Juste une petite remarque :
Pourquoi pass(e) ? Un pass c'est bon, non ?
Yes j'ai passé un agréable moment de lecture avec ton texte... C'est tout bon :) :) :)
je n'avais pas cherché à aller effectivement vérifier sur le site de la SNCF s'il y avait bien grève ce jour-là.Mais du coup, s'il y avait grève, il pourrait pas prendre son RER...?
ce n'est qu'à dix heures trenteChipotage, mais vu qu'avant tu avais écrit "8 heures" et plus loin, "8h45", faudrait harmoniser la typographie des heures (en chiffres ou en lettres).
J'avais échangé quelques mots avec le vendeur, très serviable, il fait beau, ce matin, vous ne trouvez pas, pour un matin d'octobre, c'est vraiment un beau temps ça, oui, plutôt froid, mais il fait beau, c'est vrai, bon, apparemment ça ne va pas durer, ah bon, c'est vrai ? je ne regarde pas vraiment la météo, surtout en semaine, oui oui, ils annoncent de la grisaille pour jeudi, ma foi, on ne peut pas tout avoir, qu'est-ce que vous voulez, voici votre café, monsieur, le sucre est sur le côté, merci, merci à vous, bonne journée, bonne journée. Certes, malgré ma propension naturelle à aller vers l'autre, je n'échange de coutume pas aussi facilement avec les vendeurs, surtout à Paris, sauf lorsque je vais au marché (c'est différent, le marché, les gens se parlent) ; toutefois, je ne crois pas me tromper en avançant l'hypothèse qui consiste à prétendre que cette conjonction d'éléments sortant de l'habituel (l'ouverture d'un nouveau Prêt-à-manger en gare RER d'Aulnay-sous-Bois, et le fait que celui-ci emploie un vendeur dont le sourire et la propension à la courtoisie ne sont pas celles que l'on trouve de coutume, en moyenne et quelle que soit la saison, l'heure de la journée ou la météo, dans une gare de région parisienne) ne constitue pas une raison suffisante pour expliquer ce qui, ce matin-là et peu avant onze heure pétantes, allait se produire contre toute attente.:D
Trêve de digressions, revenons-en aux faits.Je suis pas fan : ça coupe la dynamique et le rythme qui s'installait, et c'est un peu comme si le texte se commentait lui-même (en avouant qu'il digresse), alors qu'il n'est qu'une digression qui se prend pour un récit de faits importants, je trouve que c'est plus drôle quand ça n'est pas commenté par le texte lui-même.
des tourniquets version moderne, vous savez, cette paire de vitres qui s'écartent silencieusement comme dans un film de science fiction, laissant un espace à disposition pour se rendre dans la zone où le titre de transport est obligatoire (et où l'on peut prendre son train), que l'on s'empresse de traverser avec cette légère crainte du bug informatique qui verrait lesdites vitres se refermer au moment précis où l'on se trouve entre elles, nous sectionnant littéralement en deux morceaux,Mais trop :D
l les nostalgiques ne seraient toutefois pas forcés de renoncer (il suffirait de traverser ladite zone tête baissée, et croyez-moi, beaucoup le font, même si cela présente le risque de l'autre bug informatique où les vitres ne s'écartent pas).;D
nécessitant alors une chirurgie de celle-ci où les compétences de ma grand-mère se verraient nécessaires, sauf que, celle-ci résidant dans les Cévennes et, le problème étant que mes visites dans ses régions-là sont largement plus espacées dans le temps que mes traversées de guillotine, tous les pantalons à dispositions verraient leurs coutures lâcher bien avant une visite future à ma chère grand-mère dont il serait bien, d'ailleurs, que je prenne des nouvelles, un jour, à l'occasion, soit dit en passant).;D
ce qui s'avérerait nécessaire si j'avais là affaire à un paquet de copies.C'est du détail mais cette remarque évoque un imaginaire de prof, alors que le contexte du début (le chef, le meeting) mobilise plutôt un cadre de travail en entreprise. Comme on a aucune indication sur le vrai métier du narrateur, je trouve que ces deux images se télescopent un peu.
(aka mon pass(e) Navigo)Je chipote mais je trouve que le "aka" ça fait très "argot d'internet", ça me semble détoner par rapport au reste du texte qui s'enfonce dans des tournures analytiques tarabiscotées qui font son charme.
Mon nom, somme toute, appuyant donc avec vigueur sur le corps du pass(e) Navigo, risquant même de griffer ce dernier, voire de le lacérer, tant la pression entre les diverses consoeurs était déjà, sans ce détail supplémentaire auquel je n'ai généralement pas à faire face, à la limite de ce que pouvait légitimement supporter le mauvais cuir du portefeuille. Je tentai ainsi sans succès, du bout de mes doigts à la peau fragilisée par le froid (octobre, toujours octobre), d'exercer une pression aussi soutenue que possible en ma propre direction, espérant arriver à mes fins, mais je remarquai rapidement que la seule chose que je risquais de produire par ce moyen trop rustique était un saignement du bout de mes doigts, les soumettant, eux dont j'avais déjà rongé les ongles plus que de raison, à un exercice dont penser qu'ils s'en sortiraient indemnes relevait de l'inconscienceJ'adore comment ça devient totalement épique, alors que c'est n'importe quoi :D
étant arrivé à la conclusion qu'il faut parfois savoir vivre dangereusement en se passant de trop nombreuses analyses (j'avais déjà l'air suffisamment ridicule comme ça),J'aime pas trop cette parenthèse parce qu'elle retire du poids à la partie d'avant - or c'est la partie d'avant qui est drôle (vu que le narrateur est totalement en train de tout sur-analyser).
je ne crois pas me tromper en avançant l'hypothèse qui consiste à prétendre que cette conjonction d'éléments
Citerje n'avais pas cherché à aller effectivement vérifier sur le site de la SNCF s'il y avait bien grève ce jour-là.Mais du coup, s'il y avait grève, il pourrait pas prendre son RER...?
Citerce n'est qu'à dix heures trenteChipotage, mais vu qu'avant tu avais écrit "8 heures" et plus loin, "8h45", faudrait harmoniser la typographie des heures (en chiffres ou en lettres).
CiterTrêve de digressions, revenons-en aux faits.Je suis pas fan : ça coupe la dynamique et le rythme qui s'installait, et c'est un peu comme si le texte se commentait lui-même (en avouant qu'il digresse), alors qu'il n'est qu'une digression qui se prend pour un récit de faits importants, je trouve que c'est plus drôle quand ça n'est pas commenté par le texte lui-même.
Citerl les nostalgiques ne seraient toutefois pas forcés de renoncer (il suffirait de traverser ladite zone tête baissée, et croyez-moi, beaucoup le font, même si cela présente le risque de l'autre bug informatique où les vitres ne s'écartent pas).;D
Citerce qui s'avérerait nécessaire si j'avais là affaire à un paquet de copies.C'est du détail mais cette remarque évoque un imaginaire de prof, alors que le contexte du début (le chef, le meeting) mobilise plutôt un cadre de travail en entreprise. Comme on a aucune indication sur le vrai métier du narrateur, je trouve que ces deux images se télescopent un peu.
Citer(aka mon pass(e) Navigo)Je chipote mais je trouve que le "aka" ça fait très "argot d'internet", ça me semble détoner par rapport au reste du texte qui s'enfonce dans des tournures analytiques tarabiscotées qui font son charme.
Citerétant arrivé à la conclusion qu'il faut parfois savoir vivre dangereusement en se passant de trop nombreuses analyses (j'avais déjà l'air suffisamment ridicule comme ça),J'aime pas trop cette parenthèse parce qu'elle retire du poids à la partie d'avant - or c'est la partie d'avant qui est drôle (vu que le narrateur est totalement en train de tout sur-analyser).
Et à la première lecture j'avais repéré une répétition de qui/que qui m'avait gênée sur un bout de phrase, mais je la retrouve plus. C'était peut-être là :Citerje ne crois pas me tromper en avançant l'hypothèse qui consiste à prétendre que cette conjonction d'éléments
Je suis un peu déçue par la fin. Je crois que je m'attendais à ce que, après cette loooongue digression sur les trucs inutiles, la chute soit un truc véritablement grave, expédié en une demie ligne.
Du coup, que ce soit juste le café qui tombe, je me suis dit que c'était un peu trop dans l'entre-deux, que ça faisait pas une nette rupture avec le reste, et que ça pourrait avoir plus d'impact. En même temps, le café était annoncé au début, mais peut-être qu'il aurait pu être lui aussi mis en avant au cours de la digression, pour qu'à la fin ça ait un sens plus fort, comme chute du texte ? Je sais pas, un truc qui marque plus la rupture à la fin ? (Au niveau du rythme, ton texte me rappelle cet effet comique où un personnage court au ralenti sur fond de musique épique pendant longtemps et, tout d'un coup, s'assomme contre un mur ; du coup j'attendais le mur, à la fin ^^).
Merci pour cette lecture ! :mafio:
J'avais mis mon réveil à huit heures mais finalement, ayant pris connaissance d'un SMS de mon chef au moment de sommer mon téléphone de se taire (j'avais bien compris qu'il était l'heure, inutile d'en rajouter avec le même arpège décliné avec toujours plus de décibels), qui m'indiquait qu'il ne pourrait finalement pas se rendre au travail ce jour-là en raison d'une grève, et qu'il reportait donc notre meeting à une date ultérieure, date qu'il ne manquerait pas de me communiquer une fois qu'il aurait réglé d'autres aspects plus urgents, avait-il mentionné en post-scriptum, j'avais décidé de dormir quelques heures de plus, et ainsi, ce n'est qu'à dix heures trente que, réveillé, je constatai, aidé par l'abondance de lumière qui transpirait des rais du store de ma chambre, qu'il devait sans doute être grand temps de songer à aller prendre un bain, nécessaire préalable quotidien à l'acceptation de l'idée d'aller travailler.J'ai eu du mal à retrouver le lien entre "mais finalement" et "j'avais décidé".
Je voyais le texte se déployer, enfler, grossir, prendre des proportions inattendues, le tout en me disant "tout ça pour finir avec une goutte de café par terre, c'est vraiment fort !(de café ? (pardon))".
C'est un texte que j'aimerais entendre sur scène, dans un tout petit théâtre, un peu cabaret. Non ?
Juste un petit bémol au sujet de la longueur des phrases. C'est évidemment un effet recherché et volontaire et cela fonctionne sur quasiment tout le texte mais il y a un endroit où j'ai accroché :CiterJ'avais mis mon réveil à huit heures mais finalement, ayant pris connaissance d'un SMS de mon chef au moment de sommer mon téléphone de se taire (j'avais bien compris qu'il était l'heure, inutile d'en rajouter avec le même arpège décliné avec toujours plus de décibels), qui m'indiquait qu'il ne pourrait finalement pas se rendre au travail ce jour-là en raison d'une grève, et qu'il reportait donc notre meeting à une date ultérieure, date qu'il ne manquerait pas de me communiquer une fois qu'il aurait réglé d'autres aspects plus urgents, avait-il mentionné en post-scriptum, j'avais décidé de dormir quelques heures de plus, et ainsi, ce n'est qu'à dix heures trente que, réveillé, je constatai, aidé par l'abondance de lumière qui transpirait des rais du store de ma chambre, qu'il devait sans doute être grand temps de songer à aller prendre un bain, nécessaire préalable quotidien à l'acceptation de l'idée d'aller travailler.
Je pense qu'effectivement ta phrase fonctionne mieux. Je vois le lien de cause à effet entre "ayant pris connaissance" et "je décidai".
Et je pense vraiment qu'à l'oral, ça pourrait être formidable. Cela pourrait sans doute même aider à replacer certaines virgules qui seraient éventuellement mal placées. Reste à trouver un super comédien... avec beaucoup de souffle !
Pour la petite anecdote, je suis allée voir il y a quelques années "Savoir enfin qui nous buvons" de Sébastien Barrier, un spectacle qui dure environ 7h, pendant lesquelles le comédien ne fait que parler (de vin) et digresse beaucoup. Il explique que pour lui les phrases sont comme des marguerites : il part d'un sujet (le coeur de la fleur), s'éloigne sur une autre idée, puis revient à son point de départ (cela fait une boucle) avant de repartir à nouveau sur une autre idée qui rejoindra plus tard le sujet initial. En expliquant cela, il trace des pétales dans l'air avec son doigt. Je ne sais pas si c'est très clair quand c'est moi qui explique mais en tout cas, c'est très beau !