Le Monde de L'Écriture

Salon littéraire => Salle de débats et réflexions sur l'écriture => Discussion démarrée par: Gant Dor le 18 Avril 2020 à 09:07:22

Titre: Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Gant Dor le 18 Avril 2020 à 09:07:22
Bambari

Bambari



Déplacement vers l'Atelier d'un débat ayant pour point de départ la suppression d'un poème de l'utilisateur Gant Dor suite à un commentaire de Loup Taciturne, que vous pouvez retrouver en première page.

Le titre du poème était : Statuette d'une femme africaine

Dans l'idéal, si vous souhaitez plutôt débattre du ton des commentaires, de la bienveillance et de l'agressivité perçue lors des critiques, préférez ce sujet déjà existant :

http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=5082.0

Aube
 
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 18 Avril 2020 à 22:43:17
Ah oui ! Il y a de sacrés beau poèmes ce soir  ! Celui-ci est magnifique et puissant. On la voit cette femme, cette silhouette avec son port ses couleurs et son destin... C'est beau et rythmé;  j'avais déjà eu l'occasion de vous commenter, je crois me souvenir et avec plaisir. Je confirme  mon sentiment d'une vraie poésie.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Dot Quote le 19 Avril 2020 à 12:03:51
J'ai senti une larme derrière tout ceci, une larme profonde, sincère, aiguë...
Ce qui ne l'empêche pas et j'ai trouvé ceci dommage, de sa cacher derrière :

la Menace du Stéréotype !

Comme qui dirait : les seins d'une blanche on les voit dans PlayBoy, les seins d'une noire dans Géo...
C'pas la même littérature, et là où on peut se tromper et ressentir émotionnellement ce qu'on veut :

les questions de l'Afrique, de la Femme et de l'Origine trouvent souvent un terrain de sens commun

pour ma part un ressenti lexical plus brut dans ce produit de ta part
cela ne me surprendrait que ce fut volontaire, et pourtant
j'y ai senti comme une patte qui traîne le stylo
était-ce cette lourde larme à l'encre ?

En tous cas des images fortes je crois

à+
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Gant Dor le 19 Avril 2020 à 18:39:15
j'ai écrit ce texte la semaine dernière dans un atelier d'écriture virtuel: Sujet , un objet familier.

J'ai choisi une superbe statue en ébène d'une femme africaine (environ 60cm de haut)

qui m'avait été offerte par un ami africain en 1975 pendant ma coopération.

Et pour moi cette statue  symbolise la femme africaine,  force, fierté, beauté, le vrai pilier de l'Afrique.
Le femme africaine domine l'homme de toute sa hauteur (système matriarcal). Je n'ai jamais entendu qu'un homme aurait battu sa femme.
Par contre les femmes qui battent leur marri , oui.

Le rythme syncopé au récit est voulu. L'Afrique vit dans le rythme

Anecdote. Je me rappelle un jour avoir essayé de porter une bassine d'eau sur la tête (environ 20kg) qu'une fille portait. j'ai pas pu faire  deux pas....
et bien sûr les femmes ont rigolé...(elles doivent encore se le raconter le soir à la veillée)
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Dot Quote le 19 Avril 2020 à 19:13:44
ahouiuiui cela fait sens avec ton témoignage
superbe
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 19 Avril 2020 à 21:15:18
En revanche...le titre ne me parait pas approprié. d'autre part, je trouve toujours décevant de voir exposer la genèse d'un poème. Cette gestation doit demeurer secrète (..à mon sens).
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Dot Quote le 19 Avril 2020 à 21:24:48
ah ? tiens étrange HELLIAN, même si j'aime la pudeur de l'intériorité, je considère que l'art est sensé le soulever avec le plus de transparence possible... ?

mais pourquoi pas, et je suis pas vraiment contre, non plus...
intrigante réflexion en tout cas...

et je plussoie un peu sur la banalité du titre, mais ça va
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 19 Avril 2020 à 21:40:55
ah ? tiens étrange HELLIAN, même si j'aime la pudeur de l'intériorité, je considère que l'art est sensé le soulever avec le plus de transparence possible... ?

mais pourquoi pas, et je suis pas vraiment contre, non plus...
intrigante réflexion en tout cas...

et je plussoie un peu sur la banalité du titre, mais ça va



C'est un peu comme  le prestidigitateur vous dévoilant le truc à l'origine de son tour de magie ou comme ces femmes  desquelles vous complimentez la robe et qui vous répondent " ça, je l'ai acheté en solde  douze euros  chez Tati ... Et puis cela jette un grappin sur l'imaginaire  du lecteur. Non, pour moi la fabrication doit rester mystérieuse.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Dot Quote le 19 Avril 2020 à 22:51:30
et pourtant, quelle valeur à l'intrinsèque existence de ce mystère de fabrication ? il y en a une forcément et elle est primordiale
se doit-l'artiste de tout garder pour lui ? quelque part oui, le prestige réside dans le mystère, mais le mystère dans sa solution...

hu épineux pic que tout ce débordement °.O'
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Gant Dor le 19 Avril 2020 à 23:02:35
Vous avez raison, le titre est nul. Je l'ai d'ailleurs déjà changé. Soeur fougère c'est le nome de cette femme qu'on lit sur ces scarifications.


Hellian, la poésie n'est pas de la prestidigitation. C'est un récit de vie.
Et dans ce cas-là, de ma propre vie et de mes propres souvenirs.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 19 Avril 2020 à 23:45:34
Gant d'or,

Je ne saurais partager votre point de vue. La poésie n'est pas, n'est surtout pas un récit de vie C'est là un grave malentendu. Pour cela il y a le roman ou mieux l'autobiographie. La poésie,je crois est soit un ailleurs de la vie, soit une quintessence . Et je persiste, non par esprit de contradiction,   mais par conviction profonde au maintien de ce parallèle entre magie et poésie. Un poème est un véritable tour de prestidigitation ! Rien n'est plus  artificiel, fabriqué, dosé mesuré, contrôlé qu'un poème. Quant à l'effet produit par la poésie, cela tient d'une alchimie miraculeuse. Parfois, ça marche, parfois pas du tout et il est bien difficile de savoir pourquoi.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 20 Avril 2020 à 02:42:59
Salut ! (Ben dis donc, désolé d'avance c'est pas une bonne série pour moi aujourd'hui)

Comment aborder un tel texte ? Bon je dois dire que je suis très embêté, à la fois par ton texte mais aussi par tes explications. Et je crois que Dot a flairé quelques pistes problématiques.

Je précise que je lis ton texte à partir du titre « statuette d'une femme africaine ».
Bon la première remarque qui me vient en m'interrogeant sur ce titre après avoir été embêté par la lecture de ton texte est : pourquoi ne pas avoir écrit « statuette africaine d'une femme » ?
Il me semble que cette apparente subtilité, futilité pourrait-on penser, me permet de rendre compte de mon malaise. A travers ton poème, tu fabriques une « femme africaine » qui n'existe pas. Au lieu de parler de la statuette, d'une représentation africaine de la femme (parmi d'autres), tu te sers de cette statuette pour projeter ta propre vision de « LA femme africaine » et à travers elle de « l'Afrique ». Vision manifestement ethnocentrée (occidentalocentrée en l’occurrence, j'y reviendrais).
Ce qui est donc gênant dans ton texte, c'est qu'il y a une double essentialisation de l'autre : à la fois essentialisation de la femme, et essentialisation de l'africanité à travers notamment son exotisation et son érotisation. Ces procédés te conduisent à créer un stéréotype complètement fantasmatique et généralisant. Et c'est d'autant plus important et délicat de te faire ces reproches que tu sembles vouloir dresser une image positive/bienveillante, p-e teintée de condescendance involontaire, de ton sujet. (cf « Mythe du bon sauvage » )

J'en viens au texte dans le détail.

Citer
Elle porte l’Afrique sur sa tête. L’Afrique entière.
Ca annonce la couleur...
L'Afrique n'est pas un pays comme on dit trivialement. L'Afrique c'est vaste, c'est riche, c'est pauvre aussi, c'est varié, comme partout en fait, ce sont des langues, des cultures, des villes, des campagnes, des guerres, des festivals, des gastronomies, des religions syncrétiques et d'autres plus "traditionnelles", qui ne se résument pas à la plantain au manioc et au mafé. L'Afrique se sont des sociétés, des identités aussi différentes les unes des autres que partout ailleurs sur la planète à commencer par l'Europe. Ce n'est pas parce qu'en Afrique « noire » on trouve partout des personnes noires qu'on peut s'autoriser à dresser le portrait de LA (bonne) noire, « l'africaine ». Sans compter que la maghrébine blanche est aussi africaine que la sud africaine noire ou que l'éthiopienne amhara un peu plus claire de peau. Mais tu vas choisir dans ton poème des clichés, décider de les styliser, les esthétiser (leur donnant ainsi de la force, du poids, du crédit) et de les véhiculer.

Citer
Y compris la savane et le Kilimandjaro
Oui l'Afrique porte ces lourds clichés. Ta statuette en est le premier exemple.
Citer
Elle porte une bassine d’eau.
Toute l’eau de l’Oubangi et du Congo.
Ah oui tant que ça ?
L'entrepreneuse Rwandaise parfaitement intégrée à la jungle urbaine de la mégapole Kigali appréciera l'attention.

Citer
Elle porte un grand sac sur le dos, plein du poids des bananes.
Faudrait arrêter un peu de faire rimer Afrique avec banane. Y a quand même d'autres choses a en dire non ? Pourquoi revenir à ces images, qu'est ce que ça cache ?

Citer
Elle porte le dernier né sur la poitrine.
La bouche pleine de sein 
Il me semble qu'il y a plus de chances de le voir sur le dos pour le coup, nan ?
Enfin, le but est sûrement d'introduire cette figure érotisante.
Les femmes africaines ne peuvent pas juste être perçues comme des femmes normales, sans êtres réduites à leurs attributs sexualisés, leur peau, leurs formes ? Sans que leur corps soit gratuitement sexualisé par le regard occidental ? Ici l'expression « bouche pleine » ne trompe pas sur l'intention de l'auteur de ne pas s'en tenir à une description purement réaliste/naturaliste.

Citer
Elle porte le prochain au fond du ventre.
Encore un sous entendu tendancieux colportant son cliché bien connu. + érotisation de la fertilité.

Citer
Elle porte un boubou de coton.
Bah non. « L'égyptienne » ne porte pas un « boubou » et ne joue pas du « tamtam ». « La massaï » non plus d'ailleurs. Et « la lobi » villageoise qui portait les cheveux rasés jusqu'à il n'y a pas si longtemps aime aujourd'hui à exprimer sa féminité à l'aide de rajouts tressés synthétiques. « La malienne » a des chances de porter un foulard et « la mahoraise » jeune, rien du tout, peut-être une perruque. 

Citer
Pompidou sur une fesse, Bokassa sur l’autre
C'est trop léger pour être une dénonciation de la françafrique. Par contre c'est encore une occasion d'érotiser.

Citer
Elle porte le souvenir du morceau de chair entre les jambes
Et du coupe-légumes mal aiguisé.
C'est tout un champ lexical, je ne fais pas erreur. Là encore l'excision n'est pas partout pratiquée, et la où elle l'est elle obéit à des enjeux sociaux, culturels et sanitaires complexes. Sous cette image lapidaire, le résumé qui est dressé implicitement de cette question est aussi mal affûte que le coupe-légume. Ce qui en ressort c'est la sauvagerie et l'arriération d'un continent tenant dans l'image brutale de ce coupe légume mal aiguisé (forcément) sur la chair d'un clitoris.


Citer
Elle marche depuis que ses ancêtres ont traversé l’Océan en marchant.
Au fond d’une cale
Alors ça faudra m'expliquer :
Pourquoi la majuscule à océan ?
Pourquoi « en marchant » ?
Et enfin, pourquoi « ses ancêtres » ?
Si elle est africaines de naissance, c'est bien que ses ancêtres à elle n'ont pas été déportés, non ?
Encore un cliché sur l'esclavage, noir = descendant d'esclave. Par ailleurs certaines sociétés africaines étaient déjà des sociétés esclavagistes, comme l'ont été énormément de sociétés dans l'histoire et la préhistoire de l'humanité, sur tous les continents, sauf p-e en Océanie.

Citer
Elle marche sur le bord de la route.
Forcément, l'africaine n'a pas de voiture, c'est tout juste si elle est capable d'en conduire une !

Citer
Elle marche sur la terre rouge d’Afrique
Sandales à la main.
Oui elle préfère user ses pieds ou mieux, être en harmonie avec la terre rouge de ses ancêtres ancestraux, quitte à recevoir quelques épines. Où peut-être simplement qu'elle les a enlevées momentanément car elle a mal aux pieds, comme le ferait n'importe qui.

Citer
La fatigue glisse sur elle comme une goutte d’eau sur une plume.
Ben voyons... C'est la version grand voyageur de « ils ont le rythme dans la peau ? »
Citer
Elle traverse l’Afrique. A pieds. Sur la chair des chemins.
 Du Nord au Sud. Du Sud au Nord.
Un peu dans l’Ouest. Dans l’Ouest du Sud. Et dans l’Est aussi.
Ca j'ai pas vraiment compris ce que ça venait faire, tu parles certainement du parcours véritable de la statuette, qui doit-être ton propre parcours...

Citer
Toujours droite. Fesses fermes.
Encore ! No coment

Citer
Son nom est dit par les scarifications sur le visage
Son prénom aussi
Bah ça dépend où...
T'auras du mal à trouver ça dans l'Afrique musulmane ou urbanisée... « Mais on aime bien l'Afrique rurale nous autres, la profonde, on veut de la brousse, de la case, de la palabre, enfin, la Vraie Afrique quoi ! Et on aime bien en rajouter, comprendre ce qu'on a envie, retrouver, vérifier par nous même ce qu'on nous a déjà raconté, mythifié, revenir et utiliser les grands mots sans n'avoir rien compris et donc rien expliqué, rien raconté d'intéressant. On veut du spectaculaire pour se la raconter. Montrer qu'on a vu ce que nos semblables frémiraient de voir en vrai. De vrais sauvages bien authentiques.  Sisi, ils sont scarifiés madame. »
Rien de plus qu'une figure esthétique de l'altérité radicale. Incompréhensible, acomprise plutôt et pourtant vécue comme si belle, si vraie...


Citer
Deux étincelles vivent au fond de ses yeux.
Et toujours le sourire.
Toujours ce sourire africain.
Ce sourire aux dents blanches
Vraiment il a osé ? Tous les hommes ont les dents blanches. Si y a bien truc qui n'est pas différent d'un humain à un autre, c'est l'intérieur de la bouche !
Mais tu voulais plutôt (consciemment ou non) souligner par contraste que ton « africain(e) » a la peau noire... Merci.

Citer
fleurs d’orangers.
Pas compris mais ça doit se justifier par le simple fait que ça sonne exotique

Citer
Cette peau noire. Cette peau d’ambre noire.
Ouf, on était à deux doigts de lire « ébène ». Enfin, on l'a tous pensé. Ici l'image n'est pas meilleure.
Voilà à quoi est résumée ton Afrique(aine) : seins, fesses, noire, banane, à pieds, noire, vulve excisée, scarifiée, esclave, noire, peau, Kilimandjaro, mais souriante, dents blanches, noire

Citer
Cette odeur de sueur et de mangue.
Ah oui l'odeur de sueur des noirs, comme si les autres humains n'avaient pas d'odeur de sueur... Certains en font un objet de dégoût, de rejet, certains un objet de fantasme érotique. Tout ça ne sent pas bon du tout et ce n'est pas là une question d'humeur corporelle, crois-moi bien !

Citer
Cette peau perlée. Ces grains de soleil qui étincellent.
Cette peau pour 5 Francs CFA la nuit. 
Ah oui il manquait plus que ça pour parfaire le tableau : la noire (on ne dit plus l'africaine à ce stade), la noire est une pute. Sous le soleil de 17h, quand elle marche les pieds nus sur la route en sueur, elle est objet de tous les fantasmes, elle paraît forte et désirable. Mais sache que la nuit tu peux la posséder car comme elle est pauvre, sans voiture, sans pudeur, tu pourras facilement l'acheter. Et puis elle a déjà vu pire !

Enfin, bref ton texte m'a soulevé le cœur à la lecture, mais je crois qu'à l'analyse c'est encore bien pire !

Mais je te remercie de l'avoir posté ici, d'avoir ce courage de t'exposer à la critique, aussi rude soit-elle. C'est important que ces choses sortent. Elles sont encore bien enfouies chez nous.


J'en viens à tes explication :

Citer
pour moi cette statue  symbolise la femme africaine,  force, fierté, beauté, le vrai pilier de l'Afrique.
Là tu corrobores complètement ma lecture. C'est bien ta vision de « la femme africaine » que tu exprimes. Et si ton intention est louable (je ne mets absolument pas en doute ta sincérité), celle de valoriser, de "rendre hommage", mais à qui rend-t-on hommage ? il me semble que le résultat est plutôt catastrophique.
Citer
Le femme africaine domine l'homme de toute sa hauteur (système matriarcal). Je n'ai jamais entendu qu'un homme aurait battu sa femme.
Par contre les femmes qui battent leur marri , oui.
Non pas du tout.
1) Aucune société sur la planète n'est matriarcale, aucune ne l'a été d'après ce qu'on connaît pour le moment. C'est un mythe contemporain très répandu chez les occidentaux qui idéalisent les sociétés qu'ils visitent. Il existe des sociétés matrilinéaires en Afrique et ailleurs, elles sont très minoritaires quelque soit l'aire géographique. Les sociétés matrilinéaires ne sont pas matriarcales ! Nulle part il existe de société dans lesquels les femmes dominent les hommes (c'est à déplorer ou non mais c'est la réalité pour le moment). La matrilinéarité concerne les règles de filiation et non la distribution de l'autorité et du pouvoir. Il est vrai que parfois dans ces sociétés les femmes jouissent de moins d’inconvénients que dans des sociétés à forte domination masculine, mais ce n'est même pas toujours vrai ! Enfin, en Afrique comme ailleurs malheureusement, la plupart des sociétés subissent une forte à écrasante domination masculine.
2) Des femmes battues et forcées, il y en a dans toutes les sociétés malheureusement ! Et de rares femmes qui s'opposent à leur mari, ça existe aussi, ça ne veut pas dire que l'ordre dominant (patriarcal) de la société en est bouleversé ! Il faut avoir une vision globale de la société pour aborder ces questions.


Citer
(elles doivent encore se le raconter le soir à la veillée)
Ah oui, elles vont raconter jusqu'à la nuit des temps, « à la veillée », le jour ou le blanc (? autre ?), le seul qu'elles n'avaient jamais vu avant, celui qui a eu l'immense privilège de les « découvrir », n'a pas réussi à porter une bassine qu'une gamine de 14 ans apprend à faire tous les jours...

Désolé pour le ton mais l'émotion doit être communiquée. Ton texte me donne l'impression d'un récit de voyageur d'il y a déjà plusieurs siècles ! Comment peut-on écrire ça aujourd'hui ? Comment peut-on ne pas comprendre ce qu'on est en train d'écrire vis ç vis des personnes dont on parle ? Comment peut-on être aussi peu les pieds sur terre ?

Tout de même, au plaisir de lire quelque chose de moins vulgaire, et j'ose même dire de moins obscène.




Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.




Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Gant Dor le 20 Avril 2020 à 09:32:57
Gant d'or,

Je ne saurais partager votre point de vue. La poésie n'est pas, n'est surtout pas un récit de vie C'est là un grave malentendu. Pour cela il y a le roman ou mieux l'autobiographie. La poésie,je crois est soit un ailleurs de la vie, soit une quintessence .

Cher Hellian, La poésie n'a pas de définition. Je pense que c'est sa raison d'être.
Ou plutôt  chacun peut lui donner SA définition, sa direction, ses mots....
Pour moi la poésie est un engagement... social, humain, historique ou même fantastique.
Mais cela est personnel et je ne suis pas poète. Neruda non plus ne l'était pas.



Salut ! (Ben dis donc, désolé d'avance c'est pas une bonne série pour moi aujourd'hui)

Loup taciturne. Je pense que vous n'avez pas très bien compris. Je le dis au début "Bambari, RCA, 1975" Et statuette africaine qui m'accompagne depuis 45 ans.
Je ne parle pas d'autres choses que de quelques souvenirs à moi.
Je ne connais de l'Afrique qu'un morceau de brousse, un endroit sans eau (on filtrait l'eau de la rivière dans des bougies de porcelaine)
sans électricité (un petit groupe électrogène quand on avait de l'essence) sans route, sans voitures,
sans médicaments (j'étais médecin) sans livre, sans courrier.....
Quand vous aurez passé un an dans un endroit pareil à faire une croix sur le  mur pour compter les jours qui vous séparent du retour....

Alors vous pourrez commenter mes clichés .
Et si je parle de l'odeur des femmes, croyez-moi, je la connais , c'était l'odeur de mes nuits.

Da'ailleur, votre pseudo sur ce site, n'est -il pas en lui même un clihé?

Merci de votre écoute et d'avoir perdu un peu de votre temps pour mon mauvais récit.



Modération : messages regroupés. Il est souhaitable de regrouper les réponses dans un même message et ne pas multiplier les réponses à la suite. Merci  ;) ;)
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Angieblue le 20 Avril 2020 à 11:24:07
Gant d'or,

Je ne saurais partager votre point de vue. La poésie n'est pas, n'est surtout pas un récit de vie C'est là un grave malentendu. Pour cela il y a le roman ou mieux l'autobiographie. La poésie,je crois est soit un ailleurs de la vie, soit une quintessence . Et je persiste, non par esprit de contradiction,   mais par conviction profonde au maintien de ce parallèle entre magie et poésie. Un poème est un véritable tour de prestidigitation ! Rien n'est plus  artificiel, fabriqué, dosé mesuré, contrôlé qu'un poème. Quant à l'effet produit par la poésie, cela tient d'une alchimie miraculeuse. Parfois, ça marche, parfois pas du tout et il est bien difficile de savoir pourquoi.

C'est la plus juste et la plus belle définition de la poésie que j'ai lue depuis celle de Théodore de Banville.
Merci HELLIAN.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Cyr le 20 Avril 2020 à 12:05:59
"Cette odeur de sueur et de mangue."

Ce vers fait parti des petits détails qui m'ont laissé pensé que tu avais croisé cette femme au bord d'une route.
J'ai été frappé par le "réalisme" de ton texte et en relisant le titre "statuette d'une femme" j'ai pensé alors que tu voulais présenté ton image emblématique de l'Africaine (de l'Afrique Noire).

J'ai eu envie de croiser cette femme malgré la méfiance et l'image compliquée que je puisse avoir de ce vaste monde. Mais quand je vois de très loin les paysages arides d'Afrique Noire, cela me donne le sentiment que l'homme est né de la poussière et du soleil.

C'est un beau texte.

Au plaisir,
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 20 Avril 2020 à 12:56:20

Désolé (ou pas) d’ajouter à cette discussion que je trouve passionnante à bien des égards.

Tout d’abord, ce petit mot pour Gant d’or :

Mais, personne n’est poète. Il n’y a pas de label, encore moins de profession. La poésie est soit un accident, soit une sorte de maladie, comme un prurit. Celui qui se dit poète cesse de l’être au moment où il le dit. Je pense souvent que le talent, si talent il y a, tient un peu de la grâce. Et quand nous écrivons, nous taillons dans un filon que nous avons la chance de croiser, plus ou moins adroitement. Parfois le filon et d’or, parfois de plomb.

Ce petit mot à Loup taciturne :

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre long commentaire remarquablement documenté et motivé. A nouveau, grâce à vous je m’interroge sur la pertinence de mon jugement ; aurais-je fait montre d’une absence de discernement, corrompu par un préfabriqué culturel qui encombre l’européen standard que je suis ?

Et pourtant, ce texte que je n’ai fait qu’effleurer sans doute sans en pénétrer l’arrière-plan, continue de me plaire. C’est peut-être tout simplement par ce que je ne demande pas à la poésie de me traduire une vérité, par ce qu’il importe peu qu’elle me rende compte d’une réalité, puisqu’elle en est une à soit seule. Et puis, j’ai lu ou relu certains poèmes de Léopold Sédar Senghor, un africain, lui, normalement peu suspect d’une approche trivialement colonialiste (encore que, me direz-vous…) et j’y ai trouvé le même essentialisme que vous dénoncez ici. Ainsi je vous invite à méditer sur « femme nue, femme noire » et je ne doute pas qu’avec votre acuité vous n’y déterriez quelque cliché.

La poésie, si je ne sais pas trop ce que c’est, je crois savoir ce que ce n’est pas ; ce n’est ni un manuel de sociologie, ni un cours d’ethnologie, ni un ouvrage de géographie. Serait-ce la fenêtre de tous les possibles ? Non pas, mais certainement, celle d’un autre regard.

Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Eveil le 20 Avril 2020 à 14:31:23
Désolé Gant d'or, je ne dirai rien de ce texte, il ne me touche pas, mais vous savez que c'est subjectif et je suis très difficile. En temps normal, je me serais abstenu de commenter pour dire ça. J'ai lu les commentaires, et c'est vrai que je suis toujours pantois devant l'érudition de Loup. Mais je dois avouer que toute cette érudition ne me semblait pas à propos, et c'est en lisant le dernier commentaire d'Hellian, qui a mis des mots sur mon sentiment, que j'ai mieux compris pourquoi. Alors merci pour ces deux derniers paragraphes.  :mafio:
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 20 Avril 2020 à 14:33:14
Hellian,

J'avais bien à l'esprit ce poème de Senghor quand j'ai commenté. je dirai simplement ceci pour ne pas ouvrir un débat dans le débat :
1) oui l'idée même de "négritude est problématique car elle comporte son lot d’essentialisme.
2) mais la négritude est mouvement historique qu'il faut comprendre comme tel. Il nait de la domination blanche sur les noirs et de volonté de réappropriation politique de lui-même par le sujet racisé et dégradé. La négritude ne peut se comprendre que comme un renversement du stigmate du racisme, une volonté de renverser l'ordre des valeurs ici esthétiques de la vision blanche de "l'Homme noir", ici "la femme." Ces choses n'avaient jamais été dites avant. Elles ont été dites une fois par un militant noir pour l'émancipation des noirs. Il est évident que la négritude s’attache à montrer, visibiliser de manière positive le caractère discriminant de la peau noire. Caractère dégradé a dessein et montré du doigt par les Autres comme justification à l'aliénation. Maintenant ça suffit.
3) On trouve aujourd'hui un courant de pensée panafricaniste (pas tous évidement !) qui revendique une vision racialistes des rapports entre les "peuples" ou plutôt entre les communautés de phénotypes... Même si on peut légitiment en comprendre les motivations, c'est une vision du monde en noir et blanc qui ne me semble ni pertinente, ni bénéfique.
4) Senghor termine tout de même son poème ainsi :
"Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Éternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres (...)
"
Je t'invite à méditer toi-même sur cette intelligence du poète de précisément caractériser en toute conscience cette intention de "fixer", sans s'y tromper lui même, ni le lecteur. Par ailleurs ce que je disais plus haut montre ici tout son intérêt (sans me lancer des fleurs) : on ne peut comprendre une œuvre qu'au regard du contexte. Un texte d'époque d'un militant noir qui se réapproprie la langue du colonisateur et le vocabulaire colonial pour redresser l'image de ce qu'il a envie d’ériger comme "la femme noire" est bien de sens différent que l'érotisation et l'exotisation de l'altérité qui est produite dans le texte du lambda européen qui a fait ses classes en Afrique. Senghor n'érotise pas, il sensualise, il n'exotise pas non plus, et pour cause, cette altérité n'existe pas pour lui (il n'y a que l'altérité féminine). Enfin, le vers éponyme commence tout de même par "femme nue" et précise ", femme noire", ce n'est pas un hasard.
Et je te demande encore pardon, mais le texte de Senghor même s'il contient des figures mythifiées de l'Afrique aujourd'hui clichées, ne sombre pas dans le ramassis de clichés ici listés à chaque vers (pas un n'en manque !) les plus répandus et les plus facilement et souvent sollicités par l'imaginaire raciste.

Pour résumer, mes réserves sont bien réelles concernant la négritude au regard du recul qu'on peut avoir sur ce courant aujourd'hui. Mais il faut le replacer dans le contexte pour le comprendre, dans l'univers de ces auteurs et leur intention de frapper/bouleverser les imaginaires, avant tout des noirs eux-mêmes, sur eux-mêmes.



Citer
Je pense que vous n'avez pas très bien compris
Oh je crois que j'ai trop bien compris au contraire, mais que tu ne veux peut-être pas le comprendre. J'ai décortiqué et analysé ton poème attentivement et vers après vers. Il faudra plus que ce timide revers pour démontrer ce que je n'ai pas compris.

Citer
Je ne parle pas d'autres choses que de quelques souvenirs à moi.
Mais si justement. Tu parles bien d'autre chose. Tu mets en scène un stéréotype, c'est toi qui a fait ce choix de dire "l'Afrique entière" et pas "le village bidule" (et ça vaut pour tout le reste dans ton poème). Je crois que là tu prends la fuite en essayant de faire croire que tu n'as pas dit ce que tu as pourtant écrit noir sur blanc. C'est tout l'enjeu de mon analyse. Le filtre par lequel est passée ta mémoire mérite d'être interrogé. Tu aurais pu dire des tas de choses, inventer des tas d'images, parler de choses précises propres à l'endroit que tu as fréquenté, mais tu as retenu et dit ce qui sonne "Afrique" dans l'imaginaire collectif, et surtout tu as convoqué tous les pires clichés racistes en les édulcorant avec un vernis esthétique érotique/"bienveillant". A l'arrivée c'est presque pire comme supercherie ! Tu n'es coupable de rien bien entendu, mais je vois mal comment faire croire maintenant que tout ça ne sont que quelques souvenirs à toi.
Ils ne sont pas à toi ces souvenirs, ils appartiennent à la pensée raciste qui les a éculés, pour le dire très clairement.

Citer
Je ne connais de l'Afrique qu'un morceau de brousse
C'est bien le problème alors. Comme quoi plus on en sait sur l’œuvre et son auteur, mieux on comprend (et je ne demande qu'à comprendre). Tu ne connais pas l'Afrique mais tu prétends dresser un portrait de l'Afrique(aine) entière et totale à partir d'un coin de brousse. Et par ce procédé au lieu de grandir ton sujet ou plutôt objet et lui donner, nan, lui rendre toute sa richesse, tu le réduis misérablement. C'est au mieux une inconscience.

Citer
un endroit sans eau (on filtrait l'eau de la rivière dans des bougies de porcelaine)
sans électricité (un petit groupe électrogène quand on avait de l'essence) sans route, sans voitures,
sans médicaments (j'é
Comme beaucoup d'endroit du monde... Mais ce n'est pas l'Afrique.

Citer
Quand vous aurez passé un an dans un endroit pareil à faire une croix sur le  mur pour compter les jours qui vous séparent du retour....
Et tu penses que les gens que tu as côtoyé font des croix sur le mur ? Non mais ce qu'il ne faut pas lire ! Au lieu de faire des croix sur le mur tu aurais pu observer ce qui t'entoure, essayer d'en comprendre quelque chose plutôt que dresser des jugements définitifs et revenir avec ce genre d’ersatz de souvenir.  Ça aurait sans doute donner plus d'intérêt, de finesse et de réalité à ta poésie. Je constate que la posture fait "œuvre" d'elle même. Là encore je parle de la posture pas de ta personne à proprement parler.

Citer
Et si je parle de l'odeur des femmes, croyez-moi, je la connais , c'était l'odeur de mes nuits.
Tu ne parles pas de l'odeur des femmes, tu parles de l'odeur des noires, "du noir". Il y a un tel décalage entre ce que tu crois avoir écrit et ce que tu as effectivement écrit. c'est inouï ! j'en reviens toujours pas !

Citer
Da'ailleur, votre pseudo sur ce site, n'est -il pas en lui même un clihé?
Je réponds vite fais à cet ad personam qui n'a strictement aucun rapport avec la discussion.
Mais ça m'intéresse, de quel cliché parles-tu ?


Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 20 Avril 2020 à 14:53:10
Loup taciturne,

Ta dernière analyse me convainc  et me contraint d'y souscrire !

Mais je persiste reconnaître à Gant d'or une verve poétique...

Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Lavekrep codaraque le 20 Avril 2020 à 15:54:13
Bonjour Gant Dor ( et les autres, il faut dire qu’il y a du monde)
je vais commencer par dire que j’ai trouvé ce poème très puissant et très beau.( ce qui est à mon goût l’essentiel).
Venons-en aux sujets à débattre :
On vient donc de m’apprendre:
-La poésie ne peut-être une tranche de vie.
-Que Brel, Brassens, Aragon( ex : L’Étrangère), Baudelaire ( ex: Les Bijoux).... ne sont pas des poètes.
-Que beaucoup de femmes d’afrique se déplacent en voiture, sont cheffes d’entreprises etc… et la modernité est aussi africaine… Sans rire !  Il est donc interdit de parler de la misère. Nul par aujourd’hui sur le continent africain des femmes transportent l’eau, s’occupent et portent leurs enfants ? Puis-je émettre des doutes ? Je dirais même qu’ici, dans notre beau pays, tout le monde mange à sa faim et habite une maison.
Dernière chose, on ne pense pas en 2020 comme en 1970 en 1920 ou 1870 (Heureusement d’ailleurs) et comme le dit la chanson ( Est ce une poésie ? ) : “ Si j’étais né en 17 à Leidenstadt….”
À bientôt, Pascal.


Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Miromensil le 20 Avril 2020 à 15:56:22
Personnellement le texte ne m'émeut pas non (au-delà du thème) mais je trouve qu'à la lecture les répétitions des "elle" et des "cette" s'entendent pas mal
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Marcel Dorcel le 20 Avril 2020 à 18:50:28
Un thème qui m'intéresse, mais qui appuie trop facilement sur les images et prive le lecteur de sa propre grille de lecture.Et c'est bien là où le bât blesse. Les images qu'il semble produire sont tout à fait ethnocentrées.
Ah ! si je n'avais lu en ce début d'année le discours antillais d'Edouard Glissant qui m'a retourné la tête de bon Français métropolitain blanc. Lui, il y a va carrément au coupe-coupe de la brousse antillaise. Il découpe même Césaire, en visant Senghor indirectement. L'homme noir antillais, désormais incapable de produire sa propre culture que par un mimétisme absolu de la métropole.
Seule, Haïti, trouve grâce aux yeux de Glissant.
Mon cheminement pour articuler les choses d'une façon moins pertinente car moins documentée que Loup Taciturne, m'amène à penser à quelques bricoles près, la même chose.
 Ce sont les travers de pensées de la culture occidentale que de penser sous le prisme, uniquement ce prisme réducteur, la culture indigène de quelque pays qu'il soit. Au lieu de dire " Mon africaine à moi", telle que je l'ai perçue, côtoyée, reçue, embrassée, ignorée...Peu importe les modes d'actions, tu dis/vous dites "La femme africaine", qui, au demeurant, n'existe pas plus que la femme française, ou la femme mongolienne.
L'Afrique est tellement vaste, qu'en étudiant les conflits ethniques, tu viendras à t'apercevoir, à te rendre compte combien il est délicat, sans passer par l'étude de terrain de l'ethnologie, de l'anthropologie, de comprendre les mécanismes d'un continent qu'au fond nous ne connaissons pas dans sa totalité, et heureusement, l'exhaustivité comme une finalité, c'est pas top.
Aussi, je reviens à mon point de départ, l'hypothèse affirmée de Glissant qui théorise, que le seul retour des antillais sur la terre natale, l'Afrique, est la condition sine qua non à la re-création de l'espace culturel antillais, tellement déraciné par la mimésis française, jusqu' à s'y soumettre activement. Le métropolitain noir, fusillé du regard par un Glissant, un peu dogmatique, il me semble. Je ne doute pas de tes intentions bienveillantes, ton expérience de l'Afrique est respectable, mais elle ne peut faire figure de loi universelle.
Enfin, il me semble que tu idéalises un peu trop le propos, en le confondant avec tes propres désirs. Il y a très certainement autant de petits Hitler en puissance en Afrique qu'il n'y en a en Europe. À ceci près, c'est que l'Europe ne possède pas la même histoire que l'Afrique,  elle représente un continent tout récemment colonisé, et encore en 2020, tout récemment esclavagisé. Les cicatrices sont encore présentes. J'irai même encore plus loin, en ssouscrivant àr certains points, dont le suivant émis par Jean-Loup Amselle, dans ses études sur certaines ethnies maliennes, que ces hommes nés après la colonisation, procèdent d'un multiculturalisme issu du colonialisme.
C'est un point de divergence au sein même de l'anthropologie. En tous les cas, vraie ou fausse, bonne ou mauvaise, cela procède d'une analyse rigoureuse, intellectuelle, non d'un ressenti au doigt mouillé. Si cela peut te rassurer, je n'ai aucune prétention à dire la vérité.

Une opinion toute personnelle, que j'essaie d'approfondir, sans verser dans les extrêmes d'une pensée racialisante des deux extrêmes, qui ont besoin l'une de l'autre pour exister. Les Indigènes de la République présentent une pensée aussi néfaste que le RN. Cette glorification, des trémolos dans la voix, d'une Afrique idéalisée me semble plus être le produit d'une civilisation qui, au fond, verse dans le politiquement correct, au risque de se voiler la face, de ne plus aller chercher dans ses propres racines, les réponses aux questions qu'elle se pose.
Amselle, lui-même, le traduit très bien dans les voyages initiatiques au coeur de l'amazonie, le tourisme de l'Ayahuasca, à but soi-disant spirituel (Au passage, je note que j'ai failli me laisser prendre par les sirènes..!), qui aurait comme fondement, la théorie totalement creuse de chercher le divin dans la jungle, ce divin, ce mystère qui ne nous appartient pas, auquel on ne comprend rien, puisque nous ne vivons pas en Amazonie.

En gros, c'est le politiquement correct, l'idéal globalisé d'une civilisation toute autre que celle à laquelle nous appartenons. A ce sujet, et Loup Taciturne fait bien de le rappeler, l'excision (Je me suis documenté pas mal), n'est d'abord pas un phénomène concernant beaucoup d'ethnies, et ensuite, notre regard occidental empli de bienveillance, parfois dans un souci démesuré d'égalitarisme forcené nous amène sur le chemin du dogmatisme.
Je pense m'être aventuré un peu loin, au vu de mes connaissances. Cependant, j'aime à ne jamais rester dans le flou. Qui se souvient encore de la fameuse citation de Martin Niemöller ?

En prenant le risque de parler, je prends le risque de me tromper. Si je ne parle pas, je ne me trompe pas et, ce sont les autres qui risquennt de me tromper.
En souhaitant que mon point de vue n'envenime pas le débat, le rabaisse.
Aucun à priori sur ta personne mais sur un point de vue qui m'apparaît réducteur.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 21 Avril 2020 à 01:37:57
Lavekrep,
Citer
On vient donc de m’apprendre:
Non visiblement tu n'as rien retenu donc rien appris. Ironisera bien qu'ironisera le dernier.
Citer
Il est donc interdit de parler de la misère. Nul par aujourd’hui sur le continent africain des femmes [..et blablabla]
Où as-tu lu ça ? Soit tu es de mauvaise foi, usant volontairement de l'homme de paille pour t'indigner contre ceux qui s'indignent légitimement en travestissant leur propos (le sursaut réactionnaire comme on le connait si bien), soit tu n'as vraiment rien compris car tu auras très mal lu. Dans les deux cas c'est décevant au regard de la matière investie dans la discussion.

Citer
Puis-je émettre des doutes ?
C'est pas la questions tes doutes sur un truc que personne n'a dit. Ici le problème est celui de l'essentialisation de l'Autre, de la réduction de la personne humaine à un objet de fantasme, à une "statuette" érotique et exotique (pour reprendre une idée inspirée par Keanu sur le sujet), instrument du fantasme ethnocentrique, support d'un discours totalisant, actualisant tous les clichés racistes. (Je vais pas redire ce que j'ai déjà dit clairement et posément quand même !)

Cette "misère" africaine (que vous imaginez car ce n'est qu'une idée dans vos esprits, tout juste quelques images dont le sens vous a été dicté par vos préjugés ou les commentaires d'une voix off, parfois par l'impression de réalité d'un voyage où vous avez cru comprendre sans pourtant vous donner la peine d'enquêter), elle vous plait bien dans le fond, y a que ça que vous voyez, y a que ça que vous voulez voir puisqu'on vous entend jamais sur autre chose, "de pauvres gens qui n'ont rien et qui pourtant donnent tout", des enfants faméliques mais trop mignons à qui ont peut donner des stylos et pour nous c'est pas grand chose mais pour eux c'est déjà beaucoup !"

A un moment donné c'est sur vous qu'il faut vous poser des questions si vous ne voyez toujours pas les abîmes de ce texte : pourquoi cette fascination pour ces figures là ? Parce que si vous savez que l'Afrique compte des mégapoles, des femmes d'affaire, des étudiantes, pourquoi vous n'en parlez pas ? Vous ne voyez et n'aimez que ce qui vous tire les larmes ou vous "dépayse", vous cherchez une authenticité qui n'existe pas que vous déplorer dans vos vies, alors vous la fabriquez dans la figure de l'Autre, parce que quand même, "eux sont heureux et ils n'ont rien, et nous de quoi s' plaint-on ?". Vous allez chercher un ressourcement philosophique ou une réassurance de votre mode de vie. Vous ne voyez que vous même, quand vous parlez de l'Afrique, vous ne parlez que de vous mêmes, de vos fantasmes, de vos névroses et obsessions, p-e du mal que votre société produit en vous. Mais l'Afrique (je dis l'Afrique, mais vous seriez tombé par hasard n'importe où qui vous aurait fait sentir Autre et supérieur, c'aurait été la même), l'Afrique vous vous en carrez. Vous la racontez comme vous voulez la voir, comme vous voulez vous voir en miroir, vous la racontez pour vous la raconter.

Après si vous voulez continuer à vous persuader que vous avez lu/écrit quelque chose de beau et sain et vous gargariser de n'avoir rien appris car vous savez déjà tout, ce n'est plus mon problème. "S'il a fauté c'est en lui qu'est la faute" comme dirait l'autre.

Mais je dois dire que je pensais qu'une analyse détaillée et argumentée du texte suffirait à faire comprendre l'essentiel à la plupart, à réveiller quelques consciences endormies ou engourdies ou éveiller celles qui n'ont pas eu l'occasion de cheminer sur ces sentiers réflexifs. On ne peut pas être au four et au moulin après tout.

Là je suis sidéré de la résistance conservatrice de certains, de la complaisance assumée envers la réduction de la personne humaine à un cliché raciste.


Hellian,
Je suis content d'avoir persévéré et de n'avoir pas écrit tout ça en vain. Et la "verve poétique" de Gant Dor n'est absolument pas mon sujet dans ce débat. je n'ai pas prétendu en juger sur un poème et j'entends ton observation.

 
Eveil,
Je pourrais me trouver flatté par ta remarque, si elle est propre et bien qu'elle soit à double tranchant, mais je dois honnêtement la réfuter. Je ne pense pas le moins du monde faire œuvre d'érudition et ce serait une imposture que de laisser courir cela. Je suis bien moins érudit que la plupart des personnes sur ce forum si on juge l'érudition à la somme des lectures, des connaissances académiques, du niveau de langue, de la culture littéraire ou historique et tous ces traits communément admis. Et si on le prend dans le sens d'un savoir hautement spécialisé, là encore je fais pâle figure au regard des spécialités que j'invoque régulièrement.
Je crois plutôt être à mon niveau une sorte de passeur par rapport aux domaines que j'affectionne, que j'arpente, que j'investigue, qui m'intéressent et j'essaye simplement de raisonner sur un texte en les mobilisant, en le mettant à l'épreuve de la pensée critique qu'il m'est j'espère permis d'exercer grâce aux outils et apports des sciences humaines notamment, et en me documentant. C'est plus une question de méthode, de logique et de curiosité que d'érudition je crois. J’interviens là où j'ai déjà rencontré des problématiques similaires et où je pense pouvoir proposer un bout de chemin déjà débroussaillé à ceux qui verront qu'au loin pointe une clairière.

Évidement certains et certaines préfèreront tenir la machette en main propre, quitte à rebrousser...

Citer
Marcel,

Le début de ton commentaire très dense me parle plutôt. Tu y convoques mon univers. Néanmoins je ne peux pas te suivre sur le rejet des "indigénistes". En vrai sur le fond ils ont plutôt raison, à deux trois détails prêts de dogme où ils manquent de formations scientifiques et mettent l'idéologie avant la réalité. Mais sur le combat politique ils ont pleinement raison. Mais ce serait trop long ici de rentrer dans le détail.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Gant Dor le 21 Avril 2020 à 09:13:28
Merci Versus, c'est très sympa, j'apprécie.

Mais j'ai enlevé ce poème parce que je n'ai pas supporté que certain vienne presser ses vers de peau dessus.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Manu le 21 Avril 2020 à 09:50:44
.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 21 Avril 2020 à 11:16:10
Manu,

Désolé mais je crois qu'il y a méprise. Je n'ai jamais demandé le retrait du poème. J'ai même souligné l'importance pour moi que "ça" sorte, certes pour être mis au regard de la critique.

Citer
Oui, les yeux bridés asiatiques. Oui, la blondeur suédoise. Oui, le sourire d'une personne de peau noire est plus resplendissant, car contrasté.
Déjà, non. Ensuite si c'est ton sentiment personnel, car tu es amoureux tu as l'intelligence de le dire clairement, tu parles de la beauté d'une personne précise, car j'espère bien que tu l'aimes d'abord pour elle même et pas parce que tu la fétichises (tu sors avec une femme avant de sortir avec une noire ou une asiatique je rappelle au cas où), tu parles de ton amour et tu fais pas une généralisation. Et t'érotise pas tout un pan de l'humanité que tu fantasmes à travers une statuette et que tu réduis à des attributs érotiques et des clichés éculés (je répète car ça ne rentre pas : "seins, fesses, noire, banane, à pieds, noire, vulve excisée, scarifiée, esclave, noire, peau, Kilimandjaro, mais souriante, dents blanches, noire").
(Comme par hasard les types de féminité que tu cites sont bien connu pour être fétichisés, c'est un problème et pas un hommage pour toutes ces femmes dont on dresse un stéréotype fantasmé)

Tu comprends pas la différence entre faire le portrait d'une femme, noire (ou autre) et faire le portrait de "la noire"?

Citer
c'est heureux. Et c'est heureux qu'on puisse le dire et l'écrire.
Non c'est malheureux qu'on puisse écrire ça sans se rendre compte qu'on fait de l'altérité un miroir et de l'autre un objet.

Je passe sur "jaune" pour désigner les personnes asiatiques de même que sur les yeux bridés... Il y a la moitié des asiatiques qui n'ont pas les yeux bridés, ils sont près d'un septième de l'humanité ils habitent le sous continent indien et l’Asie mineure.

Citer
censeurs
Il n'y a pas de censeur ici. Je n'ai jamais ni demandé ni défendu la censure. Je défends la critique sur la place publique, je l'ai déjà répété. Le seul censeur ici, c'est l'auteur, qui a peut-être fini par comprendre en quoi son texte pouvait être problématique. Si c'est le cas je ne peux que m'en réjouir. Par ailleurs mon premier commentaire comporte presque le texte intégral en morceaux, si je voulais censurer j'aurais pris soin de tout effacer. Mais je préfère expliquer,  critiquer et rendre visible qu'empêcher et effacer. Tu ne me feras pas porter ce masque.

Citer
, c'est de cela qu'il s'agit. Réussir à faire supprimer un poème
Donc non ce n'est pas de cela qu'il s'agit, mais alors pas du tout. Vraiment je me contrefiche de la suppression à titre personnel. Elle rend même moins visible ce type de production, ce qui est appréciable je ne dirais pas le contraire mais en même temps trompeur. La suppression par l'auteur n'est qu'une conséquence de la discussion.

 
Citer
Je te demandais d'écrire, de nous proposer des textes où tes aspirations, tes idées, tes analyses
Mais c'est bien ce que je fais en commentaire mon cher ami, ce que je t'ai déjà répondu  :D

Citer
je te demandais de prendre des risques
Non mais c'est votre problème à vous auteurs prolifiques si vous prenez des risques que vous ne considérez pas et que vous portez le flanc à la critique. Je ne vois vraiment pas ce que ma propre production vient faire là dedans. Si tu as envie d'aller défoncer mes textes qui sont peu nombreux mais bien présents, je t'en prie.

Citer
Tu as réussi à faire supprimer une poésie. Félicitations.
Je te remercie

Citer
Ensuite j'aurais adoré lire un texte de toi sur les clichés véhiculés par les sociétés occidentales
Je ne vois pas l'intérêt de refaire ce qui a été décrypté par tant de personnes. J'vais pas faire des textes de prévention sur tous les sujets potentiellement à risque. Il se trouve qu'ici des gens postent des textes et qu'on peut librement les commenter. Mais peut-être est-ce une activité en voie d'extinction...

Citer
J'aime beaucoup tes idées
Je te remercie encore (tu m'en voudras pas je tronque la citation :noange:)



Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 21 Avril 2020 à 11:46:32

Citer
si on me traitait de raciste
Je tiens tout de même à préciser, ce n'est pas un détail, que je n'ai jamais insinué que Gant Dor était raciste (j'ai même pris des précautions pour défendre ses intentions). D'ailleurs pour ceux qui s'intéressent à la question, il est très imprudent de décréter que quelqu'un EST raciste, sous entendu, par essence. Ce qui est raciste ce sont les actes, les comportements, les discours et les pensées. c'est bien de cela dont il est question ici, du texte de Gant Dor, de son acte d'écriture, pas de sa personne. Je crois qu'on combat le racisme sur le terrain des imaginaires, pas en éliminant les personnes (sauf situations d'extrême nécessité... ).

Citer
puisque être raciste, historiquement, c’est être Hitler en puissance, sinon en acte.
Oulala, en plus du point Godwin, on a une belle minimisation du racisme ordinaire par effet de contraste. C'est bien ça camarade. Mais tu sais, le plus important dans cette histoire ce n'est pas de clamer que se sentir insulté de raciste, c'est vraiment la pire insulte parce que le racisme c'est trop trop mal, le plus important c'est de balayer devant sa porte avant, de voir effectivement ce qu'on défend en prenant position dans le débat public. Il ne suffit pas d’abhorrer publiquement le racisme pour en être défait. C'est un travail de tous les jours sur le lots des représentations communément partagées sur les Autres. Toi tu as choisi ta voie

Citer
mais le pire qu’elle puisse prendre, c’est celui de l’intelligence.
Je ne t'en demandais pas tant vieux briscard.

Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 21 Avril 2020 à 12:39:54
Je vous en prie,

Ce débat est demeuré de belle tenue et les idées qui s'y trouvent exprimer ont été formulées dans le respect de chacun, quand bien même certaines analyses auraient-elles été acerbes. Je n'ai vu dans les propos de « loup taciturne » aucune attaque à la personne. Je n'y ai vu aucune volonté de censure, mais uniquement un exercice élaboré de la critique. J'irai jusqu'à dire qu'un tel échange est à l'honneur du forum et qu'il me soit permis de remercier la modération de s'être abstenu de toute intervention.

Aussi, s'il vous plaît, ne ternissez pas pas cette conversation par des allégations sans fondement. C'est en effet lorsque l'on passe de l'analyse au jugement que s'ouvre la porte de tous les dangers, celui de l'insulte et celui de la censure notamment.

Sans doute est-il regrettable que Gan dort ait estimé devoir retirer son poème dont j'ai personnellement apprécié la qualité, mais cela relève de sa seule initiative pour des raisons qui le regardent et je dois dire que, très probablement, dans la situation présente, j'aurais fait de même. C'est un acte responsable que l'on ne peut objectivement pas imputer à loup taciturne.

Encore une fois, oserais-je le dire,, il existe sur ce forum de belle plume et de beaux esprits et c'est pour ça que la controverse peut y fleurir avec prospérité. Félicitons nous en !

PS : merci de bien vouloir pardonner les erreurs orthographiques dont ce texte peut être pollué. En effet, il s'agit du produit d'une reconnaissance vocale que ma très mauvaise vue ne me permet pas de corriger.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Angieblue le 21 Avril 2020 à 12:40:48
Loup Taciturne,

Le problème, c'est que tu abordes un texte poétique en interprétant tout au premier degré.
C'est manquer de sensibilité littéraire et avoir l'esprit étroit. Cette rigidité t'empêche de capter l'énergie et la beauté poétique.
Gand dor a traduit son amour pour l'Afrique en poème, et il se voit accusé d'avoir véhiculé des clichés "racistes". C'est très réducteur et irrespectueux envers son intention première qui était la poésie.
Ton analyse est totalement hors sujet!
Si tu veux t'exprimer sur les clichés, fais-le ailleurs, écris des essais, mais ne viens pas salir un poème dont la seule intention était la poésie.

Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Aube le 21 Avril 2020 à 12:56:43
Je ne vois pas en quoi le fait que Loup fasse remarquer qu'un poème soit plus que "de la poésie" puisse être qualifié de réducteur. Les thèses de loup, qu'il a expliqué, émanent de la socio-critique qui refuse de considérer un poème comme un objet divin et absolu émis du néant par le créateur qui ne s'en fait que le vecteur démiurge.

Il analyse le poème en tant qu'objet historique, issu d'un contexte, ancré à la réalité, et ça il l'a expliqué quasiment en préambule de ses critiques. Ce type d'analyse a selon moi toute sa place sur le forum, au même titre que les vôtres, plus nombreuses, adeptes de ce qu'on pourrait appeler "l'école esthétique" mais à votre insu. Vous voudriez qu'il cesse de représenter son courant d'analyse minoritaire sur ce forum en le culpabilisant de la suppression du texte qui est du fait de l'auteur après qu'il ait lu les analyses d'un seul lecteur ? De quelle côté la "censure" que vous êtes si prompts à invoquer dès que l'on s'attaque à vos paradigmes et à vos croyances ?

Je regrette que ce poème ait été supprimé car pour ma part je considère que l'exposition d'un texte et sa remise en question n'a rien d'infamant pour l'auteur du texte qui a l'occasion de défendre ses écrits et de se confronter à d'autres idées. Mais pourquoi vous postez vos textes si c'est pour ne pas recevoir de critiques aussi détaillées ??

L'accusation de censure que vous ressortez à chaque fois me met hors de moi, elle est absurde et indigne, je me demande à quoi ressemble une démocratie dans vos esprits. (oups, sans doute peu ou prou à la gueule que c'est censé avoir maintenant en France ?)

Pour qu'il ne subsiste aucune ambiguïté, bien entendu, ce message est en mon nom propre.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Aube le 21 Avril 2020 à 13:18:18
Il a argumenté en long et en large pour vous expliquer que le problème c'était l'universalisation d'UNE vision de la femme noire ("porte toute l'Afrique sur sa tête" et consort) qui s'inscrivait dans une histoire hautement problématique qu'il convient, en tant qu'artiste/poète/créateur mature et responsable, de prendre en compte lorsqu'on prétend traiter un sujet de façon sérieuse.

Si l'auteur avait assumé sa subjectivité sans se laisser tenter par les trompettes de l'absolutisation de sa propre esthétique (que Loup pointe comme largement héritée de clichés et de stéréotypes occidentaux, arguments à l'appui), le texte aurait évité beaucoup des écueils relevés, même si on reste dans une vision assez "bon sauvage" et donc naïve au mieux, nauséabonde au pire.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Dot Quote le 21 Avril 2020 à 13:19:14
qmm un peu (https://www.youtube.com/watch?v=-Fz85FE0KtQ)
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Aube le 21 Avril 2020 à 13:33:25
"S'est senti obligé de retirer son poème" ?

Si Gant Dor pense que son poème ne tient plus du point de vue littéraire après avoir lu la critique de Loup Taciturne, j'attends avec impatience sa version retravaillée, dans l'esprit de ce qu'a toujours été ce forum.

Oui, j'aimerais qu'il y ait plus de lecteurs ayant l'acuité de Loup, et qu'ils prennent autant d'énergie et de temps que lui a commenté. Bien sûr, ils n'ont pas à tous être des adeptes de la socio-critique, mais je ne peux que m'amuser de voir les réactions épidermiques que ce type de critique soulève chez beaucoup d'entre vous, signe qu'on en a peut-être besoin d'encore plus. ;)
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 21 Avril 2020 à 13:35:26
Je vous en prie,

Ce débat est demeuré de belle tenue et les idées qui s'y trouvent exprimer ont été formulées dans le respect de chacun, quand bien même certaines analyses auraient-elles été acerbes. Je n'ai vu dans les propos de « loup taciturne » aucune attaque à la personne. Je n'y ai vu aucune volonté de censure, mais uniquement un exercice élaboré de la critique. J'irai jusqu'à dire qu'un tel échange est à l'honneur du forum et qu'il me soit permis de remercier la modération de s'être abstenu de toute intervention.

Aussi, s'il vous plaît, ne ternissez pas pas cette conversation par des allégations sans fondement. C'est en effet lorsque l'on passe de l'analyse au jugement que s'ouvre la porte de tous les dangers, celui de l'insulte et celui de la censure notamment.

Sans doute est-il regrettable que Gan dort ait estimé devoir retirer son poème dont j'ai personnellement apprécié la qualité, mais cela relève de sa seule initiative pour des raisons qui le regardent et je dois dire que, très probablement, dans la situation présente, j'aurais fait de même. C'est un acte responsable que l'on ne peut objectivement pas imputer à loup taciturne.

Encore une fois, oserais-je le dire,, il existe sur ce forum de belle plume et de beaux esprits et c'est pour ça que la controverse peut y fleurir avec prospérité. Félicitons nous en !

PS : merci de bien vouloir pardonner les erreurs orthographiques dont ce texte peut être pollué. En effet, il s'agit du produit d'une reconnaissance vocale que ma très mauvaise vue ne me permet pas de corriger.



Permettez-moi d’inter !



Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Angieblue le 21 Avril 2020 à 14:01:03
Oui, j'aimerais qu'il y ait plus de lecteurs ayant l'acuité de Loup, et qu'ils prennent autant d'énergie et de temps que lui a commenté. Bien sûr, ils n'ont pas à tous être des adeptes de la socio-critique, mais je ne peux que m'amuser de voir les réactions épidermiques que ce type de critique soulève chez beaucoup d'entre vous, signe qu'on en a peut-être besoin d'encore plus. ;)


Il est vrai que te participation à faire vivre la partie "poésie" du forum est vraiment très active!!! :/
Merci de nous inonder régulièrement de ta lumière , Aube.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Aube le 21 Avril 2020 à 14:07:58
Je ne vois pas le rapport entre mon activité de modérateur ou mon manque d'activité récente dans la section poésie et la tenue du débat qui se tient ici. Vous pouvez m'expliquer ? J'essaie à mon échelle (et ici en qualité de simple utilisateur, en aucun cas sous ma posture de modérateur) d'exprimer un point de vue en tant qu'usager du forum. Ce débat ne se circonscrit pas à la section poésie, il s'est réitéré plusieurs fois dans la section textes courts chaque fois que les mots clefs "sexisme" ou "racisme" étaient lancés. Vos attaques personnelles me désemparent, je dois bien l'avouer.

Pour Versus1 : je suis sensible à ton argument quant à l'intégrité morale de chacun ici, et en tant que modérateur c'est en effet une tâche qui me tient à coeur, même si dois bien t'avouer qu'elle semble parfois décourageante et complexe. Nous avons eu de nombreux débats, il y a plusieurs années, sur le ton que devait respecter un commentaire pour se prétendre "constructif" et pour moi, comme pour d'autres intervenants sur ce fil, il n'y avait aucun problème dans la tenue du débat jusqu'à ce que Gant Dor supprime son texte et déchaîne vos passions contre Loup et sa vision de la création artistique.

L'équilibre entre honnêteté des critiques et agressivité, entre victimisation et responsabilisation des auteurs, est en effet délicat, j'en conviens aisément. Pour ma part, j'étais parti du principe que Gant Dor, muni de son droit de réponse, n'était pas en état de victime agressée et que Loup Taciturne avait pris garde à séparer ses propos concernant le texte de toute attaque personnelle, et il l'a fait en ayant conscience des enjeux viscéraux des mots qu'il employait.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Ari le 21 Avril 2020 à 14:09:50
Bonjour,

J'ai suivi la conversation sans éprouver le besoin d'intervenir jusqu'à présent. En effet, mes avis rejoignent ceux de Loup Taciturne et j'ai trouvé qu'il exprimait les choses bien mieux que je n'aurais su le faire.

Pour ce qui est du débat actuel en revanche, ça me désole de lire de telles choses sur un forum d'entraide littéraire  :-\ le fait de critiquer un poème le "salit" ? Et Angie, tu viens ensuite nier la légitimité de qqn à s'exprimer, sous prétexte qu'il le fait peu souvent ? Je suis stupéfaite et désolée de lire de telles choses.  :-\

Gant d'Or, courage pour la suite de ton écriture.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Manu le 21 Avril 2020 à 14:22:28
.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 21 Avril 2020 à 14:30:49


Mais je m'étonne beaucoup que tu participes au travail de l'équipe de modération !

Ce n'est pas très bien de dire cela. Moi, tout au contraire je me félicite que la modération soit constituée de membres éclairés.

Il a raison Aube, tout ceci fout la trouille...

Et j'ajouterai que je suis assez bluffé par le calme courage de "Loup taciturne" qui ne s'est pas laissé déstabilise par les huées et imprécations diverses.

Il n'a jamais attaqué la personne  ! Et je mets au défi, les Robespierre et autre Saint-juste de rapporter la preuve contraire...

Votre attaque n’est autre qu'un défi à l'intelligence .

Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Aube le 21 Avril 2020 à 14:36:13
J'entends votre argument sur l'agressivité perçue, en effet. Difficile de trancher ce qui relève de la perception individuelle, et je serais tenté de dire que la seule qui nous intéresse pour ce cas précis est celle de Gant Dor. Si Gant Dor estime qu'au-delà de la critique le ton de Loup Taciturne est agressif ou insultant à son encontre (sachant que la recherche du "racisme" dans un texte n'est pas l'équivalent d'une accusation de racisme idéologique, qui pourrait s'apparenter à une accusation ou une insulte calomnieuse envers l'auteur). Je pourrais citer, Manu, face à ton propre travail de citation, toutes les phrases que Loup Taciturne a pris soin d'écrire pour séparer la critique d'une attaque personnelle, mais on en reviendrait au même : est-ce que l'auteur s'est senti agressé et intimidé au point de retirer son texte sous peur de représailles ? (lesquelles ? nous sommes sur un forum...) (dans ce cas je commencerais à comprendre l'embryon de votre version de l'idée de la censure) ou est-ce qu'il a été motivé par autre chose ? Cela serait plus simple si Gant Dor voulait bien prendre position à ce sujet, en tant qu'auteur, porteur et défenseur du texte.

Personnellement, j'ai du mal à saisir ses motifs de suppression et je pense que, comme vous, je fais l'erreur de spéculer dessus.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 21 Avril 2020 à 14:52:55
Je te répondrai simplement, HELLIAN, que dans cette affaire, tu confonds l'oppresseur avec l'opprimé.

Mais encore une fois, c'est terrible; ce que tu dis là !

Il n'y a ni oppresseur, ni opprimé ! Où sommes-nous , Un peu d'objectivité, voyons. Il y a une analyse critique dénuée de toute agressivité personnelle. Qu'est-ce que c'est que ce galimatias ? 
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Opercule le 21 Avril 2020 à 15:19:39
Bonjour à tou·te·s,
j’ai beaucoup hésité avant de m’embarquer dans ce dialogue de sourds mais je voudrais mettre quelques choses au clair.
Je ne suis pas d’un côté ou de l’autre, je voudrais juste prendre un peu de hauteur et voir les différents points de vue.

Gant Dor a vécu un temps en Afrique, c’était une expérience puissante pour lui, il veut relater ça. Il n’a pas de sentiments négatifs envers cette expérience ni envers les personnes qu’il a rencontrées.
Il veut célébrer la mémoire de ces moments en bricolant un petit poème, c’est tout à son honneur.

Mais à l’instar de Gant Dor qui se plante dans sa forme en voulant parler son fond, Loup Taciturne a mis le doigt sur pourquoi le poème semble moins "respectueux" qu’il ne voudrait.
Loup Taciturne a été violent, sarcastique, et pour dire platement désagréable.
Ça ne veut pas dire qu’il a tort.

Ça ne veut pas dire que quelqu’un ici discrimine envers qui que ce soit.
C’est un sujet sensible, car je suis de façon très pointue impliqué par le colonialisme et le racisme. Juste, tentez d’avoir le plus de recul possible à propos de tout ça.
On fait référence à la négritude et leurs porteurs, Senghor, Césaire, etc. Comme le rappelle Loup Taciturne, c’est une manière de porter au faîte l’identité noire que les colons dans l’entre-deux guerre tentent d’effacer par assimilation, par francisation. Ça parle de la culture de leur pays (pas spécialement en Afrique, d’ailleurs…) et de la spécificité de leurs cultures. C’est un mouvement de sauvegarde de leur identité dans un contexte d’effacement.
Le fait de se ressortir ce mouvement, en tant que blanc, près de cent ans après, est déjà un problème.

Mais ce que j’ai lu de ce qu’a cité Loup Taciturne (je n’ai pas eu le loisir de lire ce que Gant Dor a écrit), c’est plus loin que ça. Ça ne glorifie pas la culture ou l’identité. C’est manifestement un point de vue de blanc sur une personne noire. Avec toutes les idées qui viennent avec. Et, si on ne met pas ça dans la case du stéréotype malin ou mauvais, on peut tout aussi bien ranger ça dans le concept de racisme bienveillant.  Là encore, on ne parle pas de discrimination, mais seulement de stéréotypes. Faites ce que vous voulez, mais vous apprendrez au premier cours de psychologie que les stéréotypes sont profonds, omniprésents, et indélogeables.

Cette nébuleuse de stéréotypes est, franchement, très inconfortable. Bien entendu, je ne prête aucune volonté à l’auteur autre que la célébration. Mais, entre nous, il ne sert pas d’aller en "coopération" un an et d’en revenir fils de Senghor, pour pondre ces idées-là.

Ce que veut dire Loup Taciturne, et je rejoins totalement son propos, est qu’il est temps que cette idéation orientalisante de "l’Afrique des cases" cesse. Il y a cent cinquante ans, l’exotisme absolu c’était la Chine, les pagodes, l’opium – lisez l’Invitation au Voyage de Baudelaire. Des commentateurs malicieux (et franchement, de mauvaise foi) diront qu’alors Baudelaire était raciste.
Non. C’était l’opinion de son temps. C’était comment on voyait l’exotisme. Cette vision là, c’est une vision d’un autre siècle.

Et celle de Gant Dor aussi. Ça ne veut pas dire que c’est une mauvaise personne, ou qu’elle doit être censurée (si vous avez envie de combattre quelque chose, visez plutôt combattre l’auto-censure). Ça veut juste dire que ce sont, espérons-le, le dernier soubresaut d’une manie d’exotisation des cultures africaines.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Manu le 21 Avril 2020 à 15:27:16
.


Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Cyr le 21 Avril 2020 à 15:53:50
Ah le Loup Taciturne, c'est un peu le loup dans la bergerie  :D
Je pense qu'il y a simplement erreur sur le type de texte.
Il est bien dommage que le poème ai disparu.  :-[
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Marcel Dorcel le 21 Avril 2020 à 16:05:31
Le poème avait autant le droit d'exister, que nous, celui de l'admirer ou de le critiquer ?

Oui, je reconnais que j'ai été un peu virulent, mais de cette virulence, peut-être mal exprimée, il y avait aussi un besoin ce qu'il y a dans chacun d'entre nous, reconnaissons-le, parfois, la tentation de considérer l'autre avec une bienveillance qui touche au préjugé.
Juger, c'est déjà préjuger. Penser contre soi est nécessaire.
Dommage que la polémique ait enflé de cette manière. Le texte avait des qualités littéraires, suscitait le débat.

A toutes fins utiles, @Manu, cela ne relève pas d'un retournement de veste, puisque de l'Afrique, je n'y ai jamais mis les pieds, et mon texte n'évoquait pas, n'avait pour but d'évoquer une réalité tangible, mais faisait appel à un langage un peu abstrait-emphatique, entre fantastique et évocation esclavagiste dans un pays imaginaire. J'ai pu, moi-même en mon temps, faire preuve de légèreté, à tout le moins, voire d'un racisme ordinaire.
http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=31377.msg506906#msg506906

Un, je n'ai besoin d'aucune caution morale pour écrire.
Deux, je peux éventuellement sous le feu des critiques, remanier l'orthographe, la grammaire mais le réécrire à la manière du plus grand nombre ne me semble pas être une bonne idée.
Trois, de mémoire, sur tous les forums où je suis passé, je n'ai jamais retiré un texte. Mes textes retirés l'ont été à la demande, ou par le biais de la modération.

Après tout, pourquoi Gant Dor se justifierait t-il  ?
D'autre part, à partir du moment où le texte est publié, en vérité, son auteur est mort, et le texte même appartient aux lecteurs. Sa publication sur un forum possède l'avantage de pouvoir le supprimer, le remanier.
Un texte imprimé est un texte imprimé à vie. Si l'auteur passait son temps à se défendre ou à argumenter, alors autant qu'il les rachète tous où les brûle ?

Bon voilà, pour ma part, c'est un sujet clos. Je regrette que le texte soit dépublié, je le redis.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 21 Avril 2020 à 16:27:51
Hellian,
Merci pour ton honnêteté, ta compréhension et ta radicalité toute douce dans la défense d'un libre espace de débat, aussi mouvementé soit-il. Ce même si nous ne partageons pas forcément les mêmes conceptions esthétiques.


Aube,
Merci pour avoir si bien résumé ma démarche et mon intention en écornant ton costume  :D.
Citer
Vos attaques personnelles me désemparent, je dois bien l'avouer.
Il ne faut pas, ça fait partie des personnages, on s'y habitue vite et on renvoie la baballe.


Merci Ariane,
Citer
le fait de critiquer un poème le "salit" ? Et Angie, tu viens ensuite nier la légitimité de qqn à s'exprimer, sous prétexte qu'il le fait peu souvent ? Je suis stupéfaite et désolée de lire de telles choses
Tu m'as enlevé les mots de la bouche


Angie,
Citer
manquer de sensibilité littéraire et avoir l'esprit étroit. Cette rigidité t'empêche de capter l'énergie et la beauté poétique
Venant de quelqu'un pour qui la poésie se réduit à enfiler des mots baudelairiens comme on enfile des perles tape-à-l’œil sur un fil en nylon, ça ne me bouscule pas trop. On a pas la même notion du beau. le beau comme le laid ne sautent pas aux yeux, c'est le mensonge et l'artifice qui sautent aux yeux. Tu devrais te méfier des apparences ou tu risques en sautant sur le prince de coucher avec la bête. La belle, elle, grâce à l'amour du vrai beau, a su trouver le prince dans la bête.
Et puis tu n'arrives toujours pas à discerner l'argument de la personne. Mais je laisse tomber avec toi. Je prends tes attaques comme une manifestation sincère de ta désapprobation en face de la violation de tes valeurs que constitue mon approche critique, et je te rends la monnaie de ta pièce, en toute confraternité.

Citer
Ton analyse est totalement hors sujet!
On peut pas faire plus collé au texte que mon analyse. j'ai rarement autant cité un poème en le commentant. Chaque vers est plein. Si tu ne vois pas le sujet, pose toi des questions, c'est pas mon souci.

Citer
Si tu veux t'exprimer sur les clichés, fais-le ailleurs, écris des essais, mais ne viens pas salir un poème dont la seule intention était la poésie.
Tu peux piailler et menacer, ça ne fait que fortifier ma persévérance à mettre en lumière ce qui peut parfois se cacher derrière une "seule intention de poésie", visiblement tout le monde à commencer par toi n'est pas encore prêt à en prendre conscience.


Manu,
Je ne vois pas ce que démontrent les extraits que tu proposes de mon commentaire. Ils sont tout à fait clairs quand on les lit après les extraits du texte de Gant Dor, même si j'assume le caractère sarcastique de certains. On est là aussi pour écrire, non ?
Que les idées soient transmises de manière volontaire ou non ce n'est pas la question. D'ailleurs je dirais plutôt "consciente" que volontaire. Car oui, elles sont bien transmises de manière volontaire, mais surement sans conscience de la portée raciste/essentialiste qu'elles contiennent. Et c'est tout le nœud du problème justement. C'est toute la profondeurs des questions de racisme, de sexisme etc qui imprègnent les mentalités, les imaginaires sur des générations à travers des stéréotypes dont la pensée commune de ceux qui n'en subissent pas les conséquences n'a pas conscience.

Citer
Si tu crois que les bouts de phrases de Loup ne sont pas destructives
Elles ne détruisent que les idées obsolètes contenues dans les mots du poème, et j'en suis honoré.


Opercule,
Citer
Loup Taciturne a été violent, sarcastique, et pour dire platement désagréable.
Ça ne veut pas dire qu’il a tort.
C'est possible. En tout cas je suis rassuré de voir que ton analyse coïncide avec la mienne et que cela plaise à Manu.


Keanu,
J'admire ta concision, à la manière de remettre les points sur les i.
Citer
il ne s'agit pas d'exprimer un jugement de valeur punitif sur un auteur (une personne) mais de formuler une critique constructive sur un texte (un énoncé)


Marcel,
Citer
Après tout, pourquoi Gant Dor se justifierait t-il  ?
D'autre part, à partir du moment où le texte est publié, en vérité, son auteur est mort, et le texte même appartient aux lecteurs.
Je te rejoins sur ce point !
Citer
alors autant qu'il les rachète tous où les brûle ?
Si certains avaient cette lucidité...

Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Cyr le 21 Avril 2020 à 16:35:51
Il s'agit là de poésie, d'images et de ressentis personnel. Nous ne sommes pas à même de développer nos idées à la manière d'un argumentaire ou d'un article dans ce type de texte. Si nous voulions être juste il nous faudrait indépendamment des "critères sociaux" développer une plaidoirie à chacun de nos poèmes ce qui est absurde et impensable.
Ne faudrait-il pas dénoncer les clichés sur la campagne, l'amour, certaines villes, certaines professions... ?
La loi met en avant des critères qui n'ont pas vocation à être justes mais à être pratiques. Il nous appartient de réfléchir indépendamment des lois.

Je suis désolée que ce poème est conduit à tout cela d'autant plus que je n'ai pas eu le temps de le récupérer.  :-[

Au plaisir,
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Aube le 21 Avril 2020 à 16:43:43
Ou alors, on peut aussi dire que finalement, être poète/artiste/créateur (donc humain) est un exercice beaucoup plus exigeant qu'on serait tenter de le croire, du moins si on veut être un minimum sérieux, responsable et adulte, afin que nos écrits passent du "journal intime de canapé traduisant rien d'autres que nos fantasmes et notre ego" à celui de pierre, modeste mais respectable, du monument collectif qu'est la culture humaine. Je me trouve un peu pompeux, mais croyez-moi, je suis au moins sincère.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Ari le 21 Avril 2020 à 17:00:02
Eh oui, Opercule,

Si la critique de Loup avait été émise avec ta qualité, nous aurions encore le poème pour s'y référer. Nous pourrions se servir de ton analyse comme garde-fou, pour nous rappeler la difficulté d'écrire, à transmettre des idées.

Merci pour ton post.

Je trouve étrange et inadapté de juger de l'acceptabilité ou non d'une critique au seul regard de la réaction de celui qui la reçoit.

Et au-delà des variabilité individuelles dans nos réactions, on expose tous notre sensibilité d'auteur en partageant nos textes sur ce forum et toute critique sévère peut déclencher une réaction de retrait que je ne qualifierais pas systématiquement d'auto-censure (pour l'avoir déjà expérienté moi-même).

C'est quand même fou combien la blessure personnelle du poète prend le pas sur son message (Je ne parle pas de Gant D'or dont je comprends très bien la réaction, le fait de retirer un texte ne me choque pas et je l'ai fait aussi, mais plutôt de ceux qui se posent en défenseurs de sa sensibilité). Pour moi c'est une marque de respect de s'intéresser aux messages, volontaires ou non, qu'un texte transporte. S'arrêter à l'esthétique mépriserait les deux-tiers de la portée et de la puissance d'un poème.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Dot Quote le 21 Avril 2020 à 17:16:36
je rejoins de manière générale la neutralité pondérée et pourtant sensée de Opercule, je pense à mon sens tu noues très bien ce que moi je vois d'un sujet étrange :

- il a fallu une critique poussée pour soulever des commentaires qui comme souvent ici dérapent vite au flood haineux plutôt qu'à la liaison entre fond et forme des produits littéraires présentés généreusement par des acteurs qui prennent des risques aux yeux de rares participants alors destitués de toute forme de civilité autre que leur petit avis d'artiste...

- les incriminations de racisme sont drôles à voir dans leur auto-conviction, dans ce milieu littéraire à l'affirmation ethnique très peu valorisée, voir même carrément inconscientes des réalités, en l'occurrence ici noires, mais je ne me réfère pas aux chiffres qui me sont inconnus, qui doivent sûrement être très bien représentatif de l'exotisme de notre brave pays

- le texte n'est plus là et on s'entreglose sans haine aucune, la modération est passé une fois elle est comme le facteur, pile poil toujours à l'heure... nan sérieux, t'as raison Ariane :

Citer
C'est quand même fou combien la blessure personnelle du poète prend le pas sur son message  (Je ne parle pas de Gant D'or
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Manu le 21 Avril 2020 à 17:56:15
.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Aube le 21 Avril 2020 à 18:05:04
Non Manu, la charte du MdE autorisera toujours des textes tels que celui que Gant Dor a supprimé à être publiés, lus, défendus par leurs auteurs, et commentés par les utilisateurs du forum. S'il y a une réelle angoisse d'une telle censure, je tenais à l'assurer, bien que cela me semblait évident.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Manu le 21 Avril 2020 à 18:43:18
.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 21 Avril 2020 à 18:54:10
Eh  ben voilà ! Tout le monde, ou presque, il est d'accord..

Oh putain les mecs, c'était une belle castagne !

Manu, tu veux une bière  ou un kir ?
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Aube le 21 Avril 2020 à 18:56:41
 :D  :D

Nous allons demander à Gant Dor s'il compte intervenir sur ce fil ou si nous déplaçons cette discussion parmi les autres débats, puisque le texte en lui-même n'est plus lisible et que la substance du fil est la discussion qui s'en est suivi.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Manu le 21 Avril 2020 à 18:58:39
.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 21 Avril 2020 à 19:14:40
Ecoute, Aube,

Ce serait palmas de laisser comme ça. . ça a de la gueule toute cette empoignade autour d'un texte qui n'existe pas. Puissance s'il en est d'un texte fantôme ...
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 21 Avril 2020 à 20:49:30
Laisse tomber Versus !
Gant d'or qui est un homme de talent, est passé à autre chose. Il a publié un autre poème, un superbe poème d'ailleurs.

http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=34222.0
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 21 Avril 2020 à 22:32:37
Citer
Ce pourrait être l’occasion d’un défi ! Que chacun des intervenants sur ce fil montre clairement les endroits du texte qu'il juge douteux, où il trouve des préjugés racistes...
je t'invite à te rendre en page 1, quelqu'un a déjà eu cette idée il me semble ... :???:
Non pas qu'elle fut belle, l'idée, mais plutôt nécessaire. Je crois que la discussion part de là, hummm juste => ici (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=34199.msg544172#msg544172)
Non mais on se fout carrément du monde ! Comme si tout ça n'était qu'un jeu ! "Tiens jouons tous ensemble au jeu des clichés racistes", mais purée ils s'entendent écrire ces gens là ?!!


Manu,
Citer
si j'ai envie de me mettre dans la peau d'une femme noire, pauvre, homosexuelle, je l'écrirai. Je l'écrirai sans peser mes mots, sans me préoccuper de votre exigence éthique de pacotilles.
Citer
Pour améliorer la condition de la femme noire africaine dont vous semblez savoir exactement ce qu'elle souhaite et ce qu'elle pense ? Alors, dans ce cas-là, dans ce cas-là seulement, je prendrai au sérieux vos doctes édits.
Non c'est pour ça que contrairement à toi, notre prudence méthodologique et notre éthique nous mettrait certainement en garde contre l'ambition de prendre la parole à la place de l'autre et en son nom. Tu écriras bien ce que tu voudras, tu t'inventes de fausses persécutions mon ami, personne ici ne veut t'empêcher d'écrire. Par contre relis-toi bien avant de publier, surtout si tu comptes imaginer la parole d'autrui et en raconter la vie à sa place. Le faux pas pourrait te conduire à une indélicate usurpation.
Citer
Vous accepterez de vivre chichement pour réduire la pauvreté en Afrique ?
Sais-tu seulement comment "nous" vivons ?


Cyr,
ta citation m'a intéressée et elle recèle forcément un part de vérité. Mais je rejoins la réponse que te fait Aube. La poésie a bon dos, elle ne peut pas être une caution à tout. De même que la littérature en général ou le cinéma ne peuvent pas être des blanchisseurs de réputation, des costards de respectabilité, des refuges pour idéologies qui ne s'assument pas, ou un paradis pour des idées infernales. Il est permis de lyncher une œuvre même en ayant tors, même en étant de mauvaise foi. L’œuvre n'est pas sacrée. Le revers de la libre expression artistique, c'est la libre expression critique.
Les créatifs sont condamnés à subir les foudres des critiques car avant tout les critiques sont condamnés à subir le torrent des créatifs. Il faut de tout pour faire un monde...
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Alan Tréard le 21 Avril 2020 à 23:04:52
Bonjour,


Si c'est un débat, j'imagine que chacune & chacun est légitime à y exprimer une opinion dans le cadre offert par la charte.

Je tiens à remercier les membres qui ont dénoncé les injures sexistes parfois tournées directement à l'encontre des membres eux-mêmes. Je suis parfaitement d'accord avec Angieblue et Manu pour dire que nous avons besoin de pouvoir parler des formes : les formes, c'est par exemple l'agressivité. Si nous ne pouvons pas aborder le thème de l'agressivité, nous nous trouverons dans une situation où celle-ci s'impose quotidiennement.

L'agressivité à l'égard des poétesses & poètes ne me semble jamais légitime en aucun cas, j'encourage chacune & chacun à ne pas faire preuve d'agressivité envers les poètes & poétesses de ce forum car j'estime que ce travail sur nous-mêmes nous permet de favoriser une diversité à laquelle chacune & chacun est attaché.

Dans un environnement dans lequel nous ne pourrions pas parler des formes, ni des formalités, il nous serait ni possible de rappeler la Charte à laquelle nous souscrivons, ni la Loi à laquelle nous sommes obligés de nous référer ; celles-ci ont vocation à nous permettre de maintenir des échanges équilibrés à propos des thématiques littéraires que nous abordons ici ou là.


Enfin, je demande sincèrement en mon nom aux membres de ne plus faire l'apologie de la violence (les fameuses « castagnes »), l'apologie du lynchage, l'apologie de la haine, cela ne me semble pas adapté à des discussions entre les membres, et ne pourrait qu'avoir des conséquences néfastes sur les échanges à propos de textes.


Comme Aube a pu exprimer son opinion (lui qui est exemplaire en tant que modérateur), j'espère bien entendu qu'il me sera permis d'apporter la mienne sur un sujet qui me paraît fondamental.

Enfin, il existe encore ce fil :  Comment commenter (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=5082.0), qui permet d'essayer d'adapter ses commentaires aux besoins de la communauté (l'équipe de modération m'a personnellement souvent encouragé à adapter mes commentaires en fonction des besoin communs, je trouve qu'il est donc justifié de ma part d'inviter en retour les membres du forum à s'en référer et à l'équipe de modération et au fil de discussion de Comment commenter (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=5082.0) pour s'adapter aux besoins de tout un chacun et éventuellement en discuter).


Cordialement.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 21 Avril 2020 à 23:48:04
Alan,

Toujours sans rapport avec les sujets. (on parle bien de lynchage de texte oui, ne te fais pas plus bête...)

Versus,
si tu avais compris le sujet (dont tu te fiches depuis le début, ce n'est pas ça qui t'intéresse) tu te serais rendu compte de toi-même du ridicule et de l’indécence de ta proposition. Mais comme depuis le début tu nies complètement l'existence de clichés racistes dans le texte, tu ne comprends pas non plus qu'on puisse très mal recevoir ta petite proposition destinée à redonner insidieusement du crédit à ta "thèse" négationniste, enfin, à ton trollage. Et c'est bien facile d'aller se cacher derrière la surinterprétation à chaque fois qu'on s'enterre soi-même sous la fange. 
Je rappelle que ma manière "personnelle" d'interpréter le poème n'était pas si personnelle, puisque un certain nombre de membre n'a pas jugé bon de commenter, après que j'ai émis ma critique, et avant que des gens comme toi viennent troller le sujet. Ceci étant ils et elles ont décidé de manifester leur interprétation toute personnelle qui n'était pas si différente de la mienne... Mauvaise foi quand tu nous tiens viscéralement...

Titre: Re : Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 22 Avril 2020 à 00:36:00
Alan,

Toujours sans rapport avec les sujets. (on parle bien de lynchage de texte oui, ne te fais pas plus bête...)



C'est pas gané...
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Manu le 22 Avril 2020 à 09:09:46
.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Ari le 22 Avril 2020 à 10:18:06
Manu :

Je pense qu'il y a eu deux débats différents ici :

1) La forme, c'est à dire la manière dont Loup a exprimé ses critiques (cette manière était-elle trop sarcastique, trop offensante ?) ; c'est sûrement un sujet important pour Gant d'Or, pour Loup ou pour la modération, mais pour les membres du forum d'une manière générale, ça ne justifie absolument pas d'ouvrir un fil ; si c'était la forme du commentaire qui primait, on aurait pu tout simplement basculer le débat dans le fil "comment commenter" etc.

2) Le fond, c'est à dire la légitimité de chacun à analyser un poème selon les points qui lui semblent importants ; analyse purement esthétique ou bien socio-critique comme disait Aube. Ce débat me semble contenir davantage de matière intéressante pour tout le monde, et bien que le sujet soit régulièrement abordé sur le forum, je ne connais pas de fil spécifique à ce sujet. Par ailleurs, ce débat, s'il est poursuivi par des membres (dont toi, dont Loup, dont nous tous, mais aussi n'importe qui d'autre...) souhaitant réellement échanger des points de vue et des idées, peut donner lieu à des réflexions et ouvertures d'esprit de la part de chacun, ou au moins à une meilleure compréhension du point de vue des uns et des autres.

Il me semble que le changement de nom de ce fil s'est donc fait en fonction du deuxième point ; le premier relève seulement du conflit interpersonnel alors que le deuxième pourrait donner lieu à de vrais échanges.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Manu le 22 Avril 2020 à 10:41:27
.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Ari le 22 Avril 2020 à 10:59:03
Il refléterait la position de Aube s'il s'était intitulé : Démonstration de la légitimité de la socio-critique dans la poésie.
Là le seul truc qui me gêne dans ce titre, c'est la préposition "sur" au lieu de "à" ^^. (ou alors, il faudrait enlever l'adjectif "consécutif").

Manu, tes libertés vont bien ne t'en fais pas, tu peux écrire tout ce que tu veux et je suis persuadée que tu sauras défendre tes textes avec beaucoup de véhémence :)

C'est vraiment dommage qu'on puisse pas faire un débat tout simplement serein et calme :
- voici une analyse socio-critique de ton texte
- ok, je suis pas d'accord avec cette analyse pour telle telle telle raison
- ou bien : moi tu sais, je considère que seule l'esthétique compte, et voici pourquoi.
Sans crier à la censure, sans se sentir "envahi" par la démarche d'analyse de l'autre...

...mais si tu veux parler de dérives inquisitrices de la socio-critique (et non de la *forme* des commentaires de Loup), ben ça a toute sa place sous ce nouveau titre. (Sans pour autant dire que je partagerai ton avis ;) ). Il est neutre, il reflète pas de prise de position, t'as le droit d'exprimer tes pensées (et je pense que tu l'as déjà pas mal fait).
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Alan Tréard le 22 Avril 2020 à 11:11:07
Bonjour Ariane,


Je comprends ta position qui trouve son sens dans l'idéal où chacune & chacun respecterait le fonctionnement du forum et s'appliquerait assidument à ta vision du monde.

Cependant, force est de constater que la socio-critique (qui n'a plus rien à voir avec l'anthropologie initialement promise) devient un outil de légitimation des violences.

En cela nous avons un problème commun de  légitimation de la violence, lorsque qu'un présupposé (ou principe) scientifique devient un outil pour faire régner la peur.

Il y a l'outil (la socio-critique) et l'utilisation qu'on en fait (légitimer la violence), dès lors nous parlons bel et bien d'un sujet sur les formes, c'est-à-dire : voici les formes que prend cet outil, des formes qui pourraient être différentes (ce que tu as dit toi-même, Manu également, et moi aussi maintenant).


Voici pour quelques clarifications sur les enjeux de nos discussions.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Opercule le 22 Avril 2020 à 11:16:50
Si je reviens sur le premier point qu’Ariane signale, qu’elle veut oublier mais que je trouve très important : je comprends que Loup se soit insurgé devant une telle démonstration de naïveté mais ça n’a eu de résultat que d’attiser et de construire un parti adverse seulement par réaction. D’ailleurs les membres de ce camp adverses sont flottants parce qu’ils ne savent pas où le bon sens finit et l’ad hominem commence. Je pense qu’il faudrait trouver un moyen de mieux gérer ça, dès le début, pour éviter la case "violence" que je suppose Alan mentionne dans
Cependant, force est de constater que la socio-critique (qui n'a plus rien à voir avec l'anthropologie initialement promise) devient un outil de légitimation des violences.

Pour le 2), je voudrais rappeler, de nouveau (une fois toutes les trois pages est une piqûre de rappel), qu’il n’est pas ici question de "dérives inquisitrices" pour savoir les "intentions de l’auteur" et déterminer si, oui ou non, il est "au-dessus de tous soupçons".
Mettons qu’il le soit (au-dessus de tout soupçon), alors évidemment ce texte existe (ou du moins existait avant qu’il ne soit retiré pas à cause de la censure ou même de l’autocensure, mais bien par blessure de la sensibilité de l’auteur, ce que je comprends et connais moi-même), sans l’avoir fait exprès, renforce auprès de son entourage, auprès de lui, dans le tissu de la pensée commune, une certaine idée de la beauté, d’une origine ethnique, d’une culture. Et, je le répète, ce sont des stéréotypes qui ne sont pas sa faute. C’est un être humain de son siècle, et pendant une grosse moitié de son siècle, tout le monde civilisé était très, très raciste.

Alors oui, Loup et Keanu ont raison de pointer que, oppression, invisibilisation, injonctions diverses, etc. On va dire que c’est les lectures complémentaires à propos d’un schéma de pensée qu’on a tous, et qu’il s’agit, ensemble, de déconstruire. Gant D’or, et les autres : ce n’est pas votre faute. Vous n’êtes pas coupable (en tout cas pas responsable). Mais on vous montre, on vous prouve, qu’il faut s’en débarrasser pour le bien de tous.
Et avant de parler de liberté d’expression : vous vous êtes déjà surpris d’une envie suprême de faire un texte sur les Cagots ou les lépreux ? Pourtant, vous avez totalement et impérieusement le droit, mais vous le ne faites pas parce que ce n’est plus dans votre système de pensée. 
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Manu le 22 Avril 2020 à 11:23:04
.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 11:25:17
Citation de: manu
Être vigilant, oui. Et dans le cas précis de ce poème, permettre à l'auteur de retrouver toute sa lucidité sans le faire fuir n'était que l'objet de mes trop nombreux posts.
Citation de: Aube
:D  :D

Nous allons demander à Gant Dor s'il compte intervenir sur ce fil ou si nous déplaçons cette discussion parmi les autres débats, puisque le texte en lui-même n'est plus lisible et que la substance du fil est la discussion qui s'en est suivi.
Citation de: HELLIAN
Ecoute, Aube,

Ce serait palmas de laisser comme ça. . ça a de la gueule toute cette empoignade autour d'un texte qui n'existe pas. Puissance s'il en est d'un texte fantôme ...
Citation de: Versus1
Je trouve qu’il est regrettable que Gant Dor n’ait pas re-publié son texte.

Ce pourrait être l’occasion d’un défi ! Que chacun des intervenants sur ce fil montre clairement les endroits du texte qu'il juge douteux, où il trouve des préjugés racistes...

Au moment où certains rient et se félicitent d’avoir, au fond, un si bel esprit d’équipe, pendant que Gant Dor, lui, se tait, ne serait-ce pas là une chasse salutaire et fort instructive ?


aaaah vous aimez bien prendre la parole de ceux qui l'ont lâchée ?
azy je fais pareil à ma sauce :
c'est drôle, vos sourires me sont anxiogène
moi les fois où je sens toute la dignité d'une discussion autour de mon texte
j'y participe
de fait, je pleure un peu en silence en m'illusionnant surement sur le fait qu'à la place de Gant D'or
si j'avais eu l'ambition de faire de la "castagne" alcoolique, j'aurais parié sur un autre pays que l'afrique
je trouve pas "dommage" qu'après l'invasion de son espace artistique, le texte n'ai pas plus envie de venir se souiller ici
et même c'est outrageant dirais-je, qu'on se serve de son fil, afin d'amener un propos qui n'est pas sien, en publicité lynchatoire pour vos débats un peu éternellement lycéens à propos de racisme, de fond et de forme, et de tolérance mutuelle...

franchement j'ai même pas envie d'aller l'emmerder avec une notif de plus sur le fait qu'on s'enjaille à salir son topic, mais bon...

y'a de la bonne volonté dans vos échanges, c'est sûr...
mais jsp
je vous rejoins ni dans votre propos ni dans vos manières, et même dans tout ceci auquel je participe pourtant
voilà
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Manu le 22 Avril 2020 à 11:38:18
.

Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 22 Avril 2020 à 11:43:41
Que de scrupules, que de délicatesse, chacun coul
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 11:46:23
je vois ni en quoi tu ne me trouves nulle part ni en quoi j'ai tort ni, et cela est plus grave, en quoi tu pourrais te sortir de l'illusion que tu rends hommage à son texte, en disant la réalité affligeante qui est que ce fil qui lui est dédié, qui en découle, et qu'il a initié, n'a plus la tête en ce que tu lui trouves une sécurité digne mais que je vois en plus du côté de l'affront qui lui a été fait et qui continue... il est bien ton analyse, mais quand y'a dix milles sujets pareils sur le meud mais pas un qui s'assume autrement qu'en divergeant sur des conflits d'intérêts entre poètes, c'est pas très malin de venir revendiquer le sérieux de tout ceci...

créez des sujets dans les sections appropriées au lieu de voler l'intimité des vrais artistes
j'en vois pas beaucoup réagir sérieusement ailleurs qu'autour d'avis d'opinion à moitié brouillons et basés sur des impressions personnelles, puis qui se revendiquent analyses dénigrantes de toute remise en question...

pfff
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Ari le 22 Avril 2020 à 11:51:03
Opercule :

C'est vrai, j'aurais voulu oublier deux minutes la forme (Loup a-t-il été trop sarcastique ou pas), parce que débattre pendant 107 ans de si un membre a été agressif ou pas, ça me semble stérile au bout d'un moment. Loup a plusieurs fois exprimé son intention positive (défendre des valeurs importantes à ses yeux), tout en reconnaissant l'intention positive de Gant d'Or (donner une image positive de la femme africaine ; même si Loup conteste le résultat). Je pense pas u'on puisse aller plus loin dans la manière de gérer ce conflit interpersonnel. Je vous laisse libres d'essayer, il n'y a aucun souci, et dans ce cas réfléchissez au titre qui vous convient le mieux pour ce débat-là, mais moi je n'y participerai pas.

A l'inverse, j'avais trouvé très intéressantes les explications des uns et des autres sur la socio-critique, j'avais trouvé que ce fil, malgré tous ses heurts (certains post me blessent profondément, mais je n'ai pas voulu l'exprimer, pour ne pas prendre le risque de rajouter de l'huile sur le feu au vu de l'atmosphère générale), comportait des choses intéressantes sur le plan intellectuel, des réflexions sur l'abord de la littérature, et sur un forum d'entraide littéraire, je trouve pertinent de valoriser ces réflexions. Mais si c'est impossible d'en discuter sans animosité je cesserai aussi d'intervenir à ce sujet.


Manu :

Citer
Hors ce n'est pas ce que je fais, parce que j'estime qu'il y a eu dérive, car, dans le cas présent, cette analyse a conduit au retrait d'un texte. C'est en cela que le titre et l'orientation donnés à ce débat me paraissent tronqués. Cette dérive me fait peur et c'est l'analyse socio-critique de cette dérive qui me semble intéressante à comprendre.
Encore une fois, juger d'une "dérive" parce que qqn a retiré son texte, ça me semble biaisé, comme si on sacralisait le texte et que l'auteur lui-même n'avait pas droit à des émotions et des réactions de retrait. Ça m'est arrivé plusieurs fois de retirer des textes sans qu'il s'agisse d'une auto-censure ; on peut souhaiter protéger ses émotions sans que ce soit la faute de celui qui exprime son avis par ailleurs.

Pour l'instant je n'ai vu nulle part où tu expliquais que la "dérive" de Loup résidait ailleurs que dans la forme de ses commentaires (ceci n'étant pas une manière de valider ce que vous lui reprochez sur la forme, encore une fois, pour la forme je ne me prononce absolument pas, je n'en ai pas envie). Pour le fond de ses commentaires, j'y souscris (ainsi qu'à ceux de Keanu) et je ne comprends pas qu'ils puissent être qualifiés de "dérive". (Au sens premier de "je ne comprends pas" : ce n'est pas une formule pour exprimer que je m'oppose à ton ressenti, c'est vraiment que je ne comprends pas son origine, je ne vois pas ce qui te fait dire ça, en dehors de tes peurs viscérales de la censure).



Je suis consciente que cette distinction forme / fond est en partie illusoire... mais jusqu'à présent je ne lis que des commentaires se révoltant contre l'analyse de Loup et justifiant cette révolte par son ton trop incisif ou sarcastique. Alors qu'on voit bien qu'en dehors de ce "ton", il y a autre chose qui dérange. J'ai l'impression que le mot "racisme" provoque des réactions viscérales, c'est vécu comme une insulte inentendable, de telle sorte qu'une remise en cause de soi n'est plus possible. Mais comme cela a déjà été dit plusieurs fois dans ce texte, je pense qu'on peut véhiculer des préjugés sans être soi-même un "monstre" ; cette réaction viscérale de blessure suprême quand on est accusé de discrimination, on peut aussi la dépasser et accepter qu'on est tous influencés par le monde qui nous entoure, et qu'on peut se faire inconsciemment le vecteur de messages qu'on ne cautionne pas. D'où l'importance, justement, d'en discuter, de les observer, ces messages. Par ailleurs, celui qui fait l'analyse de ces messages montre surtout comment ils peuvent être perçus vu de l'extérieur, et si l'auteur, lui, sait que même inconsciemment, son propos ne rejoignait pas du tout ces messages, cet apport extérieur lui donne l'opportunité (et donc la liberté) de modifier ou non son texte en tenant compte de ce ressenti possible pour ses lecteurs.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 11:53:49
Citation de: Ariane
(certains post me blessent profondément, mais je n'ai pas voulu l'exprimer, pour ne pas prendre le risque de rajouter de l'huile sur le feu au vu de l'atmosphère générale), comportait des choses intéressantes sur le plan intellectuel, des réflexions sur l'abord de la littérature, et sur un forum d'entraide littéraire, je trouve pertinent de valoriser ces réflexions. Mais si c'est impossible d'en discuter sans animosité je cesserai aussi d'intervenir à ce sujet.
tellement bien exprimé
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 22 Avril 2020 à 12:27:51
Que de scrupules, que de délicatesse, chacun s'efforçant de se percher sur le  piédestal de son intelligence seule apte à procurer la bonne perspective, celle qui se renforce du recul nécessaire à la hauteur du vrai débat…

– moi, le grand pacificateur à la lanterne, je ne peux que déplorer cette violence sanglante qui suinte de vos propos, je vais vous apporter la parole salvatrice…

– quant à moi qui ne voulais pas mettre mes blanches mains dans le cambouis de votre discours,  je vais avec le recul  qui m'est propre, vous apportez la lumière…

– Mes frères, mes bien chers frères, respectez donc la douleur de gant d'or amené par les turpitudes d'un Ravaillac mal embouché à faire le sacrifice et le deuil de son poème.

– Bande de profanateurs, vous ne vous rendez pas compte que vous piétinez un fil sacré, usurpant la parole d'autrui. Soyez maudits

etc. etc.

Vous ne croyez pas que vous en faites un peu trop ?

Vous avez la chance d'avoir un espace de débat et vous y débattez comme rarement. Bien sûr qu'il y a des excès, bien sûr qu'il y a des maladresses. Mais il y a aussi des propos de qualité quand bien même seraient-ils teintés d'un peu du rouge de la passion.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Alan Tréard le 22 Avril 2020 à 12:38:15
Hellian, écoute,


Pour moi c'est simple.

S'il y a des membres du forum qui aiment la socio-critique au point de la défendre pour de vrai, alors qu'ils s'engagent explicitement à la pratiquer dans le cadre offert par la Charte (c'est une « demande passionnée » de ma part, effectivement, une demande insistante).

J'en profite pour rappeler que les poètes & poétesses du forum se cantonnent à faire de la poésie dans la section dédiée, jamais ils ne vont déborder dans d'autres sections pour imposer leurs critères esthétiques (les poétesses & poètes appliquent leurs critères esthétiques à eux-mêmes mais ne contraignent pas les autres à s'y soumettre).

Au contraire, la socio-critique intervient partout dans toutes les sections (y compris le flood) pour imposer ses critères à tout le monde. Bien sûr, c'est dans les formes, car la socio-critique n'aurait pas vocation à être imposée à qui que ce soit, c'est donc bien une façon de faire, et non une nécessité fondamentale. Depuis toujours, en littérature, nous sommes en capacité d'offrir un cadre réservé à telle ou telle pratique, sur ce forum, nous nous appliquons constamment à nous adapter au fonctionnement des sections. La socio-critique ne peut pas échapper à la règle (elle ne peut pas s'imposer comme unique issue).


En espérant que cela te permette de mieux comprendre mes inquiétudes vis à vis du fonctionnement du forum.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Ari le 22 Avril 2020 à 13:12:38
Mais qu'avez-vous trouvé d'abusif là-dedans ?? (en dehors du ton, car un ton désagréable ou sarcastique n'a rien à voir avec la socio-analyse ou quoi que ce soit d'autre u_u ). En quoi est-ce abusif de dire : "Je trouve que ton texte véhicule - probablement inconsciemment - des préjugés à l'égard de telle ou telle population" ? Comment cela peut-il être vécu comme un abus ??
Titre: Re : Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Alan Tréard le 22 Avril 2020 à 13:28:45
Ariane,


Je te soupçonne de faire preuve de mauvaise foi, mais puisque les soupçons ne peuvent pas suffire, alors je vais explicitement citer des propos qui ont été tenus au cours de la discussion sur lesquels je souhaite connaître ton avis :

Cyr,
ta citation m'a intéressée et elle recèle forcément un part de vérité. Mais je rejoins la réponse que te fait Aube. La poésie a bon dos, elle ne peut pas être une caution à tout. De même que la littérature en général ou le cinéma ne peuvent pas être des blanchisseurs de réputation, des costards de respectabilité, des refuges pour idéologies qui ne s'assument pas, ou un paradis pour des idées infernales. Il est permis de lyncher une œuvre même en ayant tors, même en étant de mauvaise foi. L’œuvre n'est pas sacrée. Le revers de la libre expression artistique, c'est la libre expression critique.
Les créatifs sont condamnés à subir les foudres des critiques car avant tout les critiques sont condamnés à subir le torrent des créatifs. Il faut de tout pour faire un monde...

Ensuite, je te donne une stricte définition du lynchage :

Lyncher (https://www.cnrtl.fr/definition/lyncher) :  Mettre à mort (quelqu'un) sans jugement régulier; p. ext., faire subir (à quelqu'un) des violences physiques entraînant la mort.
Exécution sommaire (de quelqu'un) par une foule.


Après cela, je te demande sincèrement si tu peux encore mettre en doute l'intention exprimée de mener des représailles contre les porteurs de textes pour ne pas avoir respecté un certain nombre de critères subjectifs.

Le racisme étant une notion dont seule la Justice puisse trancher la véracité ou non (c'est son rôle, la Loi est appliquée par la Justice, et non par quelque indépendant assoiffé de vengeance), les membres ne peuvent pas se faire justice eux-mêmes.


Je me permets de signaler que si ma précédente demande de nous en référer communément à la Charte et à l'équipe de modération, y compris concernant la socio-critique, n'est pas prise en compte dorénavant, je ne compte pas insister plus sur la discussion et laisse le soin aux membres de juger par eux-mêmes du bien fondé de cette demande ou non.


Cordialement.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Manu le 22 Avril 2020 à 13:37:28
.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 22 Avril 2020 à 13:44:45
Mdr Manu,
tu dis tout et son contraire, tu dis que t'es d'accord mais pas sur la forme, puis après tu dis que c'est ça sujet, que le sujet c'est la forme de ma critique. Que le débat n'est pas sur les stéréotypes  racistes contenus dans ce texte. Tu dis que t'es d'accord avec Opercule qui dis exactement ce que je dis. Arrête de faire ton rebelle de la bien pensance. La bien pensance elle est de ton côté depuis des siècles à invisibiliser ces questions, à les mettre sous le tapis du salon de thé, du café littéraire ou du commerce. La pensée critique est toujours largement minoritaire, et si elle a fait quelques percées, il y a toujours des chiens de garde de ton genre (à la zemmour et cie) pour inverser les rôles.

Citer
Disons que ces actions présentent le camp des défenseurs des droits de l'homme
Mais qui t'as parlé des droits de l'homme ,  :-\ ?

Citer
je pensais participer à un débat sur les dérives inquisitrices des moralisateurs bien- pensants (est-ce que la modération peut le rajouter en titre ?) . Et pas du tout sur les valeurs sociales d'un texte ou d'un commentaire.
Non, tu voulais participer à ce type de débat parce le sujet de fond tu t'en carres pour vouloir le reléguer au second plan. D'ailleurs c'est systématique du traitement de ce genre de question, on trouve toujours quelque chose pour faire dévier le sujet et ne pas parler de la question qui fâche (c'est à croire que ce qui insurge la « pensée blanche », c'est bien plus l'accusation de racisme que le racisme lui-même).

Citer
Et dans ce cas là, pour le poème en question, le sarcasme n'est justifiable que si Loup croit au racisme intrinsèque de Gant d'or. Et alors, c'est une toute autre histoire, Loup, avec sa rectitude, ne manquera pas d'aller porter plainte dans la vraie vie.
Non mon sarcasme est justifiable parce que j'en ai décidé. J'ai décidé d'employer ce style pour ce commentaire, c'est mon choix esthétique et s'il ne t'a pas plu tu peux te le mettre ou je pense. Toi tu pigne sur la menace de ta liberté d’auteur alors que personne ne t'as rien dit mais tu viendrais policer les textes des autres selon le style et le ton qui te conviennent ? Vous criez à la censure mais vous êtes les pire apologistes de la censure dès qu'on ose égratigner vos totems. Vous vous regardez ?
Citer
La socio-critique est légitime lorsqu'elle correspond au texte
Merci, tu n'as pas besoin d'en  dire plus

Citer
une socio critique justifiée et pondérée aurait permis un dialogue bien plus constructif avec l'auteur
Je n'écris pas seulement pour l'auteur du texte

Citer
Je participe à un débat sur les dérives inquisitrices, je parle également de libertés
Mais de quoi tu parles ? En quoi j'ai un quelconque pouvoir inquisiteur qui permettrait d'entraver la liberté d'autrui. Faut arrêter la paranoïa. Mon émotion fait partie de mon propos et si elle participe à lui donner de la force je ne peux que me réjouir. Si elle me disqualifie aux yeux de certains c'est tant pis pour moi et pour « ma cause ». Mais personne ici ne s'est pointé chez Gant Dor pour l'obliger à retirer son texte, c'est ça qu'il faut te rentrer dans le crâne. La vérité c'est celle là, elle est simple. Les raisons qui l'ont poussé à le faire lui appartiennent. Moi j'ai dit ce que j'avais à dire sur ce texte, pas sur son auteur dont j'ai très peu d'info, et contrairement à ce que Versus tente d'insinuer pour faire croire que j'attaque personnellement l'auteur. Je revendique le droit d'user du ton qui me convient dans mon écriture, c'est quand même insensé ça. Des « auteurs » qui se permettent tout, qui revendiquent et s'attribuent toutes les libertés dans leur propre écriture mais qui viennent prôner le policement du texte des autres pour la seule raison qu'il est produit en réaction d'un autre texte dans la section commentaires.

Versus,
Merci mais les autres ne m'ont pas « suivi », ils ne sont pas moins que toi largement dotés pour suivre leur propre pensée.

Alan,
Et ta violence trollesque, on en parle ?

Citer
Cependant, force est de constater que la socio-critique (qui n'a plus rien à voir avec l'anthropologie initialement promise) devient un outil de légitimation des violences.
Personne n'a promis d'anthropologie ici. Arrêtez de tout mélanger et de coller des étiquettes. Quand on analyse un texte, on le fait en piochant dans sa boite à outils personnelle qui est faite de sentiments personnels, d'outils critiques, de notions esthétiques, d'outils de critique littéraire notamment du style etc. C'est quand même pas à la quantité de « littéraires » présent sur ce forum qu'on va rappeler ça. La critique littéraire, cinématographique, artistique en général est un exercice en soi. Les posteurs n'ont pas droit à plus de liberté d'expression que les commentateurs. Ce sont deux formes de l'expression et de l'interaction dans cet espace.


Citer
n’a eu de résultat que d’attiser et de construire un parti adverse seulement par réaction. D’ailleurs les membres de ce camp adverses sont flottants
Tu as peut-être raison Opercule (encore que les trois opposants à mon propos sont des membres qui ne cessent de venir s'opposer constamment sur un tas de sujets,Versus, Angie, Manu, ils ne sont pas flottants du tout, c'est le moins qu'on puisse dire. Il y a Cyr aussi dont j'ai compris qu'elle n'était pas convaincue et qu'elle privilégiait l’aspect esthétique mais c'est pas grave, on peut être en désaccord, critiquer ma forme ou ne pas accepter le fond sans pour autant m'accuser de vouloir faire supprimer les textes ou lyncher les personnes, alors que je m'en suis pourtant défendu noir sur blanc avant même qu'on me le reproche, ce qui a le don de m'agacer légèrement ! À croire que certains lisent trèèèès vite !), Tu as sans doute raison donc, mais ça c'est une question de stratégie et d'éthique personnelle.
Et merci à toi pour ton rappel sur les pseudo « dérive inquisitrice » supposées contre l'auteur.

Citer
Gant D’or, et les autres : ce n’est pas votre faute. Vous n’êtes pas coupable (en tout cas pas responsable). Mais on vous montre, on vous prouve, qu’il faut s’en débarrasser pour le bien de tous.
Si tu l'acceptes, je compléterais en disant qu'on n'est pas responsable de nos préjugés mais par contre on est responsable de faire ce qu'on peut pour s'en défaire quand ils apparaissent et de faire ce qu'on peut pour briser leur reproduction dans les imaginaires. Si c'est le sens du geste de Gant Dor, je lui tire mon chapeau. Les autres n'auront qu'à apprendre de lui au lieu de crier au scandale.


Citer
car, dans le cas présent, cette analyse a conduit au retrait d'un texte. C'est en cela que le titre et l'orientation donnés à ce débat me paraissent tronqués.
Mais ce n'est pas parce que le texte a été retiré qu'il y a une dérive, c'est toi qui dérive Manu, c'est insensé ça. Moi si demain je publie un texte et que quelqu'un vient démontrer que je véhicule des clichés raciste à travers lui, je retirerai mon texte immédiatement car ça ne colle pas avec mon intention et mes valeurs. Gant Dor fait ici preuve, sinon de son adhésion à mon analyse, au moins d'une prudence à l'égard du risque que son texte aille à l'encontre de ses propres valeurs (qui ne sont pas racistes, de toute évidence c'en est une preuve !). C'est plutôt ça le sujet. Tu brasses du vent avec tes accusations de dérive à propos de paroles et de personnes qui n'ont aucun pouvoir coercitif.

Citer
Cette dérive me fait peur et c'est l'analyse socio-critique de cette dérive qui me semble intéressante à comprendre.
Fais toi plaisir...

Comme j'écris au fil de la lecture il y a quelques redites avec ce qu'Ariane exprime de manière très claire et plus approfondie, je la remercie pour cette qualité de synthèse, synthèse à laquelle je souscris.


Merci Hellian pour tes sarcasmes succulents  :D
Citer
teintés d'un peu du rouge de la passion
c'est tellement ça

Alan j'ai pas vraiment lu mais j'ai juste une chose à dire
Personne n'impose quoique ce soit. Si tu te sens forcé par l'analyse socio-critique, c'est peut-être qu'elle a une force de conviction dans sa manière de révéler, de mettre au jour le réel.

Et Versus, toujours à coté de la plaque, lit-il les interventions ?
Citer
Ce qui voudrait dire, ici : la socio-critique appliquée à la littérature, comme toutes les sciences humaines, relèvent de la sententia et non du sensus...
On ne parle pas des intentions de l'auteur ici, il faut te le dire comment, combien de fois et en quelle langue ? en latin peut-être ? La question n'est pas de savoir si l'auteur est raciste, ce qui n'a aucun sens d'un point de vue de la socio-critique justement.


Edit :
Manu,
Citer
celui de la critique de la socio-critique telle que pratiquée par Loup-Taciturne.
Si seulement tu te donnais les moyens de tes ambitions. A part le ton de ma critique, tu n'as rien su dire du fond de ma "socio-critique" si critiquable.
ta critique réelle (qui n'est pas une attaque sur la forme mais sur le fond), je l'attends toujours....

Edit 2, quand même pour Alan,
un texte n'est pas une personne, le lynchage, s'il peut être regrettable d'un point de vu éthique, n'est pas répréhensible, un texte, une œuvre n'est pas une personne c'est quand même incroyable de devoir répondre à ça. Par ailleurs je revendique ce droit dans l'absolu, mais je n'ai jamais dit ici que c'était mon ambition. Je n'ai nullement fait ici usage de mauvaise foi et si dans ton dictionnaire, le sarcasme reçoit la même définition que celle que tu as sortie du lynchage, change de dico !
Citer
Le racisme étant une notion dont seule la Justice puisse trancher la véracité ou non
Non non pas du tout. La justice ne s'occupe pas du vrai, ça se saurait depuis longtemps...

Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 22 Avril 2020 à 14:24:56
Citer
je ne t’ai jamais vu te remettre en question sur aucun sujet te concernant
Mais le sujet ne me concerne pas ! Il concerne la question du racisme dans un texte.
Quand le fond échappe, après avoir bataillé pour entraver/dénier la vérité, je te cite page 2 :
Citer
Il n’y a aucun cliché raciste dans ce poème que j’ai trouvé vraiment très beau
on se venge sur la personne pour garder la face. Tous mes propos sont longuement justifiés contrairement aux tiens, mais tu dois avoir ta propre définition de l'arbitraire...  :D
"tous les travers" ça ne veut rien dire. On peut dire ça à n'importe qui, c'est gratuit et ça n'engage à rien.
Je ne réponds pas plus aux attaques personnelles, c'est le fond qui m'intéresse.

Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 22 Avril 2020 à 14:37:32
Présente-moi tes arguments... (sur le fond j'entends  :D)
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Ari le 22 Avril 2020 à 14:42:32
Citer
(c'est à croire que ce qui insurge la « pensée blanche », c'est bien plus l'accusation de racisme que le racisme lui-même)
C'est vraiment 100% ça et ça me désole.

Le terme "lynchage", Alan, c'était évidemment une expression, peut-être mal choisie, mais ça n'explique en rien pourquoi ce serait mal de mettre en évidence des stéréotypes racistes dans un texte.
Manu, le fait d'insister sur un truc, on peut aussi le faire dans une critique purement esthétique ; ça rejoint la manière (un reproche trop insistant pourrait être blessant) mais pas le fond.

(deuxième partie supprimée).
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Aube le 22 Avril 2020 à 14:53:55
Non Versus1, les seules contradictions soulevées l'ont été à propos du ton agressif de Loup Taciturne, à aucun moment à l'endroit du contenu de sa critique, légitime comme toutes les autres dont la tienne, sauf dans ce que l'on peut apprécier comme de l'agressivité.

Actuellement, la modération juge de l'agressivité d'un commentaire lorsqu'il est volontairement cassant et humiliant, ou qu'il attaque personnellement l'auteur d'un texte. Toi, Manu et Angiblue avez jugé que le commentaire était cassant et humiliant suite au retrait du texte par Gant Dor. Or, Gant Dor n'intervient plus sur le fil et n'a pas reporté les commentaires de Loup Taciturne à la modération. Pour l'instant, il s'agit d'un débat de subjectivité et je pense qu'il serait plus appréciable qu'il continue de se dérouler dans la courtoisie et avec un peu plus d'idées qu'un échange monolignes s'apparentant à du flood et d'attaques personnelles.

Versus1 tu es libre de participer au débat en indiquant pourquoi, pour toi, ce texte ne contenait pas de préjugés racistes, en exemple fondateur du débat plus large qui s'en est suivi. Sinon, abstiens-toi s'il te plaît, les monolignes que tu essaimes sur chaque page n'apportent rien et tournent à l'attaque personnelle.

Concernant les accusations floues de Dot Quote, je tiens à signaler que j'ai encouragé par mp, s'il le souhaitait, Gant Dor à poster une nouvelle version du texte, retravaillée en section poésie. Pour lui comme pour ses lecteurs, ils apprécieront que tous ces hors-sujets n'apparaissent pas en lieu et place de commentaires sur son texte. Il ne m'a pas répondu sur le sujet mais je trouve que tout le monde a beaucoup de présomptions sur les sentiments d'un utilisateur absent depuis quatre pages. Votre ventriloquie est assez grotesque.

Enfin, je regrette que l'agressivité de Loup Taciturne (que je rejoins pourtant sur le fond de sa critique), Manu et Versus1 empêchent ce débat, que je pense important dans la pensée artistique et contemporaine, de se tenir dans le respect et qui s'embourbe dans une bataille égotique qui n'a rien à envier à celles des réseaux sociaux que je ne fréquente plus pour des raisons idoines.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 14:57:20
Ariane, c'est moi qui ait usé du mon lynchage, je crois, et bien évidemment il n'y avait pas toutes les arrières pensées qu'aime particulièrement cultiver Alan... Versus, quand il y a une incompréhension, ce n'est pas que la faute de celui qui écoute, alors si tu aimes surtout la forme, peut-être qu'il serait beau de s'écraser sur les questions de fond qui effectivement parfois, sont affaire de vérité et non d'avis... Loup je l'ai vu bien plus souvent remettre en question ses préceptes que toi, perso...

'fin bref, sinon :

un débat consécutif sur la socio-critique de la poésie, nan mais franchement, t'as raison Manu le titre est ubuesque, il se donne des faux airs de directions argumentées pour ne voir que la passion l'emporter...

entre poésie esthétique et rimes engagées, vous ne savez-même pas ce que vaut la socio-critique face aux réelles ambitions de témoignage poétique de Gant Dor, et vous vous accaparez son sujet pour vous monter les uns contre les autres... c'est même pas une bonne question votre titre, sachant que vous ne partagez pas les mêmes 'avis' sur la construction de la poésie et donc, sa légitimité ponctuelle à soulever la critique sadique ou l'émotion impuissante... mais passons, on est sur le meud, tant que y'a du commentaire, on peut aller barboter allègrement !
donc votre ambition à vous répéter de manière incompréhensible sur des opinions que vous ne changerez pas, je vois que ça vous dégorge un peu les glandes, mais à part ça...
vous inquiétez pas, c'pareil pour moi
ptetr pour ça qu'jsuis là

pis bin s'il vous faut les miettes d'une boulangerie de luxe pour pigeonner un débat dont vous n'auriez pas eu l'envie de faire autre chose qu'une oeuvre similairement fédératrice de bonne entente artistique, j'avoue que je comprends que le boulanger laisse les quignons aux sans-thunes...

Aube, c'est bien le problème je crois, tu crois faire le bien en "autorisant" Gant Dor à revenir, mais moi si j'étais lui c'est pas la démarche que j'attendrais de la bienséance venant de la part de ceux qui sont venus je le répète aussi flouement : souiller son sujet avec des houles un peu enfantines...
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Aube le 22 Avril 2020 à 15:04:41
Si vous préfériez que ce débat reste en section poésie et finisse verrouillé pour hors-sujet, en effet, je n'aurais pas dû intervenir, toutes mes excuses. La "possession" d'un fil par un utilisateur qui l'a initié comme d'un espace privé est une idée ontologiquement amusante qui m'est étrangère, je crois y voir les racines de tes griefs, mais sois assuré de ma bonne foi quand je t'assure que cette idée m'est très exotique. Pour moi, plus pragmatiquement, j'ai surtout constaté l'absence et le désintérêt de Gant Dor pour les pages de débat ayant pour point de départ son texte, qui étaient peut-être beaucoup plus un obstacle pour la reprise de son texte que le déplacement du hors-sujet, comme la modération le fait souvent depuis des années pour "dépolluer" les fils des auteurs (si tu veux parler comme ça). Mais, en l'absence de son sentiment à lui, nous en sommes réduits à spéculer.

Quant au titre, j'ai tâché de faire en sorte qu'il soit descriptif pour être le plus ouvert possible. Toi et Manu êtes très virulents et indignés face à ce choix que vous jugez orienté, mais je me trouve démuni. Vous êtes libres de proposer d'autres titres à ce sujet, je n'avais pas l'intention de déchaîner de telles passions mais plutôt de permettre la continuité de la discussion.
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 15:08:09
mais non
parce que ce débat existe sur de multiples sujet et que y'a pas besoin de venir souiller le beau poème de Gant Dor... mais c'est trop tard

faut que je link mon propre débat sur le racisme ?
sur le fond et la forme ?
sur les binarités à dépasser ?
vous y êtes moins présent quand il s'agit de réfléchir paisiblement

non ce serait pédant de la part de celui qui n'est pas l'auteur d'un sujet à destituer de son initiateur...

sérieux ?
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Aube le 22 Avril 2020 à 15:17:45
Le poème n'est pas "souillé" (par un débat ? au contraire) il n'est plus là. C'est l'unique raison du déplacement, avec le fait que le débat ait pris bien plus de place que les critiques du texte. Cette sacralité que tu prêtes au fil d'un texte m'est assez étrangère. Si Gant Dor vient demander le déplacement de ce fil pour sa V2 ou même pour reposter la V1 vers la section poésie parce qu'il veut tirer parti du débat d'ensuite, alors on le fera, pas de problème ! Je crois qu'en fait on veut la même chose : permettre à Gant Dor d'écrire ou réécrire sereinement, sans tout ce fracas. Ma solution était de déplacer le fracas dans l'Atelier. La tienne de laisser sur place. C'est ça ?

J'en profite, suite à une suggestion de Manu, pour éditer le premier post qui contextualise le débat. N'hésitez pas à me le signaler si mon texte ne se montre pas assez "descriptif" ou trop "orienté".
Titre: Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 15:24:00
nan mais t'es aveugle sur tes déterminismes ou quoi ?

le poème est plus là, ok, plus personne ira voir l'origine du truc... bon
le titre, il est de toi ? il est de qui ? il fait référence à quoi ?
quand tu observes le sujet depuis le menu, qui est l'auteur ? tu t'en fous toi ? et lui ?
le premier post affiche la tombe à profaner d'un propos, selon ce que tu affirmes, t'es choquant !
pis si tu t'obstines à croire que tout ceci est soutenu par la femme africaine, elle te répondrait qu'elle veut la paix dans le monde... et vos petites guerres entre blancs à propos de comment penser les différences autrement, elle voit que c'est votre petit colonialisme de la pensée, comme toujours

edit : hop, aussitôt dit aussitôt fait, étape suivante de la profanation : destitution totale de l'intégrité de l'artiste par mise en vitrine instituée par l'autorité, contrevenant à la libre diffusion malencontreusement déclencheuse d'un relief...

et puis : ouais, moi j'trouve pas ça honorable qu'un poème fasse suite à cette discussion hasardeuse, alors que j'ai flopé méchamment avec des sujets sérieux sur ces thématiques... j'suis vert, j'avoue, c'est mon tort... dsl
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésies
Posté par: Aube le 22 Avril 2020 à 15:32:41
Mec, j'essaie de ranger le forum et de laisser les gens discuter sans avoir à verrouiller les fils. Si le titre te plaît pas, tu en proposes un autre, et si la situation de Gant Dor te révolte autant, arrête surtout de parler pour lui, il fait déjà sa vie sur d'autres poèmes et tout va bien, déstresse, redescends, je comprends sincèrement pas ta colère. Si le titre vous semble malhonnête, je répète que suite à la proposition de Manu j'ai contextualisé le premier paragraphe, et si tu sens toujours que je confisque la réalité de ce débat sous mon titre orienté, si tu préfères on peut le renommer "énième bataille puérile de la section poésie". J'espérais encourager la discussion avec ce titre (que j'ai à nouveau changé puisque j'ai contextualisé dans le premier post). Si tu penses que je devrais réattribuer le premier post à mon pseudo pour ne pas usurper la parole de Gant Dor, sache que je ne m'engagerai pas sur son sentiment à sa place et qu'un telle initiative ne pourra venir que de lui. M'est surtout avis qu'il en a pas grand chose à faire et qu'il fait ce qu'il fait, c'est à dire écrire en section poésie.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 15:40:11
heu j'avoue excuse moi, je me laisse emporter
si c'est le contexte qui sied à la discussion, c'est pas plus mal
j'suis resté accroché à comment j'interprète la situation
que j'aurais mal pris et que j'aurais lachée si j'avais été Gant Dor
je ne veux surtout plus usurper sa parole, et m'excuse de tout pleins de glissements de ma part
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Angieblue le 22 Avril 2020 à 15:43:17
Bonjour, bonjour,

Je viens en paix.

Pourquoi dire qu'une femme africaine a la peau noire ou la caricaturer portant un sac de bananes ou son bébé etc. est un cliché raciste?
En fait, je comprends que ce soit un cliché, un stéréotype ou une généralité mais ce que je comprends moins, c'est le mot "raciste". Pour moi, ce qui serait "raciste" serait de la comparer à une guenon. (Je repense à ce qui était arrivé à Christiane Taubira quand elle était ministre).

Après, l'auteur fait référence a des scènes qui ont existé en Afrique comme l'excision ou l'esclavage. ça a, en effet,  existé  à une époque et à certains endroits... Enfin, je suis floue et imprécise, mais ça n'est pas le sujet de ma question. Je comprends que l'auteur généralise encore en intégrant cela dans le portrait de son personnage, mais je ne comprends pas où est le cliché raciste...
Je veux dire que je comprends le mot "cliché" mais pas le mot "raciste". Je comprends aussi qu'on puisse, en tant qu'européens, avoir des représentations erronées...

Autre question, si quelqu'un dit que les françaises sortent les décolletés et les mini-jupes en été,  est-ce que c'est un cliché raciste et de l'érotisation?

Enfin, je pose ces questions pour essayer de comprendre, pas pour alimenter la polémique.

Par contre, je ne pourrai plus intervenir avant ce soir car je fais du baby sitting avec ma petite nièce de 1 an qui est chez moi jusqu'à demain soir. Là, elle fait la sieste, donc  j'en profite pour poser mes questions.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 15:50:02
moi on m'écoute pas quand je parle de la valeur clichée du 'cliché', donc j'ose plus répondre à la question de la norme et de ce qu'il faut distinguer de prescriptif et de descriptif dans ce qu'on veut se figurer de stéréotypique d'une image sociale représentative de la majorité...

pour le racisme, pareil, y'a les négationneurs qui disent qu'on est tous égaux dans les faits mêmes, les idéalistes qui disent qu'on devrait tous être égaux en droit, les ethnocentristes positifs ou négatifs qui disent qu'on peut pas être tous égaux en réalité... pis y'a l'insulte qu'on sait pas trop ce qu'elle désigne selon de qui ça vient et à qui ça s'adresse...

en tout cas pour synthétiser ma pensée, je dirais que si j'étais une femme noire africaine qui débarque en france par contexte de pauvreté, de guerre, de maladie ou autre paramètre de l'IDH colonialiste, et bien je comprendrais pas ceux qui disent que faut pas parler de moi, sous prétexte que c'est raciste... le silence, je connais

mais tout ceci dans le cadre d'une discussion déviée depuis un poème, je sais pas trop où me positionner, et je le dis, je ne fais que reformuler ce que j'ai floppé dans du topic sensé être autre chose que du commentaire...

en paix '-'
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 22 Avril 2020 à 18:05:33
Citer
  je comprendrais pas ceux qui disent que faut pas parler de moi, sous prétexte que c'est raciste... le silence, je connais
Purée mais on en est encore là ?!!
Citer
tu t'obstines à croire que tout ceci est soutenu par la femme africaine, elle te répondrait qu'elle veut la paix dans le monde... et vos petites guerres entre blancs à propos de comment penser les différences autrement, elle voit que c'est votre petit colonialisme de la pensée, comme toujours
Hahaha trop drôle Dot qui se fait le pourfendeur du colonialisme contre ceux qui l'ont pourfendu avant lui et qui prend un malin plaisir à renverser les choses.


Je remercie très cordialement Angie pour sa bonne volonté, celle de s'ouvrir à la discussion et de poser des questions de fond sincères et pertinentes qui méritent des réponses précises et développées. Et pour la fin de son post qui m'a fait beaucoup sourire.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Il y a deux choses il me semble à tirer de cette approche pour notre discussion présente :

1)Il ne s'agit pas d'accuser Gant Dor, comme cela a déjà été dit maintes fois, d'avoir commis un acte raciste, d'être raciste, de vouloir nuire à autrui etc.

2)Ce qui est critiqué dans le texte, ce sont les éléments et procédés stylistiques qui participent de « la valorisation, généralisée et définitive, de différences biologiques [culturelles ou autres], réelles ou imaginaires »

Citer
En fait, je comprends que ce soit un cliché, un stéréotype ou une généralité mais ce que je comprends moins, c'est le mot "raciste"
Le cliché en lui-même mène facilement à l'essentialisation et l'essentialisation est le mécanisme sous-jacent du racisme. C'est cette portée généralisatrice et essentialiste qui réduit l'Autre (en tant qu'individu assimilé à un groupe humain) à un stéréotype. Stéréotype raciste donc, puisqu' établi sur des critères ethnoculturels et biologiques. Il conduit à fantasmer la différence, ce qui se traduit souvent par un rejet, la peur, le dégoût, ou au contraire une exotisation péjorative ou idéalisée et une érotisation du corps différent. Dans les deux cas l'altérité n'est considérée pour ce qu'elle est réellement. Elle est objectivée pour les besoins, selon les envies et les choix du « regardeur ».

Aujourd'hui les réflexions sur le racisme ne se contentent plus de mettre en lumière les actes dégradant de manière flagrante la personne et le groupe assimilé. Comme dans l'exemple que tu cites de comparaison directe avec un animal. En fait dire que « tous les noirs sont des singes », dire d'untel « c'est un singe car il est noir » ou « elle porte des bananes, c'est une noire », c'est exactement la même chose. Les réflexions sur la question montrent que tout un imaginaire (raciste/racialiste) est à l’œuvre dans l'usage de certains stéréotypes/clichés. Rien que le fait de connaître un cliché raciste sans le partager est un symptôme d'une pensée dominante encore bien imprégnée. Même si on ne partage pas les clichés racistes sur les noirs ou les asiatiques ou autre par exemple, ils existent dans notre imaginaire (les pseudo blagues etc, rien que le fait qu'on puisse en rire à nos dépend et au 1er degré montre que de tels clichés arrivent à faire sens dans notre esprits), alors que ces réseaux de clichés sont absents concernant les blancs. Nous avons la possibilité de puiser dans nos représentations collectives pour assimilé l'Autre et son supposé groupe à un stéréotype (ici de l'Afrique(aine) bien noire et « authentiquement » rurale), quand nous-mêmes nous ne nous percevons pas de cette manière stéréotypées. C'est p-e humain, mais c'est un problème, non ?

Citer
Autre question, si quelqu'un dit que les françaises sortent les décolletés et les mini-jupes en été,  est-ce que c'est un cliché raciste et de l'érotisation?

J'ai tenté l'exercice, même si on ne peut pas comparer les deux parce qu'il s'agit de rapports asymétriques, j'y reviens tout de suite, je pense que ça aurait choqué pas mal de gens :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Je doute que la plupart des européennes apprécient l'hommage. Ce texte nous parait rapidement grotesque car il singe la réalité plus qu'il ne l'épouse. Même dans la caricature, si on s'éloigne trop de la réalité on devient inaudible/incompris.  (la question pour moi n'est pas d'avoir le droit ou non de le dire ou de l'écrire, bien sûr qu'on a le droit (pour moi) mais de l'intérêt et des réalités que ces discours véhicules comme des représentation racistes, sexistes ou essentialistes, qu'on a tout autant le droit de pointer du doigt, d'analyser)

Donc j'y viens, ça aussi c'est une question délicate. Une généralisation sur l'essence même de l'européen, de même que de l'européenne (ou se rajoute possiblement le sexisme) emprunterait les mêmes procédés que ceux du racisme. Mais dans l'analyse du racisme, il faut prendre en compte la nébuleuse de représentations associées à un cliché et convoqué par lui. Il faut aussi prendre en compte les enjeux réels de domination entre les groupes pour comprendre si l'énoncé n'a de valeur seulement pour lui même ou s'il se connecte dans la pensée dominante avec un stéréotype qui le valide et qui agit les comportements.
Pour le dire concrètement, il ne peut pas y avoir de symétrie aujourd'hui entre le racisme dont on parle et un supposé racisme envers les blancs car les populations « blanches », même si elles peuvent être victime d'agression, de ressentiment etc, ne subissent pas en tant que groupe une pression qui s'appuie sur la fabrication, la connexion, l'invocation de stéréotypes à leur encontre. Il n'y a pas une pensée dominante qui associe les « blancs » de manière systématique à des images stéréotypées, et plus important, les blancs ne subissent pas de désavantage dans le jeu social (de notre époque, ça pourrait changer) à cause de stéréotypes dont ils subiraient les conséquences. Parce que les stéréotype jouent sur les comportements.

Des femmes noires vivant dans un pays à majorité « blanche » peuvent s'entendre dire régulièrement sous forme de supposé compliment « t'es belle pour une noire ». Ces femmes peuvent aussi tomber régulièrement sur des hommes qui recherchent leur compagnie en premier lieu parce qu'ils aiment être avec « une noire », parce qu'elles seraient supposément plus « sauvage » ou je ne sais quelle connerie du genre lié à tout un imaginaire colonial/raciste. C'est de la fétichisation raciste. A l'inverse certains ne voudraient jamais fréquenter des personnes différentes de près ou de loin, mais ça on a déjà plus l'habitude d'en parler. Ceci arrive de manière différente pour d'autres catégories de femmes racisées, les femmes asiatiques, les femmes arabomaghrébines et/ou musulmanes mais ça n'arrive pas aux « blanches » il me semble... Ou alors de manière très rare et isolée.

Tout ça ne veut pas dire qu'il faille accepter les tentatives de généralisation qui tenteraient d'essentialiser les blancs. Mais ils peuvent procéder d'un renversement du stigmate (réaction face à une domination subie, du style celui qui le dit qui l'est, une tentative de se réapproprier sa valeur en dévalorisant celui qui nous déprécie) plutôt que d'un mécanisme raciste à proprement parler qui connecterait à tout un imaginaire raciste contre « les blancs ». (Ce n'est pas une astuce rhétorique, j'espère que tu auras saisi la nuance)

J'espère n'être pas trop abstrait, ce sont vraiment des questions très profondes et complexes à expliquer, surtout quand les uns on l'impression que ce qui s'applique pour les uns ne s'applique pas pour les autres. Il faut vraiment comprendre cette notion d'asymétrie de départ dans les rapports sociaux entre des catégories entières de populations, qui est consécutive à la trajectoire sociohistorique des rapports entre les sociétés humaines.

Si je n'ai pas été clair ou si j'ai été incohérent, n'hésite pas à le souligner.
Titre: Re : Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: HELLIAN le 22 Avril 2020 à 18:12:49
Bonjour, bonjour,

Je viens en paix.

Pourquoi dire qu'une femme africaine a la peau noire ou la caricaturer portant un sac de bananes ou son bébé etc. est un cliché raciste?
En fait, je comprends que ce soit un cliché, un stéréotype ou une généralité mais ce que je comprends moins, c'est le mot "raciste". Pour moi, ce qui serait "raciste" serait de la comparer à une guenon. (Je repense à ce qui était arrivé à Christiane Taubira quand elle était ministre).

 


J'sui méga un peu d'accord !
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Miromensil le 22 Avril 2020 à 18:18:19
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 18:24:19
Citer
Hahaha trop drôle Dot qui se fait le pourfendeur du colonialisme contre ceux qui l'ont pourfendu avant lui et qui prend un malin plaisir à renverser les choses.
ahouais vous pigez vraiment rien
moi je joue votre jeu conversationnel
mais je sais très bien qui sont mes fréquentations noires ou étrangères, et ce qu'elles se figurent de votre avis si paisible
pas besoin de me demander qui j'aime ou qui je hais
et vous vous discutez avec des concernés ?
hmhm
Titre: Re : Re : Statuette d'une femme africaine : débat consécutif sur la socio-critique de la poésie
Posté par: HELLIAN le 22 Avril 2020 à 18:31:09
Si vous préfériez que ce débat reste en section poésie et finisse verrouillé pour hors-sujet, en effet, je n'aurais pas dû intervenir, toutes mes excuses. La "possession" d'un fil par un utilisateur qui l'a initié comme d'un espace privé est une idée ontologiquement amusante qui m'est étrangère, je crois y voir les racines de tes griefs, mais sois assuré de ma bonne foi quand je t'assure que cette idée m'est très exotique. Pour moi, plus pragmatiquement, j'ai surtout constaté l'absence et le désintérêt de Gant Dor pour les pages de débat ayant pour point de départ son texte, qui étaient peut-être beaucoup plus un obstacle pour la reprise de son texte que le déplacement du hors-sujet, comme la modération le fait souvent depuis des années pour "dépolluer" les fils des auteurs (si tu veux parler comme ça). Mais, en l'absence de son sentiment à lui, nous en sommes réduits à spéculer.

Quant au titre, j'ai tâché de faire en sorte qu'il soit descriptif pour être le plus ouvert possible. Toi et Manu êtes très virulents et indignés face à ce choix que vous jugez orienté, mais je me trouve démuni. Vous êtes libres de proposer d'autres titres à ce sujet, je n'avais pas l'intention de déchaîner de telles passions mais plutôt de permettre la continuité de la discussion.


Sincèrement et pour autant que mon avis  puisse valoir ici, je trouve Aube, que tu as fait au mieux, cela dans une situation qui aurait pu être gérée de façon beaucoup plus autoritaire par un simple vérouillage. Diable, l'exercice démocratique du pouvoir est une chose périlleuse.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 18:37:03
on y peut ptetr rien si le colonialisme fait que au moins la moitié des populations noires actuelles sont chrétiennes
mais c'qu'on peut faire, c'est arrêter de dire que vivre dans une case c'est le cliché raciste parce que notre vision de blanc trouve ça dégrandant... le colonialisme actuel, c'est de croire que toutes les ethnies partagent notre vision de l'universalisme... moi ça me fait rêver de vivre dans une case à traire des chèvres et marcher sous un turban avec un bâton, mais vous vous êtes plutôt du genre à aimer péter dans vos tuyaux d'échappements et penser que tout le monde pense pareil...?

j'ai pas vu une seule intervention genre
"bin moi, en tant que noir, j'ai trouvé que..."
qui oserait faire ça, ici dans ce milieu si tolérant...?
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 22 Avril 2020 à 18:38:12
 :D Miro tu sais quoi, j'ai pensé à cette chanson depuis un moment sur ce sujet, mais je concède que j'ai préféré ne plus y penser pour ne pas me faire plus mal au crâne.

Si j'ai la motivation je me repencherai sur la chanson mais de ce que je me rappelle (et même si tantôt Saez m'agace, tantôt j'aime bien ce qu'il fait)  il y a deux choses importantes :

1) "Mon européenne"
2) saez semble plus attaché à déconstruire tous les clichés en les assemblant tous de manière contradictoire et exhaustive, qu'à en produire un stéréotype parfait et cohérent. Même si finalement c'est p-e un peu ce qu'il fait, un stéréotype fouillé, en sélectionnant tout ces traits qu'il reconnait à "son" européenne. Mais ça a le mérite d'être clair, il s'agit de la sienne, de manière exclusive :  "c'est pas Bruxelles"



Et, ah oui, c'est quoi §%@!?! que ce titre qui n'a plus aucun rapport avec le sujet de départ et le sujet toujours présent qui était et demeure "statuette d'une femme africaine", une discussion sur les représentations racistes véhiculées dans un texte.
On voudrait invisibiliser ces questions qu'on s'y prendrait pas mieux ! ce n'est pas contre toi Aube, ton titre était très bien, à un "à" près, tu as plié par excès de bienveillance et de diplomatie devant les hurlements de la plèbe menaçante aux langues fourchues et bien pendues.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Cyr le 22 Avril 2020 à 18:52:03
Je suis personnellement très contente qu'un tel débat se formalise en se détachant du poème d'où il est parti. Je me pose moi-même des questions, je me censure car il y a parfois des sujets sociaux que j'aurais voulu mettre en poésie mais les polémiques étant si enflammer dans l'actualité, je me dis que je prends un risque.

Et ce qui paraît absurde c'est qu'on a déjà bien des poèmes et des textes ici, qui évoque la violence sans que cela donne lieu à de grands emportements sur le sujet à proprement parler. C'est ce que je trouve quelque peu attristant, c'est cette influence si grande des médias et des politiques plus que le fait que l'on se pose en défenseur de telle ou telle idée, si bien qu'il peut y avoir alors bien des sujets non abordés et que l'on s'enferme dans d'autres par conformiste (un peu) mais que cela ne signifie en rien qu'ils sont moins graves.

Par ailleurs, comme certains semblaient le dire, je ne pense pas qu'on puisse se comporter ici tout à fait comme des critiques littéraires car nous sommes en communauté, que nous essayons de partager des textes, des idées et de prendre du plaisir. Cela ne signifie pas qu'il faille ne jamais abordé le fond des textes mais plutôt qu'il faut tâter l'auteur en quelque sorte, tenir compte de lui comme de ceux qui interviennent aussi.

Ce qui m'a attristé par rapport à cet exemple en particulier, c'est que je voyais dans ce sujet un exotisme, un dépaysement que j'ai beaucoup apprécié et je pense qu'il est important de ne pas dissuader ce genre d'entreprises bien au contraire.

Tout est affaire d'équilibre et moi j'écrirais mon poème sur le baobab en espérant que ça ne soit pas plus problématique que de faire son coming-out!  :D
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 18:56:31
ton envie de transmettre par l'exotisme, une distinction d'origine, est je crois, Cyr, à marquer d'une pierre angulaire à l'édifice humain de contemplation de ses diffractions d'être bienheureuses...

personnellement je sais pas si je serai clair, mais j'aimerais que le mot raciste ne sonne pas comme
'nous avons des problèmes de dévalorisation de nos communautés'
mais plutôt comme
'nous sommes fiers blancs, fiers noirs, fiers colorés, fiers humains ainsi diffractés'
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Aléa le 22 Avril 2020 à 19:03:18
(J'avais lu le texte quand il était encore là, pas eu envie/temps de m'investir dans ce climat de débat mais content que ça s'apaise du coup j'ai envie de repondre à Hellian et angie

Un cliché ou stéréotype s'il se base sur une image du réel à l'origine est par définition une généralisation de cette image (qui peut-être majoritaire ou minoritaire, peu importe, elle généralise la chose à tout un sujet plus vaste)
Le problème de ça c'est qu'un cliché ou stéréotype n'est pas juste une image neutre, il est porteur d'un message sur ce qu'il véhicule (en englobant un ensemble sous une seule image, comme la couverture d'un livre) et prend forcément les racines dans son origine
L'image d'une femme noire avec des bananes et un enfant c'est ce dont l'europe a pu être bombardée comme image à travers je sais pas, des photos sur la faim dans le monde, des histoires se passant dans des régions où ces scènes sont communes, des cartes postales du temps fort coloniale pour symboliser l'exotisme
C'est comme dire que les chinois mangent du chien =1 l'image (il reste une région où ça se fait encore, mais c'est une spécialité locale et globalement la majorité n'en mangent pas, ou plus un héritage cliché d'une époque révolue puisque les mœurs ont changé 2 =la réalité complète / mais qui continue à créer une barrière de dégoût entre les peuples et qui peut créer une gène si vous affirmez ça à ceux qui subissent le cliché 3= les conséquences du message porté par ce cliché) (et je pourrais prendre plein d'autres exemples de clichés comme ça, le gros nez des juifs, le comportement de folle des homosexuels etc etc)
Du coup oui, quand tu places dans un totem des clichés qui représentent une essence stéréotypée d'une catégorie de population, tu fais survivre des images hyper coloniales que ça soit ton intention ou non (et c'est l'ensemble de ces images qui peuvent exister, qui paraissent parfois inoffensives, qui continuent à entretenir et favoriser des images racistes, j'entends par là qui peuvent blesser et stigmatiser les personnes concernées,  dans l'inconscient collectif (et quand on n'est pas concernés, on s'en rend moins compte, parfois même concerné on ne s'en rend pas compte, comme pour les remarques sexistes qui paraissent "normales" pzrce que trop habitué à  vivre avec, alors que dans le fond ça entretient en toi des pensées limitantes sur toi-même - exemple les hommes ne pleurent pas ou les femmes sont fragiless (je devrais peut-être pas donner ces exemples ca va relancer des débats haha, mais pour moi ça devrait même pas être discutable que ces deux clichés sont, en plus d'être faux, amputant d'une part de soi : bref, tout ça pour dire qu'il en va de même avec les clichés racistes, même si les enjeux ne sont pas les mêmes la mécanique elle est la même)

Et pour exprimer mon sentiment quand même après avoir essayer de bien expliquer, merde c'est quand même tellement ridiculement réducteur de définir l'afrique, la femme africaine à travers des bananes et des enfants en bandoulière, c'est terrible non ?? Moi ça me choque grave C'est tellement pas la réalité pleine, pis on parle d'un continent entier quand même Oo


(Après, on peut aussi débattre si vous voulez sur l'utilité des clichés et le réalisme en tant qu'antagosnistes dans l'univers littéraire qui nous est contemporain dans un contexte de socio analyse de l'esthétique collective, je m'en fiche  :mrgreen: )

Édit : forcelent, 4 messages postés pendant que j'écrivais et que j'ai pas eu le temps de lire du coup  :mrgreen:

Et du coup cyr, oui, c'était exactement le but de ce genre de carte postale coloniale que de produire un dépaysement, et l'image perdure encore jusqu'à se retrouver (sans mauvaise intention) dans des poèmes, donc oui oui, c'est sûr qu'en tant qu'européen si on se pose pas de question le dépaysement fonctionne forcément, mais on est au XXI siècle et cest assez simple de se renseigner sur la réalité, y'a 60000 manières de se dépayser sans passer par des clichés, à notre époque il convient de se poser un peu plus de questions parfois (et personne n'est infaillible, on parle de déconstruire un imaginaire collectif ancré à coup de pioche)
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 19:07:17
mouais, Ben.G je comprends ton aversion pour le cliché, partagée aveuglément par tous ceux qui ne lui voit pas d'intérêt... et pourtant :
- la prescription est dangereuse effectivement, je me répète moi je donne rarement un avis sur les clichés
- la description peut se montrer bien utilisée, je me répète moi je donne souvent un cliché sur des avis
de la valeur de la norme nait l'identité... si un chinois ne mange pas de chien, n'est pas jaune, n'a pas les yeux bridés et ne sait pas qui est confucius, moi je dis il est plus trop chinois... même si oui, faut pas s'arrêter à la menace du stéréotype dans les discours et les conceptions

edit : j'ajouterais en note
que selon ma vision
dire que "un chinois mange du chien à 80% de chances" n'est pas insultant
mais que dire "manger du chien est inhumain" est foncièrement raciste
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Aléa le 22 Avril 2020 à 19:16:36
C'est pas une aversion, bien manie ils peuvent être intéressant et j'en utilise parfois dans les textes, faut juste être conscient de leur portée, c'est pas juste des images

Et waouh, tu me sembles confondre stéréotype et culture
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 19:18:57
heu non, me semble pas... en revanche je pisse dans un violon la distinction entre les deux notions
- norme prescriptive
&
- norme descriptive
que ceux qui 'manient' artistiquement le cliché semblent parfaitement maîtriser de l'idée de "stéréotype"
dans ce qui se fait de non artistique mais qu'on retrouve à la base des dictionnaires académiques
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Aléa le 22 Avril 2020 à 19:39:01
Si tu fais pas d'effort pour te rendre plus clair c'est compliqué, ta dernière phrase est imbitable

Dire qu'un chinois est jaune c'est descriptif pour toi ? Sérieusement ?
"Un français qui ne mange pas de pain, pas de fromage, se lave tous les jours et qui ne connait pas La fontaine, moi je dis il est pas trop français ", ça peut-être drôle si tu veux, mais tu te rends compte que si tu dis ça sérieusement c'est absolument stupide ?
Un stéréotype ca grossit un trait, tu peux pas en faire une généralisation valide à tout un contexte culturel
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 19:44:48
ah tu veux parler de la valeur statistique d'une représentation majoritaire ?
bin là aussi j'ai déjà essayé d'en parler, si tu veux aller réécrire ce qu'on tourne en rond avant d'aller plus loin...
je désespère, sincèrement, on glose sur des trucs on est plus proches que tu le penses, et ça devient inutile de se répéter, faut agir now...

jouer sur les stéréotype ne t'obliges pas à l'exhaustivité ni à la divergence
moi si je vais à une soirée thématique "caricature de français", je vais me pointer avec une baguette seulement si y'a de quoi pas trop l'abimer, pis si on peut se faire un jambon beurre j'irai pas dire que ça sent le chinois..., par contre effectivement le jour où l'on me demande hors question artistique de représentation d'identité, ce que je pense de ma francitude, j'avoue je vais déjà commencer par dire que je suis fier d'être chauvin...

-_-
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Aléa le 22 Avril 2020 à 19:58:54
Je suis juste venu répondre à une question d'hellian et angie, tes messages et exaspération je t'avoue que je m'en fiche un peu comme je disais j'ai pas particulièrement envie de rentrer plus dans le débat ^^ (mais si tu l'as déjà dit, tu devrais plutôt te poser la question de l'efficacité et la pertinence de la transmission de ton message, pis après rien t'oblige à continuer - agir ? Propose, c'est toi qui glose là ; renvoyer à tes fils où tu es quasi le seul à participer et je comprends pas la moitié de ta façon de parler ? Bah j'ai pas très envie et pis y'a déjà un débat ici donc pourquoi bouger pour aller sur un sujet qui parle d'un truc semblable mais pas aussi précis ? Bref ça fait pas avancer quoi que ce soit de gueuler je l'ai déjà dit, si ca fonctionnait de dire une fois plus personne n'aurait effectivement besoin de parler parce qu'on aurait tous une compréhension exemplaire et ça serait formidable )

Non il t'y obliges pas mais je me répète il est porteur d'un message (tu parles de soirée déguisée, t'as entendu parler des blackface ? )
Dans une soirée thématique cliché français ouaip je ferai pareil, mais du coup on parle des clichés dans un contexte artistique non ?

Bref j'ai pas tellement envie de continuer à débattre avec toi (sans offense ^^ )
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 20:05:39
scuse Ben.G, en plus je me laisse emporter par mon amertume
mais vraiment d'un côté j'ai bien assez de mal à m'exprimer dans ma psychose, merci de me le rappeler et de le comprendre (je vais pas relancer une autre fois le débat du handicap, il a bien terminé l'autre fois), et d'un autre je remarque quand même que de ceux qui abandonnent les débats ici et ailleurs, c'est souvent lorsque l'un des deux croit que l'autre à tort... moi je crois que tu as raison, mais tu me demandes d'agir alors que je le fais, et toi tu dis que tu le fais mais tu ne le fais pas... tes blackface, si j'ai pas entendu parler, tu te sens d'en faire un discours acté qui se mouille, ou bien non c'est pour répondre au question comme un automadmin ?
encore une fois, je suis désagréable je crois on m'a assez renvoyé à mes paranos, mes phobies, mes dissociations et autres termes psy bien réels du cerveau que les artistes aiment à regarder avec de jolies lunettes d'aveugles, et qui font que j'ai même pas de quoi faire valoir mon existence auprès du travail social autrement qu'en m'adressant à des free-styleurs de la question-réponse... mais sincèrement, moi je l'ai dit, j'agis : j'ai pas d'amis parce que raisons suscitées, mais ça m'empêche pas d'avoir des discussions sérieuses avec des noirs qui me disent que nier la pauvreté d'Afrique, c'est bien un truc de mignon petit blanc négationneur...

enfin bref je redérape, c'était pas ma volonté
Ben.G, je t'ai rencontré et tout ce que je dis n'enlève rien au profond respect que j'ai éprouvé en ta présence
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Aléa le 22 Avril 2020 à 20:24:30
Je comprends pas ce que tu veux dire quand tu parles d'agir, tz définition un exemple


Je t'avoue que j'ai pas la motiv d'expliquer mais plus parce qu'il est 3h par chez moi et que je suis fatigué, je met juste deux liens wiki et article

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Blackface
(Voir les onglets europe etc pour le factuel actuel)

https://information.tv5monde.com/info/le-blackface-est-il-aussi-une-tradition-europeenne-316458
Plus d'explications


C'est sûr. Je suis d'accord ca peut basculer dans une inversion des normes pas juste. Mais le cliché de la femme banane il dénonce aucune pauvreté, il fait montre d'un exotisme et ca aidera pas non plus à ouvrir les yeux sur la pauvreté existante ni à la prendre en considération, c'est pas facile de penser à tous les aspects en tant que tout je le conçois


Et y'a pas de galère mec, tkt
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Dot Quote le 22 Avril 2020 à 20:36:50
eh bien sans plus de prise de tête, bonne suite de nuit à toi, et heu...
bin j'imagine on est assez humains pour prétendre tous à assez de considérations les uns envers les autres quelles que soient les situations de nos origines humaines ? moi je sens ça de la volonté générale en tous cas, donc à asseoir si ce n'est à entretenir : ok l'afrique ne se réduit pas aux bananes... moi je reste profondément amer (huhu) envers le pays du café l'éthiopie, je ferais bien du vaudou comme du gospel pour l'ésotérisme plus ou moins certains, j'irais bien sûr voir le plus grand lac du monde, mais pas à l'époque des récits colonialistes à son propos... pis en vrai, les canibales c'est vrai que c'est pas un truc que d'afrique, donc c'est surement un peu humain, mais moi j'aime bien, déjà en bouche, c'est assez goûtu...
huhu
(je me suis essayé à l'humour un peu cool, je sais pas ce que ça vaut, dsl des éventuels nullités x,))

edit : une fôte, plus grand lac considéré n'est visiblement pas le lac Victoria, mais jepensais à lui, pardon
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Angieblue le 22 Avril 2020 à 22:12:13
Hello Loup,

Je comprends bien ce que tu m'as expliqué. Il est vrai que le cliché peut mener au racisme et à de la manipulation de groupe. Je constate cela avec la population maghrébine. Les clichés font que des personnes  vont avoir des préjugés et ressentir de la haine ou de la peur, et cela va engendrer de la violence et même pire comme l'extrêmisme. C'est ce qui s'est passé aussi avec les juifs...

Les clichés de l'auteur du texte dont on parle m'ont semblé moins violents  et dangereux  que ceux auxquels je pense, par exemple, pour les maghrébins. C'était surtout de la caricature maladroite comme l'histoire des dents blanches et des bananes. Je n'y ai pas vu de haine, ni de racisme. Par contre, j'y ai vu du fantasme: "les fesses fermes", "les seins". D'ailleurs, j'ai déjà entendu des filles fantasmer sur les "black"... Mais bon, je suis consciente des dérives que ça peut engendrer, de l'implicite qu'il peut y avoir derrière, et du mal que ça peut causer et cause encore.

Enfin, dans tous les cas, dans un texte il vaut mieux éviter les clichés, sauf si le texte se veut humoristique.
D'ailleurs, j'ai adoré ta version européenne du texte de l'auteur dont on parle :viviane:.

Enfin, plus sérieusement,je comprends mieux ton énervement et ton sarcasme. Merci pour tes explications.

Sinon, je ne souhaite plus débattre sur le sujet. J'ai eu ma réponse. Je voulais comprendre pourquoi on en était arrivés à une telle incompréhension et tension de groupe. Maintenant, je souhaite passer à autre chose...

Et les autres, arrêtez de vous castagner!!! Je pense que maintenant tout est plus clair pour tout le monde.

Bon, je vais aller regarder ma série "The Strain" >:D.

Bonne soirée :mafio:.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Manu le 23 Avril 2020 à 00:01:24
.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Aube le 23 Avril 2020 à 00:34:16
C'est uniquement un pastiche destiné à faire saillir les faiblesses d'une démarche stéréotypée, à titre d'exemple, pour illustrer sa réponse à la question directe d'Angieblue, ne sois pas ridicule. J'en viens presque à me demander si tu ne cherches pas la provocation par du troll, et sache que pour moi et le reste de l'équipe c'est une grosse énergie qu'on investit dans le gestion de vos conflits, alors je demanderai juste un peu de tenue s'il vous plaît.

Si Gant Dor est offusqué, encore une fois, il viendra l'exprimer lui-même. Cessons donc de prendre la défense d'un absent justement, qui a choisi de l'être.

Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Manu le 23 Avril 2020 à 00:45:31
.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Aube le 23 Avril 2020 à 00:50:26
Oui, bien entendu un pastiche, quoi d'autre ? Tu es le seul à t'en offusquer.

Je ne te sanctionnerai pas d'aucune façon, ce genre de décisions ne se prend que de façon collégiale. Bien essayé le coup du martyr, mais tu m'as crevé. Bonne nuit Manu ;)
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Manu le 23 Avril 2020 à 01:15:31
.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Tigrani le 23 Avril 2020 à 01:21:49
https://youtu.be/ge5jsFtXOAY

adieu les clichés adieu 🌹🌷
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Dot Quote le 23 Avril 2020 à 05:03:22
hors du débat car à propos de sa légitimité douteuse :
Citation de: Manu
Mais j'ai enlevé ce poème parce que je n'ai pas supporté que certain vienne presser ses vers de peau dessus.
« Modifié: 21 avril 2020 à 09:16:09 par Gant Dor »
ah bah voilà, j'avais même pas cette pièce mais ça confirme tout ce que je pensais à propos de la profanation des lieux... et même si toutes les accusations iraient facilement sur la rigidité sérieuse de la socio-critique de Loup-Taciturne, je crois c'est pas du tout ça le truc
Citation de: Aube
Si Gant Dor est offusqué, encore une fois, il viendra l'exprimer lui-même.
dans un cadre de liberté d'expression un peu plus que simplement revendiquée, peut-être ; mais ici, m'en doute un peu... y'a qu'à voir mes petites offuscations personnelles et comment on me tombe dessus à chaque fois, et je sais que je suis pas le seul

'fin bref, faudrait renommer le fil :
"comment dénaturer le travail innocent d'autrui, par glose auto-justifiée de haine gratuite, à son propos ou non"


pis à propos du, ou plutôt des, rires qu'on pourrait trouver moqueurs (Manu tu cites justement Miro, mais on pourrait lire pareil chez Versus par exemple, et en fait tous les petits sourires un peu hypocrites genre je-m'enerve-pas-c'est-vous), effectivement je les trouve bien légers par rapport au débat ou à ce que peuvent ressentir de sympathique, certains qui prennent au sérieux les questions incidentes...
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Opercule le 23 Avril 2020 à 10:28:52
On change totalement de débat ; quelque part, c’est bien : on est d’accord sur quelques points.

Petit récap. pour celles et ceux qui veulent nous rejoindre dans ce petit morceau d’histoire :
#
#
#
#
#
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Angieblue le 23 Avril 2020 à 10:58:53
Toutes mes excuses d'avoir ri de la réécriture du texte de Gand. ça n'était pas pour encore enfoncer le clou au sujet des clichés employés inconsciemment et maladroitement par l'auteur du texte d'origine.
Loup me démontrait juste ce qu'il m'avait expliqué précédemment, que le cliché ne fonctionne pas pareil avec les européens. ça n'était pas pour déprécier le texte de Gant Dor., ça n'avait rien à voir.

"Il n'y a pas une pensée dominante qui associe les « blancs » de manière systématique à des images stéréotypées, et plus important, les blancs ne subissent pas de désavantage dans le jeu social (de notre époque, ça pourrait changer) à cause de stéréotypes dont ils subiraient les conséquences. Parce que les stéréotype jouent sur les comportements."

Ce qui m'a fait rire c'est la légèreté, l'histoire de la bière, des piercing, c'était rigolo, c'était de l'humour volontaire, alors que le texte de Gand, ça n'était pas la même intention. Mais bon, ça n'était pas fin d'utiliser le texte de Gand, et moi j'ai eu une réaction spontanée totalement déplacée et primaire vu le contexte.

Je repasse aussi car j'ai oublié de dire quelque chose ( Il est vrai que, comme Manu, je n'arrive pas à bien dormir) .Je voulais dire, attention avec le sarcasme car ça contient aussi quelque chose d'extrême et de violent . Enfin, moi c'est une réaction qui me fait peur et me met mal à l'aise. J'ai compris le danger des clichés, le combat de Loup et son exaspération, mais il faut en parler de manière diplomate et sereine, comme Loup l'a fait hier avec moi. Dommage que le ton n'ait pas été le même dès le départ avec  Gand Dor. Il ne faut pas répondre à quelque chose que l'on ressent comme violent avec une autre forme de violence. Je sais c'est facile à dire...mais bon, je voulais quand même le dire.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Miromensil le 23 Avril 2020 à 11:00:23
Citer
Toutes mes excuses d'avoir ri de la réécriture du texte de Gand. ça n'était pas pour encore enfoncer le clou au sujet des clichés employés inconsciemment et maladroitement par l'auteur du texte d'origine.
Loup me démontrait juste ce qu'il m'avait expliqué précédemment, que le cliché ne fonctionne pas pareil avec les européens. ça n'était pas pour déprécier le texte de Gant Dor., ça n'avait rien à voir.

"Il n'y a pas une pensée dominante qui associe les « blancs » de manière systématique à des images stéréotypées, et plus important, les blancs ne subissent pas de désavantage dans le jeu social (de notre époque, ça pourrait changer) à cause de stéréotypes dont ils subiraient les conséquences. Parce que les stéréotype jouent sur les comportements."

Ce qui m'a fait rire c'est la légèreté, l'histoire de la bière, des piercing, c'était rigolo, c'était de l'humour volontaire, alors que le texte de Gand, ça n'était pas la même intention. Mais bon, ça n'était pas fin d'utiliser le texte de Gand, et moi j'ai eu une réaction spontanée totalement déplacée vu le contexte.

Heu bah oui, totalement  :o
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Cyr le 24 Avril 2020 à 23:03:35
Une africaine qui mange des bananes et du manioc, s'habille avec un boubou, porte de l'eau sur la tête et un bébé sur le dos... Les dégâts du colonialisme ne sont pas dans ces images mais dans la négation de la beauté de ces images dans le fait de considérer la culture des colons comme supérieure et qu'il faille rendre tabou cette différence, de n'accepter et de ne parler des gens que lorsqu'ils ont été soigneusement assimilés.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Opercule le 24 Avril 2020 à 23:42:40
Alors en fait juste non.
tu ne comprends pas la situation du tout, en fait.
on t’a tellement entré de trucs dans la tête, tu sais même pas ce qui est vrai ou pas ; tu colles des noms sur ce que tu sais, tu ignores ce que tu sais pas, et tu joues à la dinette avec des idées d’un autre siècle.
et c’est pour ça que tu dois juste arrêter avec tes petites idées de personne "ouverte d’esprit" qui sait apprécier la beauté même chez les "non-évolués".
qui va s’extasier devant des modes de vie simples et rustiques de gens "qui ont mieux compris la vie que nous"
cette fascination subite et bullshit pour ces civilisations négligées, moitié new-age, moitié paternaliste, pour te démarquer de tes parents ou de tes grands-parents qui sortent probablement toujours des énormités qui feraient rougir MLP
 
tu n’as pas à déterminer ce qui est beau et ce qui ne l’est pas, surtout quand c’est les zoos humains des années trente qui dictent ton canon.
tu ne comprends absolument rien de ce qui se passe.

allez, va parler d’arméniens, d’albanais, de lettons parce que tu connais autant sur eux que sur les Africains
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Dot Quote le 24 Avril 2020 à 23:48:17
bin Opercule, je comprends pas O0

à l'heure où le provincial aime à valoriser la culture du terroir plutôt que l'harassante vie citadine et capitaliste des multinationales, il faudrait pluss valoriser l'expérience de conflits soit-disant civilisés plutôt que le même retour à la nature, qu'ils savent parfois mieux faire que nos occidentaleries ?

on vit pas tous sur Corruscent hein, y'en a qui aime autre chose que la promiscuité et les effets qui en découlent, et ce n'est pas les nier que regarder ailleurs où il y a du beau aussi
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Alan Tréard le 25 Avril 2020 à 14:07:22
Bonjour Opercule,


Je trouve que tes mots sont volontairement blessants, avec l'idée que ce serait en frappant les poétesses & poètes là où ça fait mal qu'on pourrait les soumettre à une quelconque censure.

Moi poète, je ne compte pas me soumettre à une « violence morale » ou à une « censure bienfaitrice » qui sont des moyens évidents de contraindre les artistes et poètes à une servitude normative.

Enfin, j'aimerais que les poétesses & poètes ne soient plus assimilés à des fachos doucereux, nous avons des idéaux différents les uns des autres, nous ne pensons pas tous pareil et mettons le maximum de moyens pour accepter la diversité (diversité culturelle, nationale, confessionnelle, sexuelle, sociale ou éthique) et prendre en compte ces différences ; il n'est pas question de bannir quelqu'un de la section poésie à cause d'une hypothétique invalidité des opinions ou des représentations. Il a existé dans un lointain passé des esthétiques propagandistes dans les arts & poésies – idéologisées, diront certains –, des pratiques fondamentalistes du passé, ça n'a jamais été ce à quoi n'a adhéré aucun d'entre nous jusque-là par ici. Si une poétesse ou un poète définit des critères esthétiques différents des tiens ou des miens (comme vient précisément de le faire Cyr ici mais aussi comme d'autres le feront ailleurs demain), je te prierai d'en faire une critique constructive, respectueuse de nous autres poètes, et non une injure destructive ayant vocation à nous humilier. Nous avons pour tradition de favoriser la créativité par ici, de favoriser critiques constructives et encouragements, c'est comme ça qu'on fait, c'est dans nos pratiques quotidiennes.


Cordialement.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Angieblue le 25 Avril 2020 à 15:04:12
Je suis d'accord avec Dot et Alan.

Attention à ne pas intégrer un système de pensée rigide qui interdit à l'autre de s'exprimer librement. Défendre une cause de façon aussi violente et péremptoire en privant l'autre d'un droit, c'est pratiquer une forme d'oppression et c'est cela qui est dangereux.

On ne peut pas accepter et cautionner cette violence sous couvert de faire de la sociocritique.

La sociocritique est une chose, la manière de la pratiquer en est une autre.

Cyr a le droit de trouver beau ce qu'elle veut et même de l'écrire. Personne n'a le droit de lui dicter sa conduite.
On a bien compris que certains clichés pouvaient influencer l'imaginaire collectif et mener à de la haine raciale. Mais, il ne faut pas voir le mal partout, imposer des interdictions et jeter l'opprobre car ça s'apparente à de la censure, et c'est ce contre quoi Manu a mis en garde tout au long du débat.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Dot Quote le 25 Avril 2020 à 15:11:57
ceci dit il a pas tort non plus, Opercule
dans le sens où l'on sait bien ce que l'on veut que l'on sache...
et y'a des trucs qui demandent pas toujours à se savoir
et quand ils s'affirment
on pourrait se surprendre de nos propres réactions

ceci dit je distinguerais ce qui relève de l'émerveillement humano-colonialiste, bien à part du marché exagérément profanateur du tourisme qui en découle...

et en l'occurrence il est vrai que tant pour le poids du stéréotype de la misère l'afrique peut se voir chargée de manière inconfortable, autant du coup d'autres situations inconfortables n'ont pas la reconnaissance qu'on pourrait leur témoigner...

??
Titre: Re : Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Loïc le 25 Avril 2020 à 15:16:16
Je suis d'accord avec Dot et Alan.

Attention à ne pas intégrer un système de pensée rigide qui interdit à l'autre de s'exprimer librement. Défendre une cause de façon aussi violente et péremptoire en privant l'autre d'un droit, c'est pratiquer une forme d'oppression et c'est cela qui est dangereux.

On ne peut pas accepter et cautionner cette violence sous couvert de faire de la sociocritique.

La sociocritique est une chose, la manière de la pratiquer en est une autre.

Cyr a le droit de trouver beau ce qu'elle veut et même de l'écrire. Personne n'a le droit de lui dicter sa conduite.
On a bien compris que certains clichés pouvaient influencer l'imaginaire collectif et mener à de la haine raciale. Mais, il ne faut pas voir le mal partout, imposer des interdictions et jeter l'opprobre car ça s'apparente à de la censure, et c'est ce contre quoi Manu a mis en garde tout au long du débat.

Du coup je peux insulter librement et enfin dire dans mes commentaires que les textes que je lis sont nuls, personne n'aura le droit de s'en offusquer, ni de me punir pour ça ?
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Angieblue le 25 Avril 2020 à 15:32:02
Il n' y a aucun texte de loi, ni aucune charte qui interdit de trouver belle une femme africaine qui porte son bébé et une bassine d'eau sur la tête.
Tu as le droit de t'exprimer sur le sujet comme chacun le fait ici. Je respecte ton point de vue. Tu as le droit de trouver cette représentation d'une femme africaine insultante. Moi, je considère que Cyr a le droit de trouver ça beau sans y voir tout un implicite de haine raciale et elle a également le droit de le dire.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: marla le 25 Avril 2020 à 16:37:32
J'ai toujours eu une sincère affection pour les querelles de poètes.
C'est un peu comme observer deux manchots en découdre au sabre.
Ne vous arrêtez jamais, par pitié.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Opercule le 25 Avril 2020 à 16:44:00
Vous avez totalement le droit de penser ce que vous voulez, de l’exprimer et d’en faire des poésies. Il ne faut pas rendre tabou la différence, et on a le droit de célébrer des critères esthétiques quelconques.
Là encore, personne n’appelle à la censure, personne ne jette l’opprobre, et on ne peut pas parler d’oppression (https://www.cnrtl.fr/definition/opprimer) parce que je n’ai aucune autorité sur vous autre que celle que vous me donnez.

Vous avez totalement le droit de dire tellement de choses. Vous pouvez dire des choses futiles, ou très importantes. Vous pouvez trouver beau tout plein de choses que tout le monde trouve répugnant. Du moment que ce n’est pas de “l’appel à la haine” franc, vous avez quartier libre. Poésie ou pas du reste, il n’y a pas de dérogations pour "l’exercice de l’esprit" (que vous le vouliez ou pas, la poésie entre dans le discours). De grâce, ne vous leurrez pas en pensant que vous êtes en quête de sauver la liberté d’expression. Car malgré ce que l’extrême-droite veut vous faire penser, ce n’est pas le sujet ; laissez-moi vous expliquer de quoi on parle.

C’est un argument épouvantail classique de la personne qui veut s’opposer tenacement à une perte perçue de liberté. L’histoire du texte de loi est un révélateur : il faut un texte de loi pour obliger à être un humain décent ?
Bien sûr qu’aucune loi n’interdit ce que vous faites, ça ne veut pas dire que vous êtes dans le sens du progrès, ni même de l’avancement humain.

Il vous a fallu plus de dix pages pour comprendre les conséquences nauséabondes des pensées éculées que vous avez. Je pense que ce n’est pas par la censure ou l’humiliation qu’elles seront combattues, mais d’elles-mêmes, car elles ne vont pas dans le sens de la décence et de l’honnêteté (comme quoi, même moi je peux être si naïf, parfois).
Notre travail ici, à tous, est de seulement de s’assurer que vous comprenez les enjeux de cette lutte, menée ensemble contre les discriminations.
Et c’est dans ce contexte là, devant ce public réfractaire, que j’ose enfin ouvrir les vannes après trois posts des plus mesurés et des plus calmes.
Car vous, même mis au courant, vous persistez à vous octroyer le droit de fournir des armes à l’ennemi commun. Vous pensez que le racisme est à la porte de sortie ? Vous lui préparez le thé en clamant la liberté d’expression !
Je le dis et le répète : défendre le droit (que vous avez déjà) d’avoir ou de partager ces idées n’est pas de la noblesse ; c’est soit de l’inconscience, soit de la mauvaise foi.

Il y a de bonnes chances que ayez un bon fond, vous ne vouliez pas de mal à qui que ce soit. Peut-être grandirez-vous et vous tournerez vers cette conversation honteux de votre naïveté. Entre temps vous restez des instruments d’un grand mal, vous qui vous défendez d’avoir de mauvaises intentions.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Angieblue le 25 Avril 2020 à 19:52:24
Opercule, attention tu parles comme un gourou. Nul ne détient la vérité!

Nous ne sommes pas ici pour se faire des procès les uns aux autres mais pour discuter d'approche esthétique et de socio-critique.

Les pays ont une culture et une histoire différentes. ça fait partie de leur patrimoine. Observer et décrire cette culture d'un point de vue esthétique avec un regard d'artiste et en toute neutralité sans intention de juger ou de se moquer n'est pas une incitation à la haine raciale. Ce qui est raciste et indécent ce sont, par exemple, les connotations animalières ou le blackface. Il ne faut pas tout mélanger!
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Opercule le 25 Avril 2020 à 20:37:53
Observer et décrire cette culture d'un point de vue esthétique avec un regard d'artiste et en toute neutralité sans intention de juger ou de se moquer n'est pas une incitation à la haine raciale. Ce qui est raciste et indécent ce sont, par exemple, les connotations animalières ou le blackface. Il ne faut pas tout mélanger!
même avec toutes ces ’précautions’, réduire une personne à sa couleur de peau* et tous les stéréotypes associés est fondamentalement problématique.

*plus généralement à un membre de groupe "Autre"
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Angieblue le 25 Avril 2020 à 20:58:06
J'ose espérer qu'un bon écrivain ou peintre sait éviter cette indécence et cette vulgarité. Ce genre de dérives grossières auxquelles tu fais allusion, moi aussi je les combattrai comme le blakface qui me donne envie de vomir.
Mais, ça n'est pas parce que des personnes n'ont pas cette intelligence et ce respect ou sont maladroites en raison de représentations communes erronées qu'il faut bannir les représentations africaines dans l'art.
Restons vigilant et juste!
Titre: Re : Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Ari le 25 Avril 2020 à 21:11:33
Angieblue :

A mes yeux, l'un des problèmes est la différence entre l'échelle collective et l'échelle individuelle. Si à l'échelle individuelle tu fais une rencontre ou un voyage qui t'amène à être saisi.e par certaines images de l'Afrique, y compris des images très "classiques", il me semble que ça renvoie à ta sensibilité individuelle, même si elle est bien sûr influencée par la culture dans laquelle tu as grandi et représente donc un regard imprégné de cette culture (en l'occurrence je pense à un regard imprégné de la culture occidentale, et donc pré-sensibilisé à une certaine image de l'Afrique). Le truc c'est que si à l'échelle collective, tous les occidentaux qui se rendent en Afrique (ou qui imaginent l'Afrique) ne sont touchés que par ce type d'images, et ne retransmettent que ces aspects-là dans leurs écrits, pour moi c'est là que leur côté réducteur frappe, en occultant tout le reste, en ignorant la diversité du continent et toutes les autres choses que l'on pourrait en dire. On se retrouve avec une représentation réductrice, dans l'art ou bien dans les fictions. Cette représentation réductrice, en +, s'inscrit dans un continuum avec les représentations colonialistes.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Angieblue le 25 Avril 2020 à 21:30:18
Je suis entièrement d'accord, mais il ne faut pas que la peur de mal faire empêche d'écrire et de s'exprimer, d'où l'importance de bien connaître son sujet, enfin dans la mesure du possible, plutôt que de faire confiance à son seul imaginaire avant de se lancer dans une œuvre qui a pour thème l'Afrique ou un autre continent comme l'Amérique du sud.


Titre: Re : Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Ari le 25 Avril 2020 à 21:35:50
Je suis entièrement d'accord, mais il ne faut pas que la peur de mal faire empêche d'écrire et de s'exprimer, d'où l'importance de bien connaître son sujet, enfin dans la mesure du possible, plutôt que de faire confiance à son seul imaginaire avant de se lancer dans une œuvre qui a pour thème l'Afrique ou un autre pays.
Personnellement je préfère me taire quand j'ai peur de blesser une communauté.

Je pense que c'est important de bien connaître son sujet, oui, et aussi de bien connaître les différentes manières dont un texte peut être reçu par le lecteur quel qu'il soit. C'est pour ça que je me permets (la plupart du temps) de le dire quand un texte m'évoque des connotations offensantes. Après, comme ces échanges en témoignent, libre à l'auteur d'en tenir compte ou non, mais au moins il aura eu connaissance des ces interprétations possibles.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Angieblue le 25 Avril 2020 à 21:37:27
C'est pour cela que moi non plus je n'écris pas de poèmes ou de romans sur ces sujets...
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Cyr le 25 Avril 2020 à 21:44:23
Opercule, pardon de t'avoir offenser ça n'était pas mon intention. Je pense que les artistes sont aussi des maîtres de la représentation et peuvent servir justement à renverser des représentations agréables ou douloureuses.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Opercule le 25 Avril 2020 à 21:45:10
Je ne vois pas quoi ajouter de plus à ça, nous sommes majeur·e·s et vacciné·e·s.
Faites vos recherches, équilibrez vos personnages, combattez le racisme.
J’ai dit ce que j’avais à dire.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 26 Avril 2020 à 23:47:38
Je repasse juste pour faire un pont, du moins j'espère y arriver. Je voudrais écarter un peu la question morale de tout ça (est-ce bien ou mal de valoriser « l'Autre » en en faisant un « beau » portrait/stéréotype) et mettre en avant la trajectoire intellectuelle qui peut mener à la conscientisation d'Opercule en passant par celle de Dot et de Cyr. Si ces postures ont l'air opposées, confrontées ici, je crois qu'il y a un passage étroit entre la volonté d'inclure et de reconnaître la l'altérité (ou du moins ce qu'on perçoit d'elle, aussi imparfaite soit cette perception), de louer « sa » beauté ; et l'idée défendue notamment par Opercule, Ariane et d'autres selon laquelle on passe à côté de l'altérité lorsqu'on cède, même sans le vouloir, à la tentation de la réduire à des stéréotypes, même valorisants, perçus comme « beaux ».

Je pars donc de ça, qui me semble le plus intéressant :
Citer
Une africaine qui mange des bananes et du manioc, s'habille avec un boubou, porte de l'eau sur la tête et un bébé sur le dos... Les dégâts du colonialisme ne sont pas dans ces images mais dans la négation de la beauté de ces images dans le fait de considérer la culture des colons comme supérieure et qu'il faille rendre tabou cette différence, de n'accepter et de ne parler des gens que lorsqu'ils ont été soigneusement assimilés.
Citer
on y peut ptetr rien si le colonialisme fait que au moins la moitié des populations noires actuelles sont chrétiennes
mais c'qu'on peut faire, c'est arrêter de dire que vivre dans une case c'est le cliché raciste parce que notre vision de blanc trouve ça dégrandant... le colonialisme actuel, c'est de croire que toutes les ethnies partagent notre vision de l'universalisme... moi ça me fait rêver de vivre dans une case à traire des chèvres et marcher sous un turban avec un bâton, mais vous vous êtes plutôt du genre à aimer péter dans vos tuyaux d'échappements et penser que tout le monde pense pareil...?


Je voudrais mettre en perspective trois mouvements de l'esprit face à l'altérité :

La fascination et l'idéalisation de certaines altérités conduit à ne rechercher en l'Autre que la part d'exotisme qui plaît à Ego, à réduire l'altérité à cet exotisme. Cette démarche sous-tend toute recherche de « l'authenticité ». L'authenticité supposée de l'autre est un produit du regard qu'on porte sur l'Autre, elle n'appartient pas à l'Autre. Une personne ou une culture n'est pas « authentique », ça n'a pas la moindre sens. Elle est par contre perçue comme authentique ou non au regard des préjugés et des attentes d'ego à son encontre. La notion d'authenticité convient pour des meubles ou des documents mais quand il s'agit de comprendre l'altérité, il vaut mieux s'en défaire.

C'est sûrement de ce mécanisme que provient cette parole contestable dans la discussion :
Citer
si un chinois ne mange pas de chien, n'est pas jaune, n'a pas les yeux bridés et ne sait pas qui est confucius, moi je dis il est plus trop chinois...

Tous ces procédés qui altèrent la perception de l'altérité et plus encore sa compréhension, tendent par glissements successifs, par restrictions et réductions de plus en plus fortes et approximatives, à vider l’altérité de sa substance réelle, à ne retenir que les éléments exotiques qui plaisent ou déplaisent (selon rejet ou fascination), de fait conduisent à la formation d'un stéréotype (non conforme s'il est besoin de le préciser) et donc à l'essentialisme qui est le mécanisme majeur par lequel se produit le racisme.

Citer
Cyr a le droit de trouver ça beau sans y voir tout un implicite de haine raciale et elle a également le droit de le dire.
Oui elle en a le droit.

Citer
Observer et décrire cette culture d'un point de vue esthétique avec un regard d'artiste et en toute neutralité sans intention de juger ou de se moquer n'est pas une incitation à la haine raciale. Ce qui est raciste et indécent ce sont, par exemple, les connotations animalières ou le blackface. Il ne faut pas tout mélanger!
Il n'y a pas de regard d'artiste qui soit neutre. Et ce n'est pas parce qu'on ne se moque pas ou qu l'on n'incite pas directement à la haine qu'on ne produit pas quelque chose de tout aussi nuisible. On ne sait jamais ce que les autres peuvent comprendre d'un stéréotype. Par ailleurs, qui serait ravi d'apprendre des Autres, qu'il ne correspond pas à l'image conforme de sa propre identité ? Si le chinois de l'exemple précédent ne parle pas chinois mais une langue des nombreuses minorités chinoises, s'il est musulman ouïgour (et non de religion « traditionnelle »), réprimé par le régime, est-ce à dire qu'il n'a pas droit à la revendication, à la reconnaissance de son appartenance à l'identité chinoise ?

Citer
ça n'est pas parce que des personnes n'ont pas cette intelligence et ce respect ou sont maladroites en raison de représentations communes erronées qu'il faut bannir les représentations africaines dans l'art.
Personne n'a envisagé de « bannir les représentations » africaines, bien au contraire. Là encore c'est n'avoir pas compris le débat. Il s'agit de discuter de ce que nous faisons (c'est à dire fabriquons) de/avec l'image de l'Autre.
D'autant plus que comme on l'a souligné :
Citer
Cette représentation réductrice, en +, s'inscrit dans un continuum avec les représentations colonialistes.

Citer
il ne faut pas que la peur de mal faire empêche d'écrire et de s'exprimer
Pourquoi ? Pour moi c'est une évidence que si. La peur de mal faire, ou plutôt, de faire mal, doit empêcher de s'exprimer au sujet de l'Autre.  Mais là on en revient à des positionnements éthiques/moraux.
Ce que je voulais dire en dehors de tout ça, c'est qu'il faut savoir ce que l'on vise. Vise-t-on à comprendre les Autres, à se comprendre soi-même ? De qui, de quoi veut-on parler, du miroir ou de ce qu'il y a au-delà ? Que comprend-on ?

Citer
Je vais donner un autre exemple d'oeuvre artistique. Il s'agit là d'une entreprise camerounaise de conception de jeux vidéo qui a imaginé un nouveau genre : l'african fantasy
Je n'ai pas eu le temps de regarder mais ma première intuition est déjà de remarquer qu'il s'agit d'une entreprise camerounaise. Ensuite, comme tout le monde ils font bien ce qu'ils veulent. En France nous en avons certains,
 « ils sont très fiers de leurs vignobles,
leurs côtes-du-rhône et leurs bordeaux.
Ils exportent le sang de la terre
un peu partout à l'étranger,
leur pinard et leur camembert,
c'est leur seule gloire, à ces tarés »
qui voudraient réduire l'identité française à à peine plus que ça, en ajoutant le saucisson et le drapeau. Est-ce parce qu'ils sont français qu'ils représentent LE français (le français n'existe pas plus que l'africain, le sénégalais ou l'iroquois. "Les": peut-être, "des" : encore plus surement, "Le": non) ? Non évidement, il suffit d'être français pour le savoir. Et si vous êtes français, que vous n'aimez ni le vin ni le fromage, que vous n'êtes pas chrétien, ne portez pas de béret, et qu'un chinois vient vous demander « mais êtes vous un vrai français ? », qu'en penserez-vous ?
Citer
ton envie de transmettre par l'exotisme, une distinction d'origine, est je crois, Cyr, à marquer d'une pierre angulaire à l'édifice humain de contemplation de ses diffractions d'être bienheureuses...
Si l'on veut comprendre, se satisfaire de la contemplation de l’exotisme des Autres ne suffit pas. Si l'on veut comprendre je dis. Et à côté de ça, personne, (vous les premier j'imagine), n'aime être réduit à son exotisme, encore moins assimilé et réduit à l’exotisme d'une masse imaginée et fantasmée. 

Citer
personnellement je sais pas si je serai clair, mais j'aimerais que le mot raciste ne sonne pas comme
'nous avons des problèmes de dévalorisation de nos communautés'
mais plutôt comme
'nous sommes fiers blancs, fiers noirs, fiers colorés, fiers humains ainsi diffractés'
Je ne crois pas qu'on ait à être fier (ou honteux) d'une couleur de peau, d'une origine et il me semble que la mécanique raciste se nourrit de ce sentiment mais ça c'est encore autre chose.

Citer
dire que "un chinois mange du chien à 80% de chances" n'est pas insultant
C'est de continuer avec ces histoires sans intérêt, sans réalité, de chinois/mangeur de chien qui est insultant. Ce n'est pas la question de manger du chien, bien sûr que manger du chien n'a rien d'insultant. Mais d'où on parle de chinois qui mangent du chien ? d'où sort ce pourcentage ? C'est cette idée qu'on répand sans l'avoir vérifiée, sans lui donner de substance, alors que pourtant elle n'est venue dans la tête que par préjugé, par ouï-dire, par cliché choquant, qui est insultante.

Citer
moi je reste profondément amer (huhu) envers le pays du café l'éthiopie, je ferais bien du vaudou comme du gospel pour l'ésotérisme plus ou moins certains, j'irais bien sûr voir le plus grand lac du monde, mais pas à l'époque des récits colonialistes à son propos... pis en vrai, les canibales c'est vrai que c'est pas un truc que d'afrique, donc c'est surement un peu humain, mais moi j'aime bien, déjà en bouche, c'est assez goûtu...
Ici il y a un bon exemple de ce que le mouvement de fascination produit. Le vaudou et le gospel ne sont envisagés que comme des fantasmes ésotériques pour la quête personnelle d'Ego. Si cela conduit à la rencontre, à la connaissance, à la compréhension, c'est une belle alchimie qui se produit. Mais combien d’occidentaux désœuvrés perdus dans dans les bourgades amazoniennes, errant de centre chamanique en centre chamanique à la recherche de l'authentique révélation ? Qu'on-t-il approché de la réalité indigène ? Qu'on-t-ils trouvé à part eux-même, quand-il ne se sont pas tout simplement perdus à l'intérieur d'eux-mêmes ? Quel rôle ont ces Autres dans tout ça ?


Je termine en revenant à l'exemple cité au début. Défendre une « Afrique des cases » contre une vision ethnocentriste de l'habitat humain par exemple, c'est possible. Sûrement louable. Mais enfermer l'africanité dans une case, ça ce n'est pas louable, en plus d'être un mensonge. De même, louer la case parce qu'en tant qu'européen, on est en colère contre le mode de vie de notre société (à raison probablement, là n'est pas la question) et en faire l'éloge à partir de son propre point de vue, c'est substituer ses propres fantasmes à la réalité vécue par les Autres. Rien n'empêche de vivre dans une case si on trouve ça magnifique, mais personne ne le fait, ou bien peu. De même, les gens qui vivent dans une case, p-e aiment-ils leur vie et ne voudraient pas qu'on les voit comme des « pauvres » mais qu'on les respecte et qu'on les comprenne en toute humanité, mais p-e aussi attendent-ils impatiemment que l'électricité et l'eau courante arrive chez eux... Tout ça les regarde avant tout, il faut l'avoir à l'esprit avant de projeter nos préoccupations sur l'altérité. Les Autres ont les leurs.


Pour conclure, au delà de tout jugement moral ou éthique, il faut être clair sur ce que, dans son rapport à l'altérité, l'on cherche à regarder, admirer, ou plus intelligemment, comprendre : soi-même, ou les Autres ?
Si l'on cherche à comprendre les autres, la fascination et la répulsion qui sont portés par des jugements de valeur sont des biais ethnocentristes qu'il convient d'éviter. Ils nous ramènent à notre propre vision du monde et nous empêchent d'accéder à celle de l'Autre.
En ce qui concerne le problème du racisme, je pense que la compréhension de l'Autre dans sa dimension humaine et pas proprement exotique est la voie qui permet de ne pas réduire l'altérité à un objet de fantasme, soit-il menaçant ou attirant. Que l'humanité qui se souhaite inclusive comprenne l'unité de l'Homme à travers la diversité des cultures (en toutes nuances et mouvements de chacune).

C'est tout pour moi
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Angieblue le 27 Avril 2020 à 13:00:51
Une chanson qui illustre bien le mouvement de fascination et d'idéalisation c'est, par exemple,"Africa" de Rose Laurens:
https://www.youtube.com/watch?v=5MMJNGshTL8

Et entre fascination et compréhension, cette chanson de Matthieu Chedid:
(Il a fait tout un album.)
https://www.youtube.com/watch?v=E0fKM2XMgpE
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Cyr le 28 Avril 2020 à 12:14:59
Je rejoins Versus1. J'ai trouvé ton exposé clair et brillant, Loup-Taciturne. Le poème interpelle aussi.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Ari le 01 Mai 2020 à 20:17:26
Merci pour ton dernier post Loup, je le trouve moi aussi très intéressant. Par ailleurs cette manière d'exposer les choses peut s'appliquer à d'autres domaines / d'autres "altérités", précisément, et c'est chouette de pouvoir mettre des mots sur ces impressions.
Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Loup-Taciturne le 05 Mai 2020 à 23:18:20
Versus, ces paroles de Rumî que tu invoques me parlent. Et pour ne rien arranger, elles mettent en lumière une dimension supplémentaire de l'altérité, sur un plan transcendantale, interrogeant la relation d'identité et d'altérité dans le rapport au divin et à sa création, à l'Un et au Tout, de toutes les parties rapportées au Tout.

Angie, les chansons que tu proposes représentent pour moi de bons tremplins pour la réflexion, merci. Sans vouloir relancer le débat sur ces chansons, je dirais que la première annonce la couleur en toute transparence « je suis amoureuse, d'une terre », et on comprend que les clichés représentent l' « Africa » de la chanteuse. Mais effectivement c'est une Afrique fantasmée, subjective, affective. Au moins elle a la lucidité consciente ou inconsciente de s'assumer comme telle. Concernant la deuxième je ne sais pas trop quoi dire, l'altérité est réciproquement à l’œuvre (M, le clan Diabaté qui travail avec lui depuis un moment, Oxmo Puccino, Fatoumata Diawara), mais dans les paroles courtes, on a aussi cette idée de déclaration d'amour en toute lucidité, sûrement plus consciente, plus réflexive que dans la première quant au rapport à l'altérité.

« Te voir danser m'électrise
Peut être même que ça m'érotise
Que j'idéalise
Malice au Mali des merveilles
Le Mali dieu créa la flamme
Le Mali danse dans mon âme »

En fait je voudrais que cette discussion n'ait pas été une invitation à distribuer des bons points mais plutôt à prendre conscience de qui parle de qui, comment et pourquoi, sous quelles formes, quelles modalités et qu'est ce que tout ça signifie/véhicule comme sens (sens commun, sens personnel, sens pour les autres). Celui qui parle de l'Autre, bien souvent il parle en arrière plan de lui et témoigne de sa manière (personnelle ou culturelle) de penser/vivre son rapport à l'Autre. Invitation donc à conscientiser les imaginaires qui sous tendent nos visions de nous-mêmes et des autres. Il n'y a pas de mal à être fasciné et à le montrer ou le chanter tant qu'on ne prétend pas faire passer le fantasme pour la réalité. Il n'y a pas de mal à décrire et représenter ce qu'il y a dans ses yeux, dans sa tête ou son cœur, encore faut-il rendre compte avec une certaine transparence/honnêteté/lucidité de cette intériorité qui n'est pas le réel, qui n'en est qu'une image subjective et projetée. Il n'y a pas de mal à représenter tant qu'on est assez clair sur ce qu'on représente et d'où on le représente. En tout cas et à mon avis, ça protège des désillusions.

Cyr, c'était intéressant ce que tu avais écrit juste après   :noange:

Ariane, oui, je ne peux que te rejoindre. Ta remarque me rappelle à la perspective ethnopsychiatrique rassemblée par l'anthropologue lyonnais François Laplantine, dans Ethnopsychiatrie psychanalytique.
Je vous laisse avec elle, même si elle risque de paraître un peu théorique à certains et sûrement trop réservée aux domaines scientifiques concernés :

Citation de: Laplantine, François, 2007 Ethnopsychiatrie psychanalytique, Paris, Beauchesne.
« L'enfant est un être multiple, riche en possibilités, mais à mesure qu'il croit, il s'appauvrit, se dépouille de tous les "moi" qu'il aurait pu être pour se momifier dans une attitude sclérosée. Cependant, toutes les personnalités rejetées persistent dans l'inconscient, et souvent, nous aimerions les assumer pour représenter une autre personne. L'homme est un acteur condamné à un rôle unique, et qui cherche à travers les fuites, les voyages et les guerres à échapper à la tyrannie de la tunique de Nessus que la société a collée sur sa peau », Roger Bastide, Images du Nordeste mystique en noir et blanc, Paris, pazndora, 1978. p. 78. » Cité par Laplantine.

« De même que la psychanalyse, en nous faisant pénétrer dans l'univers redoutable de notre archaïsme individuel, a ouvert une brèche inouïe dans le champ du savoir doctrinal de l'Occident, l'expérience du terrain prolonge l'expérience du divan, le discours de l'autre (le "fou", le "primitif"...), tout en nous décentrant de nous-mêmes, ne cesse en effet de nous renvoyer à nous-mêmes. L’ethnopsychiatrie qui est d'abord l'expérience d'un double voyage, à l' "intérieur" (psychanalyse) et à l'extérieur (ethnologie), se trouve alors confrontée à quatre termes : la folie et la non-folie, l'archaïsme et la modernité, qui sont des figures universelles et virtuellement actualisable de chacun d'entre nous. »

Et il note en bas de page : « Ce qu'il convient de souligner ici vigoureusement est que c'est la réalité de ce mouvement de va-et-vient incessant entre ce que nous appelons le fou et le non-fou, d'une part, le primitif et l'homme de la modernité, de l'autre, qui est absolument fondateur des conditions même de possibilité des démarches respectives de la psychanalyse et de l'ethnologie. »

« Ce que nous voudrions maintenant montrer est qu'analyser, même le plus rigoureusement possible, le même phénomène, mais muni d'une démarche exclusive (la démarche psychiatrique ou la démarche ethnologique) fonctionnant dans l'autarcie et l’étanchéité, c'est non seulement réduire, mais détruire l'objet que l'on se proposait d'étudier, alors qu'il s'agit de le construire, en repérant des lieux d'articulation entre ses aspects psychopathologiques et ses aspects socioculturels. »

« Le psychisme n'est pas un produit sécrété par la culture locale dans laquelle on a été élevé  (…), l'individu n'est pas un pantin, une mécanique (…), il peut faire preuve de désobéissance, d'insolence, de rire, de distance critique par rapport aux modèles que sa propre culture tend à lui imposer. »

« Ce qui varie lorsque l'on passe d'une société à une autre, ce ne sont nullement les matériaux culturels utilisés – ces derniers sont rigoureusement les mêmes en Patagonie et au Japon, à Madagascar et au Canada – mais la manière dont ils s'organisent. Et de la même façon, la très grande diversité des formations psychologiques – d'un individu à l'autre, mais aussi de nous-mêmes à nous-mêmes dans le temps – ne doit pas nous dissimuler l'unité fondamentale du psychisme humain. (…) Il convient de montrer enfin l'existence d'une véritable homologie structurelle du psychisme et de la culture, dont l'un ne saurait être considéré comme un dérivé de l'autre, car ils sont tous les deux, selon l'expression de Georges Devereux, des "coémergents". Il est impossible de concevoir une culture qui ne serait pas vécue par un psychisme (la première n'existe nulle part ailleurs que dans le second). Et réciproquement il est impossible de penser la formation même de la personnalité, c'est-à-dire les processus d’acquisition cognitifs et affectifs, indépendamment  de la culture. Autrement dit les processus psychiques ne sont rien d'autre que la face "interne" de processus culturels, qui peuvent être de ce point de vue qualifiés d' "externes". Le psychologique, c'est le "dedans" de la culture, alors que la culture est le "dehors" du psychisme. Mais le "dehors" nous renvoie toujours au "dedans" et réciproquement, le psychologue et l'ethnologue ne travaillant pas sur des objets distincts, mais à partir de points de vue différents sur un objet rigoureusement identique. »
 

Titre: Re : Approches esthétiques et socio-critiques en poésie
Posté par: Angieblue le 06 Mai 2020 à 01:02:15
Merci, Loup, d'avoir recentré et éclairé ce débat. J'avoue que certains propos tenus m'avaient terriblement inquiétée.
Me voilà rassurée!