. Un fil casse. Plus rien ne me retient à lui, c’est ainsi ? Il fait frais sous le chapeau, j’y suis bien. Than s’enfonçant, tout vient s’approchant. Les bêtes et les menaces, mais aussi les eaux et les hommes. Ce qui était loin devient près, ce qui était hors est à la limite. Than est au bout, Than est à bout. Je le sais.
     L’escalier de basalte tremble, je recule.
     Le temps, mal ficelé, danse la salsa.
     Je le laisse aller et venir autour de moi, dans des tourbillons ralentis, dans des accélérations féroces, du sable qui tourne en rond, griffe, caresse, détruit, sépare, jumelle, s’élève et qui finalement s’assagit.

     Grossièrement raccommodé, le monde retrouve des formes. La couture tiendra. Œil-aguet. La pâte se met à cuire en sifflant. Prête-oreille. Je reconnais le bong des cloches qui expulsent des heures mal ajustées. Regardez les hommes inquiets sortir des plants de maïs. Ils ont vu se soulever le temps, mais comment décrire… ?

     Je marche à côté du troupeau. La plaine respire comme aux premiers jours.
     Je porte le chapeau usé des bouviers.
     Je m’appelle Than.
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Milora le 03 Octobre 2010 à 17:07:28
Bon ben c'était mon préféré du Blind Text.  :huhu:


De manière plus détaillée, ben j'ai trouvé le premier paragraphe magnifique, l'ambiance prenante, la chute à la hauteur, le parfum de mystère flotte tout au long du texte, bref, j'ai beaucoup aimé ! :)
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: ernya le 03 Octobre 2010 à 17:14:26
Je sais pas ce que t'as fait avec la mise en page, mais je trouve ça moche et horrible à lire.
Passons.

Citer
     
     Il a des manières de cowboy.
     Mâcheur, de chique et de mots.
je vais encore me faire lyncher, mais là j'ai vraiment bugué. Je trouvais que ça faisait pehache, sauf qu'il participait pas.

Citer
  La vue sera bientôt si brûlante que les yeux éclateront en pop corn.
c'est adorable. Nan vraiment, j'aime.

 
Citer
    j’y tombe toute entière.
je crois qu'on dit "tout entière", me demande pas pourquoi, j'ai jamais compris.



Alors, alors. Je suis pas sûre d'avoir compris le texte, mais c'est pas grave parce que je le vois comme un poème en fait. Y'a des phrases, on dirait des vers. Franchement j'ai adoré l'ambiance, le rythme de tes phrases, comment t'as découpé le texte et voilà toutes ces petites perles poétiques sur ton texte sablonneux, nan vraiment bravo. J'ai vraiment aimé.
Titre: Re : Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Zacharielle le 03 Octobre 2010 à 17:38:41
@Mimi
Bon ben c'était mon préféré du Blind Text.  :huhu:
c'est gentil  :-[

Citer
De manière plus détaillée, ben j'ai trouvé le premier paragraphe magnifique, l'ambiance prenante, la chute à la hauteur, le parfum de mystère flotte tout au long du texte, bref, j'ai beaucoup aimé ! :)
La chute à la hauteur ? Mon Dieu, je savais pas comment finir, c'est toujours comme ça, du coup je fais des fins grossières une semaine après >_< Mais merci beaucoup quand même, tant mieux si ça transparaît pas trop.


@Mymy
Je sais pas ce que t'as fait avec la mise en page, mais je trouve ça moche et horrible à lire.
MDR
sorry baby, j'ai juste mis des alinéas aux paragraphes oO Mais si c'est si atroce que ça je peux les retirer.

Citer
Citer
Il a des manières de cowboy.
     Mâcheur, de chique et de mots.
je vais encore me faire lyncher, mais là j'ai vraiment bugué. Je trouvais que ça faisait pehache, sauf qu'il participait pas.
pourquoi te faire lyncher ? pourquoi bugué ? *la fille qui ne comprenait rien*

Citer
Citer
  La vue sera bientôt si brûlante que les yeux éclateront en pop corn.
c'est adorable. Nan vraiment, j'aime.
merci, c'est la phrase que je préfère en + :]

ok pour tout entière

Citer
Je suis pas sûre d'avoir compris le texte, mais c'est pas grave parce que je le vois comme un poème en fait.
Bah au début, je pensais qu'en fait Than voulait récupérer son amoureuse qui était morte, mais en fait il s'est gouré (ben oui, c'est sombre la mort) et il doit rendre l'autre morte mais en fait il change d'avis et part la rejoindre, laissant à la fille le rôle qu'il avait. C'est extrêmement bancal et parfaitement nul, j'aurais mieux fait de pas m'empêtrer dans des explications vaseuses.

Ca me fait trop plaisir ton commentaire, merci beaucoup, même je sais pas si c'est de la poésie pour autant. Merci :)
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Milora le 03 Octobre 2010 à 17:48:36
Citer
Bah au début, je pensais qu'en fait Than voulait récupérer son amoureuse qui était morte, mais en fait il s'est gouré (ben oui, c'est sombre la mort) et il doit rendre l'autre morte mais en fait il change d'avis et part la rejoindre, laissant à la fille le rôle qu'il avait. C'est extrêmement bancal et parfaitement nul, j'aurais mieux fait de pas m'empêtrer dans des explications vaseuses.
Ah mince, j'avais pas compris exactement ça. J'avais compris effectivement que Than voulait récupérer son amoureuse mais se gourrait, mais je pensais qu'à la fin, on apprenait qu'il était plus ou moins une sorte de "'passeur" et qu'il décidait de partir, en refilant la besogne à l'ex-morte, qui devenait lui en quelque sorte...
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Raevon le 03 Octobre 2010 à 23:26:16
Je n'ai pas tant été dérangé par les alinéas. Je le trouve superbement écrit.
Nous sommes dans un mystère intéressant, et la chute ne m'a pas surprise, mais elle était utile à l'ensemble du texte.

Du beau travail ! :)
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Jezy le 04 Octobre 2010 à 15:09:40
Citer
Les cloches font tomber sept heures,
Typiquement zach ;)

Citer
Il n’y aura pas de répit avant des années. Pas avant d’avoir traversé l’enfer et son sous-sol.
J’aime, ca claque !

Citer
On s’approche.

«  on » ? elle et les vaches ? lol

Citer
Les cendres frémissantes expirent l’odeur tenace de l’au-delà. Je frissonne.
Coool …

Citer
Mâcheur, de chique et de mots.
typiquement Zach, deuxième édition XD


Citer
Quand ses doigts se terminaient alors par des griffes et il qu’il avait la peau en crépis.
Oups ! un « il » en trop.

Citer
est-ce que c’était le temps, un orage, mon compagnon je l’ignore.
Virgule après « compagnon » ?


Citer
Nous avons marché longtemps à côté du troupeau. Le soir, il n’y a pas eu de feu. Juste sa silhouette immobile accroupie un peu plus haut. Il n’a pas dormi de la nuit. C’est un veilleur.
^^

Citer
Tous veulent observer, tant qu’ils le peuvent, l’avancée de Than dans le désert. La vue sera bientôt si brûlante que les yeux éclateront en pop corn.
Nice XD

Citer
Et puis un jour, une marche de basalte.
L’enfer à la dérobée.
L’empreinte a un pied.
S’arrêter est une épreuve.
Joli, le fond comme la forme

Citer
Regardez les hommes inquiets sortir des plants de maïs. Ils ont vu se soulever le temps, mais comment décrire… ?
Joli !


Bon, l'ambiance est un peu trop sombre pour ma positive attitude d'en ce moment, mais sinon je reste fan de l'écriture.
(Et moi non plus j'avais pas interprété la fin comme ça, mais bon je pense que c'est secondaire le pourquoi il laisse sa place à la narratrice, donc tout va bien ^^)
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Zacharielle le 04 Octobre 2010 à 16:09:47
@Mil : comme je te disais par MSN, pour moi ton explication et la mienne son un peu kif kif.

@Corbo : merci bien

@Jez :  :)
Le "on" c'est toi et moi.

Quand ses doigts se terminaient alors par des griffes et il qu’il avait la peau en crépis.
Oups ! un « il » en trop.
=> tu as l'œil !

est-ce que c’était le temps, un orage, mon compagnon je l’ignore.
Virgule après « compagnon » ?
=> ui.

Heureuse de n'avoir pu altérer ta bonne humeur. Je ne sais pas s'il faut comprendre quelque chose, au final, mais si tu as pu trouver une explication, tant mieux !
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: nasnas29 le 07 Octobre 2010 à 10:51:22
 Voilà un texte que je qualifierais d'elliptique. Le sens m'échappe mais j'apprécie le style. Il me semble que l'effort est plus dans l'écriture et porte sur l'ambiance poétique d'un vide ou d'une traversée désertique. Le texte s'attache à décrire et c'est assez réussi quant-à restituer une torpeur lourde où tout discours est superflu. Seul compte les attitudes. Than est-il un sorcier, un vivant? il arrache le narrateur des flammes? pourquoi si c'est pour le laisser seul ensuite et disparaître  dans un tourbillon de sable. Et si c'était un mirage? Non! Than est tiré de thanatos, il y a bien une pulsion de mort dans le texte. Bref, je perds le fil et les questions demeurent en pointillés!...
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Verasoie le 07 Octobre 2010 à 15:10:21
Citer
J'avais envie d'écrire un western. Ca n'en est pas. Tant pis.

J'adore ton intro.

Citer
Un nuage de poussière retombe.
     Les cloches font tomber sept heures

Tombe tombe

Citer
La vue sera bientôt si brûlante que les yeux éclateront en pop corn.

Bien vu !

Globalement jusque là l'ambiance est vraiment lourde, aveuglante et brûlante, j'aime bien.

Citer
     Le temps, mal ficelé, danse la salsa.

 :coeur:



À la première lecture (peut être que 'javais lu trop vite) j'avais vraiment pas bien compris (enfin si j'avais compris ce qui se passait pas je comprenais pas pourquoi c'était raconté ça m'énervait :mrgreen:). Deuxième lecture donc, et après avoir lu ton explication à ernya, c'est globalement ce que j'avais retenu (sauf que je comprenais pas que Than lui "laissait sa place", je comprenais pas pourquoi il partait). L'ambiance du texte est vraiment cool et y'a des superbes phrases bizarres comme tu sais faire <3. Je trouve que ça s'embrouille quand même pas mal vers la fin, y'a ce passage en fait que j'aime moins :

Citer
Comment me débattre et comment l’abattre ? Inutiles, je le sais, ce sont des pensées inutiles. Pourquoi épuiser des forces qui n’auraient jamais dû m’être données ? Qu’y a-t-il de si merveilleux dans ces plaines et ces déserts et ces cités où chaque muscle est broyé par la marche du temps ? Que m’apporterait un combat victorieux ? Ce mouvement qui dure plus que l’éternité ?

     Et puis un jour, une marche de basalte.
     L’enfer à la dérobée.
     L’empreinte a un pied.
     S’arrêter est une épreuve.

Toutes les questions et ensuite le petit paragraphe où je comprends pas vraiment de quoi on parle, ça m'a paru assez, euh, décalé, genre "je parle d'un truc que vous ne voyez pas", si tu vois ce que je veux dire ?

Bref mais le reste est vraiment sympa même si c'est pas mon préféré de toi ^ ^
Titre: Re : Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Zacharielle le 07 Octobre 2010 à 17:55:45
@nafnaf
merci d'avoir lu
Than est-il un sorcier, un vivant? il arrache le narrateur des flammes? pourquoi si c'est pour le laisser seul ensuite et disparaître  dans un tourbillon de sable.
s'est trompé, l'erreur est humaine (ou hors l'humain mais c'est pas très important)

Citer
Than est tiré de thanatos, il y a bien une pulsion de mort dans le texte. Bref, je perds le fil et les questions demeurent en pointillés!...
oui pour le nom, désolée si tout n'était pas explicite, mais comme tu l'as dit, c'est plus pour une ambiance que pour une histoire.


@Veradee
merci pour l'intro xD

Citer
Citer
Un nuage de poussière retombe.
     Les cloches font tomber sept heures
Tombe tombe
ouip c'est pour insister sur la simultanéité des deux éléments... c trop lourd comme répétition ?

Citer
Je trouve que ça s'embrouille quand même pas mal vers la fin
oui, je sais pas finir  :'(

Ok pour le passage, moi aussi je l'apprécie pas, je pense qu'il faut que je l'élague un peu. Enfin sauf le paragraphe où ils s'arrêtent  :-[

Citer
où je comprends pas vraiment de quoi on parle
bah j'vais t'expliquer, je pensais que ce serait clair (mais c'est très dense j'en conviens) :

_ Comment me débattre et comment l’abattre ? > elle est "reliée" à Than, donc pour s'en aller de sous emprise dur dur, et elle a pas les forces nécessaires pour lui jeter une pierre à la tête et s'en aller en courant

_ Inutiles, je le sais, ce sont des pensées inutiles. > voilà, ça sert à rien (à supprimer?)

_ Pourquoi épuiser des forces qui n’auraient jamais dû m’être données ? > elle vient de chez les mourus, donc pas forte la cocotte, et elle se demande à quoi ça rime pour elle de faire l'effort de se débattre alors que normalement elle est couic et que donc ça va pas tarder à revenir, comme état (archi clair)

_ Qu’y a-t-il de si merveilleux dans ces plaines et ces déserts et ces cités où chaque muscle est broyé par la marche du temps ? > condition humaine = pourrie

_ Que m’apporterait un combat victorieux ? > si elle arrive à se débarrasser du lien avec Than, qu'est-ce qu'elle va faire toute seule dans le désert, des dominos ?

_ Ce mouvement qui dure plus que l’éternité ? > ils marchent, marchent mais bon sang, n'arrivent pas

_  Et puis un jour, une marche de basalte. > ah,si, y'a un escalier pour chez Lucifer
_ L’enfer à la dérobée. > ça pue le sous-sol cramé
_ L’empreinte a un pied. > Than s'est arrêté, et elle voit son pied (avant elle suivait que ses empreintes)
_ S’arrêter est une épreuve. > force de l'inertie


Merci bien pour tes commentaires :]
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Verasoie le 07 Octobre 2010 à 18:20:18
Pour la répétition de "tombe", je suis la seule à avoir relevé donc je pense que ça va (c'est juste que ça me fait toujours tiquer les répétitions...)

Citer
_ Inutiles, je le sais, ce sont des pensées inutiles. > voilà, ça sert à rien (à supprimer?)

Ouaif j'aime pas cette phrase :mrgreen: mais c'est subjectif aussi.

Sinon ok pour le reste, c'est effectivement plus clair ^ ^ À bientôt x)
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Rain le 07 Octobre 2010 à 18:24:14
Je me souviens que j'avais beaucoup aimé la première fois. Ben la deuxième fois, rebelote.

En fait il m'a happé les deux fois. Une fois la lecture entamé, j'arrive plus à m'arrêter. Quelques passages m'avaient semblé un peu nébuleux la première fois - notamment la fin - mais d'une, ça ne me dérangeait absolument pas (comme ernya, je lui trouve une certaine dimension poétique, surtout à cause des... appelons ça des refrains, ou des vers, enfin les paragraphes à part qui créent un rythme assez cadencé) et de deux, j'ai fini par comprendre en relisant. Bon, plus comme Mil que comme toi tu dis. Mais ça rajoute à l'immersion, après tout. On se met à la place de la narratrice. Elle non plus, ne sait pas forcément qu'il fait ça pour rejoindre sa chérie. Il pourrait avoir d'autres raisons (marre de marcher dans le désert, ça me semble une bonne raison XD).

J'aime bien les pop corns.

Le seul morceau que j'avais vraiment pas compris c'est "L'empreinte a un pied." Mais tu l'as expliqué, et effectivement, vu comme ça, ça passe bien.

Et je plussoie Vera pour la phrase qu'elle aime pas.

Bref, voilà, c'était un de mes préférés du blind test !
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Zacharielle le 07 Octobre 2010 à 23:07:33
Waow merci beaucoup Rain o/ c'est vrai que c'est assez flou pour qu'on s'invente des histoires x)
Je te plussoie toi et Vera pour la phrase-moche.
Elle n'est plus.
Et personne n'ira la retirer de la corbeille.
Non mais.
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Kathya le 09 Octobre 2010 à 21:48:59
Je crois aussi que c'était mon préféré du blindtest.  :coeur:

J'avais sûrement pas tout compris la première fois - enfin compris autre chose que ce qu'il fallait comprendre - mais l'ambiance est vraiment prenante, et le texte tout entier, bluffant. ^^
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Gros Lo le 10 Octobre 2010 à 19:29:28

J’aime beaucoup le paragraphe d’introduction, simplement :

Citer
le bourdon des mouches enfle atour de sa tête
bourdonnement / autour

Citer
Ses yeux plongent dans les abîmes brûlantes que nul n’est censé voir.
abime c’est masculin

Citer
    L’empreinte a un pied.
je trouve pas ça très beau et que ça casse le rythme.

Citer
s’élève et qui finalement s’assagi.
s’assagit



Atmosphère qui nous colle à la peau, des tableaux devant les yeux, des mots très bien employés, j'ai vraiment beaucoup aimé ce texte (je pense que c'est mon préféré de toi, en fait). Le côté western est quand même très présent, quoi que tu en dises ; c'est peut-être pas "un western" mais grosse dimension de western dans le texte hm ? c'est pas si courant en plus, donc ça en renforce l'originalité. Et y a un rythme de western ; les cloches aussi lourdes que la tension, y a un vrai rythme, c'est le Bon, la Brute et le Truand, c'est une grosse étendue sablonneuse avec deux mecs qui se regardent une main au colt. Le fait que tu rappelles souvent le bruit des cloches, ça pose un peu la B.O. du Bon, la Br... (flemme).

Bravo !
Titre: Re : Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Zacharielle le 11 Octobre 2010 à 21:38:46
Gosh, arrêtez les fleurs, allergique au pollen.

Kath
merci beaucoup  :-[

Lo
Citer
Citer
le bourdon des mouches enfle atour de sa tête
bourdonnement / autour
je sais que le bourdon c'est la cloche et M. Abeille mais justement je voulais jouer sur les deux, et bourdonnement j'aime pas trop...

Citer
Citer
     L’empreinte a un pied.
je trouve pas ça très beau et que ça casse le rythme.
le cassage de rythme est volontaire, et je voulais que les deux éléments se rejoignent dans un temps très court. J'ai pas trouvé plus rapide :O (et moins moche)


Waow, si je m'attendais à ça !  :-[ (oui je milorise) Merci beaucoup pour tout ce que tu dis (et merci aussi pour les fautes relevées).

Tu as raison pour le western, mais il faut dire que je suis victime du syndrome de l'éponge : je lisais the Gunslinger (la tour sombre 1), qui se passe dans le désert, et puis voilà, j'ai eu envie de copier xD J'aurais dû écouter la BO d'Il était une fois dans l'Ouest (ou de le B la B et le T :p), mais non, tant pite.
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Kailiana le 23 Octobre 2010 à 12:06:27
Encore un texte que j'avais pas commenté >< Et pas relu après le BT en fait. Je rattrape mon retard...

Alors oui, c'est très bien écrit. Plus que très bien écrit, tu trouves des manières étonnantes mais très juste pour décrire les scènes. Par contre j'aime pas trop les pop-corn je trouve que c'est moins dans le ton.

Par contre pour l'idée/scénario... non. Déjà j'avais pas compris sans l'explication. Ensuite, même avec l'explication, c'est pas un scénario que j'apprécie particulièrement  :-[ Mais si j'avais compris au cours du texte j'aurais sans doute plus aimé.

Quant à la fin... ben, le fait de remplacer Than, j'arrive pas à savoir si je trouve ça bateau ou original  :-¬? Je veux dire que ça pourrait être original, mais là j'ai l'impression que rien dans le texte ne l'annonçait, ça fait un peu trop à mon goût "je termine la fin en 3 lignes" - alors que sans ces trois lignes, elle aurait pû être complètement différente sans changer tout le texte qui précède.

Du coup ce texte me laisse très sceptique. Je le trouve diaboliquement bien écrit, mais au final, il m'a laissé assez indifférente - du moins, plus indifférente que les textes de toi que j'aime vraiment.
Titre: Re : [BlindText] J'ai du sable sous les ongles
Posté par: Pacô le 31 Octobre 2010 à 11:54:48
Première question : c'est quoi un BlindText ?

Ensuite, passons aux choses sérieuses :


Citer
Comment je suis arrivée dans les flammes, pourquoi je ne suis pas allée au ciel comme les bonnes gens, qui m’avait tuée,
=> à qui se raccorde le "qui" de "qui m'avait tuée" ?

Citer
est-ce que c’était le temps, un orage, mon compagnon, je l’ignore.
=> typographie à revoir.
=> suggestion : "Est-ce que c'était le temps, un orage, mon compagnon ? Je l'ignore."

Citer
A côté les serpents, les trous mangeurs d’homme
=> un accent sur le "A"

Citer
j’y tombe tout entière.
=> toute entière

Autant te dire que j'ai relu trois fois le texte et que, malgré ton explication, je n'ai pas retrouvé la traduction de ce que tu voulais dire.
Pourtant, j'ai cherché à comprendre et je me suis dit à un moment : peut-être qu'on se figure qu'elle parle d'homme, mais ce n'est sûrement qu'une grande allégorie.
Visiblement non ; tant pis.

Le style est pourtant judicieusement élaboré en fonction du mystère que tu veux invoquer. Mais quel mystère au final ? Pourquoi tant d'esbroufe autour du fait que celle qu'il a récupérée dans le puits de la mort devait être son épouse ? Parce qu'il me semble que c'est le pilier du texte, le moteur même. Alors pourquoi nous le dissimuler et ainsi prendre le risque de tous nous faire passer à côté ?
Ou du moins... pourquoi nous cacher que c'est une femme ? Rien que ça ?

Et qui sont-ce (comme c'est laid comme expression) tous ces hommes qui les regardent de haut pour voir la traversée du vieux bouvier ? C'est là que j'ai perdu pied... je me suis dit : "tiens, ils sont à la vue de tous... peut-être qu'ils sont dans une attraction, peut-être que l'auteur nous dissimule un trait marquant de leur nature afin de nous en faire une meilleure chute..." mais visiblement non, et c'est assez contrariant.

Ensuite, dans la simple qualité syntaxique, explique-moi la logique du premier paragraphe :
  
Citer
  Les cloches font tomber sept heures, le bourdon des mouches enfle autour de sa tête. Un degré s’écrase, pesamment suivi d’un autre. Il n’y aura pas de répit avant des années. Pas avant d’avoir traversé l’enfer et son sous-sol. Une journée étalée dans toute son ignoble lenteur. Je vous demande combien de temps ça peut s’étirer.
     Vous ne pouvez pas savoir. Lui va le vivre.
Pourquoi ce rythme tranché à plusieurs endroits ? Pourquoi hacher la narration ? Communément, on le fait pour hâter l'enchainement des actions, pour donner de la vigueur au texte, et toi pourquoi ?
Je crains que tu ne te sois laissée aller à la mode actuelle, et c'est dommage parce que le reste du texte est plutôt  bien écrit, c'est-à-dire que ça donne un effet "blasé" que Musset a eu tendance à utiliser (avec originalité) dans l'une de ses œuvres et qu'ensuite beaucoup de pseudo auteurs comme Musso et Levy ont repris en croyant bien faire. Disons que Musset avait eu en tête de produire un effet de chamboulement consciencieux, j'entends par là de créer un univers comme si les actions des pensées se chevauchaient et rendaient finalement un véritable trouble dans l'esprit du personnage.
Musso et Lévy se sont contentés de reprendre la forme et pas le fond, et ça a donné une espèce de pâle copie de l'expérience, avec un air "blasé" qui aurait pu plaire au début, s'ils ne s'amusaient pas à le faire à toutes les sauces.
Et toi, dans quel esprit l'as-tu employé ?

Sinon, oui, l'ensemble du texte a une attirance très singulière : à la fois on ne comprend pas tout mais le rythme, la verve, cette prose décalée donnent envie de poursuivre la lecture malgré tout.
Alors je suppose qu'il te faudrait plus de clarté dans le scénario mais bien conserver le style du texte pour l'améliorer sur beaucoup de points ;).