Montre à gousset
(05/02/20)
Cette montre enchaînée à notre taille écoute le temps pleuvant sur nos épaules, sur nos corps endoloris s'appauvrissant au cours de l'onde. Reliée par un lien argenté inexorable tu t'attaches, de plein gré à nous, tu agis… Montre ! Montre dont la chaînette aux maillons acérés, brillants, ceindent nos corps endormis. Ses mailles d'argent bloquent nos esprits alors que ton cadran rythme nos sourires qui éclairent ton métal et tes deux flèches noires et concourantes. Elles nous percent, nos âmes également… Elles sont constantes ainsi qu'activées : j'ai conscience du mécanisme de ton quartz… il cadence nos existences en sa coque, grisée, métallique et bombée. Tu n'oublies pas, tu ne nous oublie jamais, tu cours toujours et tu ne t'arrêtes un jour pour nous rappeler la pente, glissante, sur laquelle nous essayons de demeurer, pour profiter du fugace de ce qui se dérobe en nos mains maladroites, imparfaites qui se fatiguent à modeler une réalité. Cette même chose qui nous fuit et nous laisse en notre ignorance et futilité, on peut dire que c'est une sorte de cadeau impromptu dont la dolence s'efface parfois dans les journées éclaircies… merci Montre. Merci de ne décevoir nos attentes éphémères, merci de nous laisser nous vêtir de nos espoirs qui n'ont sens, merci de nous donner cette chance, merci de nous donner Vie.
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