C'est vraiment cette histoire de stats qui m'a fait observer une donnée bizarre, j'ai tiré sur le fil pour essayer de l'expliquer et je me suis dit "hé mais en fait euh c'est pas très très normal, ce qui se passe inconsciemment quand tu choisis un livre"...Ben faudrait surtout voir :
Je fais une réponse courte, avec une vision "naïve" de la chose (je ne me suis pas posé trop de questions quoi). Perso, j'ai vu lorsque j'ai repris mes études qu'on étudiait extrêmement peu d'auteures. A côté on a eu des modules, voire des cours entiers, sur des auteures. C'était bien mais je n'aimais pas le fait de faire des "cours spéciaux", même si ça concernait tout un semestre, pour moi il aurait été juste mieux de à côté faire en sorte que ce soit plus "paritaire" partout, sans forcément viser le 50-50, mais au moins faire un effort de ce côté-là. De plus, souvent, les cours qui abordaient les auteures étaient souvent eux-mêmes tenus par des enseignantes ! (edit : j'ai le souvenir d'un prof, quarantaine d'années, plutôt "moderne" qui nous faisaient des cours d'histoire littéraire absolument passionnants mais... avec une proportion mais juste ridicule d'auteures. Et c'était l'histoire littéraire quoi, un tronçon assez central dans le cursus, partagé par les arts du spectacle et les lettres)Ouais mais pareil : là tu parles du taux de femmes dans la reconnaissance académique de la littérature. Par "moderne", tu te réfères à ces dernières années, ou à tout le XXe siècle ? Parce qu'en fait je suppose qu'il faudrait voir quelle est la sociologie du petit nombre d'auteurs qui accèdent à une reconnaissance académique (ceux qui sont susceptible d'être nominés), et dans ce groupe-là, quelle est la proportion des femmes. Et puis aussi la sociologie des gens qui distribuent les prix littéraires qui font entrer les auteurs primés dans la petite élite des auteurs reconnus (genre le Goncourt) : ça explique sans doute une partie de la question (parce que si vous regardez la liste des prix Goncourt des 20 dernières années, on y trouve que quatre femmes).
Donc je dirais que ta démarche me semble pas débile : puisqu'on a tendance (même si on peut dire que ça s'améliore ?) a faire une bien plus faible "promotion" (dans le sens diffusion) des auteures, et bien faire l'expérience d'en lire exclusivement pendant un temps donné permets justement de contrer, à titre individuel, cette faible exposition à laquelle on est soumis.
Ouais mais pareil : là tu parles du taux de femmes dans la reconnaissance académique de la littérature. Par "moderne", tu te réfères à ces dernières années, ou à tout le XXe siècle ? Parce qu'en fait je suppose qu'il faudrait voir quelle est la sociologie du petit nombre d'auteurs qui accèdent à une reconnaissance académique (ceux qui sont susceptible d'être nominés), et dans ce groupe-là, quelle est la proportion des femmes. Et puis aussi la sociologie des gens qui distribuent les prix littéraires qui font entrer les auteurs primés dans la petite élite des auteurs reconnus (genre le Goncourt) : ça explique sans doute une partie de la question (parce que si vous regardez la liste des prix Goncourt des 20 dernières années, on y trouve que quatre femmes).Tu as raison, je parle de la reconnaissance académique, que j'ai raccourcie car c'est là que j'ai appris à connaître des écrivains. Je ne suis pas un grand lecteur, je n'avais lu quasiment aucun "classique" avant la fac (au lycée, je ne les lisais pas) et mes lectures persos c'était pas mal de Stephen King (toute mon enfance adolescence) et un peu de SF en tant que jeune adulte. Avec quand même bien 4 ans sans avoir lu le moindre livre. Donc j'ai ce biais de découvrir la littérature à travers sa diffusion académique.
Parce qu'en gros, le fond de ton post c'est un peu indirectement de se demander s'il y a une marque du genre de l'auteur dans ses textes, qui ferait que tu serais plus poussé à aller vers l'un ou vers l'autre. Je suis pas persuadée que des statistiques de lectures en elles-mêmes puissent répondre à la question...
alors, je m'arrête à la première ligne parce que ce tableur tant attendu je l'ai toujours pas eu ! :( (ou alors je suis un boulet, tout autant possible)Je devais te l'envoyer ? :-X
Par contre sur les BD :o :o Faudrait que je regarde s'il y a des stats sur la proportion homme femme chez les auteurs de BD...
Mais, et cela dépasse peut-être un peu le sujet de la discussion, je n'ai jamais vraiment considéré la parité comme une égalité (Non, attendez pour les tomates, je m'explique, promis... Pis vous pourrez toujours les balancer après haha). Bien sûr, en terme de "nombre", c'est une égalité, mais en dehors de ça ? Je n'aime pas l'idée de me dire que je vais lire une auteure parce que c'est une auteure, et pas parce que j'en ai envie. (J'ai tendance à trouver ça sexiste justement, de "discriminer" par rapport au genre, même si c'est pour le faire d'une manière dite positive) Je comprends l'idée dans le sens d'une prise de conscience d'un problème, mais je ne l'aime pas de par son côté "discrimination positive" justement. Peut-être est-ce "moins pire" que ne rien faire, mais ça ne me "parle" pas.Non, c'est pas confus !
Bref, désolé de cette digression qui, je l'espère, n'est pas tourné de manière trop maladroite, ce n'est pas forcément un sujet sur lequel je suis "à l'aise".
Du coup, pour en revenir sur le "cœur" du sujet, je pense aussi qu'il y a le genre de littérature qui peut influer sur le sexe des auteurs lus. Il y a, je crois, plus d'auteurs de SF que d'auteures. Même l'époque ou la nationalité peuvent entraîner une certaine différence à ce niveau, en terme de nombre d'ouvrage j'entends. Et il y a aussi, peut-être, ce qui est mis en avant en librairie.
Enfin, je ne sais pas trop.
Je ne pense pas faire spécialement attention au genre de l'auteur, et, si c'est inconscient, je ne veux pas non plus le faire consciemment dans un but de parité qui me ferait aller vers autre chose que ce qui me fait envie, juste pour lire une auteure. (Ce qui ne veut pas dire que si c'est une auteure dont le livre m'intéresse, je ne vais pas le lire sous ce prétexte. ^_^)
PS: Je me rends compte que ce doit être un peu confus comme réflexion. u_u[/justify]
Par contre, pour ce qui est de la question des classiques et de la reconnaissance, c'est un peu en différé que ça se joue. Ce n'est pas seulement que les jury et éditeurs sont sexistes (voir l'affaire du festival d’Angoulême), mais c'est aussi qu'il faut du temps pour construire des grandes écrivaines ou autrices de BD. Je veux dire, c'est toute une carrière, des dizaines d'années. En gros, si les écoles d'aujourd'hui sont pleine de femmes (un beau 50-50), ou même qu'elles soient majoritaires, il faudra le temps pour elles comme pour tout artiste de se construire, se faire connaître, développer leur talent au contact avec le public. Donc il faudra dix ou quinze ans pour voir les premiers effets notables... C'est vrai qu'on peut se retrouver avec des écarts assez fou entre les mentalités et les stats, et puis les femmes "colonisent" les milieux professionnels par le bas, elles mettent plus de temps à arriver au sommet (les places les plus prestigieuses étant les derniers bastions à tomber).C'est vrai, ça !