(Mais aborder la question de l'homosexualité c'est en effet une autre manière de potentiellement mettre au jour de façon très vive/brutale le décalage culturel)
J'ai appelé ça "parler aux poissons"
Moi pour la communication orale, je fonctionne comme si je voyageais. A chaque dialogue, je cherche la langue commune pour qu'on s'y retrouve à deux. Si on me tire vers un truc auquel je comprends rien, comme je suis plutôt curieuse, je dis que je comprends pas quand je comprends pas et je demande de simplifier ou de réexpliquer jusqu'à ce que je comprenne. J'ai encore pas trouvé de sujet qui m'ennuie, me semble, y compris des trucs basique ou technique, j'aime bien me nourrir un peu de tout. Par contre quand ça tourne à des discours avec lesquels je suis en très profond désaccord, je perds mes moyens, je deviens toute rouge, je voudrais contre argumenter mais je sais pas faire calmement alors je parle vite et fort en lançant des "aaaah mais tu peux pas dire ça" (super constructif comme argument XD) et ensuite je m'en veux de pas avoir plus de culture et d'aplomb pour parler de mes idées (mais tout cela est un peu hors sujet).Tu as peut-être raison mais pour ma part, j'ai abdiqué.Trop long, trop compliqué. Faire l'idiot utile ne m'intéresse plus.
Et enfin, j'ai le plus souvent l'impression que ma vie/mes avis/mes connaissances ne sont pas intéressants à transmettre, donc souvent dans les dialogues je fais plutôt parler les gens d'eux, parce que pour le coup j'apprends toujours des histoires, des pensées, des trajectoires et que ça me passionne. Donc je me rappelle pas m'être retrouvée dans cette position que tu décris, Miléna.
Globalement j'ai l'impression que dans la communication orale, si on a des connaissances pointues (je peux pas parler d'intelligence, parce que pour moi l'intelligence des uns des autres n'a aucun sens à être comparée vu sa multiplicité), on peut en parler avec n'importe qui, même si y a un fossé, du moment où on fait l'effort de chercher le langage commun et le contenu où l'échange a un sens. Ce qui suppose d'être à l'écoute de ce que l'autre pense comprend et prend de ce qu'on raconte pour que ce soit bien un dialogue et non un monologue ou un cours...
Mais du coup, de fait, j'ai l’impression que si on arrive avec l'envie préfaite de parler d'un truc et d'en dire ça ça et ça, c'est une communication avec soi même et pas une relation orale avec la personne qu'on a en face. C'est pour ça que je disais que pour moi, dans chaque rencontre donnant lieu à communication orale, l'échange naît de l'addition des deux personnes. Et du coup j’ai tendance à trouver tout le monde intéressant (à part les gens trop bourrés ou je coupe court et je me barre 3615#les fêtes de village dans le beaujolais).
tu as dû mal me lire, je ne me sens ni idiote ni utile quand je parle la même langue que la personne en face de moi, et quand je suis dans la position inverse je me sens pas manquer d'intelligence si mon interlocuteur n'est pas capable de prendre le temps pour se faire comprendre, je me dis juste que je suis avec quelqu'un qui a envie de s'écouter parler et pas de transmettre ou d'échanger.Moi pour la communication orale, je fonctionne comme si je voyageais. A chaque dialogue, je cherche la langue commune pour qu'on s'y retrouve à deux. Si on me tire vers un truc auquel je comprends rien, comme je suis plutôt curieuse, je dis que je comprends pas quand je comprends pas et je demande de simplifier ou de réexpliquer jusqu'à ce que je comprenne. J'ai encore pas trouvé de sujet qui m'ennuie, me semble, y compris des trucs basique ou technique, j'aime bien me nourrir un peu de tout. Par contre quand ça tourne à des discours avec lesquels je suis en très profond désaccord, je perds mes moyens, je deviens toute rouge, je voudrais contre argumenter mais je sais pas faire calmement alors je parle vite et fort en lançant des "aaaah mais tu peux pas dire ça" (super constructif comme argument XD) et ensuite je m'en veux de pas avoir plus de culture et d'aplomb pour parler de mes idées (mais tout cela est un peu hors sujet).Tu as peut-être raison mais pour ma part, j'ai abdiqué.Trop long, trop compliqué. Faire l'idiot utile ne m'intéresse plus.
Et enfin, j'ai le plus souvent l'impression que ma vie/mes avis/mes connaissances ne sont pas intéressants à transmettre, donc souvent dans les dialogues je fais plutôt parler les gens d'eux, parce que pour le coup j'apprends toujours des histoires, des pensées, des trajectoires et que ça me passionne. Donc je me rappelle pas m'être retrouvée dans cette position que tu décris, Miléna.
Globalement j'ai l'impression que dans la communication orale, si on a des connaissances pointues (je peux pas parler d'intelligence, parce que pour moi l'intelligence des uns des autres n'a aucun sens à être comparée vu sa multiplicité), on peut en parler avec n'importe qui, même si y a un fossé, du moment où on fait l'effort de chercher le langage commun et le contenu où l'échange a un sens. Ce qui suppose d'être à l'écoute de ce que l'autre pense comprend et prend de ce qu'on raconte pour que ce soit bien un dialogue et non un monologue ou un cours...
Mais du coup, de fait, j'ai l’impression que si on arrive avec l'envie préfaite de parler d'un truc et d'en dire ça ça et ça, c'est une communication avec soi même et pas une relation orale avec la personne qu'on a en face. C'est pour ça que je disais que pour moi, dans chaque rencontre donnant lieu à communication orale, l'échange naît de l'addition des deux personnes. Et du coup j’ai tendance à trouver tout le monde intéressant (à part les gens trop bourrés ou je coupe court et je me barre 3615#les fêtes de village dans le beaujolais).
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Mais du coup, de fait, j'ai l’impression que si on arrive avec l'envie préfaite de parler d'un truc et d'en dire ça ça et ça, c'est une communication avec soi même et pas une relation orale avec la personne qu'on a en face.
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Puis je ne pense pas que les choses soient si dichotomiques... admettons que j'écrive, que j'aime ça, que j'essaie de communiquer ma passion à qqn (ça ne risque pas de m'arriver), et qu'il ne me comprend pas parce que son habitus est trop restreint et que dès qu'on lui parle de quelque chose qu'il ne connait pas, il ramène ce quelque chose (une passion pour un texte compliqué admettons) aux catégories appartenant à la terra cognita de son entendement, au point de réagir par la peur et par le rejet parce que ce dont je lui parlerais relèverait de terres inconnues (peut-être parce qu'il ne lit rien de compliqué), de sorte qu'il m'apparaisse comme un débile, j'ai conscience que dans d'autres domaines, très probablement, parce que je ne sais pas et je ne connais pas tout, ce serait moi le débile et le lui le "savant", ou du moins doté de connaissances que je n'ai pas (ça peut-être des connaissances pratiques).
Par exemple, quand je lis, et que quelqu'un vient, curieux, engage la discussion et me demande ce que je peux bien foutre avec cet objet entre les mains, et me dit : "c'est le Coran ?". Ca, ça me brise le coeur pendant le reste de la conversation (oui après l'oubli le recolle...). Y a tellement de choses dans ma vie qui sont articulées à la littérature, c'est une part tellement prépondérante en fait, que réaliser que pour beaucoup de monde sur cette planète la littérature est un concept inconnu et qu'il n'y a de livre que le Livre, ça m'en bouche un coin et c'est comme si mon coeur était une bibliothèque qui s'effondrait.
Ben à strictement parler, pour reprendre ta métaphore sur le pied de la lettre, quand on parle aux poissons (au premier degré et pour de vrai), ils en ont juste rien à foutre. C'est une absence d'intérêt et non un problème fondamental d'intelligence (je veux dire les poissons n'échouent pas à te comprendre, ils n'en ont même pas la motivation). Et puis, cela dit, les poissons survivront peut-être à l'humanité, pour ce qu'on en sait, restons donc humbles avant de les traiter de "cons" :mrgreen:. Blague à part, ça m'est arrivé de faire des gros bides en lançant une conversation avec quelqu'un qui n'en avait rien à braire ou à qui ça ne parlait absolument pas. Je ne suis pas sûr que ce soit une simple question d'intelligence... Sinon, comme Miromensil, je me classerai plutôt du côté des poissons, à la fois parce que je m'y sens mieux, et parce que je me vois plus comme ça (et pourtant je suis taureau comme signe astrologique, mais ça ne me va pas du tout |-|).Oui et c'est un peu ça tout mon dilemme.
Pour ma part, je perçois l'intelligence comme un muscle : on en est tous doté avec un potentiel équivalent (je ne crois pas personnellement en l'idée que certaines personnes serait "plus intelligente" de façon inné). Quand on pratique ce muscle (l'intelligence) on devient plus fort, comme n'importe quel sportif qui pratiquerait son sport avec régularité. Si on est assidu, et qu'on a la chance de travailler dans de bonnes conditions (un cadre de vie favorisant l'étude, l'accès à un enseignement de qualité, la possibilité de rencontrer et échanger avec une grande variété de personne, la multiplication des expériences de vie et des rencontres, ...) on progresse. Si à l'inverse on renonce à travailler ce muscle ou qu'on le travail dans de mauvaises conditions (on échange toujours avec les mêmes personnes ou avec un seul profil de personnes, on se trouve dans un cadre qui ne favorise pas l'étude, on reste enfermé dans sa zone de confort, on apprend auprès de mauvais professeur, ...) au mieux on ne progresse pas au pire on régresse.
Je note ta participation constructive à l'échange, bitch.Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Par exemple, penses-tu que ta frustration à communiquer avec les "poissons" puisse venir du fait que tu te fais une idée d'une intelligence "méritée" (par l'entraînement et la sollicitation mentale) plutôt qu'une intelligence "innée" ?Question rhétorique et argument fallacieux, combo :D
. Vous m'avez tous répondu (assez unanimement) qu'il n'y avait pas d'écart d'intelligence entre les individus et que mon sentiment d'écart venait grosso modo d'un sentiment de supériorité assez déplacé (ce qui n'est pas impossible).
Personnellement, je ne suis pas médecin, ni psychologue, et je n'ai pas assez de connaissance à mon sens pour avoir une perception juste des écarts cognitifs décrit par la science.
"je suis fane de course à pied, comment je peux faire pour arriver à partager cette passion à des gens pas sportifs ? est-ce que je peux faire quelque chose pour leur faire sentir ce qui me passionne dans cette discipline ou est-ce que leur aversion pour le sport rend de fait tout échange impossible ?".
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Vous m'avez tous répondu (assez unanimement) qu'il n'y avait pas d'écart d'intelligence entre les individus et que mon sentiment d'écart venait grosso modo d'un sentiment de supériorité assez déplacé (ce qui n'est pas impossible). Du coup j'explique un peu mieux ma conception des choses pour essayer d'éviter de passer pour la mégalo prétentieuse que je suis probablement, en expliquant ce sur quoi, selon moi se fondent les écarts que je perçois dans mes relations aux autres.
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Donc, si tu éprouves des difficultés à communiquer, intéresser, transmettre, je ne pense pas que l'intelligence soit le bon spectre de lecture pour comprendre celaoui je pense vraiment aussi ! ce qui n'empêche pas par ailleurs de réfléchir à ta question, miléna
Si je devais reprendre ma métaphore du sportif, ma question ressemblerait plus à "je suis fane de course à pied, comment je peux faire pour arriver à partager cette passion à des gens pas sportifs ? est-ce que je peux faire quelque chose pour leur faire sentir ce qui me passionne dans cette discipline ou est-ce que leur aversion pour le sport rend de fait tout échange impossible ?".je pense que la clef c'est l'empathie (dont parlait Verasoie me semble) et l'écoute/l'attention envers l'autre. Souvent dans un dialogue, on commence par s'écouter (sans même s'en rendre compte) parce que ça donne le ton et le thème. Et après finalement c'est une question d'écho. Si tu veux parler de ta passion, il faut que tu trouves chez l'autre (en t'intéressant à lui via écoute, intérêt, empathie) ce qui peut lui faire écho là dedans, et là il pourra capter et ressentir ce que toi même tu ressens.
Y a un truc que je retire du point de vue de Miro (enfin non, pas qu'un du tout, mais là en l'occurrence je vais parler d'un), c'est : Miléna, à partir du moment où tu as l'impression de parler aux poissons, c'est que potentiellement l'autre a la même vision des choses, non ? si la communication passe pas d'un côté, l'autre aussi a l'impression de discuter avec un poisson non ? du coup, je vois pas comment hiérarchiser sur une échelle quelconque (encore plus l'intelligence, que je ne sais pas comment définir, et d'ailleurs je suis juste effrayé à l'idée que ce fil glisse lentement vers le fil des THQI).(hs, je dirais que vous avez la religion en commun, non ? que ce soit au Livre ou à la littérature, il s'agit de croire profondément à quelque chose)
Par rapport à ce que tu dis, Vera, le décalage culturel ça peut être très compliqué oui, et mener à un genre de frustration et de résignation hyper sombre, et globalement à beaucoup d'absurdité. C'et le genre de trucs qui peut me faire un peu bader.
Par exemple, quand je lis, et que quelqu'un vient, curieux, engage la discussion et me demande ce que je peux bien foutre avec cet objet entre les mains, et me dit : "c'est le Coran ?". Ca, ça me brise le coeur pendant le reste de la conversation (oui après l'oubli le recolle...). Y a tellement de choses dans ma vie qui sont articulées à la littérature, c'est une part tellement prépondérante en fait, que réaliser que pour beaucoup de monde sur cette planète la littérature est un concept inconnu et qu'il n'y a de livre que le Livre, ça m'en bouche un coin et c'est comme si mon coeur était une bibliothèque qui s'effondrait.
Cette scène m'arrive malheureusement de temps en temps. Comment expliquer que je trouve certains de mes plus grands plaisirs, mais aussi réconforts existentiels, dans la lecture de certain.e.s auteur.e.s ? comment expliquer que le métier que j'aie le plus pratiqué soit celui de libraire ("c'est un métier lié à ta religion alors ?" m'a-t-on très souvent fait remarquer) ? comment expliquer que je me dédie (c'est un peu cru dit comme ça mais c'est quand même la vérité) à l'écriture ?
(Mais aborder la question de l'homosexualité c'est en effet une autre manière de potentiellement mettre au jour de façon très vive/brutale le décalage culturel)
(j'ai le sentiment qu'elles ont moins de connaissances que moi, un regard sur le monde moins élaboré, une réflexion moins profondes et un rapport aux problèmes plus basique et pragmatique que le mien). Soit je ressens que j'ai des outils qu'elles n'ont pas (par exemple en terme de communication ou de rédaction
Je trouve que la langue française n'aide pas beaucoup à parler de l'intelligence. Même en ayant de bonnes intentions les seuls mots à notre porté font immédiatement entrer le discours dans un rapport dichotomique (tu le soulèves très bien Miro) entre des individus intelligents (jugé positivement par la société) et des individus peu ou pas intelligent (jugé négativement par la société). Avec toute la difficulté insoluble de définir ce qu'est l'intelligence.
Quelqu'un me parlait et je ne réagissais probablement pas comme il escomptait, ou je ne donnais pas le change, ne réagissais pas, ne rentrais pas dans le jeu d'une argumentation, ce genre de choses. Ce n'est pas très agréable de voir que la personne en face arrête de vouloir discuter avec toi parce qu'elle te trouve débile - pour les fois où je m'en rends compte, hinhin.
je pense que la clef c'est l'empathie (dont parlait Verasoie me semble) et l'écoute/l'attention envers l'autre. Souvent dans un dialogue, on commence par s'écouter (sans même s'en rendre compte) parce que ça donne le ton et le thème. Et après finalement c'est une question d'écho. Si tu veux parler de ta passion, il faut que tu trouves chez l'autre (en t'intéressant à lui via écoute, intérêt, empathie) ce qui peut lui faire écho là dedans, et là il pourra capter et ressentir ce que toi même tu ressens.