Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Pyjsa le 17 Août 2019 à 09:47:52

Titre: Lettre à la mère de mon violeur
Posté par: Pyjsa le 17 Août 2019 à 09:47:52
Madame,

Votre fils m'a violée. Le saviez-vous ? Il ne m'a jamais parlé de vous, et sans doute non plus à vous de moi. Etes-vous en vie ? Avez-vous éduqué à escient un violeur ? Est-ce une vengeance ? Sommes-nous un pays en guerre ? Pourquoi avez-vous engendré tant de malheur ?

J'imagine que la hiérarchie féminine n'existe pas pour votre fils. En me violant, il vous déshonore autant qu'il me  détruit. Pourtant, il n'y avait rien de personnel dans cette ignominie. Le hasard malheureux et l'arrogance des pulsions de votre fils, ont rendu compte de la bestialité de votre éducation.

J'avais  d'autres rêves, des aspirations, un avenir, mes propres goûts : par votre faute, ce que j'aurai pu donner de meilleur au monde est souillé pour toujours. Je ne vous pardonnerai pas ni les insultes, ni le désordre.

Je maudis les cieux qui ont permis votre engeance. Rendez-moi un dieu juste.

Une femme  violée.

Titre: Re : Lettre à la mère de mon violeur
Posté par: derrierelemiroir le 17 Août 2019 à 10:52:54
Salut Pyjsa,

Je ne sais pas exactement quel genre de commentaire tu attends, peut-être tu peux le spécifier ?
Pour le moment j'ai surtout une question.

Pourquoi la faute du violeur est-elle rejetée sur la mère ? Ça m'a un peu interloquée. Déjà, pourquoi la mère et pas les deux parents ? Et surtout, pourquoi pas le violeur et son environnement ?

A bientôt

dlm
Titre: Re : Lettre à la mère de mon violeur
Posté par: Ari le 17 Août 2019 à 11:03:18
Même question que DLM. Quitte à chercher une cause extérieure à l'agresseur lui-même, pourquoi la mère et pas le père ? Pourquoi pas le reste de la société ? J'ai mal compris aussi la question de la hiérarchie des femmes.

Édit : Je comprends très bien le souhait d'écrire à la mère en particulier (+ qu'au père, + qu'au violeur, + qu'à "la société"). C'est juste qu'à la fin j'ai l'impression d'un rejet direct de la faute sur elle et c'est ça qui me fait m'interroger sur les autres acteurs.
Titre: Re : Lettre à la mère de mon violeur
Posté par: Pyjsa le 17 Août 2019 à 11:24:47
Je vous attends pour répondre une :

"lettre à celle que mon fils à violée".

Titre: Re : Lettre à la mère de mon violeur
Posté par: Ari le 17 Août 2019 à 12:23:07
Personnellement je ne souhaite pas m'essayer à l'exercice retour.

Mais en dehors de cette demande de texte-réponse, est-ce que tu souhaites des retours sur ce texte-ci ? (Et si oui, quoi ? La forme, le fond, l'impression que ça laisse ?) C'est un texte que tu veux retravailler ou bien ça avait juste besoin de sortir ? (Ce que je peux comprendre aussi...).
Titre: Re : Lettre à la mère de mon violeur
Posté par: Marcel Dorcel le 17 Août 2019 à 17:43:11
Tout autant que mes petits camarades, je ne saisis pas bien le sens véritable que tu as voulu donner au texte.

Citer
par votre faute, ce que j'aurai pu donner de meilleur au monde est souillé pour toujours.

En gros, tu accuses la mère de protéger son fils, ou je me trompe ?

Dans mon esprit, cela pose plus le " problème " des liens du sang  que celui du viol. Je m'explique, pour ma part je pense que les liens du sang ascendants-descendants sont inaliénables, indéfectibles. Cet élément prépondérant dans notre relation au monde fait de nous des êtres, esclaves à jamais de  leur ascendance-descendance ( mettons de côté les enfants sous X, les orphelins, enfants adoptés, etc...et encore ces enfants chercheront toute leur vie le lien manquant...).

Prenons un exemple qui m'est cher( cette période de l'occupation-collaboration me fascine et je l'ai beaucoup lue, je me suis beaucoup documenté ), Dominique Fernandez, l'un des plus grands écrivains français encore vivants, fils de Ramon Fernandez, collabo notoire, a consacré un livre entier à son père ( simplement intitulé Ramon) très bel hommage alors que D. Fernandez n'a absolument rien d'un fasciste.
Oui mais voilà !
On pourrait compléter mais la relation est plus distendue entre Alexandre Jardin et son père Pascal Jardin.

Je vais prendre un deuxième exemple. Terrifiant. Difficilement acceptable.
Un lien d'amitié et qui n'a rien à voir avec les liens du sang. Mais avec ceux de l'amitié vraie, profonde.
Imaginons...sauf que c'est réel...que quelqu'un qui t'es proche, très proche, te fasse une confidence. Un secret. Cette personne te raconte l'histoire suivante: un pharmacien, un ami très intime de sa compagne a empoisonné son fils de huit ans, par jalousie envers sa femme qui le trompait, il a projeté l'acte le plus ultime, sur lequel même le consentement de ma conscience n'a aucune prise... et ce proche a appris par hasard que sa compagne allait visiter son ami en prison et ne lui en a jamais voulu.

Etait-elle l'assassin ou était-ce le pharmacien ?

Lui comme moi, jamais nous n'aurions pu accomplir une telle démarche. Toutefois, il a accepté la démarche sans jamais lui en faire un reproche . Du point de vue de la morale, je trouve cette attitude très forte.

Du coup, je me dis que tu fais fausse route. Nous sommes des êtres conscients et responsables. Pourquoi accuser la mère d'être la responsable du viol, à moins qu'elle-même ait participé ?

Pour moi, même si cela va à l'encontre de  la morale admise, consentie, il est dans MA Logique que la mère protège son fils. Elle est responsable de l'éducation qu'elle lui a donné, et alors ?
Qui est l'auteur de l'acte ?
Mauvais raccourci mais c'est comme si on faisait passer les parents d'HITLER pour responsables du génocide juif.