Bonjour à tous,
Voici quelques lignes d'un début de chapitre. J'aimerais vos avis, n'hésitez pas à critiquer ! ;)
Il s'agit de la version 2 suite aux commentaires.
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VERSION 2
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« Les larmes appellent les âmes de tous les défunts qui vous emporteront aussitôt vers la mort. »
Ne verser aucune larme. Sur l’Arche, tous respectaient la tradition lors des obsèques. En tout cas, c’est ce qu’on leur apprenait. Eleanor n’avait que trente-quatre ans quand elle morte. On lui avait confié un poste important au sein de la communauté, elle s’occupait de l’éducation magique des enfants de l’Arche dès leur plus jeune âge. Beaucoup la considérait comme une mère de substitution.
Au milieu de ce sanctuaire rocheux, les coulées calcaires qui descendaient de la voûte formaient des stalactites de longueur variable. Toutes s’efforçaient à rejoindre une des stalagmites clairsemées au niveau du sol, mais sans succès. De larges fissures sinuaient entre les concrétions du plafond laissant entrevoir la nuit étoilée.
Dans cette grotte, une prière silencieuse emplissait l’espace tout entier. Et seuls les clapotis de l’écoulement de l’Eau des Morts qui la traversait se faisaient entendre.
Prenant sa source dans un immense réservoir au point culminant de l’île, dans le cratère de ce qui était jadis un volcan, le cours d’eau était une des nombreuses ramifications qui sinuaient d’abord le long des flancs abrupts en grossissant rapidement et qui suivait ensuite leur cours lentement à travers les plateaux autour.
L’eau des Morts avait la particularité de terminer sa course dans ce lieu sacré avant de jaillir à travers la paroi dans un torrent puissant, formant une immense chute vers l’océan infini très loin en contre-bas. Dans un moment de grâce, les premières lueurs de l’aube venaient parfois se diffracter dans les fines gouttes dispersées par le vent pour former un phénomène de cascade arc-en-ciel.
― Flynn, ne pleures pas ! lui murmura Célia, alors que le doyen finissait, une fois de plus, la prière coutumière.
― Nous sommes si éphémères et nous sonderons les cieux à ta recherche parmi les innombrables étoiles. À partir de maintenant, tu nous guideras et ton âme voyagera vers le confins de ce monde pour l’éternité. Nous continuerons sans cesse à penser à toi, tu ne voyages pas, tu pars…
Le corps d’Eleanor était allongé au milieu de fleurs bleutées. Ses pieds étaient nus et elle portait une robe noire immaculée. Sa vie fut fugitive, il s’agissait du lourd fardeau de la magie sur l’Arche. Et ceux qui en étaient dotés ne dépassaient pas la quarantaine. Le couvercle d’osier se referma lentement au-dessus d’elle la faisant disparaître peu à peu aux yeux de tous. Ses bras croisés sur la poitrine, les yeux clos, la tête posée délicatement sur un coussin de cheveux dorés, le visage parfait et inexpressif d’Eleanor n’affichait plus qu’un dernier sourire.
Toutes les voix résonnèrent à l’unisson sur l’épaisse roche souterraine :
― Puisses-tu nous guider !
Lorsque les rayons lunaires s’insinuèrent à travers les fissures profondes du plafond jusqu’au lieu de la cérémonie, à tour de rôle, chacun posa une main sur le cercueil. Et, comme pour clouer des étoiles au ciel, tous semaient des cailloux blancs dans les eaux noires de l’Eau des Morts prenant la teinte de l’obsidienne constituant son lit. Un signe à ceux et celles qu’ils avaient perdus chemin faisant depuis le Grand Cataclysme.
La cérémonie s’acheva lorsqu’une aura protectrice fût formée autour de la défunte. Ainsi apposé par les sept doyens, sept anneaux flamboyant se resserrèrent autour du cercueil, constituant un sceau inviolable. On poussa doucement l’embarcation étincelante aux milieux des eaux sombres et le courant l’emporta. Peu après, tandis que l’Eau des Morts surgissait par la cavité qu’elle avait formée au fil du temps pour tomber en cascade, l’embarcation, elle, continua sa course dans le ciel de la nuit ; la magie la faisait disparaître peu à peu aux yeux du monde.
Le rituel achevé, la longue procession remontait solennellement le large escalier jusqu’à la surface à la lueur des lampes à huile incrustées dans les parois rocheuses. Vêtus de blanc à l’exception de l’assemblée des sept doyens qui portait leur tenue safranée, chaque enfant de l’Arche était présent. Les trois-cent-vingt-et-une personnes portaient cette robe traditionnelle constituée de plusieurs pièces de tissus assemblées qui se drapait autour du corps, passant sous le bras droit, un pan reposant sur l’épaule gauche.
Flynn pleurait toujours.
À ses côtés, son amie Célia essayait de le consoler sans vraiment y parvenir. Lorsqu’ils débouchèrent à l’extérieur, l’air était doux et les deux lunes apportaient une clarté appréciable. Le jeune homme pressa le pas pour échapper aux regards inquisiteurs et s’éloigna en direction de la tour d’observation où personne ne viendrait le déranger.
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VERSION 1
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Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Coucou Merlok!
Alors j'ai beaucoup aimé ton extrait, malgré quelques maladresses. Il rend curieux, donne envie d'en savoir plus sur tout ça.
Le passage est calme, sans tension, mais avec plein d'éléments.
Par contre tu dis que c'est le début d'un chapitre. Plusieurs fois, je me suis demandée si je manquais d'infos, données dans d'autres chapitres, ou si c'est le premier chapitre de ton histoire. Si ce n'est pas le premier chapitre, tu devrais prendre le temps de le situer rapidement pour les prochains lecteurs ^^
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
En fait, je trouve que globalement le lecteur a énormément d'informations, mais compressées parfois en une ou deux phrases qui fait qu'on peut passer à côté.
Je me pose plein de questions après ça, que je te donne ici pour que tu aies une idée (je sais que plusieurs d'entre elles trouveront réponse ailleurs dans le récit) : la magie n'est possédée que par certaines personnes? Elle semble avoir également une volonté propre, est-ce qu'elle choisit ceux qui peuvent l'utiliser?
La magie semble user de la vie de ceux qui l'utilisent. Qu'apporte-elle donc exactement en échange? Est-ce possible de modifier son usage pour en subir moins les conséquences?
Les larmes ont-elles quelque-chose de magique également pour qu'on interdise de pleurer?
L'île est donc au-dessus de la surface (miam, une île flottante). A quelle hauteur? Voit-on le sol?
Flynn semble particulièrement touché, peut-être qu'il était proche de cette femme décédée. Ou qu'il est très sensible. Ou qu'il sait quelque-chose :\?
Mais, quelle est cette fameuse tour d'observation? C'est pour voir/surveiller quoi?
Pourquoi l'Eau des Morts est-elle noire? Le reste des cours d'eau aussi? Sinon, à quel moment prend-elle cette teinte peu engageante?
Voilà pour moi, j'espère que ça te donnera à toi aussi de quoi réfléchir, corriger, modifier ton texte. Et que je me pose les bonnes questions.
En tout cas, comme je l'ai dit au début, j'aime beaucoup cet extrait! :mrgreen:
Salut Merlock,
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
En général, je stoppe net et détale rapido quand je croise ce genre de phénomène qui veut me faire manger des que… (Qui, quoi, car, tandis que, lorsqu’ en tout cas c’est que et alors…). Ils s’accompagnent souvent d’autres choses assez désagréables…
Dans ton cas :
-la confusion entre narration descriptive et narration explicative pour tebè, (pas sûr que le slip est résisté :-[)
-des mots inutiles qui devraient être éludé.
Je n’ai pas vu uniquement des mauvais côtés à ton texte, sinon je serais déjà loin… (Je te file un bout de feuille de vigne, au cas où ! :noange:)
C’est sur ces points faibles, tu t’en doutes, que je vais par contre m’attarder.
En tout cas, c’est ce qu’on leur apprenait.
« En tout cas, c’est que » est d’une légèreté sans pareille ! Suit une phrase courte « n’avait que quand » puis accalmie mais survient autre chose…
Au milieu de ce sanctuaire rocheux, les coulées calcaires qui descendaient de la voûte formaient des stalactites de longueur variable. Toutes s’efforçaient à rejoindre une des stalagmites clairsemées au niveau du sol, mais sans succès. De larges fissures sinuaient entre les concrétions du plafond laissant entrevoir la nuit étoilée.
Merci de préciser que des coulées calcaires descendant de la voute d’une grotte s’appellent des stalactites, peu d’entre nous devait savoir cela, ni se douter qu’elles n’allaient pas être de même longueur.
« entre les concrétions » énième redite inutile, détruisant l’image d’une stalactite coupée en deux par une de tes fissures.
Dans cette grotte, une prière silencieuse emplissait l’espace tout entier. Et seuls les clapotis de l’écoulement de l’Eau des Morts qui la traversait se faisaient entendre.
« tout entier » me semble déductible et être une redite inutile.
« Et » ne m’a pas l’air nécessaire
« la traversait se faisaient » deux verbes collés avec un sujet différent, relis cette phrase elle est pour moi mal construite, sans parler du « les de l’ de l’ des qui la » (le cousin par alliance de mon beau père du coté de ma mère d’adoption du second mari de ma première mère adoptive, elle-même cousine de….)
dans le cratère de ce qui était jadis un volcan
Utilité de « de ce qui était…un… » ? « dans le (ce ?) cratère, jadis volcan, »
Dans un moment de grâce, les premières lueurs de l’aube venaient parfois se diffracter dans les fines gouttes dispersées par le vent pour former un phénomène de cascade arc-en-ciel.
Merci de nous décrire TROP BRIÈVEMENT ce qu’est une diffraction, on ne doit vraiment pas avoir inventé le fil à couper le beurre… Vire diffracter, accentue la description. Éventuellement, joint là à ta première description du sanctuaire rocheux et allonge.
― Flynn, ne pleures pas ! lui murmura Célia, alors que le doyen finissait, une fois de plus, la prière coutumière.
― Nous sommes si éphémères et nous sonderons les cieux à ta recherche parmi les innombrables étoiles. À partir de maintenant, tu nous guideras et ton âme voyagera vers le confins de ce monde pour l’éternité. Nous continuerons sans cesse à penser à toi, tu ne voyages pas, tu pars…
Flynn est assez perturbé par l’enterrement, elle voyage, phrase suivante elle ne voyage pas…
« à sa recherche » non !
Je perçois mal la liaison induite par le « et » au départ de la réponse de Flynn, ses quatre premiers mots me semblent exclamatifs ( ! ) ou songeur (…), ils ne font pas lien avec la suite.
« à partir de maintenant » est-il utile ?
Trop de lorsque en fin de texte, d’autres « et » inutiles à chercher (3, il me semble) et pas qu’à la fin du texte…
Récapitulation (ou résumé plus sobre et moins abrupt, plus chiant quoi ! Ou pas) :
Attention au descriptif virant à la redite explicative (tu devrais étiré et étoffé tes descriptions d’ailleurs)
Attention aux mots (de liaison ou autre) inutiles et/ou trop nombreux et/ou fauchant notre imagination.
ET/ou ou/ET…
Sans ces deux désagréments, la puissance de ta plume n’en jaillira que mieux à nos yeux
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Au plaisir…