Un soir d'opéra, entre-les-ombres diffusant par les lampes-à-huile quelque onde-de-choc d'un autre temps, mouvemencé dans des rues silencieuses qu'aucun arpente après cette journée pluvieuse, luisant encore sur les pavés polis par les fers, de sabot ou de roue, que les calèches auraient pris pour route à parcourir, bourgeoisement et d'une platitude envers des remous suscités par l'irrégularité de cette, route d'un autre siècle, qu'un présent irrémédiable aurait tendance à rendre stable... Un masque-à-nez, cache-visage encadré par une longue cape capuchée. D'aspect lourd, il dénature une identité qui se dévoile malgré tout par la nuit, des pas lents dissimulés par l'étui, le gant d'un autrui impertinent, là, incogni des visus, noyé sous le tissu, il y a dans un personnage de dentelle noire, une foule toute entière qui croît, vers la victoire, car d'un fantôme du passé habite toujours une éternité d'âmes et ce soir, oui, là dans le tendre espoir d'un ciel nouvellement dégagé après l'orage, une ténèbre demeure dans les ruelles, glissant d'un coin d'angle à un autre. La scène d'une déambulation, on-ne-peut-plus que de simple raison ; quelqu'un se protège du regard extérieur, mais ne reste cloisonné, car chez les gens de bonne foi, l'heure et la loi sont intimement liées, tant est que parfois, ils en oublieraient que presque personne n'est réveillé, et ce qui alors mérite de faire figure dans l'écriture d'un cliché photograiné, dans l'objectif d'une quelconque expérience de pensée, est ce détail non dévoilé qu'il conviendrait peut-être de soulever, d'après les interprètes d'un déguisé de la nuit, méconnaissable depuis qu'il porte cet accoutrement vénitien, sombre, élégant, mais combien assassin quand se montre sa couleur néant ! De victime il n'a pas besoin, ce tueur de temps. Les secondes il les chasse comme les minutes les assemblent, et d'un instinct Artémis, il concatène, sans masse-à-coin et sans serre-joint, ces segments d'une réalité dont il n'a jamais eu besoin, un effort à se sentir percé par l'existence aveugle qu'il renvoit par ses parrures, jamais jusqu'au firmament d'azur, puisque de ténèbre il se parait, se pare, et dans cette douce paix un peu folle, il écoute le son de sa solitude cendrée à l'éther, au formol et aux opiacés, jusqu'à ce que dans la forme soigneuse de son personnage, se nivelle une paix alambiquée. Les gants de cuirs tatonnent les retours haptiques de l'atmosphère. Les manches et les manchettes suivent se balai doucereusement, et alors que les épaulettes avancent le cintre de ce portemantelé, de leur aiguillon orné de fils tressés, la vague d'une dynamique s'étend de l'avant-capuche à la poupe de la cape, soulevant les ondes d'un flux d'énergie qu'il ne capte qu'en une inertie létalement stable, et dans la sécurité d'une imminence de l'absolue patience immolée par effet non-sens, dans l'histoire de cet individu paré des effets du noir, la cendre comme terne espoir de voir disparaitre la faïence du masque-à-nez... | | | (https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/56874416_2161930714117411_3611252427107336192_n.jpg?_nc_cat=109&_nc_oc=AQlDDJudlobAUm9DBeCVu3X4_C8cI-sUv5DpjCQqFARxtAp0EQs5grryk2pxXf8SHu4qLlFJ3eupMn8i0-8_YEos&_nc_ht=scontent-cdg2-1.xx&oh=c74a12387ccc7ae7b3b0b17955ea15e3&oe=5DD2C362) Dot Quote |