Bonjour,
J'ai déterré ce récit. Il provient directement de l'esprit d'un jeune moi. Autrefois, j'étais fan d'héroic fantasy... Mais je ne finissais jamais les histoires que je commençais. Voilà qu'en me baladant sur mon vieux cloud, je tombe sur cette histoire. Je l'ai trouvé jolie, pourtant, ce n'est plus trop mon truc. Ça s'appelait "La saga du Roi nomade : Le glaive des Alarys". Rien de bien original.
1.
Majestueux…
Il se déplaçait lentement, humant l’air avec une précaution propre à son très jeune âge. Sa tête pointue, tout comme le reste de son corps écailleux, luisait sous le halo doré du soleil comme s’il s’agissait de métal. Le jour accentuait l’éclat de sa singulière opalescence. Ses épaules se mouvaient avec une impressionnante disgrâce, lorsqu’il se déplaçait en martelant lourdement le sol de ses bras ossus. Les membranes rabattues sous ses coudes se prolongeaient jusqu’à sa longue queue pointue, semblables à des voiles ferlées sur les vergues d’un navire. Quelques pointes crêtaient son dos jusqu’à la base de sa queue pour confirmer son bas âge. Il était jeune et pourtant, il ne souffrait aucune maladresse. Il marchait entre les nombreux arbres avec une infinie prudence, humant timidement chaque parcelle d’air.
Les dragons sont des créatures dépourvues de peur et ce, dès la naissance. Conscient de leur propre puissance, ils ne se méfient de rien et progressent sans appréhender la moindre menace. Pourtant, ce dragon blanc à peine sorti de l’œuf se comportait comme si chaque feuille, chaque tronc ou rocher cachait un dangereux prédateur.
A l’approche de la créature, l’homme rabattit son épaule derrière l’arbre qui le cachait et pivota de l’autre côte du tronc. L’animal passa sans le voir. L’âge du fer ne lui permettait que quelques flèches à pointe de silex et un arc long en frêne, si robuste qu’il nécessitait une force particulière pour être bandé au maximum. L’œil sournois guettait, affuté, entrainé, ancré sur sa proie qui avançait, un pas hésitant après l’autre. La bête gloussa timidement en levant la tête. Ses prunelles rouges scrutaient alentour, pareil à deux rubis roulant au soleil.
L’archer pivota encore, s’appuyant sur son autre épaule pour contourner le tronc en toute discrétion. Il se retrouva derrière le dragon blanc : Il y était.
La créature n’était pas plus grande qu’un âne et pourtant, le chasseur savait qu’il n’aurait qu’une seule chance. Les dragons étaient des animaux féroces et cruels. Capables de se défendre à peine le museau sorti de l’œuf. L’homme n’était vêtu que d’une tunique de lin retombant par-dessus une paire de braies rafistolées, des bottes en peaux et une simple cape en laine brune pour assurer sa discrétion. Pas de quoi résister à l’impitoyable souffle d’un dragon, aussi petit soit-il.
L’archer se campa sur sa jambe d’appui et tendit son bras armé. Il sortit une flèche de son carquois et l’encocha doucement sur la corde en cuir. Inspirant un grand coup, il bloqua sa respiration avant de bander l’arc. Le bois de l’arme grinça alors que le chasseur tirait de toutes ses forces sur la corde. La moindre faiblesse des doigts et le trait se libèrerait où bon lui semblerait. Mais l’homme ne flancha pas, quand bien même s’était-il mit à trembler sous l’effort. Il manquerait certainement de précision, mais il était assez proche pour se garantir un tir réussi. Il tira encore sur la corde et bientôt, la queue emplumée de la flèche se plaça sous son œil meurtrier. Les couinements du frêne cessèrent pour annoncer sa limite.
L’archer relâcha son souffle et laissa voler le projectile.
La corde claqua bruyamment contre son brassard en cuir et le trait fusa à une vitesse que ne pouvait suivre le plus vif des regards. La flèche se ficha dans la base du cou. Pile entre les épaules du dragon. Une généreuse éclaboussure de sang noir accompagna l’impact d’une violence inouïe, maculant les écailles d’opale du monstre. Ce dernier cabra, incapable de produire le moindre son, sinon une complainte étouffée dans son dernier souffle d’agonie. Ses membranes diaphanes se dévoilèrent de toute leur grandeur, rideaux de peau semblables aux ailes de chauve-souris que le soleil auréolait.
Puis il s’effondra.
L’instant d’après le dragon blanc devint plus inerte que le rocher qui lui faisait un parfait catafalque. L’homme s’en approcha avec une prudence démesurée, comptant ses petits pas latéraux pour ne pas se retrouver proche de la bête trop rapidement. Les dragons étaient malins. Doués d’une intelligence que bien des malheureux avaient sous-estimé. Pourtant, simuler la mort n’était pas dans leurs habitudes, cela leur était inutile.
Le draconide était bel et bien mort, une flèche plantée dans la gorge jusqu’à la plume.
Le chasseur s’effondra aux côtés de la créature. Le bras affaibli, les membres tremblotants. Il l’avait fait :
Il avait abattu un jeune dragon blanc.
Il était jeune et pourtant, il ne souffrait aucune maladresse. > d'aucune maladresse.
"Il ne souffrait aucune maladresse" signifie qu'il ne supportait aucune maladresse.
"Il ne souffrait d'aucune maladresse' pourrait plutôt être une manière spéciale de dire qu'il n'était pas maladroit.
Ah ok, voilà qui est clair.
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