Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Charlilly12 le 13 Août 2020 à 18:34:47

Titre: Les tomates.
Posté par: Charlilly12 le 13 Août 2020 à 18:34:47

Nouvelle semaine, nouveau mercredi au marché, mais toujours le même tempo qui rythme ma vie. Et quelle vie ? Cette vie si décevante, plate, ennuyeuse, je n'arrive plus à voir le bout et je me demande parfois si je veux vraiment rester debout. Pourtant, je me tiens debout la devant ces tomates, que je vais choisir pour mon énième repas en solitaire de ce soir. Je vais allumer la un, regarder la France de Joséphine ange gardien, avec mon plateau repas posé sur la table basse, à côté de ce paquet de malboro et ce whisky. Ce whisky aussi vieux que moi qui va m'aider à m'endormir et ces cigarettes qui vont me donner cette merveilleuse haleine de tabac froid au réveil.
Je choisis mes tomates et je bloque dessus, je pose mon regard sur sa pureté, sa peau lisse et douce, si envoûtante. Voilà, que je me met à contempler cette tomate, à vrai dire je n'ai plus que ça a contemplé dans ma vie. Même mon propre reflet je le rejette, comme tout le monde me rejette d'ailleurs. Enfin, je crois qu'on me rejette, ça n'a plus trop d'importance. J'ai 34 ans, toujours célibataire, assis derrière un bureau avec un patron qui m’assomme de boulot. Je sais pas c'est quoi mon problème, j'arrive pas à savoir qui je suis et ce que je veux.
Je vais prendre cette tomate et faire honneur à sa beauté, elle le mérite elle. Je lève les yeux pour chercher le marchand du regard, et la je croise ses yeux. Ses yeux aussi pure que ce fruit, ce fruit interdit de l'Eden. Il est la à porté de main, mon cœur s'agite, je veux le toucher. J'ai l'impression d'être foudroyé, ses yeux aussi brillant qu'un saphir, inaccessible mais pourtant si proche de moi, de l'autre côté du stand.

Nouvelle semaine, nouveau mercredi au marché, mais toujours le même vide que je ressens depuis quelques semaines. Depuis que je me suis fait agresser à la sortie du bar, plus rien n'a d'importance, je vois le mal partout. J'ai l'impression d'avoir le cœur brisé, je suis salit et plus personne ne voudras plus jamais m'approcher. Je sors quand même comme aujourd'hui car il faut bien que je mange, du moins que j'essaie de manger.
Ces tomates m'ont l'air pas mal, en regardant d'un peu plus près, une seule est abîmée. Comme mon visage d'ailleurs, abîmé par la société. Cette tomate est mon allégorie, rejetés de la société tous les deux, démolis par la société tous les deux, on est différent des autres alors personne veut nous prendre, nous choisir.
Je vais aller voir sur un autre stand pour voir s'il y a pas d'autres choix, en la reposant je me dis que je ne vaux pas mieux que tout le monde finalement. Je lève les yeux avant de repartir et je vois qu'un homme me fixe et la je me sens foudroyé. Il est si beau, son teint pâle me fait rougir, comme une tomate. Sa coupe décoiffé me fait craquer, sa chemise à carreau rouge à moitié rentrée fait ressortir ses yeux qui ont l'air noisette. Lui aussi me contemple et tiens une tomate, de l'autre côté du stand.

Je m'apprête à aller vers un acheteur pour lui vendre mes tomates, quand je réalise qu'il n'est plus présent et que son regard est dirigé autre part. Je me retourne pour voir ce qui attire autant son attention. La, je vois ces deux hommes se dévoraient du regard, comme moi je pourrais dévorer une tomate. Sauf qu'eux ont l'air de s'imaginer le goût juteux de leurs baisers. Sans rien se dire je vois qu'ils se comprennent, j'observe une alchimie étrange entre deux individus.
Comme la tomate a besoin d'eau et de lumière pour mûrir, j'ai compris que l'un serait la lumière que l'autre avait besoin dans sa vie. Et je compris que l'autre serait la douceur d'une pluie qu'une tomate a besoin pour grandir, dans la sienne.

- Lilly arrête de rêvasser et sers ces deux jeunes hommes, ils veulent acheter ces tomates.
Titre: Re : Les tomates.
Posté par: J. le 13 Août 2020 à 19:11:17
Bonjour. Au début, j'ai pensé que tu venais au marché acheter des tomates, ensuite aussi. À la fin, c'est pas ça : tu vends des tomates... pourtant, à un moment tu parles d'un bureau. Un peu fouillis tout ça. À +