Salut Alan,
je n'ai rien compris de la thèse défendue dans ton dernier message, mais certaines choses m'ont fait tiquer dans ceux d'avant :
Les mouvements littéraires ne sont pas des étiquettes futiles pour « attirer un certain type de lecteur », ils ont bel et bien leur critères, leurs codes, leurs spécificités, un sens littéraire et une profondeur extrême.
C'est une vision hyper classique, voire rigide, du travail de l'écrivain.e. Je ne pense pas que beaucoup d'écrivains procèdent de cette manière, à suivre le cahier des charges d'un mouvement auquel ils auraient préalablement adhérés... Souvent l'écrivain.e peu à peu modèle, nuance et fait évoluer chacun des genres auxquels il/elle souscrit dans ses textes. C'est pas "j'adhère en amont à un genre, dans le but de dédier mon oeuvre à la mise en pratique des règles, des codes de ce genre". Je dirais que ça c'est plutôt une démarche d'artisan ? alors que l'artiste (contemporain en tout cas) a souvent tendance à remettre en question les formes préexistantes.
Bref, je trouve ta vision de l'écriture (et de l'histoire de l'écriture) très schématique.
Je maintiens ma position : on a inventé l'étiquette « littérature blanche », pâle imitation des véritables mouvements littéraires pour éviter de laisser entrevoir un particulier manque de profondeur.
1) "« littérature blanche », pâle imitation des véritables mouvements littéraires". Non : c'est un genre, pas un mouvement. L'erreur est mentionnée par anlor et cyamme. La SF est un genre, le surréalisme est un mouvement. Ainsi il peut y avoir de la SF surréaliste, ou du policier surréaliste comme dit cyamme.
2) Donc en fait, quand tu lances un fil sur la littérature blanche, tu sous-entends que c'est un sous-genre qui n'a pas de raison d'être. :???: Et qu'on l'a créée pour combler un trou. Y avait des beaux petits jardins bien soignés (policier, fantastique, et tous les autres rayons de librairie, comme relève bien anlor), avec au milieu un gros terrain vague qu'on trouvait pas beau, et des gens sont venus et ont prétendu que c'était un jardin aussi, qu'ils ont nommé "littérature blanche". C'est ce que tu dis dans cette phrase...
Je ne renouvelle donc ma question : les éditrices & éditeurs de littératures blanches manquent-ils de profondeur ou de recherche ? Ne peut-on pas espérer dépasser ce stade de neutralité pour aller vers quelque chose d'un peu plus novateur, imprévisible, conséquent, profond ?
Pas compris...
Bon, le reste a été dit...
Il en est de même en poésie, nous nous informons (en tant que poètes) sur ce qu'il se passe dans l'actualité poétique, sur les poètes d'aujourd'hui, mais aussi sur ce qui s'est fait hier pour percevoir, comprendre, s'inscrire dans un mouvement esthétique ou son semblable. Il y a un passé, un présent, un futur poétique.
On dirait que tu cherches à déterminer une méthode, une marche à suivre, dans le but de "réussir en poésie". Je comprends pas cette démarche.
Il n'y a pas de raison crédible que cela manque à la « littérature blanche ». Quand il n'y a pas d'histoire à une littérature, pas d'héritage, pas de perspective, il n'y a pas de profondeur ni d'avenir.
Mais ce qui est appelé artificiellement la "littérature blanche",
c'est la littérature
en en retranchant les littératures tout aussi artificiellement nommées "de genre".
Outre la question de l'orientation des clients*
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, peut-être on peut aussi voir ce préjugé (partagé par beaucoup de gens) selon lequel "policier" et "imaginaire" ne sont pas de la vraie" littérature, sont de la "sous-"littérature / sont à reléguer à un statut inférieur. Donc ça a créé une étiquette "littérature policière", "littératures de l'imaginaire", et une très grosse catégorie sans nom, qu'on ne pouvait plus nommer seulement "littérature". Alors on a mis "blanche", par opposé aux "romans noirs" du policier. Peut-être historiquement à rattacher aux collections emblématiques de Gallimard, qui a assez tôt développé sa collection policière, et appelé sa collection de littérature générale "la Blanche" ?
Bon bref, c'est cette vision fausse et dévalorisante de la "littérature blanche" qui m'a un peu électrisé et poussé à répondre.