Salut James W,
Que de réels progrès dans ton écriture, mon cher James ! :)
À l'instar des contes, les narrations les plus courtes sont les moins évidentes à construire. Il faut être à la fois l'architecte et le maçon, mais un maçon à la truelle tendre.
Passé l'intrigante nébuleuse du prologue - serions-nous de passage dans l'Enfer de Dante ? - nous défroissons les plis d'une vieille photographie noir et blanc qui n'est pas Géhenne mais bien berceau de l'Humanité, capable de créer ici et maintenant d'intolérables souffrances sans attendre les brasiers du pandémonium. Bientôt réel et irréel se confondent entre ciel embrasé et terre fumante. Devant nos gorges serrées, peu à peu l'Angélus de Millet se transforme, se tord, se corrompt, laissant apparaître les visions infernales d'un Jerôme Bosch. Les morts passent alors sous son regard ébaubi et l'âme du lecteur n'a plus d'autre choix que d'être effarée. Magie de l'écriture, l'espace d'un instant, j'ai eu la sensation d'en avoir gros sur la patate !
Seul chipotage, j'aurais conclu sur cette phrase :
Elle serrera entre ses paupières, juste avant la bascule, cette image d’un petit mort qui vivait encore.
Et plutôt placé la fin en nota bene et italique.
Bien à toi !
Salut salut
était encore effective.
ça me parait un peu grandiloquent et lourd. "était encore là" ?
Ce jour-là, il venait de l’Est et Karol Grzegorczyk comprit qu’il les avait désignés comme cible.
je comprends pas ce qui vient de l'Est.
Il fallait pourtant vivre, il fallait respirer cet air, il fallait surtout ne jamais regarder en direction du lieu maudit.
Pas fan de "pourtant" et du deuxième "il fallait"
"en direction du" c'est un peu lourd (vers ?) et "lieu maudit", c'est la 2e occurrence, ça fait un peu trop indéfini je trouve. Je crois pas qu'on le penserait comme ça, mais plutôt comme ce que c'était avant. "Le lieu maudit" ça rend trop "expliqué pour que les lecteurs comprennent".
La dernière phrase ne me parait pas nécessaire. Elle casse toute l'ambiance de récit pour recadrer dans la réalité. Ceux que ça intéresse regarderont.
Passé le début que j'ai trouvé difficile - je pense que tu peux encore travailler ton plantage de décor pour faire moins histoire racontée et mettre plus dans l'ambiance d'une terre où on vit ; où tes personnages vivent - j'ai trouvé le texte plutôt bien mené. La sortie des prisonniers est bien racontée et fait frissonner, c'est une réussite de ce point de vue à mon sens.
A+