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Apparemment c'est un monsieur qui est connu. Mais perso c'est comme Taylor Switch, je connais pas les stars et ça me dit rien - pourtant je vis pas au fond d'une grotte. C'est la couverture et le titre qui m'ont donné envie de le lire. Au début j'ai grimacé parce que la 4e couverture parlait de "couple" et je me suis dit didju, oh non, pas une histoire de couple. Sauf que ça parle de jumeaux. Jean et Paul. Ensemble, ils sont Jean-Paul. Alors dans le livre y a un personnage, une personne, qui s'appelle Jean-Paul. Bon.
Je sais pas trop comment en parler, hum. J'ai déjà vécu des expériences littéraires aussi heu, ébranlantes ? que celles-là. Une fois c'était avec l'Ile du jour d'avant, de Eco, mon livre préféré - celui que j'aurais voulu faire lire à BenG en 2016 mais qui est trop long que pour le lire en 3 jours. Une autre fois c'était avec un roman de SF, Lovestar. Je tourne autour du pot mais parfois après un livre je suis un peu dans un drôle d'état où j'ai du mal à bouger et où je comprends pas ce qui se passe. Ca m'a fait ça avec L'Ile du jour d'avant, Lovestar (où j'avais dû sortir dans la rue pour me convaincre que la réalité du livre n'était pas ma réalité), et maintenant Les météores. Bon. J'arrive plus à voir la vie de la même façon qu'avant, maintenant que j'ai lu ça. Plus rien ne sera plus pareil, maintenant. J'ai l'impression d'avoir pris au narrateur principal du texte, Paul, sa vision des choses. Tellement que j'en ai touché un mot à Nacas et maintenant Nacas me parle de cette vision-là du monde alors que lui n'a même pas lu le livre.
Bon euh donc en gros voilà
Deux jumeaux, Jean et Paul, forment un couple fraternel si uni qu'on l'appelle Jean-Paul. Mais Jean veut briser cette chaîne et essaie de se marier. Paul fait échouer ce projet. Désespéré, Jean part seul en voyage de noces à Venise. Paul se lance à sa poursuite et accomplit un long voyage initiatique autour du monde. A travers des aventures multiples et de nombreux personnages, comme le scandaleux oncle Alexandre, surnommé le dandy des gadoues, ce roman illustre le grand thème du couple humain.
Ca a l'air de rien hein comme ça. Le dandy des gadoues ! Qu'est-ce que je l'aime bien celui-là, aussi. Il va crescendo en puissance ce livre. J'ai mis du temps à le finir, il est long, 630 pages. Y a beaucoup de mots inconnus, presque un toutes les 2 pages. J'ai adoré rencontrer l'inconnu dans ce livre. J'ai adoré lire des mots inconnus. Les phrases, je saurais pas les décrire. Je me suis dit : ok, t'as encore un très long chemin à faire avant d'écrire aussi fort mais à ta manière. C'est super motivant de voir tout ce chemin qui me reste à faire. Je voudrais vraiment faire aussi bien. Il y a, aussi, beaucoup de magie et de fantasy dans cette histoire - pas au sens convenu d'en parler, au sens où moi je l'entends. Non, y a pas de dragon, mais je sais juste pas comment parler autrement de la façon d'écrire en disant qu'il y a de la fantasy dedans. Il y a aussi beaucoup de lumière dans ce livre. On dirait qu'il a écrit avec de l'encre qui vient du soleil.
D'habitude j'écris dans les livres et je corne les pages et je souligne des passages etc. Mais là j'étais en mode jpp à chaque page, il aurait fallu tout souligner. En fait y a un passage que je voulais recopier pour le mettre ici, c'est une description d'un voyageur, mais ça spoil tout. Le dernier chapitre s'appelle "l'âme déployée". Voilà.
Edit : non en fait le tableau n'est pas aussi dithyrambique. Tous les personnages principaux sont masculins dans cette histoire. Y a quelques femmes mais elles sont au second plan, même si tout aussi bien décrites que le reste du livre. Mais à un moment, wtf... Alexandre, l'oncle fantasque, homosexuel, partage sa vision de l'homosexualité féminine. Ca m'a laissé très très dubitative. C'est assez triste de voir les rôles habituels auxquels sont cantonnés les femmes dans ce livre. Une maman, une amante, bon... elles sont pas aussi lumineuses (c'est peut-être pas le bon mot) que Alexandre, Jean et Paul, je trouve. Ces trois-là, surtout Paul, acquièrent une part de grâce cosmique au fur et à mesure (y a un lien avec les météores). Les femmes, non. J'ai trouvé ça dommage, mais bon. Peut-être que j'ai tort ? Je me suis demandé pourquoi. Je me demande ce que penserait de ça quelqu'un d'autre que moi qui l'a lu.
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Je l'ai fini samedi et je m'en suis pas encore remis. On me dira que j'exagère : peut-être. C'est qui ce Tournier sérieux oO Je vois encore des paysages écrits dans le livre. Ma signature vient de là. et plouf