Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Donald Ghautier le 17 Mai 2020 à 11:50:50

Titre: Le lac primoridal
Posté par: Donald Ghautier le 17 Mai 2020 à 11:50:50
Les enfants scandent des mots biscornus dans une langue inconnue. Ils chantent le dieu de la forêt. Je perçois leur espoir et me sens oppressé. La lumière du jour force mes pupilles désormais trop étroites. Ma peau se couvre d’une gangue chaude et mousseuse. Je transpire une glaise visqueuse. Les enfants me regardent. Leurs yeux sont gris cendrés.

Je vois le lac primordial dont les Anciens parlaient.
Suis-je le fils de l’eau, de l’air, de la terre et du feu ?
Je crie ma question alentour mais nulle voix ne répond.

Les enfants tapent lentement des pieds sur le sol couvert de fleurs grises et fanées. La terre tremble un peu. L’air se refroidit lentement. L’eau se met à frémir. Je ne transpire plus et vois ma peau brûler d’un feu doux et aimant. J’enlève mes vêtements. Je sens l’air m’envelopper, le feu me consumer, la terre me porter et l’eau me caresser. Je n’entends plus les enfants chanter. Leurs bouches sont cousues et leurs bras se tendent vers moi, le dieu de la forêt. Je suis enfin arrivé.
Titre: Re : Le lac primoridal
Posté par: Kerdrel le 17 Mai 2020 à 23:23:07
je ne sais pas pourquoi, mais en lisant ce poème
j'ai pensé à "L'esprit de la forêt" d'Odilon Redon

(https://i78.servimg.com/u/f78/15/23/33/97/redon_10.jpg) (https://servimg.com/view/15233397/1809)

sinon revoir la mise en page, car ce n'est pas
agréable de lire des vers à rallonge

 :mrgreen:

Titre: Re : Le lac primoridal
Posté par: Donald Ghautier le 18 Mai 2020 à 09:06:27
Salut Kerdrel,

Merci pour le commentaire.

La mise en page est voulue car c'est de la poésie en prose et je ne veux surtout pas que le lecteur découpe les vers comme dans du contemporain. Seule la partie centrale est découpée, et ce pour une bonne raison, celle d'amener la question.

J'ai essayé de le découper différemment mais le résultat ne m'a pas plu car il ne donne pas l'effet que j'attends de ce poème.

Désolé.

 :(

Donald