Salut !
Je reviens déterrer ce texte parce que je pense le soumettre à l'AT Monstresses des Éditions Noir d'Absinthe. Cette fois-ci, je ne refais pas la même erreur, je me donne une semaine pour faire les corrections. La dead-line est le 30 septembre. D'ailleurs, si quelqu'un a envie d'y participer avec moi, je me ferai un plaisir de le relire.
Donc, depuis la dernière fois, j'ai donné beaucoup plus de contexte à la relation Charlotte-Viviane. J'ai aussi apporté toutes les corrections mentionnées dans les commentaires et j'ai réécrit une grande partie du texte. Globalement le déroulé reste le même, mais j'aimerais savoir s'il fonctionne mieux.
Comme c'est pour un AT, s'il vous plaît, lâchez vous. Soyez sans pitié.
Bonne lecture !
L'ancien pitch :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
L'intrus
— J’arrive !
Violent comme un coup de feu, le cri strident déchira la sérénité de l’après-midi. Les voisins l’avaient sûrement entendu, mais Viviane en avait marre. Elle n’avait jamais un moment pour elle. Même quand les enfants étaient à l’école et que Marc travaillait elle devait toujours faire le larbin. La cloche tinta à nouveau, comme une provocation. Les mâchoires serrées, Viviane jeta son transplantoir dans le bac en plastique rempli de terreau devant elle et se releva. Jamais elle ne pourrait rempoter ses foutus géraniums !
Par-dessus la palissade, Mélanie la voisine, l’observait avec ses yeux de truite. Évidemment qu’elle avait entendu, elle était toujours à l’affut du moindre bruit chez ses voisins. Cette garce allait encore jaser, racontant à tout le monde que le foyer de Viviane allait à vau-l’eau. Elle aurait pu l’étrangler, serrer son petit cou de corbeau entre ses doigts pour étouffer les ragots et les médisances à leur source.
Viviane la salua de sa main gantée et lui adressa un sourire avant de s’engouffrer dans le séjour. Alors qu’elle passait le seuil, la cloche sonna une nouvelle fois à l’étage, finissant de lui écorcher les nerfs. Qu’est-ce qu’elle avait encore la vieille peau ? Ne pouvait-elle pas crever qu’on en finisse ? Viviane traversa la pièce à grands pas. Elle fulminait.
Cette cloche, c’était l’idée de Marc. « Tu comprends, je veux que maman se sente bien chez nous. La solitude est un fléau et je veux qu’elle sache qu’elle peut nous appeler à tout moment », lui avait-il dit alors. Brillante idée. Surtout que lui n’était jamais à la maison pour s’occuper de sa connasse de mère, et c’est Viviane qui devait maintenant faire l’aide-soignante. Quand elle était seule avec la vieille, Viviane sortait la cloche de la chambre, mais ce matin, après le passage de l’infirmier, elle avait oublié.
Viviane finit de gravir les marches et pénétra dans la demi-obscurité de la chambre d’amis convertie depuis quatre ans en mouroir. Sur le lit médicalisé, sa belle-mère Charlotte gisait parmi les couvertures rejetées en arrière. Une odeur acide flottait dans la touffeur de la pièce. Charlotte avait mal choisi son moment pour se chier dessus, Viviane était hors d’elle et il n’était pas question qu’elle change sa couche. La vieille attendrait le soir, juste avant que Marc et les enfants rentrent. Une journée dans sa merde lui servirait de leçon.
— Qu’est-ce qu’il vous arrive encore Charlotte ? aboya Viviane, je jardinais, j’aimerais être tranquille.
— Je suis désolée Viviane, mais j’ai faim. Ce matin, vous m’aviez dit que je devais attendre le passage de l’infirmier pour avoir mon petit-déjeuner, mais il est bientôt trois heures et je n’ai toujours rien eu.
— C’est parce que vous ne méritez pas de manger, répondit Viviane avec mépris, sa bouche déformée par un rictus dédaigneux.
La vieille resta muette. Elle fixait Viviane l’œil larmoyant.
— Vous êtes un parasite, cracha Viviane en s’approchant du lit, ne comprenez-vous pas que je vous hais, ma très chère belle-mère ? Je n’attends qu’une seule chose, c’est qu’enfin vous creviez.
Viviane ponctua sa phrase d’une gifle. Charlotte laissa tomber la maudite cloche et enfoui son visage dans ses mains squelettiques. Viviane s’empara du manche en argent et brandit la cloche au-dessus de sa tête. Elle l’abattit trois fois, dans les côtes, avant que le voile de rage ne se lève de ses yeux. Elle considéra un instant essoufflée le corps de la vieille dont la peau pendait comme les voiles d’un navire sur lequel le vent de la vie aurait cessé de souffler. Il était secoué de sanglots silencieux. Si elle le pouvait, Viviane la brûlerait vive, elle, ses draps tâchés de pisse, ses cadres poussiéreux et ses tricots à la naphtaline. Elle brûlerait toute trace de Charlotte dans sa vie et enterrerait les cendres à côté du chien. En attendant, elle allait encore devoir trouver une excuse pour les bleus qui allaient immanquablement apparaître au flanc de Charlotte.
Charlotte n’avait pas toujours été cette carcasse séchée enroulée dans des draps sales. Plus jeune, c’était une femme dure, aux critiques acérées et abondantes, surtout envers sa belle-fille, à qui elle avait toujours reproché de ne pas être à la hauteur de son fils unique. Viviane n’avait jamais rien reçu de Charlotte qu’injures et vexations, mais elle avait enduré et elle avait persévéré pour finalement réussi à s’éloigner, elle et sa famille, de Charlotte.
Elle avait pu construire son foyer, son mariage et élever ses enfants loin de l’ombre malsaine de Charlotte, les dîners de Noël comme seuls rappels de l’acidité de la mégère. Au fil des ans, Viviane s’était établie dans une vie tranquille. Ce qu’elle ne savait pas alors, c’est que, suppliciée en devenir, elle construisait sa propre croix. Sa situation, que beaucoup auraient enviée, lui était insupportable. Marc ne l’aimait plus et la regardait sans la voir, ses enfants se rebellaient et s’éloignaient d’elle, elle n’avait rien d’autre à faire que de s’occuper de son jardin. Elle s’ennuyait à mourir, donc elle détestait pour exister. Elle distillait en elle l’amertume, la colère et le fiel.
C’est à l’apogée de l’ennui que Charlotte s’était réintroduite dans sa vie pour en exacerber les défaillances, comme le sel dans une plaie. La vieille avait eu un malaise cardiaque et les médecins avaient voulu la placer. Marc s’y était fermement opposé et Viviane s’était retrouvée avec une personne de plus à charge, un intrus qui plus est. Véritable chardon, la vieille avait rapidement envahi le foyer de Viviane et planté ses rhizomes dans le cœur de Marc et des enfants. Elle avait fleuri sur le béton stérile de ses relations familiales et était devenue le centre de l’affection des enfants. En Viviane, la jalousie montait, chaque jour un peu plus. À chaque repas cuisiné, à chaque couche changée, l’envie de meurtre se précisait. Jusqu’à cet après-midi-là.
— Je vais vous faire à manger, mais si vous touchez encore à cette cloche, je vous brise les doigts, c’est compris ?
Charlotte ne répondit pas, le visage toujours caché dans ses mains. Viviane reposa la cloche, bien au centre de la table de nuit, et se détourna. Elle savait qu’elle avait fait une petite impression et qu’elle ne l’entendrait plus aujourd’hui. D’ailleurs, elle ne l’entendrait plus jamais.
Elle sortit de la chambre et redescendit au rez-de-chaussée, mais au lieu de se diriger vers la cuisine en face, elle continua à gauche et s’enfonça vers la cave. Là, entre la table de ping-pong et les outils de jardin, se trouvait ce qu’elle cherchait. Elle repoussa deux pots de peinture et s’empara d’une boîte blanche en carton. De la phosphine en granulés pour se débarrasser de la vermine.
Marc avait récupéré cette boîte chez un agriculteur après qu’elle se soit plainte pendant des semaines des taupes qui éventraient son précieux jardin. Avec une rapide recherche sur Wikipédia, Viviane lui avait trouvé une tout autre utilité. Elle contemplait depuis la possibilité, la boite bien cachée dans la cave et les idées dans son cœur. Cette fois-ci, elle allait passer à l’acte.
Un sourire dédaigneux se déposa sur ses lèvres en lame de couteaux. Elle le savait, elle ne risquait rien. Personne ne s’étonnerait d’une défaillance cardiaque chez une vieille de quatre-vingt-onze ans. Et même si Charlotte venait à se douter de ce qu’il se tramait, il y a longtemps que Marc ne l’écoutait plus. Persuadé de s’être acquis une place au paradis en accueillant sa mère chez lui plutôt que de l’envoyer en EHPAD, il dormait du sommeil du juste. Cet hypocrite. Il balayait toutes les plaintes de la vieille d’un revers de main et la rassurait avec son éternel sourire plein de fausse mansuétude.
La boîte en carton sous le bras, Viviane remonta à la cuisine, ses Crocs rythmant de leur frottement ses pas sur les marches de ciment. Là, elle s’affaira à rassembler ingrédients et ustensiles. Devant le placard, elle hésita un instant et choisit un bouillon de légumes en poudre. Le plat transformé couvrirait à merveille l’amertume de la phosphine.
Elle décapita le sachet et versa la poudre grisâtre dans une casserole. Il n’y avait vraiment pas beaucoup de légumes. Elle s’empara ensuite de la boîte de granulés et regarda par le trou. Il en restait un peu moins d’un quart. Elle inclina la boîte au-dessus d’une cuillère à soupe et la secoua. Rien ne sortit. Agacée comme elle était, elle secoua l’emballage de plus belle. Une avalanche de granulés s’abattit sur la cuillère. Des grains bleus se répandirent sur le plan de travail et partout sur le sol.
Jurant à voix haute, elle se courba et commença à les ramasser un par un avec son doigt mouillé. Elle en conserva treize dans la cuillère et remit le reste dans la boîte. Elle vérifia deux fois qu’aucun grain ne se fut glissé entre les dalles du carrelage ou sous le four avant de verser le contenu de la cuillère dans le bouillon.
Après plusieurs minutes à mélanger le nez au-dessus de la mixture, elle jugea que les grains avaient dû se dissoudre. Touche finale, elle sala abondamment pour que Charlotte ne sentît pas le poison. Elle portait une cuillère à sa bouche pour goûter à la préparation quand elle se rendit compte de la stupidité de son réflexe. Elle agrémenta le bouillon d’une épaisse tranche de pain sur laquelle elle tartina du fromage Philadelphia.
Elle finissait de placer le repas sur un plateau quand le son de la cloche retentit à nouveau.
— C’est une blague ? souffla-t-elle entre ses dents serrées, elle me nargue cette vieille peau ?
C’en était trop, il était temps que Charlotte crève ! Elle s’empara du plateau et remonta les escaliers quatre à quatre, son visage chiffonné de rage, mais arrivée sur le palier, elle s’arrêta net. Des gloussements s’échappaient de la porte entrebâillée de la chambre et rebondissaient sur la moquette feutrée. La vieille semblait discuter avec quelqu’un que Viviane ne pouvait entendre. Elle perdait décidément la boule. D’un coup d’épaule rageur, Viviane repoussa le battant de la porte. Son sang se glaça.
Assis dans un fauteuil entre la table de nuit et la fenêtre, la cloche dans les mains, se tenait un homme. Comme deux enfants interrompus pendant un conciliabule complice, Charlotte et l’intrus regardaient Viviane en souriant, de la malice plein les yeux.
— Entre Viviane, nous t’attendions, dit l’intrus d’une voix fluette qui résonnait dans la pièce d’un écho irréel. Charlotte me disait justement que tu lui faisais à manger, quelle gentillesse ! Tu es pleine d’attention. Mais entre donc, ne sois pas timide, nous sommes bons amis.
L’intrus l’invita à entrer d’un geste de la main, faisant tinter la cloche qui reposait sur ses jambes croisées. Il était complétement nu. Viviane obéit à cet ordre intimé avec douceur sans qu’elle ne s’en rendît compte. Elle pénétra plus avant dans la pièce, raide comme un pantin.
À son approche, l’intrus reposa délicatement la cloche sur la table de nuit et se leva, révélant théâtralement son aspect cauchemardesque. Il était si grand qu’il devait courber la nuque pour ne pas heurter le plafond. Sa peau diaphane et imberbe couvrait un corps maigre aux membres absurdement allongés. Debout, Viviane se rendit compte avec horreur que l’intrus n’était pas un homme. Là où aurait dû se trouver un sexe, ses jambes se joignaient en une étendue de peau blanche parfaitement plate. Alors qu’il approchait, elle distingua ses traits, ou plutôt leur absence. Comme un masque de cire, le visage androgyne de l’intrus semblait ne pas avoir de caractéristique particulière, ses traits fluides se tortillaient et échappaient à l’épingle d’une description. Comme point de focalisation dans ce masque, le mime d’un sourire affable sur la bouche sans lèvres.
En un unique pas démesuré à la fluidité brumeuse, l’intrus rejoignit Viviane tétanisée au pied du lit.
— Qu’as-tu donc préparé ? Quelque chose de copieux, j’espère. Charlotte me disait justement qu’elle mourait de faim.
Il se pencha sur le plateau avec intérêt. Il sentait l’humidité et le froid, l’odeur d’un matin d’hiver. Les jambes de Viviane menaçaient de plier sous le poids de la terreur, qui se déversait dans son esprit comme un mercure glacial. Il fit mine d’attraper la tartine, mais le plateau s’écrasa mollement au sol.
— Je suis désolé de te voir si effrayée Viviane, reprit l’intrus d’un ton enjôleur. Vois-tu, je suis ici sur ton invitation.
Elle voulait hurler, mais son corps, comme moulé dans le plomb, ne lui obéissait plus.
— Regarde, je t’ai même apporté quelque chose.
L’intrus leva son poing fermé dans lequel se trouvait un petit ruban noir. De sa main libre, il en attrapa l’extrémité qui pendait et le présenta comme une offrande. Il la fixait intensément de ses yeux noirs sans iris. Percée de part en part par ce regard insupportable, Viviane dut rompre son mutisme.
— Qu’est-ce que c’est ? balbutia-t-elle la bouche sèche.
— Comment Viviane ! Ne reconnais-tu donc pas ce que j’ai là ? Tu l’as pourtant tellement désirée. Elle représente pour toi la liberté, me semble-t-il, la vengeance même.
Viviane considéra le ruban, interdite. Pas plus long qu’un lacet et mesurant un centimètre de large, l’épais ruban au tissu velouté était si mat qu’il semblait s’abreuver de la lumière ambiante. Elle voulut s’en saisir, mais l’intrus le déroba à sa main.
— Suis-je bête ! s’exclama-t-il en feignant de se frapper le front. Tu ne pourrais rien faire sans cela.
Il étendit l’autre main sur laquelle se trouvait une petite paire de ciseaux de tailleur en argent. Les lames jumelles brillaient sur la peau blanche de l’éclat glacial des étoiles.
— Qu’est-ce que ?
Viviane ne put finir sa question, l’intrus s’était approché d’elle jusqu’à ce que les ciseaux ne fussent plus qu’à quelques centimètres de son visage.
— Prends.
Elle obtempéra. Le métal était froid dans sa main moite. Machinalement, elle passa son pouce et son index dans les orifices des lames. L’intrus tendit de ses deux mains le ruban devant lui en une invitation sans équivoque. Il souriait largement, révélant entre ses dents en pointe, une brèche sur le néant.
— Vas-y ! insista-t-il dans un souffle abyssal.
— Je ne comprends pas, qu’attendez-vous de moi ?
— Ne joue pas l’innocente avec moi Viviane, je t’en prie. Tu as berné voisins, collègues et amis, mais tu l’as senti, je ne suis pas comme eux. Je te connais, je vois la couleur de ton cœur. Maintenant coupe, finis ce que tu as commencé. Libère toi !
Viviane tendit le bras aux ciseaux. Les lames scintillantes dansaient dans le vide au rythme des frissons de son corps. Elle jeta un œil embué de larmes sur sa droite. Charlotte s’était redressée contre la tête de lit et ses yeux voilés de cataracte étaient plantés dans ceux de Viviane. Elle aussi souriait. Finalement, la distance infinie entre lames et trame fut comblée, et les mâchoires de métal se refermèrent sur le velours du ruban. Un clic. Tranché net.
— C’est bien.
L’intrus lâcha l’un des brins du ruban coupé qui dégringola gracieusement dans l’obscurité. Il enroula sa main autour de celle de Viviane avec douceur. Immédiatement, elle sentit son corps s’engourdir et sa main s’effaça à ses sens. Après une interminable seconde, il la libéra et elle put constater qu’elle était toujours entière. Les ciseaux en revanche avaient disparu.
— Regarde, l’invita la chose.
Il pinça l’autre moitié du ruban entre son pouce et son index et frotta. Le ruban se scinda dans son épaisseur. Un flash de panique blanche éclata en Viviane.
— On dirait que dans ton empressement, tu en as coupé deux. Celui-ci, c’est le tien.
Il déposa délicatement le ruban dans la main de Viviane comme une révélation.
— C’est impossible ! articula-t-elle d’une voix étranglée.
— Je pensais que tu aurais revu ta position sur l’impossible après notre rencontre Viviane. Tu vois bien, c’est réel, il te faut l’accepter.
— Tu as triché !
— Tu n’es pas la première à m’accuser de cela, mais non, je ne triche pas. Les deux rubans étaient liés, et ce depuis longtemps, tu n’y as simplement pas fait attention.
La haine, occultée la peur, revint en Viviane comme une déferlante.
— C’est de ta faute ! cracha-t-elle en direction de Charlotte, mais la vieille dans son lit avait les yeux clos et la tête rejetée en arrière, son visage flétri à l’air serein offert à la pièce comme un contraste à la face aux yeux exorbités de Viviane.
— Elle n’est plus avec nous, déclara l’intrus solennellement. Garde tes forces, toi aussi tu vas entreprendre un long voyage.
— Mourir de quoi ? Je ne peux pas mourir ! C’est impossible, je vais bien !
— Je ne sais pas. Peut-être as-tu respiré les vapeurs de ton bouillon ? Peut-être as-tu manipulé les granulés de tes mains nues ? Peut-être as-tu un cœur trop fragile pour contenir toute ta haine ? Je ne sais pas, mais je sais que tu t’en vas.
Par ces mots, l’intrus clôtura la conversation. Il se redressa jusqu’à toucher le plafond et adressa à Viviane un dernier regard. Elle n’était plus que ruine. La vision trouble, elle tomba à genoux avant de s’étaler de tout son long, le visage dans le bouillon. Viviane vit l’intrus l’enjamber, sortir et disparaître dans le couloir. Elle, elle s’enfonçait dans le noir.