En gros, ma pensée approximative :
L'humain personnage n'est que la manifestation d'un projet d'incarnation humaine, et le jour où nous serons libres en tant que personnes, nous n'aurons même plus besoin de personnages à écrire... Plus rien à rêver par l'écriture, la lecture ou la vie qu'on écrit ou qu'on lit, mais tout à incarner.
Ah c'est plus clair dans ce résumé que dans ton premier post ! (du moins pour moi ^^)
je ne cherche pas à savoir ce qui fait de l'oeuvre de fiction quelque chose d'hypocrite par surévaluation du réel, mais plutôt à comment supprimer cette hypocrisie si tant est qu'il soit possible de la contourner... en gros : pourquoi a-t-on besoin de personnages, hauts-en-couleurs et qui vivent des trucs inimaginables, mais dans des univers qu'on ne touchera jamais, et ce pour contenter nos existences plus plates et dont on ne pourrait se départir de cette timidité qui fait qu'on ne vit pas notre vie avec l'emphase d'une fiction ? Je veux dire... Qu'est-ce qui bloque ? Moi je voudrais vivre des trucs comme si j'étais dans un roman ou dans un film, pourquoi j'suis obligé d'écrire pour approcher cette quintessence ?
tu vois ou pas ?
Ah c'est plus clair dans ce résumé que dans ton premier post !hmm puis-je te demander de réfléchir deux secondes pour m'aider hors-sujet :
Ah mince, du veux dire que j'ai pas compris l'objet de ton fil, finalement ? :/CiterAh c'est plus clair dans ce résumé que dans ton premier post !hmm puis-je te demander de réfléchir deux secondes pour m'aider hors-sujet :
j'ai l'impression que ce qui se succède est plus clair quand j'écris, mais pas que par effet de reformulation, bien aussi par effet d'accumulation :
si tu avais lu uniquement ma réaction ou alors en première, et ensuite seulement le sujet du topic, crois-tu que tu aurais compris la même chose ? la seconde intervention était-elle seulement un 'résumé' ou un 'ajout' axiologique ?
(je me questionne sérieusement sur ma manière de me démerder dans l'inter-compréhension, je crois tu vois pourquoi ^.^)
Mais j'ai une certitude qui n'est pas inébranlable... Celle qui affirme que les personnages, tous en tant qu'êtres fictifs, les personnages de récits donc, les personnalités et caractères et psychologies qu'on se figure d'un nom assigné à un individu dans la narration de quelque chose...Parce que je pense que t'as pas vraiment défini ce que t'appelais "libre" et que, dans l'acception commune du terme, je vois pas le lien logique avec ce que tu énonçais avant...
Eh bien, ces personnage là sont libres.
Plus libres que leurs auteurs.
Plus libres que les lecteurs.
- Effectivement, tu as sûrement raison d'insister sur le fait que la fiction apporte des pluralités éclectiques qui peuvent alimenter un imaginaire bien pluss que la réalité elle-même : on ne vit que sa vie, et en vivre d'autres, c'est accessible par l'imaginaire et c'est cool. En revanche ton histoire de vivre à fond et de romans ordinaires, ce n'est pas là où je voulais en venir avec mon idée d'emphase, en aucun cas je dis que le lecteur cherche l'exceptionnel... il cherche selon moi l'exception, et le roman d'une vie banale peut tout aussi bien remplir cette fonction sans dénaturer le fait que le lecteur cherche quelque chose que le personnage possède, genre les modalités de sa vie banale... Pour rester sur cet exemple de la vie banale romancée, le lecteur fantasmera toujours sur la profondeur du personnage, la qualité de la prose, bref, cette aura, peut-être pas libre comme tu fais bien de le noter, mais tout-de-même résolument avec un avantage pondéré des incidences de relief émotionnel. En somme l'imaginaire est un socle pour diffuser de la réalité alternative dont on aurait pas accès sinon, c'est une nette justification que j'étais loin de remarquer !Ouais, je suis d'accord, j'ai juste mis cette incise sur la banalité de certaines histoires au cas où quelqu'un lirait "vivre à fond" dans le sens de "vivre plein de super aventures". Mais je te rejoins totalement, là.
- Sur les questions du sens de la vie par rapport aux sens des fictions, je pense que tu fais de raccourcis sur ton vécu. Il est souvent prouvé dans le discours que les gens de notre époque 'cherchent un sens' à leur vie, c'est parce que ceux qui l'ont trouvé ne savent pas comment dire que ça se trouve, se construit, moins que ça s'en débat ou s'en plaint lorsqu'on n'a pas trouvé...Là je ne te rejoins plus. Je parlais pas de "chercher le sens de la vie" au sens de "le sens de la vie c'est l'Amoûûûr" ou à la sauce Paolo Coelho. Je parlais de donner une signification aux choses, c'est pas du vécu personnel, ça. C'est dans le langage même : on voit un objet marron allongé, plat, avec quatre excroissances vers le bas. On se dit "c'est une table". En le nommant, on lui a donné du sens : on l'a identifié, en l'occurrence par sa fonction, par sa finalité. Et finalement, c'est pareil à plus grande échelle sur une histoire. Si le récit a une cohérence (parce que quand il n'en a pas, on a pas l'impression que le texte est abouti), il est maîtrisé, ses lignes narratives convergent, vers le déroulé de l'intrigue. Pas pour apporter un message métaphysique sur le sens de la vie, c'est pas ça. C'est juste le fait même de raconter, ça implique d'ordonner les événements, de les sélectionner, de les lier entre eux. C'est ce qui produit une histoire. Mais pas besoin de fiction pour ça, tout récit le fait par définition. Si je te demande de me raconter ta matinée et que tu me dis "je me suis réveillé quand le réveil a sonné, j'ai mis mon manteau et je suis sorti acheter un croissant, puis je suis rentré parce que je devais donner à manger au chat", tu as totalement sélectionné les éléments et les as liés par une relation causale. T'aurais aussi pu dire "je me suis levé à 8h, j'avais faim, dehors il pleuvait et j'ai échangé quelques mots avec la boulangère qui m'intimide toujours un peu, et après avoir hésité un moment devant la porte, je suis rentré sans oser lui demander son nom. Le chat avait faim." T'as raconté les mêmes faits mais autrement, et c'est pas la même histoire.
A l'inverse, le stéréotype du scénario à histoire occidental me parait unanime oui pour donner du sens à une temporalité et une action, mais d'un côté c'est pas les seules formes de fiction même si c'est celles qui marchent le pluss, et d'un autre côté on pourrait leur décortiquer leur 'sens' pour le percevoir en tant que reflet d'un réel qui n'a pas plus de valeur consciente pour les personnages que le synopsis pour le public...Là je te rejoins à nouveau : t'as raison, je parlais uniquement d'un schéma de fiction à l'occidentale. Je connais pas assez les autres formes de littérature, du coup je peux pas en parler. Mais rien que pour rester dans le monde occidental, on peut peut-être penser à la poésie qui, en effet, peur donner le sentiment de "vivre quelque chose de grand" en n'ayant pas d'histoire et en se satisfaisant de la création d'impressions et de ressentis sur le lecteur (et pas de vie transposée). Je sais pas si c'est tout à fait la même question mais ça me passait par la tête...
- Oui c'est exactement l'idée que j'ai envie de réfuter, non pas par conviction mais par espoir : si la fiction est un ersatz de réalité, c'est peut-être parce que celle-ci déborde de l'imaginaire... Mais si c'est l'inverse, si l'imaginaire perce à travers l'humain, alors peut-être est-ce qu'à force d'écrire des fictions, on en aura marre et on ira les vivre vraiment !Je sais pas si on est sur la même longueur d'ondes ou si j'ai mal compris, mais ça me fait penser à un truc que j'ai failli mettre dans mon post d'avant mais que j'ai pas mis parce qu'il était déjà assez long et tortueux comme ça :D
Pour ta question connexe, j'ai l'impression que tu te voiles la réponse dans ta première partie de dissertation :M'est avis que c'est pas tout à fait la même chose ! Tu me dis que cette emphase, c'est le fait de vivre quelque chose qu'on n'oserait pas vivre dans la réalité. Mais dans la réalité, j'ai pas du tout envie de me battre à l'épée dans un duel à mort contre un ennemi et d'être mortellement blessée. Pas du tout du tout. Ce serait même horrible à vivre, et pas parce que je n'ose pas : juste parce que, dans la réalité, c'est pas cool du tout, ces événements-là. Pourtant, si je lis une histoire de cape et d'épées, j'adore que les personnages joutent à l'épée et que le héros soit blessé et en danger de mort. Voire même qu'il meure, si c'est bien amené.
L'idée de grandeur que tu ressens dans une oeuvre que tu juges de qualité, c'est ça l'emphase dont je voulais te parler, l'idéal qui fait pluss vibrer en fiction qu'en réel, parce que, c'est ma théorie, on est plus timide devant le réel que devant sa page blanche, ce qui fait qu'une fiction sera toujours plus confiante, plus osée, plus affirmée et donc plus en relief, que n'importe quelle réalité. De fait on recherche comme je l'envisageais sans détail mais comme tu le précises à ta manière, à lire des choses impossibles à vivre.