Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Caliban le 14 Juillet 2010 à 10:06:38
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Inspiration estivale ...
Je viens de monts veinés par les serments du temps
Qui coulent sur les joues des collines en feu
Et ramènent aux bords des stériles combats
Le grain de la vision et le son de la nuit.
Partie de ces contrées où l’on vit sans retour
J’ai longé les torrents et passé les courants,
A travers les forets, j’ai appelé sans cesse
Le soleil répondait soutenu par le vent.
Emportée par mes pas qui s’impriment sur terre
J’ai rallié l’océan et ses voiles de neige
Car longeant les rebords qui bordent les fontaines
On voit surgir parfois les brises du néant
Qui ouvrent le chemin au flot des capitaines
Comme au rire des galoches sur le pavé mouillé.
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Les alexandrins semblent corrects, je n'ai pas vérifié jusqu'au bout.
Qui coulent sur les joues des collines en feu
Et ramènent aux bords des stériles combats
Le "et" pose un problème de rythme. En répétant "qui", il me semble que ça sonne plus juste. Sinon, "de stériles combats".
Partie de ces contrées où l’on vit sans retour
J’ai longé les torrents et passé les courants
A travers les forets, j’ai appelé sans cesse
Le soleil répondait soutenu par le vent.
Ponctuation. Je suppose que la première phrase se termine à "courants". Après j'ai un peu de mal avec le dernier vers.
Soutenue par mes pas qui s’impriment sur terre
Deux fois "soutenu par...". J'éviterais la répétition.
J’ai rallié l’océan et ses voiles de neige
Bien ! ^^
On voit surgir parfois les brises du néant
Pourquoi tu passes de "je" à "on" ?
Qui ouvrent le chemin au flot des capitaines
Je ne comprends pas bien ce vers. C'est dans le sens "sur le flot, sur les flots ?"
Comme au rire des galoches sur le pavé mouillé.
"Comme au ?", "comme le" Sinon, c'est dommage, je trouve qu'y manque quelque chose à cette fin. C'est un peu plat de terminer par "sur le pavé mouillé". Moi, ça me donne envie d'en savoir plus...
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Dans l'ensemble j'ai aimé certains passages. Après, je ne sais pas, "Djinn d'été" ? Je n'ai pas compris le rapport ??? Je m'attendais à voir de la tourmente, des torrents, quelque chose de plus violent ou au contraire plus doux. Bref, mais ça va !
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Oui je crois que ce sont tous des alexandrins, je m'y suis en tout cas particulièrement appliquée :huhu:
Le "et" était justement pour moi un facteur de rythme et je préfère le "des" car il maintient une certaine ambiguité (soit il dépend du verbe soit de "bords").
Il manque bien une virgule après "courants" c'est vrai mais en fait j'amais bien la répétition de "soutenue"...
Le "on" est une tentative pour élargir un peu la scène, la ramener à une expérience un peu plus commune.
Il s'agit "du flot des capitaines" comme quand on dit le flot de la foule qui est comparé par le "comme" avec "le rire des galoches"
L'aspect un peu déceptif de la fin est voulu ;) et ici mon Djinn est une expérience volatile presque un sentiment.
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Soutenue par mes pas qui s’impriment sur terre
J’ai rallié l’océan et ses voiles de neige
Car longeant les rebords qui bordent les fontaines
On voit surgir parfois les brises du néant
Qui ouvrent le chemin au flot des capitaines
Comme au rire des galoches sur le pavé mouillé.
"On voit surgir parfois les brises du néant", ce vers-là me déplait, d'un point de vue sonore.
Quant au dernier, qui doit bien compter quatorze petits soldats...ben, de même.
Dommage, à mes yeux, car si le thème m'indiffère au plus haut point, la musique, elle, me plaisait bien.
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Salut !
J'aime bien la musicalité du texte. J'apprécie surtout la dernière strophe, plus évocatrice et imagée. La répétition de soutenu fait un peu tâche. Et si la fin est voulue, elle est bien frustrante ! Elle fait perdre la musicalité du texte. Dommage.
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Et oui la frustration ... ::)
pour la répétiton ... le but est de maintenir le rythme mais bon c'est sans doute personnel comme impression :huhu:
merci pour ton commentaire !
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Salut ! J'ai bien aimé ton poème ! Il est agréable à lire, plutôt évocateur... Il y a juste, à mon sens, la répétition de "soutenu" qui pêche un peu. Voilou ! :)
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C'est drole j'étais justement en train de réfléchir à cette répétition quand tu as posté ton commentaire !
j'ai donc opéré un petit changement de vocabulaire ...
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^^ Oui c'est bien comme ça je trouve !
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Car longeant les rebords qui bordent les fontaines
Rebords qui bordent... hum... Ça répète « or »
C'est fait exprès ?
Hormis ce petit détail, je ne donnerais pas d'autre défaut à ce poème (qui est tout à fait sublime :coeur:) !
:mrgreen:
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Merci pour les commentaires !!
oui c'est fait exprès, je dirais même que c'est "bord" que je répète pour insister sur l'idée de limite....
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Plutôt plaisant, quelques jolies images, sonoritées. Mais il y a un peu trop de plomb dans ce que devraient être des pieds d'argiles, pour favoriser un balancement propre au djin d'été. L'évanescence permet parfois de mieux faire surgir les images tranchantes, acérées, de la brume ambiante où elles prennent vie. Ici c'est trop déclamatoire, a cause du rythme notamment, monotone, prévisible. Mais le poème glisse, malgré tout. Cela doit beaucoup aux sonorités qui se tiennent par la main, qui s'appellent. C'est ardu a écrire, ce genre de poème. Mais cela pourrait être mieux.
Quelques détails :
Je viens de monts veinés par les serments du temps
Qui coulent sur les joues des collines en feu
Et ramènent aux bords des stériles combats
Le grain de la vision et le son de la nuit.
L'oxymore dans les sonorités (douces, "s", "i", "é" et dures "k" "b") n'est ici pas heureux. Ce n'est pas assez fluide. Le premier vers ne me plait guère, proposant une image grandiloquente, au parfum trop lourd de mauvais romantisme, pour concrètement prendre chair. "Les joues des collines", en revanche, et malgré son côté déjà-vu, fait son petit effet.
Partie de ces contrées où l’on vit sans retour
J’ai longé les torrents et passé les courants,
A travers les forets, j’ai appelé sans cesse
Le soleil répondait soutenu par le vent.
Cette strophe est parfaite, au sens où elle glisse naturellement. L'image est bien.
Emportée par mes pas qui s’impriment sur terre
J’ai rallié l’océan et ses voiles de neige
Car longeant les rebords qui bordent les fontaines
On voit surgir parfois les brises du néant
Qui ouvrent le chemin au flot des capitaines
Comme au rire des galoches sur le pavé mouillé.
"voiles de neige" : on se dit oui mais... non. C'est une jolie image qui a été manquée.
"rebords qui bordent" pour moi ça n'insiste pas, c'est juste redondant.
A part deux-trois lourdeurs, les sonorités sont bonnes.
En conclusion, le poème fut agréable à la lecture, mais laissant au niveau des sensations un gout de trop peu. Du point de vue formel, il parait parfois bêtement baclé, manqué. La faute à une inspiration déficiente ? C'est dommage. Je dirais peu mieux faire.
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Grandiloquent oui ... j'ai presque envie de dire forcément vu le thème ... en tout cas je dirais affecté ^^
Pour le raccourci nature = romantisme, je le trouve un peu ... court et du coup ça donne un petit coté galvaudé à l'image, ce que je trouve dommage.
"voile de neige", une image manquée dans quel sens ?
Pour les bords qui bordent, c'est aussi un problème de vocabulaire ... que mettre d'autre si ce n'est ceindre ou entourer qui ne collent pas ?
Enfin dernière question ( ;D) ton gout de trop peu n'est-il pas lié ou proche du sentiment de Matt de fin trop plate/donnant envie d'en savoir plus ou de la frustration de Plume' ?
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Grandiloquent oui ... j'ai presque envie de dire forcément vu le thème ... en tout cas je dirais affecté ^^
Pour le raccourci nature = romantisme, je le trouve un peu ... court et du coup ça donne un petit coté galvaudé à l'image, ce que je trouve dommage.
C'est plus "les serments du temps" qui m'a gêné, que la nature.
"voile de neige", une image manquée dans quel sens ?
Au sens où il y a une originalité, quelque chose qui surprend, mais qui échoue a donner une belle image parcequ'elle ne s'incarne pas assez, elle ne reste que mots. Ce n'est qu'un ressenti personnel difficilement explicable.
Pour les bords qui bordent, c'est aussi un problème de vocabulaire ... que mettre d'autre si ce n'est ceindre ou entourer qui ne collent pas ?
Non, pour moi mettre un synonyme de changerais rien. Insister et faire de la redondance, c'est différent, et pour moi ici c'est redondant. C'est comme si tu disait "le truc léger était pas lourd"
Enfin dernière question ( ;D) ton gout de trop peu n'est-il pas lié ou proche du sentiment de Matt de fin trop plate/donnant envie d'en savoir plus ou de la frustration de Plume' ?
La conclusion ne m'a pas trop dérangé, c'est juste qu'une fois le poème fini on se dit, voilà, il a échoué a imprimer grand-chose a l'esprit.
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Attiré par le Djinn, je ne suis absolument pas déçu et on retrouve le démon au travers du poème.
La musicalité qui nous empêche de partir et qui fait couler le poème tranquillement et la chute qui brise tout et frustre.
Rien à (re)dire.