Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Lester le 19 Septembre 2010 à 20:41:25
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1.
les objets du soir que les couleurs abandonnent
remplissent mes pas d’herbe foulée
le soleil derrière est un grand meunier
je n’avais presque plus d’yeux pour les songes
les arbres comme des silhouettes se saluent dépliés
jeux de reflets sous les éventails
mon cœur est une perspective que les vagues caressent
comme elles caressent le torse des bateaux
il y a mille miroirs dans les jets d'eau
la vie tourne comme les talons de Margot
ce matin la terre était une éponge
j'ai regardé La vie qui tombe
2.
Au bout du cœur j’avais un songe…
Et une douzaine d’étoiles
J’avais tatoués aux yeux le monde
Voici sonner les cloches de Bâle
Carillon blême au fond d'une voix
Au bout des bras j’avais un songe
Et un soleil sans épines
Où glissait comme vos voix l’ombre
De nos cachets d’albumine
Quelle est cette musique au ventre rond
Margot quelle est cette musique
Au bout d’un doigt fleur de lys
Ma bouche prend le sphérique
Margot quelle est cette musique
J’avais un songe les bras m’en tombent
Au bout du jour la peau se plisse
Les crayons d’ennui ont les mines
D’étoiles naissantes entre les draps
Physique d’émeraude poumon en moi
Margot quelle est cette musique
…Au bout du corps il y a un monde
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j’avais deux visages : un
le temps me déborde
à même mes bras d’herbe foulée
ruisseau de corps couleur d’été
le ciel était gris de nuages
j'avais ouvert toutes mes fenêtres
aux passants là de passage
mon chant entrait en leur être
...la lumière ne s’y fixe plus
les cendres de mes bocages ont étés
et sous mes rameaux et mes vêpres
fermez les yeux couleur d’été
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j’avais deux visages : un
le temps me déborde
le jour semblable au bord des routes
il y a temps de choses à fleurir
j'en avais un : deux
sans plus de peine le jour de flûte
...le ciel était gris de nuages
j'avais ouvert toutes mes fenêtres
aux passants là de passage
mon chant d'entrer en leur être
...la lumière ne s’y fixe plus
les cendres de mes bocages ont étés
et sous mes rameaux et sous mes vêpres
fermez les yeux couleur d’été
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Lettre de ménage
Mercredi s’est fané comme un bleu de porcelaine
Et dans mon jardin j’avais
Deux pierres mortes de toi.
Deux ou trois notes tombées d’entre les ailes
De la musique
Que l’air déplace
(et le temps tourne et tourne encore dans l’espace)
Il y a tant de sourires suspendus au plafond…
C’était un mercredi des cendres
Marque amère sur ventre rond.
Le soleil de Dakar
N’en fini plus de briller
Et son feu
Et ses cris
Et son fumier
Ne sont pas de ceux
Dont on perçoit les échos.
Ta bouche-balise dans le tumulte ne finira pas de chanter.
J’ai mal aux côtes et les poteaux
Me signifient autant de refus.
Je vois partout des non de toi
Ça me transperce
Le temps déborde
Il y a ces lampes que l’on n’éteint plus.
Sur les routes au visage grave
Les fleurs sont miroirs pour ceux
Qui disent l’amour dans les insultes
Et je porte mon cœur en médaille
Toujours plus triste et langoureux.
Et puis, et puis, et puis...
J’ai des pierre d’angoisse au fond d’un lit
Que j’avale toujours quand il est l’aube
Ou le soir
, jamais midi
J'ai pris un cachet d'ivresse
Que sont tes jours que sont tes nuits
le temps déborde