est-ce que vous lisez des livres qui font se sentir bien ?
en cherchez-vous ?
est-ce que ça vous attire/parle d'écrire un texte non dramatique/grave ? si non, pourquoi pas ? est-ce que ça sonnerait faux ou pas forcément ?
J'ai l'impression qu'on me propose surtout du pseudo-développement personnel, de la romance stéréotypée et... euh... voilà.Idem, et pour le coup je trouve que ça sonne faux... j'ai un recueil de nouvelles à lire, je crois que certaines sont pas trop portées vers la tristitude, on verra si c'est le cas huhu
(Je dis plutôt "qui ne font pas se sentir mal" que "qui font se sentir bien" parce qu'encore une fois ça me parait trop connoté développement personnel/positivisme/whatever, c'est dommage mais bon, j'imagine que c'est ça que tu as en tête quand tu parles de "sonner faux" ? ou pas ?)Mmmmm j'ai du mal à m'exprimer :mrgreen: Quelque chose qui te donne pas envie de déprimer quand il est fini, quoi ? aprèèèèès encore une fois... j'aime bien déprimer sur certains sujets que j'ai lus, j'en ressors mieux après, justement - et j'aime vraiment, comme quand je lis Cioran. Oui ça met dans un état pas très heureux mais ce qui succède à cet état-là c'est une sorte d'éclat très curieux que je ne rallie pas à de la tristesse.
parce qu'on en a parlé y a quelques jours avec ben.g... : est-ce que vous lisez des livres qui font se sentir bien ? en cherchez-vous ?oui ! j'adore quand je finis un livre avec la sensation d'un coup de fraîcheur douce au cœur, en général derrière je l'offre à tout le monde ! J’apprécie aussi énormément les livres qui me font rire, et pour le coup c'est pas forcément les romans qui se veulent humoristique qui y arrivent, si c'est un peu gros ou cliché ça marche pas du tout pour moi (on m'avait passé un Legardinier j'ai trouvé ça nuuul, ou le super connu "vieux qui fêtait son anniversaire" pareil j'ai déteste, etc), il me faut un truc plus dans la finesse ou l'autodérision je dirais.
est-ce que ça vous attire/parle d'écrire un texte non dramatique/grave ? si non, pourquoi pas ? est-ce que ça sonnerait faux ou pas forcément ?hmmm on peut avoir un contenu pas uniquement positif et joyeux, qui aborde du grave, dramatique, des problèmes, mais que ça baigne quand même le lecteur dans un sentiment de bien-être au final, non ?
Je ne sais si ça répond à la question, mais de base lire un livre bien écrit, peu importe le thème traité, me fait me sentir bien presque directement.
LOL.
un livre où tous les personnages sont très très très très malheureux, si c'est bien écrit, je me sens bien
parce qu'on en a parlé y a quelques jours avec ben.g... : est-ce que vous lisez des livres qui font se sentir bien ? en cherchez-vous ?C'est rigolo comme questions, je me les étais jamais posées ! C'est pas un critère que je recherche quand je choisis un livre à lire, je me pose pas la question de ce qu'il va me faire ressentir. J'ai tendance à éviter les histoires où quand on lit la 4e de couverture, on se dit "ouh la, quel drame", mais j'ai rien contre un livre grave, c'est juste qu'en général, quand c'est annoncé dans le 4e de couverture, c'est que ça tend vers le larmoyant plus que dans le profond...
est-ce que ça vous attire/parle d'écrire un texte non dramatique/grave ? si non, pourquoi pas ? est-ce que ça sonnerait faux ou pas forcément ?Oui à la première question, je trouve pas que le non-dramatique sonne plus ou moins faux que le dramatique, ça dépend comment c'est écrit, non ?
« Tout est foutu, soyons joyeux », « Rassurons-nous, tout va mal » : Voilà les maximes préférées de Clément Rosset, telles des remèdes à notre époque contemporaine angoissante. Il nous apprend à nous foutre de tout et à rester joyeux malgré notre condition de mortel, à être capable d’embrasser gaiement l’existence pour accéder à la sagesse et au bonheur, à écarter toute raison de désespérer.
Entre 2006 et 2017, Clément Rosset a accordé une quinzaine d’entretiens à Alexandre Lacroix pour Philosophie magazine. Ils ont fourni la matière de ce livre en huit chapitres, qui permettent de faire un premier pas dans la pensée de ce grand homme. Philosophe de la joie et du tragique, mais non pessimiste, Clément Rosset défendait une vision incarnée de la philosophie, loin de l’image du penseur dans sa tour d’ivoire. Il défendait surtout un réalisme absolu et radical. Pour lui, seul le réel existe.
LOL.
un livre où tous les personnages sont très très très très malheureux, si c'est bien écrit, je me sens bien
Sadisme ou catharsis ? :D
C'est le roman de fantasy jeunesse Le château de Hurle, de Diana Wynne Jones. Quelqu'un sur le forum - je sais plus qui, je crois que c'était Baptiste - avait dit que ce livre démontrait qu'il était faux de dire que les gens heureux n'ont pas d'histoire...ah tiens, je vais me le noter alors parce que ça a l'air d'aller complètement vers mes interrogations ^^
est-ce que ça vous attire/parle d'écrire un texte non dramatique/grave ? si non, pourquoi pas ? est-ce que ça sonnerait faux ou pas forcément ?Oui à la première question, je trouve pas que le non-dramatique sonne plus ou moins faux que le dramatique, ça dépend comment c'est écrit, non ?
En tout cas quand tu vis une série d'événements qui te produisent de la joie, je doute que ce soit très plat et c'est plein de rebondissements
la joie, pour la plupart des grands courants philosophiques qui en parlent, c'est largement indépendant des événements
Chapitre 18 Il ne faut juger de notre bonheur qu’après la mort.
« Il faut toujours attendre la dernière heure d’un homme et de personne on ne peut dire qu’il a été heureux avant sa mort et ses funérailles » [Ovide, Métamorphoses, III, 135]
1.Les enfants connaissent, à ce propos, l’histoire du roi Crésus ; capturé par Cyrus et condamné à mort, sur le point d’être exécuté, il s’écria : « Ô Solon, Solon ! ». Cela fut rapporté à Cyrus, lequel s’enquit de ce que cela signifiait. Crésus lui expliqua qu’il vérifiait maintenant à ses dépens l’avertissement que lui avait donné autrefois Solon, selon lequel les hommes, quelle que bonne figure que leur fasse le destin, ne peuvent se dire heureux avant d’avoir vu s’écouler le dernier jour de leur vie, tellement les choses humaines sont incertaines et diverses, au point qu’une variation minime peut les amener à passer d’un état à un autre complètement opposé.
2.Et pourtant voici ce que répondait Agésilas, à quelqu’un qui disait le roi de Perse heureux d’être parvenu fort jeune à une situation si importante : « Oui, mais Priam, à cet âge, n’était pas malheureux non plus. » Parmi les rois de Macédoine successeurs du grand Alexandre, on trouve tantôt des menuisiers et des greffiers à Rome, des tyrans de Sicile, des maîtres d’école à Corinthe. Un conquérant de la moitié du monde, général de tant d’armées, devient un misérable suppliant aux pieds des médiocres fonctionnaires du roi d’Égypte : voilà ce qu’a coûté au grand Pompée la prolongation de sa vie pour cinq ou six mois...
3.Et du temps de nos pères, Ludovic Sforza, dixième duc de Milan, qui avait si longtemps agité l’Italie contre nous, finit ses jours prisonnier à Loches, mais après y avoir passé dix ans, ce qui est bien le pire. La plus belle reine, veuve du plus grand roi de la chrétienté, ne vient-elle pas de mourir par la main du bourreau ? Indigne et barbare cruauté ! On pourrait citer mille exemples de la sorte. Car il semble que, comme les orages et les tempêtes sont piqués au vif par l’orgueilleuse allure de nos bâtiments, il y ait aussi là-haut des esprits jaloux des grandeurs d’ici-bas : « Tant il est vrai qu’une force cachée renverse les puissances humaines, foule aux pieds l’orgueil des faisceaux et des haches impitoyables, et s’en fait un objet de dérision. »
4.Il semble que le destin guette précisément le dernier jour de notre vie, pour montrer qu’il est capable de renverser en un instant ce qu’il avait bâti de longues années durant, et nous fasse crier après Laberius :
« Certes, ce jour est de trop dans ma vie. » – [Macrobe, Saturnales, II, vii]
5.Ainsi peut-on prendre l’avertissement donné par Solon. Mais comme c’est un philosophe, et que pour les philosophes les faveurs ou les disgrâces du sort ne sont ni des bonheurs ni des malheurs, que la grandeur et la puissance sont des accidents dont la valeur est pour ainsi dire négligeable, je considère comme vraisemblable qu’il ait pu voir un peu plus loin, et qu’il ait voulu dire ceci : le bonheur d’une vie, qui dépend de la tranquillité et de la satisfaction d’un esprit bien né, de la résolution et de l’assurance d’une âme bien trempée, ne doit jamais être attribué à un homme avant qu’on ne l’ait vu jouer le dernier acte de sa comédie, qui est sans doute le plus difficile.
6.Car dans tout le reste, il peut y avoir du faux-semblant : ou ces beaux discours de la philosophie ne sont en nous qu’une attitude, ou bien au contraire, les avatars de l’existence ne nous atteignant pas, nous pouvons conserver un visage serein. Mais quand vient la dernière scène entre la mort et nous, il n’est plus question de feindre, il faut parler français ; il faut montrer ce qu’il y a de bon et de net dans le fond du pot.
« Car alors seulement, des paroles sincères nous sortent du fond du cœur, et le masque enlevé, la réalité demeure. » [Lucrèce, III, v. 57]
Montaigne, Les Essais traduction en français moderne par Guy de Pernon (https://www.argotheme.com/montaigne_essais_traduction_1.pdf)
Et du coup oui, j'ai l'impression (c'est vera qui disait ça dans son hiver je crois) qu'on a plus tendance à prendre la plume quand on va mal. Que c'est plus facile de ces moments là d'écrire et que du coup, dans les moments où on va bien, où des bonnes choses se passent pour nous, on n'aura moins le reflexe de se mettre sur le clavier pour écrire une histoire autour de ça. Et c'est bizarre, quand même, comme réflexe. Quelque part je me dis que c'est pas mal alimenté par le cliché de conscience collective de l'écrivain malheureux, du poète spleenesque, d'un certain romantisme à outrance du malheur (et pas que hein, souvent écrire des drames ou des choses comme ça, c'est utile, soit pour dénoncer des rouages de la vie qui se cassent la gueule, soit par besoin naturel de se rapprocher des autres pour savoir/et lire qu'on n'est pas tout seul à vivre ce genre d'épreuves.)Sur ce point, je pense que t'auras autant d'avis que de gens qui écrivent !
Mais re-du coup, j'en sais rien, est-ce que comme la tristesse ça déborde et c'est solitaire on a besoin de se rassembler ? Et ça veut dire quoi, que la joie on a moins besoin de la partager ?
Bref, quand tu regardes les étals des nouveautés en librairie, c'est assez révélateur la place que prend le drame ou le malheur. Dans une société où tout le monde a l'air d'être à la recherche du bonheur illusoire, c'est révélateur aussi :mrgreen: Tiens c'est marrant aussi, je me souviens là en écrivant du livre Le zèbre d'alexandre Jardin, bah c'est un livre qui essaye de surtout se baser sur des moments de joie, qui en ressort beaucoup de joie, alors que le sujet c'est le cancer... Encore une fois, aller chercher ce qu'il y a de plus joyeux en contraste avec des évènements difficiles.Ouais mais (*mode historienne on*) est-ce que c'est pas un fait social, ça, plutôt qu'une vérité universelle ? Notre époque actuelle est vachement sujette au désenchantement. C'est une sorte de "mode" (enfin, plutôt qu'une mode, c'est une "mentalité" sous-jacente qui ressort dans les oeuvres d'art). Je sais pas, faudrait regarder à d'autres époques pour comparer.
J'avais déjà envie de lire le Chateau de Hurle depuis que tu en parles, mais j'en ai encore plus envie maintenant ^^ Par contre si je te suis bien tu le classes dans le "pas profond", ce qui m'interloque un peu. Alors l'allégresse, le sentiment de bien-être, ne pourrait pas être profond, ou je n'ai pas suivi ?Alors pour le coup, Le Château de Hurle c'est pas profond, non ^^ Mais je pense pas que ce soit intrinsèque au fait d'écrire la joie. (Je voulais juste dire que dans les trois bouquins que je citais, je m'étonnais de constater que c'était pas mes lectures les plus profondes qui m'avaient le plus profondément marquée).
J'ai eu du mal à cerner ce dont je voulais parler, je pense ! Je crois que j'ai voulu définir la joie comme non-tristesse, par la négative, ce qui est au final très large - et recouvre le pas dramatique, le léger, le joyeux, l'humour, etc. Donc au sens très large, "qui fait se sentir bien" à la fin de la lecture.Pour moi c'est vachement différent !
Je sais que, perso, c'est le contraire : si ça va pas, j'arrive pas à écrire. Et même, j'arrive plus à inventer des textes (c'est même pas le fait de pas avoir la motivation de les écrire). Par contre quand ça va bien, j'écris, et du coup ça va encore mieuxOui c'est vrai ^^ Et c'est cool, après ça dépend aussi ce que t'écris et dans quels projets tu te lances, donc oui il peut y avoir tout types de réponses.. Mais j'ose quand même celle-là haha, est-ce que quand tu vas bien tu écris pour autant des histoires "joyeuses" (bon, ça peut être neutre en fait), mais je sais que même quand ça va bien, j'ai tendance à écrire des trucs tristes pour vider ce qu'il y avait avant, en gros..
Je sais pas, faudrait regarder à d'autres époques pour comparer.c'est marrant mais (biais), la première à laquelle je pense c'est confessions d'un enfant du siècle, les rimbaud les baudelaire et toute la sensation d'industrialisation qui était pas joyeuse joyeuse sur bien des aspects
En somme, le "retour à la joie" c'est l'enjeu de l'histoire. Donc on a du mal à penser une histoire qui s'affranchirait de ça pour faire que la joie soit le coeur du récit et non plus son enjeu.Exactement ! Et c'est marrant du coup comme beaucoup de bouquins se basent sur ce retour à la joie (j'adore l'expression gosh, j'adopte) sans pour autant au final la faire vivre vraiment au lecteur, sous pretexte souvent de montrer que la joie c'est un peu une illusion (hm, devrait dire "le bonheur" sur cette phrase plutôt en vrai) souvent fantasmée
Non, c'est indépendant, des fois j'écris des trucs joyeux, des fois des trucs qui se veulent moins joyeux, ça vient pas de mon état d'esprit au moment où j'écris. Par contre, ouais, quand ça va pas, j'emmagasine sans m'en rendre compte le malaise qui peut ressortir comme "matériau" dans un autre texte. Mais je crois que ça fait pareil avec la joie.CiterJe sais que, perso, c'est le contraire : si ça va pas, j'arrive pas à écrire. Et même, j'arrive plus à inventer des textes (c'est même pas le fait de pas avoir la motivation de les écrire). Par contre quand ça va bien, j'écris, et du coup ça va encore mieuxOui c'est vrai ^^ Et c'est cool, après ça dépend aussi ce que t'écris et dans quels projets tu te lances, donc oui il peut y avoir tout types de réponses.. Mais j'ose quand même celle-là haha, est-ce que quand tu vas bien tu écris pour autant des histoires "joyeuses" (bon, ça peut être neutre en fait), mais je sais que même quand ça va bien, j'ai tendance à écrire des trucs tristes pour vider ce qu'il y avait avant, en gros..
Ouais mais, justement, tu cites pile la période désenchantée de la littérature mi-XXe siècle post 2e guerre mondiale ! Littérature que j'aime pas du tout d'ailleurs, haha. J'ai pas assez de recul pour apporter une analyse précise sur le détail décennie par décennie (je trouve ça plus facile à faire pour les films ou les séries, parce qu'y en a moins et que c'est plus directement mainstream, plus facile à isoler comme objet d'analyse que la littérature où y a pleiiiiin de publications chaque année). Par contre, c'est clair que la littérature reflète (et paradoxalement, formate aussi) les esprits du temps.CiterJe sais pas, faudrait regarder à d'autres époques pour comparer.c'est marrant mais (biais), la première à laquelle je pense c'est confessions d'un enfant du siècle, les rimbaud les baudelaire et toute la sensation d'industrialisation qui était pas joyeuse joyeuse sur bien des aspects
Et je sais pas, si on prend la période nouveau roman, ou les surréalistes, dans des périodes post guerres où y'avait des choses à reconstruire et commençait à aller mieux, y'a beaucoup d'expérimentation, de nouveauté apportées. Du coup oui, t'as raison là-dessus, c'est pas mal témoin de notre époque actuelle... (et pour la littérature contempaine des années 80 à maintenant, je ne sais pas trop quoi en retenir, l'avènement du je, de l'exploration interne presque psychanalythique ? Tiens, Coehlo, ça c'est "lumineux", qu'on aime ou pas, Jacottet en poésie aussi, pas mal de littérature légère aussi mais ça je pense que c'est pas forcément témoin d'un époque légère, que y'a un peu toujours eu des romans "faciles", romance ou de gare (enfin sur les deux derniers siècles)
(et en SF la grosse mode actuelle de l'effondrement, ouaip c'est clair que ça marque quelque chose ^^ )
Dans les exemples que je citais dans mon autre post, là, ceux qui m'étaient venus directement en tête, c'était un peu ça ! Dans L'espace d'un an (space opera de Becky Chambers) on suit un équipage multi-espèce à bord d'un vaisseau qui part pour une mission d'un an à l'autre bout de leur galaxie, et les personnages traversent des péripéties (attaque de pirates, passé douloureux, maladie, choc de cultures) mais l'ensemble du livre c'est surtout sur comment ils s'accommodent de tout ça pour vivre leur vie. C'est du space opera sans aventures en fait - enfin, il y a ce qu'on appellerait des aventures, mais les personnages les vivent comme des moments de leur vie, au même titre que les moments où ils nouent des amitiés, où ils se comprennent alors qu'ils viennent de cultures super différentes, où ils échangent des moments de vie quotidienne. C'est un livre vachement tendre, sans pour autant être niais. Je trouve qu'il réussit bien cet équilibre de montrer la vie de personnages heureux, ce qui veut pas dire qu'ils ont pas de problèmes, mais l'enjeu de l'histoire est finalement le plein développement de l'harmonie entre eux. ...ok ça fait ultra hippie new age quand je dis ça :D Mais le livre est pas niais, et il pose de vraies questions (comme : comment vivre avec la peur après avoir vécu une agression, par exemple). C'est pas un graaand livre, mais il est pas non plus superficiel...CiterEn somme, le "retour à la joie" c'est l'enjeu de l'histoire. Donc on a du mal à penser une histoire qui s'affranchirait de ça pour faire que la joie soit le coeur du récit et non plus son enjeu.Exactement ! Et c'est marrant du coup comme beaucoup de bouquins se basent sur ce retour à la joie (j'adore l'expression gosh, j'adopte) sans pour autant au final la faire vivre vraiment au lecteur, sous pretexte souvent de montrer que la joie c'est un peu une illusion (hm, devrait dire "le bonheur" sur cette phrase plutôt en vrai) souvent fantasmée
Parce que oui comme tu dis, la joie comme le bonheur de toute façon c'est passager, mais c'est souvent traité sous forme de quête et assez peu vécu en tant que tel.
Mais ouaip, du coup cette question de donner de l'enjeu à la joie, à un récit qui serait majoritairement empreint de joie (sans créer des péripéties forcément pour créer cette tension, mais en en présentant quand même parce que bah, a fait partie de la vie. Mais genre, un perso qui en fait ne se fait pas détruire par les soucis, je me demande comment on donne de l'enjeu à ça, un personnage qui a un bon moral quoi et pas chiant ni lassant pour autant hm. Je veux dire, le récite baigne de toute façon dans un état d'esprit, il peut être sombre, il peut être neutre, mais un truc qui, indépendament de ce qui se passe, baigne dans un état lumineux -j'arrive pas à trouver d'autre terme qu'un exemple synésthésique un peu manichéen, déso ^^ )
En fait j'suis total HS... j'ai répondu à 'lire et écrire avec joie'... rien à voir Oo tant pis, je laisseTu veux que je sépare ton post pour créer un nouveau fil sur cette question-là ? Comme ça ça fait plus propre dans cette conversation et ça peut lancer la discussion sur ta question à toi, en parallèle ?
est-ce que vous lisez des livres qui font se sentir bien ? en cherchez-vous ?
est-ce que ça vous attire/parle d'écrire un texte non dramatique/grave ? si non, pourquoi pas ? est-ce que ça sonnerait faux ou pas forcément ?
Je pense au splendide L'Art de la joie, de Goliarda Sapienza, qui est pour moi LE livre de la joie. Je ne veux rien spoiler ici, je ne sais pas si vous l'avez lu, mais si c'est le cas je trouve qu'il donne beaucoup, beaucoup à penser sur l'expression / la représentation de la joie en littérature (une joie qui monte, qui monte, puis qui finit par vous tordre la gorge)
fondamentalement les livres qui me rendent joyeux sont les livres que je trouve bons (peu importe s'il arrive des choses trèèèèèèèèèès tristes aux personnages) et les livres qui me rendent malheureux sont les livres que je trouve mauvais (peu importe s'il arrive des choses trèèèèèèèèèèèès chouettes aux personnages).Sujet très intéressant, merci de l'avoir ouvert ! Lire vos échanges donne du grain à moudre.Citation de: Miromensilest-ce que vous lisez des livres qui font se sentir bien ? en cherchez-vous ?
Des livres qui font se sentir bien, oui, mais ça n'implique pas nécessairement que ces livres soient joyeux. Se sentir bien, ressentir le plaisir du lecteur, ça peut venir de tout autre chose : une prose à la beauté juste, un récit qui transporte dans l'ailleurs, l'expérience de l'altérité.
Je ne pense pas chercher des livres qui font se sentir bien, au sens "feel-good" du terme ; pas que je considère ça comme inférieur, simplement je ne m'étais jamais posé la question de cette manière.