Bonjour FVarga,
Ton texte a un très gros défaut... Il aspire le lecteur !
Je m'explique : je ne suis pas un grand lecteur sur écran, surtout de textes si longs publiés en un seul morceau.
D'ailleurs ne serait-il pas mieux dans les textes longs (plus de 10 000 mots).
Vu le tourbillon dans lequel j'ai plonger et afin de faciliter ma lecture, je l'ai copié dans un Word et lu en pleine page.
Je sauterais volontairement quelques petits défauts, mais conserverais les suivants :
Suzy s'est quelquefois mutée en Susie... étonnant, non !
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Très beau texte.
Les mots me manquent.
Un grand merci pour ce partage.
Bonjoir !
Ma foi, F. Varga, tu peux déjà remercier B.Didault ; sans son commentaire d’ouverture, j’aurais tourné les talons vite fait bien fait après les quatre premières lignes (qui sont plutôt bien, en soi, d’ailleurs) par pure flemme de me coltiner un texte d’un bloc-sans-paragraphe-sans-saut-de-ligne etc.
Donc je suis descendu, j’ai lu son commentaire et … Je suis remonté. Me disant que, peut-être, cette (non)structuration était au service du texte, et ça valait donc la peine de s’y jeter.
Il s’avère que de mon point de vue : pas du tout. Je serais comblé si ce texte était bien paragraphé, avec saut de ligne, alinéas, et tout le bazar. Mais si tu as une raison de ne pas l’avoir fait, je suis tout ouï. Et si c'est juste une histoire de copier-coller ... :noange:
Cela étant posé. J’avais un peu décidé que j’aimerais pas. Juste sur la base de la présentation. Je partais donc avec beaucoup de mauvaise volonté ( !). J’ai quand même tout lu jusqu’à la fin. Parce que bon, on peut bien décider ce qu’on veut …
Je vais tâcher d’expliciter quand même. J’ai eu d’abord l’impression qu’une partie du texte est écrite sans que la forme n’ait d’intérêt : c’est-à-dire sans style. C’est juste « bien écrit », mais juste pour raconter quelque chose, sans que la forme se mette vraiment au service du propos, ou bien transmette quelque chose en propre. Une atmosphère, n’importe quoi.
Et en fait non. C’est truffé de pépites. De petites phrases qui, pour moi, donnent du relief, animent, claquent comme un fouet, au choix. C'est parfois pas grand chose, mais ça marche hyper bien, et j’ai été complètement saisi. Et avec beaucoup de surprise, parce que, sincèrement, je n’avais pas prévu que ça me plaise …
Quelques pépites :
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J’en passe et des meilleurs. Et ce morceaux, par exemple : va savoir pourquoi, ça ressemble à des trucs qui, d’ordinaires, ne me conviennent pas du tout. Vraiment pas. Et là, j’adore, purement et simplement. Ca fonctionne à mort.
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Et donc, parce que quand même, j’ai quand même quelques trucs à dire :
[/quote]Conté du fromager[/quote] Comté* BON SANG DE BOIS ! Y’en a qui prennent des risques !
L’autre truc qui m’a fait un peu crisser, c’est que y’a des concordances de temps chelou, et autant, des fois ça passe, autant des fois … Ca cogne :
« Je rendais longuement mon repas de l’après-midi, chaque spasme était plus douloureux que le précédent. »
: Je ne trouve pas ça très heureux. C’est à peu près à ce moment là que j’ai percuté vraiment la disparition du passé composé, et que je me suis dit que le passé simple serait également étrange. Mais à plusieurs reprises après ça, l’imparfait m’a semblé maladroit, parce qu’utilisé pour décrire une action plutôt ponctuelle :
Soignant le mal par le mal, je me servais un whisky et me sentais retapé
L’icône du répondeur, clignotant, m’avertissait d’un nouveau message. Je l’interrogeais.
.
Ca pourrait être un style, cet imparfait, je crois. Mais en fait, ça ne passe pas tout à fait. « Je l’interrogeais », je suppose, devrait être du passé simple ou du passé composé. Et ça pourrait donc rester « m’avertissait » sans trop de soucis, en fait.
Comme à mon habitude, j’étais ivre et ne prenais pas l’appel.
.
Encore une fois, va savoir pourquoi, j’ai très envie d’y voir la possibilité d’un effet intéressant. Mais ça ne marche pas. Peut-être à coup de ruptures : « Comme à mon habitude. J’étais ivre. Je ne prenais pas l’appel ». Un peu comme si lui décrivais de l’extérieur une situation qu’il a vécu mille fois … Mais en même temps, sans l’élément ponctuel qu’on attend un peu, ça reste un peu bancal, je trouve.
J’ai aussi beaucoup aimé sa façon d’exprimer sa révélation. Encore un fragment de ce passage (bien que ce soit presque triste de le tronquer, j’ai un poil la flemme de retourner chercher le passage en entier).
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Je trouve également qu’il y a quelque chose d’un peu dommage avec ce « deuxième retour ». Y’a une redondance dans leur dialogue sur arrêter d’être une pute/pour elle/pour lui, patati patata. Et franchement, c’est dommage, parce que c’est le seul moment où j’ai un peu décroché.
La dernière remarque que je ferais, c’est la fin. Encore une fois, j’ai la sensation qu’elle me plait davantage que ce que je voudrais (!). J’avais envie de trouver que c’était un peu trop. Et en fait, non. Ca marche. C’est agaçant. Le seul truc qui reste dommage pour moi, c’est le fait qu’il soit seul à l’incinération : elle danse depuis trois ans, j’aime à penser que y’a au moins le prof de danse qui serait là, une ou deux autres personnes. Pas plus. Mais pas moins.
Voilà pour moi. Je te remercie pour ce texte. En partie aussi parce que j’ai rarement l’occasion d’apprécier un bon usage du récit à la première personne (je trouve souvent ça très chiant, à part éventuellement quand c’est très psychologisant/introspectif). Et là, ça sert très bien le propos.
Ah, et ! (J’arrive pas à m’arrêter, c’est tragique !). J’ai été tenté plusieurs fois de dire que j’aurais aimé plus de détail sur ceci ou cela. Et en fait, je me sui ravisé. Je crois qu’il ne faut surtout pas rajouter de choses. Ils ont largement assez d’épaisseur. Davantage de détails, je crois que ce serait trop, ça les rendrait lourds. L’un comme l’autre.
Voilà. Merci. Je m’arrête. Promis. Juré.