Le Monde de L'Écriture
Encore plus loin dans l'écriture ! => L'Aire de jeux => Défis Tic-Tac => Discussion démarrée par: Miromensil le 27 Août 2019 à 21:59:09
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Un mur à la cime impossible longe le premier escalier. Le crépi remue de mille vagues qui évoquent tantôt les rides d’un visage, tantôt l’écorce d’un arbre à la circonférence à perte de vue. On dit que c’est le premier escalier parce qu’un homme jadis a cru, marche après marche, que le bord de l’espoir pointait là-haut. Les rumeurs ne racontent pas s’il est parvenu au sommet. Quelques-unes avancent qu’il se serait arrêté en chemin, fourbu par son ascension qui n’en finit pas. Est-il fasciné par la rugosité changeante de la surface du mur ? L’escalier est en bois simple, aucun interstice ne sépare les marches. Au mur s’accrochent des papiers de récupération qui racontent des bouts d’histoire. Antiques traces d’un peuple qui aurait auparavant gravi le premier escalier, ou murmures des temps à venir, le marcheur ne le sut jamais. Les morceaux de feuilles narrent la saga des songes. Des jours de la semaine les introduisent dans le désordre.
Troisième vendredi
- Tante Rose, vous avez l’air perdue !
- Oui, je cherche mon mari, Guy !
- Il est là-bas… on dirait qu’il vous ignore, le nez en l’air.
- Vous plaisantez, mais c’est vrai.
Quinzième jeudi
C’est une maisonnette cossue qui repose sur un tronc planté au milieu d’une étendue d’arbre. Le tronc est robuste mais penche légèrement sous le vent. La maison renferme l’échoppe d’un ophtalmologue-araignée. Celui-ci possède des oreilles proéminentes. Une mère et sa fille entrent. Derrière des étagères vitrées s’arrondissent des échalas de lunettes de toutes sortes. Soudain le vent secoue la bicoque, certaines paires choient par terre dans un bruit de verre brisé.
Premier mardi
Un nageur en combinaison rayée et au bonnet bleu ciel saute et re-saute sur un plongeoir. Sous ses pieds, une piscine de mousses vallonne jusqu’à l’horizon. Des poufs arrondis de toutes les tailles, dans des tons pastels, donnent une impression de confort originel. Le nageur plonge. Un sourire béat lune son visage.
Onzième dimanche
Un garçon et une fille se prélassent dans une pièce toute simple recouverte de matelas. Des coussins colorés parsèment ce sol douillet. Elle tient la partie gauche d’un grand livre, et lui la partie droite. Ils se racontent la vie l’un à l’autre mais de temps en temps, l’intrigue de l’histoire qu’ils lisent en diagonale les distrait. Quand ils referment le livre, tous deux se taisent.
Quatrième lundi
De dos, elles ressemblent à trois quilles sombre – une petite, une moyenne et une grande. Trois petites vieilles dames écoutent une messe dans une église. Elles s’appellent Yolande, Yvonne et Marie-Lise. Quelqu’un tousse dans le fond de l’église. Le prêtre qui disait l’homélie s’interrompt. Les trois dames se retournent et c’est vous qu’elles regardent.
Dixième mercredi
Un jour d’enterrement. Sur une route de village, un homme montre du doigt un chêne à une petite fille et annonce : « Ce chêne est dépérissant, regarde comme on voit poindre les branches dénuées de feuilles. Il n’en a plus pour longtemps ».
Sixième jeudi
Un jour, un quidam ne voulait plus voyager. Décidé à s’enfermer dans le train-train quotidien, il dort d’un sommeil tranquille. Aux alentours de minuit, un ramdam le réveille. Il descend en catastrophe dans sa salle-à-manger. Une locomotive à vapeur a foncé à travers le mur, trouant le mur et crachant de la fumée par le toit éventré.
Deuxième dimanche
Une litanie répète sans cesse : « le problème c’est que tout va bien, le problème c’est que tout va bien ».
Treizième mercredi
Une bibliothèque coince un enfant entre ses étalages. Il court dans tous les sens pour chercher la sortie. Parfois, quand il appelle à l’aide, le dos d’un livre au titre énigmatique émerge de la rectitude des allées. L’enfant n’y prend pas garde – il ne devine pas que les titres aiguillonnent vers la sortie. Un jeu d’échelles permet de surplomber les étalages. Certaines forment des ponts entre eux. Ainsi au sommet de la bibliothèque, il se retrouve nez à nez avec un hippocampe géant. Son pelage est une mosaïque de petites cubes abstraits.
Septième mardi
Deux amoureuses que le désordre sépare sont parachutées chacunes dans un coin du monde opposé. La première enrage tandis que la deuxième essaie d’oublier. Cette dernière entend, de là où elle est, l’orage de son ancienne amie gronder.
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Yo Miro!
d’un arbre à la circonférence à perte de vue.
:coeur:
ou murmures des temps à venir
:coeur:
Un nageur en combinaison rayée et au bonnet bleu ciel saute et re-saute sur un plongeoir. Sous ses pieds, une piscine de mousses vallonne jusqu’à l’horizon. Des poufs arrondis de toutes les tailles, dans des tons pastels, donnent une impression de confort originel. Le nageur plonge. Un sourire béat lune son visage
:coeur: la chance
Les trois dames se retournent et c’est vous qu’elles regardent.
J'aime beaucoup
Une litanie répète sans cesse : « le problème c’est que tout va bien, le problème c’est que tout va bien ».
:coeur:
sont parachutés chacun
parachutées chacune?
C'était très cool Miro! J'ai beaucoup beaucoup aimé. Ecriture simple et poètique, profonde. Bravo!
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Yo !
On dit que c’est le premier escalier parce qu’un homme jadis a cru, marche après marche, que le bord de l’espoir pointait là-haut.
joli !
Quelques-unes avancent qu’il se serait arrêté en chemin, fourbu par son ascension qui n’en finit pas.
finissait (je dirais)
(pareil après, le passage au présent est chelou)
Les introduisent des jours de la semaine dans le désordre.
pas convaincu par la construction de cette phrase (le sujet, c'est "des jours" ?)
Derrières des étagères vitrées
Derrière
(lemiroir :kei:)
s’arrondissent un échalas
sur de échalas ? et pq un pluriel au verbe ?
Un nageur en combinaison rayée et au bonnet bleu ciel saute et re-saute sur un plongeoir. Sous ses pieds, une piscine de mousses vallonne jusqu’à l’horizon. Des poufs arrondis de toutes les tailles, dans des tons pastels, donnent une impression de confort originel. Le nageur plonge. Un sourire béat lune son visage.
:coeur:
qu’ils lisent en diagonal les distrait.
diagonale
(super celui-là aussi)
Une locomotive à vapeur a foncé à travers le mur, trouant le mur et crachant de la fumée par le toit éventré.
==> voir "un automne à Pékin, de Boris Vian ^^
Ainsi au sommet de la bibliothèque, il se retrouve nez à nez avec un hippocampe géant. Son pelage est une mosaïque de petites cubes abstraits.
Mais oui !
Deux amoureuses que le désordre sépare sont parachutés chacun
parachutées
chacunes
trop chouette :)
J'ai beaucoup aimé. Je verrais bien un dernier court paragraphe avec retour dans l'escalier du début pour boucler le truc.
Vraiment très cool ce texte, merci !
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Coucou Miro !
Un mur à la cime impossible longe le premier escalier. Le crépi remue de mille vagues qui évoquent tantôt les rides d’un visage, tantôt l’écorce d’un arbre à la circonférence à perte de vue. On dit que c’est le premier escalier parce qu’un homme jadis a cru, marche après marche, que le bord de l’espoir pointait là-haut. Les rumeurs ne racontent pas s’il est parvenu au sommet. Quelques-unes avancent qu’il se serait arrêté en chemin, fourbu par son ascension qui n’en finit pas.
J'aime beaucoup ces quelques phrases d'intro !
Plein de belles images aussi dans les clichés qui suivent.
Un sourire béat lune son visage.
:coeur:
Un jour, un quidam ne voulait plus voyager. Décidé à s’enfermer dans le train-train quotidien, il dort d’un sommeil tranquille. Aux alentours de minuit, un ramdam le réveille. Il descend en catastrophe dans sa salle-à-manger. Une locomotive à vapeur a foncé à travers le mur, trouant le mur et crachant de la fumée par le toit éventré.
:coeur:
Une litanie répète sans cesse : « le problème c’est que tout va bien, le problème c’est que tout va bien ».
:coeur:
Merci beaucoup pour la lecture !
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@DLM
Merci pour les petits cœurs et la lecture ! J’ai corrigé la faute ^^
(Je suis contente d’avoir pu écrire un truc simple huhu)
@Rémi
(pareil après, le passage au présent est chelou)
Oui j’ai cafouillé pour les temps de conjugaison… je voulais mettre tout au présent >< je dois revoir ça
J’ai corrigé ce qu’il y avait à corriger
"un automne à Pékin, de Boris Vian
Weg me l’a offert mais je l’ai oublié chez Dot. Je l’ai commencé. Je savais pas qu’il y avait un train dedans :mrgreen: ça m’a fait penser aussi à une peinture de Magritte
Bien vu pour l’éventuelle conclusion.
Merci pour ton commentaire !
@Elk
Merci pour les petits cœurs /o/
(Bon et sinon, j'ai réussi à faire un truc que je voulais faire depuis longtemps, je crois : écrire un texte qui est en fait un extrait d'un texte long mais qui peut tout à fait se lire indépendamment. Comme quoi faut juste essayer plein de fois :noange: je crois que j'ai chopé le truc)
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(Bon et sinon, j'ai réussi à faire un truc que je voulais faire depuis longtemps, je crois : écrire un texte qui est en fait un extrait d'un texte long mais qui peut tout à fait se lire indépendamment. Comme quoi faut juste essayer plein de fois :noange: je crois que j'ai chopé le truc)
Carrément ! Je ne l'ai pas relevé, mais c'est tout à fait vrai. Bravo !
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Je n'avais pas réalisé non plus que ce n'était pas un texte indépendant - il appartient au même projet que tous les autres ? Donc bien joué ! ^^