Le Monde de L'Écriture

Salon littéraire => Salle de débats et réflexions sur l'écriture => Discussion démarrée par: Dot Quote le 20 Janvier 2020 à 10:31:55

Titre: plumdor
Posté par: Dot Quote le 20 Janvier 2020 à 10:31:55
Plumdor (à dénommer)
Alooors, je suis pas matheux hein, tout comme je suis pas littéraire, ni artiste ou philosophe ou sportif ou je ne sais quel truc que j'aurais soit-disant validé de compréhension d'un point de vue ou pas... Mais quand même !

Y'a un truc qui m'a fait me questionner avec ces petits déterminismes de mes éducations, c'est... Comment dire. En fait je cherche un nom à cet item que je vous décrirai juste ensuite. C'est la galère, il me faudrait à la fois votre aide pour trouver, et vos réflexion pour élargir là où je ne trouve pas :

Comment je suis devenu millionnaire en tant qu'écrivain.

Ici je ne parle pas d'argent tel qu'on se le figure avec l'unité monétaire qui nous sied. Non. J'ai écrit et surtout rendus publics, un million de mots. En tant qu'écrivain, je crois que c'est une donnée, certes modestement quantitative et donc sans réel impact sur la réalité de l'activité, mais pourtant. Pourtant je crois que c'est une donnée donc, au symbolisme fort. Si l'on prend les ordres de grandeur de proximité, on voit que tout perd son sens : mille mots, la plupart des êtres humains qui ont déjà tenu un stylo entre les mains ont dépassé ce nombre, plus ou moins facilement ; au dessus, un milliard... C'est inutile d'y songer ! A part en scriptant l'action, ce qui serait tricher, il faut quelques millénaires de plus qu'une vie humaine si on veut avoir le temps de les saigner. Donc :

La barrière du million de mots est relativement haute, quoique. J'ai mis huit ans à l'atteindre, en une vie d'écrivain, j'ose espérer que la plupart de mes confrères l'atteindront aussi. Ce qui pourtant n'est qu'un gage de quantité ! Je pense à ces nombreux illustres qui ne signèrent qu'un unique et monumental roman de moins d'un million de mots, et dont le talent ou la gloire se rit du chiffre. Et pourtant :

N'y a-t-il pas là la preuve d'un effort ? D'une ténacité ? D'un engagement ? Par la lente progression inéluctable du flot écrit, ne perçoit-on pas au-delà du travail, quelque chose de pesant dans la volonté et la réalisation de l'écrivain, à partir de ce numéro choisi arbitrairement car il est incident dans sa base de comptage ?

Encore une fois, ce n'est pas extra-ordinaire. Il n'y a justement aucun mérite exceptionnel, aucune gloire associée au fait de parvenir à cet élément mathématique qui, en réalité, est coincé, seul, entre mille et le milliard : dans les statistiques simples qu'il est possible de faire dans la recherche axiologique symbolique du métier d'écrivain, le million est cet îlot perdu qui en dépit de ne servir à rien, est remarquable par son unité, son harmonie paisible, sa solitude dans le néant orbital mathématique significatif d'une production.

Donc bin voilà, on pourrait partir sur :
- le nom de ce "trophée" un peu bizarre
- comment chacun envisage de l'envisager
- nos petites expériences relative à ce "marathon"
- des réflexions statistiques
- etc !

Moi en tout cas je m'intrigue ^.^'
Titre: Re : plumdor
Posté par: Miromensil le 20 Janvier 2020 à 10:54:50
Je te rejoins pas trop dans ton enthousiasme je crois ^^ 1M de mots, mais quels mots (sans te juger - en général) ? J'ai envie de argumenter que c'est pas la qualité qui compte et pas la quantité... d'un côté tu dis toi-même que c'est pas extraordinaire, d'un autre côté tu parles de trophée et de plumdor, donc bon :mrgreen: J'ai l'impression que tu as besoin d'une reconnaissance extérieure de ton travail. Et oui c'est sûr ça témoigne d'une ténacité sur les années, bravo pour ça, oui. Maieuh de la à généraliser l'objectif de 1M de mots... ou alors je t'ai mal lu, mais perso c'est pas du tout un de mes objectifs oO D'ailleurs ça me chagrinerait de parler d'objectifs en termes d'écriture, de celui-là a fortiori. Ca m'emballe pas plus que ça de tenir un tel compteur de mon côté.

Puis on vit dans un monde où il y a énormément de données, de surplus d'informations dans tous les sens... alors la joie d'avoir contribué à avoir produit 1M de mots, hum ? Quand tu parles de "solitude dans le néant orbital mathématique significatif d'une production" : maihum, on est sur internet, soutenu par plein d'énormes disques durs situés quelque part dans le monde, tes mots j'ai du mal à les voir "seuls".
(Après j'ai envie d'aller plus loin : à titre perso, face à ces surplus en tous genres, j'ai plus envie de jeter et de vider - mais ça dépasse ton propos)

Ca me fait penser au Nano et à son diplôme symbolique pour avoir écrit 50 000 mots. Là je te rejoins, je vois ce que tu veux dire. Ce diplome perso j'y tiens mordicus quand je fais le nano même s'il sert à rien, c'est juste un papier symbolique pour me dire que je l'ai fait (y en a d'autres qui s'en foutent complètement, i know). Mais là où on diffère toi et moi c'est que c'est un défi personnel réussi, et j'ai pas trop le besoin d'en parler publiquement (ou de l'afficher sur les réseaux sociaux, etc)... toi si ? Tu as besoin que le monde extérieur voit et considère que tu as fait ça ? (je pense la question)

En fait je trouve que parler d'1M de mots n'a pas de valeur en soi  :-[ Mon nano, je l'aime bien tant qu'il a un minimum de... de coeur ? (je veux pas dire de valeur) et ça peut être représenté que par une poignée de phrases parmi 50k de mots - donc le chiffre, au final, c'est pas ça qui compte.

Et cette histoire de plumdor j'ai du mal à y souscrire par conséquent... --> c'était mon intervention rabat-joie  :vaurien:
Titre: Re : plumdor
Posté par: Dot Quote le 20 Janvier 2020 à 11:32:32
mais y'a pas de souscription, et si oui comme tout bon existant, je maintiens mes arguments d'exister, par valorisation sociale selon mes valeurs, eh bien pour autant je suis au moins autant venu clamer que j'ai atteint ce trophée que de dire qu'il est d'une ambivalence que j'ai eu du mal à retranscrire... là où je ne te comprends pas c'est à cette histoire de souscription... tu veux pas dépasser le million ? tu veux pas t'en rendre compte ? tu veux pas que ça existe une telle chose ?

non j'ai pas besoin d'un diplôme j'avoue, mais si ce sujet t'apparaît en tant que tel, moi je le voyais comme moyen de nous entregloser avec autre chose que des histoires de consentement à l'effectivité mathématique : comme je le stipule, y'a rien d'extraordinaire ni pourtant rien de banal à arriver à un million de mots, quelle que soit leur qualité ; et à l'occasion où j'y parviens, j'en parle, on pourrait y voir un enthousiasme et l'interpréter intérieurement comme une preuve d'ego, mais de mon côté, juste j'halluciné sur ces histoires de mille et de milliard, de solitude du nombre dans les signifiants de l'écrivain, de justement qu'est-ce que ça représente pour chacun en termes de qualité, ce gage inéluctable d'une quantité qu'on est forcé au moins d'agir, si ce n'est en plein phare d'un regard conscient...

on pourrait l'appeler
- le chiffre-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom
- le Godwin littéraire
- Le grand chèque
- ou tout autre truc ?

en gros moi je pige pas ta réaction réfractaire à un truc qui n'a rien d'affirmatif, qui est juste curieux, qui propose plutôt qu'imposer, et qui vraiment laisse toute autre liberté qu'un NON un peu hermétique face à quelque chose d'un peu inéluctable quand même...

:-/

mais je conçois qu'on aime pas des trucs, merci d'avoir réagi tout-de-même :)
Titre: Re : plumdor
Posté par: Manu le 20 Janvier 2020 à 13:40:07
.
Titre: Re : plumdor
Posté par: extasy le 20 Janvier 2020 à 20:52:29
Oui ben imagine 1 million de phrases. Ça ca donne le tournis '-'

(en posant en quelque sorte qu'une phrase c'est une idée complète, et un mot une bribe d'idée, m'voyez)
Titre: Re : plumdor
Posté par: Dot Quote le 20 Janvier 2020 à 23:07:57
@Manu :
le WTF-is-this-goddam-numbr sera donc selon ta loi, le numéro atteint par tout écrivain en mots : 1 261 743.
tu seras celui qui décernera la médaille à tout revendicateur au titre, et ton discours devra bien insister sur le pourquoi de ce nombre (1 261 743), un nombre de fois qui forcément sera un diviseur dudit nombre (1 261 743)...

@extasy :
en vrai 1 million de phrases, ça donne pas tant plus le tournis car ce n'est qu'une variation de la donnée, mais elle a d'intéressant, en tout cas pour mon rythme actuel... C'est que le calcul est presque accointant entre ce que je peux faire et vivre : en étant optimiste sur le raccourcissement de mes phrases, si j'atteins la moyenne de six à douze mots par chacune, il me faudrait juste un peu moins d'un siècle, ce qui se vit, dans le genre possible...

@blu
nan en vrai j'ai du mal à faire passer mon idée selon laquelle c'est intrigant d'un point de vue mathématique uniquement, et non d'un point de vue :
- statistique
- financier
- psychologique
- littéraire
- utilitariste
- ...
ou plutôt, j'ai du mal à faire passer mon intrigue pour les liens mathématiques inutiles qu'on pourrait broder juste pour notre histoire d'écrivain... tu sais, un peu comme si en tant que marcheurs de mots, le million était le Compostelle non pas religieux, mais simplement inéluctable de toute longueur suffisamment scriptive pour en arriver, puis passer ce portail numéraire...
genre oui non :
- statistiquement, un million de mots, c'est pas ce qui va distinguer qui que ce soit qui les écrit
- financièrement, je crois pas que y'ait de corrélation entre des quantités et d'autres quantités, quoique dit comme ça... mais si c'est à vérifier de manière empirique ou non, osef, t'façon ce doit être plus complexe que ça pis osef.
- psychologiquement, bon, bin chacun son esprit libre...
- d'un point de vue littéraire, c'est sûr que rien que la normativité de ce chiffre rendrait toute préhension d'une donnée orbitale comme étant abjecte et sournoise...
- toute utilité à ce chiffre est proscrite j'ai tenté d'expliquer pourquoi je-sais-plus-trop-où dans ma tête aussi donc je sais pas, mais voilà...
...Non, ce qui est intéressant pour moi, et je vais donc le faire à titre de participation, c'est d'avoir l'occasion d'un regard en arrière et de me dire : "ah, à ce moment là déterminé par rien d'autre que moi, je peux m'observer, en point de référence commun pour une distinction d'avec un repère !!" Et donc je m'observe, selon ce repère :
- 8 ans d'activité scriptives
- une généalogie que je commence à tracer pour m'y repérer (le "repère" m'est important)
- 1/3 de la production en lyvres papiers
- 2/3 en interventions MdE (vive vous, et dans mon art total et gratuit o/)
- faible pourcentage extérieur (- de 10%... ce qui vaut qmm 100k mots)

Mais tout ceci n'est que un aspect mathématique, je conviens que je pourrais aller par exemple trier de la donnée non quantitative mais un poil plus complexe à rassembler, genre :
- un chroma-thématique de mes productions par tranches temporelles de 100k mots
- la généalogie de mon univers que tout unit et donc dont le temps s'imprime avec incidence
- ce que j'envisage de faire de mon prochain million
- combien j'envisage de faire de millions...
ce que je fais en fait par ailleurs, notamment avec l'aide de time-lines et autres objets de mind-mapping...

En tous cas je tiens à dire sans mépris ou quoi, que les maths ont beau être facilement dénigrés à des heures où l'on aime à autre chose que la rigueur de leurs premiers abords, mais la liberté que je vous propose là peu aller plus loin que choisir un nombre autre que celui qui s'écrit et se pense le plus simplement dans nos bases, ou de choisir un autre item-étalon pour mesurer ce nombre... Au contraire ! De ce pivot dont vous revendiquer vouloir vous éloigner, éloignons-nous effectivement, sans l'oublier... et non, ne l'oublions pas pour rester autour de lui ! Je veux dire, en soi, faire une fixation sur ce nombre c'est presque pathologiquement flippant : non, le délire ce serait de partir tout autour de ce point fixe pour voir ce qu'on observe tout autour ! Je crois que vous voyez pas, j'ai essayé de développé, je synthétise en métaphore :

- 1 million : la photo de classe vous montre sous quel jour ?

PS : en débat possible d'un point de vue mathématique : moi j'aime bien me dire que à chacun de mes mots dépensés, c'est un mot gagné... y'a pas beaucoup d'objets réels qui ont cette capacité de pouvoir être possédé et donnés sans contradiction, trouvez-pas ? Que vais-je faire ?