Lettre au pied botté d'étoile
Matricule indéfini, sans catégorie.
Humain déterminé d'indétermination.
Je ne me permettrai aucun jugement.
Envers quoi que ce soit de l'entendement.
Car.
Ma plastique ne coule plus de source, j'erre entre les bâtiments vides car remplis de gens, après tout cela sert à ça les bâtiments, entasser des gens pour vider un peu l'atmosphère de son air pur, et alors, je n'ai plus rien que le far quand je veux pleurer, le crayon quand je veux sourciller, le lipstick pour t'embrasser, toi ma nymphe aseptisée, que j'aime, mince, c'est drôle comme on s'est imbriqués. Dehors les noeufs de cravates ou les vélosaures ; il n'y a même plus de place quand survient la pluie, qui nous miroire de glace dans l'ennui du soleil ; la peau à dix mille euros le centimètre carré de crème bronzante. J'erre sur les plages à la recherche d'une dune, celle qui m'accueillera le temps d'une paresse, à l'heure de ce coin de lune dans mes paupières à malice... Toi tu serviettes, et moi je coin de nappe. A nous deux on aurait tôt fait d'attirer les fourmis, heureusement grand-belle-maman a de la confiture sur les moustaches pour les divertir. Mais ne nous y trompons pas, ce biscuit dans le café, ce nez pahydermique, ne saurait être autrement qu'un bruissement de vie dans l'existence. Mon système sonore est entièrement dévoué à l'écoulement de mes vibrations. Je respire fort, j'évacue l'obstruction, et dans cet air de pollution, je m'évertue à ne pas suffoquer, à ne pas mourir asphyxié. Je peux lire sur les pancartes, lorsque j'erre dans les champs de pancartes. Et les lampadires itout. Les par-tartes pour les politiques maquillés ? Par-terre les pelles, on a chacun une part de responsabilité lorsque je dis que l'humanité s'est contruite autour d'une oeuvre fortuite, dont les crèmeries n'auraient d'oraculeries que le fait que je dégouline, que ma plastique ne coule plus de source, parce qu'il lui faut une nouvelle rivière à sa collection de larmes, un nouvel océan à gémir, une illusion de plus à naturer de hache-de-zoo. Zozoter un peu, je singe quelque fragmentation délirogène, m'en est témoin ce regard que je croise quand j'erre, une gène. Le far au coin, l'oeil dans le brouillard, le teint blafard par minerais, j'en déterminerais ce que je serais si... non rien. Alors j'erre, encore, entre les tableaux et les cadres, parce que c'est là que se nichent les artistes en manque de palabre : derrière les artifices, les affiches factices, tout n'est que racornure de toile. Et le musée... J'erre dans les rue, près du canal, rien n'est absolu, rien n'est normal. Alors je maugrée intérieurement, sans construction préalable, juste parce que merde, vraiment. J'erre sans but, c'est le but d'errer...
En un rien de temps.
Et pour l'emmurement.