Alive Report - 2020
(expérience musicalo-scriptive entre autres, retranscrite ici à chaud)
#Concert #metal #témoignage #pseudo-chronique-hallucinée
Alive report. 2020
En fait, le son commence et moi. D'écrire et de concert, nous vibrons à musique. Terriblement, même ; d'une vrombissante ascension qui se profile, j'ai ouvert une note. Le papier n'est plus optimal à la situation musical, et moi qui le gratterais d'un stylo un peu vengeur, serais dépassé par l'aura électrique palpable d'un report orgasmique du tympan.
Une montée que les amateurs qualifieraient de doucement agressive, qui me laisse le temps de pulser le long de ce qui sert de rampe de décollage. Des drums un peu roulant annoncent une ténèbres, qui fatalement, survient au moment où on attend sa surprenante pondération sonore. Le clavier vient chanter, l'ambiance se pose, ratatine les oreilles, tout en douceur. Une boule à baisers en facettes scintillantes, je suis dans le Hall. Dos à la toile qui ferme la scène, je suis comme le son : imprégné sans être là. Quelque chose d'aérien que je voudrais commenter chez l'artiste élevé devant un public que je devine. Ou pas. Il n'y a pas de paroles, pas pour l'instant du moins. Le break annonce quelques voix au comptoir, sur ma droite. J'entends le business de l'entertainment, et des applaudissements marquent un nouveau début. Pachydermique n'est plus le terme pour cette marche éléphantesque, il y a en celle-ci un caractère trop guerrier, remonté depuis les âges, une folie organisée, une rythmique à laquelle s'ajoute, je l'ai questionné, une voix. Chuchotée, chantée en chœur dans les tons qui lui seyent, elle enivre dès les premières minutes. Un édifice se construit, un peu mystique, charmeur de succubes, à l'affront d'oreilles déflorables à souhait. Une litanie s’enchaîne, mais elle n'est calme qu'en dépit de sa violence. L'instrumentation psychédélique est rendue martelante, elle pénètre, et moi je me visse sur la rare chaise de plastique, je m'enfonce quand résonnent les murs. Sympathique expérience d'immersion en milieu saturé, j'y glisse un son de corde, mes vocalises ici approximées en beuglements surhumains... Une aura se réveille, celle d'une salle venue chercher l'osmose. Rien de gravissime à l'auscultation de l'obscurité, quelques rafales, des coups de feu, des impacts, je subis une guerre affreusement délictueuse, celle de l'armement métallique contre l'armée synaptique de mes pavillons latéraux. C'est un euphémisme que de dire que tout ceci est violent, mais il serait rigoureux de préciser que rien n'est agressif, sinon dans la mesure d'un crissement volontaire et punitif, à l'encontre de chaînes de notes à libérer au marteau. Ici, l'outil de partage de songe se fait par onde sismique. Les tremblements mesurent les décibels, l'échelle de Richter m'est bien utile pour saisir l'echo de l'ambiance. Au hasard, une inspiration d'origine tellurique. Je frémis à la diction d'une mélopée méticuleusement assourdissante. Grésiller en rythme, c'est une histoire de friction.
Alors la tonalité change après une transition applaudie. Et me revoilà dans un voyage dans le temps. Le monolithique entraînement des masses musicales composant la structure du rassemblement concerté reste en complétion avec la mélodie elle même, ravageuse et pourtant, en brassement d'un sol à piétiner, apporte à l'expérience une dimension profonde par gravité. S'il en est d'un sérieux à ne pas laisser en reste, il s'agit bien de l'implication de chacun à une transe délibérément bringuebalante, d'un côté de la pièce vers l'autre, où les têtes s'entrechoquent. Je pose mon stylo fictif le temps de...
... Le temps de laisser passer la pause, et la prise reprend. Interlude, shot d'absinthe, petite grosse bière : je sens infuser l'ambiance métallique. À proximité d'un public qui se plonge dans une violence cette fois plus corrosive, nuancée d'un glauque gore et crasseux. Quelques lourdeurs traînent en contraste de combien haut je me sens propulsé. La salle répand toujours cette rythmique pondérée à l'éléphant, comme une marche unanime de la soirée. La performance balbutiant des hurlements me téléporte, et avant que je ne m'écrase sous la reprise des vocalises égorgées, j'ai grimpé l'ascenseur du show, à la perforation des tissus auditifs en tous genres rassemblés dans cette petite salle accueillante, sombre dans son aspect underground, le bon. Celui d'une qualité de mise en place de tous les éléments pour un bon moment. Silence partagé autour du live. Nous nous taisons.
La communion se palpe, et pourtant chacun libère ainsi son cortex, par le labours des conduits à sens vibratoires.
Un son, une augure, quelque Apocalypse optimiste. Je surf sur la mort conceptuelle, métallique, accrocheuse.
Quelques soubresauts d'attention, je sursaute aux changements de tons lorsque un revirement survient. Le coup de théâtre émotionnel qui me renvoie à mon absence de discours autre que d'un ressenti flou.
Qu'ai-je à faire devant ce son? Le décrire serait le dénaturer. L'approximer serait peut-être l'insulter d'indifférence, ou au contraire l'honorer d'empathie. Et tout s'applaudit encore.
Par la suite je n'ose reprendre le fil de ma prose tant l'atmosphère se fait auditrice. Dans un élan de vie propulsé par la soirée et l'événement, j'en oublie un peu de rendre conte... Et d'applaudir intérieurement je me prends pour tous les acteurs de ce moment partagé.
Le concert n'est pas fini.
disons que c'est une retranscriptions scriptive en quasi-instantané, ou presque sans attente du résultat, immédiatement diffusé comme un poisson frais !
mais le concert était bel et bien un live prenant, une expérience à écrire, mais j'avais PAS DU TOUT prévu d'écrire, c'est venu sur le moment !
^.^
merci de ton passage extasy, et heureux de voir que ma prose musicale puisse séduire par d'autres aspects que sa chronicité !
labiz !
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