Le haïku glisseCelui-ci me semble très hors sol. Même si ce qui est dit est joli.
Une brise de pensée
Trois vers enlacés
Une étoile glisseétoile, ciel, nuit, cela fait beaucoup de sujets distincts et à la fois proches
Ô extase d'une nuit
Ciel, entends mon vœu
Tout glisse sur moiIci j'aime beaucoup l'idée mais je trouve qu'il y aurait possibilité d'encore mieux mettre en valeur l'image et de créer l'étonnement. Par exemple en commençant par l'image poétique, éphémère de la pluie, pour conclure sur une dimension plus profonde et existentielle.
Comme des gouttes de pluie
Sur un parapluie
Gouttes sur mon les parapluie,
ruissellent
Je suis toile.
Ballet de parapluies
ma toile
Les ondée glissent
gouttes sur ma toile
Parapluie.
Les gouttes glissent
sur ma toile
Parapluie.
(j'abandonne, je ne trouve pas là, je te laisse ça en l'état, je reviendrai peut-être là dessus si tu le souhaites)
Une larme glisseCelui là aussi j'aime bien les images. C'est pas ce qu'il y a de plus ancré mais on reste sur quelque chose de concret et descriptif.
Un éclair qui fend le bleu
Du ciel de tes yeux
Le silence glisseIl y a encore de la matière ici mais je pense que tu pourrais l'améliorer. Réorganiser, donner de l'originalité, et enlever des mots comme « comme »
Il me pèse sur le cœur
Comme un long supplice
silence [tu pourrais décrire quelque chose qui évoque ce silence, l'environnement dans lequel tu t'y trouves]
Poids sur le cœur.
Sur mes lèvres glisse
Une goutte d'eau salée
Mon âme dérive
L'injustice glisseLà je trouve qu'on s'éloigne un peu du concret pour aller sur quelque chose de plus conceptuel et idéel.
Se faufile comme un rat
Un fléau sans loi
Ma mémoire glisseici pareil.
Aspirée par les années
Le vent a tourné
J'essaierai d'écrire un vrai haïku.Non mais rassure toi sur ce point, comme je l'ai dit autre part, je n'ai pas la prétention, ni même l'intention, contrairement à ce que certains pensent, de dire si ceci ou cela est ou non un haïku, un "vrai" haïku. Dans la mesure ou certains revendiquent le genre, étant donné l'actualité de l'intérêt pour la question, qui a je le reconnais, ravivé ma curiosité, j'essaye de mettre en pratique ce qui s'est dit et compris et de partager ma lecture qui en est une parmi tant d'autres.
Je pense aussi que cette apparence de simplicité et l'ancrage au réel est, au fond, un exercice très difficile, car il ne faut pas que ce soit non plus trop simpliste et banal, il faut, comme je l'ai souligné plus haut, que ça plonge dans une sorte d'état contemplatif ou méditatif, il doit y avoir quelque chose de humble qui relève de la sagesse au sens philosophique...Tout à fait d'accord, j'ai moi-même échoué à proposer quelque chose qui te mettrait sur la voie à partir de ma propre critique.
la poésie doit amener dans une autre dimension, un inconnu, un monde un peu fantastique...Je n'aime pas écrire sur la banalité du quotidien...Oui mais pour moi cette autre dimension, ce passage dans un monde autre, tient plus du regard face au monde que du monde lui-même. Car en vérité, il n'y a rien de perceptible en dehors du monde réel et banal lui-même.
où l’on aurait peine à trouver une expérience sensible vraiment déterminanteEnfin, je ne sais pas si tu as bien lu les poèmes que tu proposes :
Tu es de mauvaise foi, voilà ce que je pense. Et assez habile, je dois l’admettre, pour recouvrir tes contradictions.Habile, Bill... :D
Pourquoi refuser à l’injustice et à la mémoire le privilège de l’expérience sensibleCe n'est pas forcément l'injustice ou la mémoire en tant que tel. Même si je trouve déjà audacieux de s'attaquer à ces dimensions dans un haïku.
L’époque d’Issa n’est pas l’ère Meiji.Il est vrai. Cependant l'époque moderne débute plus tôt avec « les grandes découvertes » européennes et pour le Japon, le commerce avec les européens qui enclenche le processus d’industrialisation et accélère le « développement » économique et l'urbanisation. Les paysans croulent sous l'Impôt, le Japon bouillonne.
Hey hey, je viens tester un nouvel haïku qui est de circonstance :).
Le soleil en berne
Dans le ciel Cotonneux
A fermé ses volets
Drink,
Yes, encore champagne pour tout le monde! :glou:
Merci beaucoup! :D
Au fait, on n'est pas loin car moi je suis dans le nord, donc normalement on a le même ciel gris et cotonneux #:s.
Mais moi, je n'ai pas eu de neige :'(.
ça fait vraiment trop plaisir de réussir son haïku. :pompom:
Dans le brouillard
Sans nul horizon
Surgit une idée claire
Slt Angie!
Dans le brouillard
Sans nul horizon
Surgit une idée claire
celui-là me parle bien on peux l'interpréter de plusieurs manières!
Sur les toits fumants
L'aube au sourire de givre
Plante son drapeau
Larmes de buée
Sur les fenêtres glacées
Je souffle un baiser
Rires enflammés
Sur les flaques d'eau gelées
Les enfants glissent
"Les enfants glissent", ça fait 4, mais pas grave.... ;)
Sur les toits fumants
L'aube au sourire de givre
Plante son drapeau
Larmes de buée
Sur les fenêtres glacées
Je souffle un baiser
Rires enflammés
Sur les flaques d'eau gelées
Les enfants glissent
Bon, même si nous n'avons pas forcément la même approche du haïku ni emprunté les mêmes voies, je trouverais dommage que tu « la boucles ». Je suis tout de même pour promouvoir la connaissance et la pratique du haïku quelle qu'elle soit ! Tu as fourni un effort pour appréhender le genre et son esprit, tu es comme nous autres en chemin, et je crois vraiment que le plus important dans le haïku c'est de cheminer, le carnet en poche, sismographe du regard poétique.
Voici donc les 3 derniers qui viennent clôturer mon aventure haïkuesque. Et comme j'avais ouvert le bal avec le verbe "glisser", je le terminerai avec ce même verbe. Ainsi la boucle sera bouclée.