Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Merlok le 12 Août 2019 à 09:23:35

Titre: Op.T.
Posté par: Merlok le 12 Août 2019 à 09:23:35
Bonjour,

Je plonge enfin dans le grand bain de l'écriture d'une histoire que je mûris depuis quelques temps.
Si de bonnes âmes pouvaient commenter tant le fond que la forme, cela ne pourra que me permettre de m'améliorer pour la suite (soyez indulgent, il s'agit de mon premier texte  :P)

Voici donc le premier chapitre incluant les corrections (Merci aux contributeurs ! :)). Des améliorations ont également été apportées.


• 1 •

Rhyolite, Nevada, États-Unis.
La ville fantôme de Rhyolite était le seul vestige des anciens hameaux miniers de la région. Située à quelques kilomètres à l’ouest de la ville de Beatty, cette bourgade d’un millier d’habitants faisait partie du comté de Nye. Théâtre du drame à venir…

Aux limites de ce hameau, un coyote hurla. 

Le défi était lancé à cette lune immense trônant devant lui. Le rendez-vous pour la chasse était pris. Se sentant seul au milieu des yuccas qui recouvraient la pleine désertique, l’animal humait l’air frais à la recherche d’une proie.

Le bruit d’un éboulement de pierres provenant de l’ancienne bâtisse à proximité lui parvint. Il s’arrêta, les oreilles dressées attentivement, tous les sens en éveil. Très affûtés, ils repérèrent l’odeur caractéristiques des humains.

L’animal rebroussa chemin à la recherche d’une autre piste. Désormais face au vent, zigzaguant dans la nuit en direction des montagnes dont les contours se dessinaient à peine dans l’obscurité. Derrière lui, une autre partie de chasse débutait.

Perchés au sommet d’un des anciens bâtiments en ruines, les deux individus guettaient leur proie. Ils localisèrent assez vite la jeune femme. À grandes enjambées, elle se frayait un passage par-dessus les pierres instables qui jonchaient le sol.

Le froid de la nuit mordait sa peau. Son corps entier luttait en déclenchant ses mécanismes physiologiques. Ses dents claquaient, la chair de poule parcourait sa peau et les battements de son cœur accéléraient. Malgré tout, elle avançait. Il fallait qu’elle atteigne la Porte au plus vite avant l’hypothermie.

Son départ précipité l’avait obligée à n’emporter que le strict nécessaire. Vêtue de sa tunique de combat moulante, elle avait enfilé par-dessus une robe mi-longue de couleur bleue, sa préférée. Parfaite pour passer inaperçue, mais pas idéale au vu de la situation. Une paire de chaussures de marche et un sac à dos complétaient sa tenue.

Accroupi sur la corniche, le plus jeune des deux hommes ôta ses lunettes à vision nocturne. Un tatouage formé de lignes noires cunéiformes partait de son œil gauche pour former un enchevêtrement complexe sur la totalité de son crâne rasé. Assez grand, il paraissait cependant insignifiant à côté de l’individu qui l’accompagnait.

Il se releva d’une manière souple. Ses pupilles aux reflets de la nacre, presque métalliques, se dilatèrent peu à peu pour se réhabituer à la luminosité ambiante. À l’horizon, l’éclairage de la petite ville de Beatty formait un dôme lumineux comme une barrière protectrice. Mais ici, seule la lune offrait sa lumière d’argent à ce paysage délabré, froid, sauvage.

― Selena Light, nous t’avons finalement retrouvé ! annonça-t-il d’un ton cruel. Un petit rictus découvrait ses dents.
 
Les rafales de vent faisaient virevolter la robe de Selena qui avançait toujours avec grande difficulté. Elle frissonnait et ses yeux humides la piquaient. Une larme ruissela sur sa joue avant de tomber dans l’obscurité s’écrasant dans la poussière. Du revers de la main, elle essuya sa joue. Qu’avait-elle fait ? Allait-elle échapper à son châtiment ?

Il lui avait rendu l’espoir que tout était possible, elle s’était emplie de courage pour tout quitter en espérant que tout ne devienne que murmure dans ses souvenir. Elle ne pouvait continuer sans le mettre en danger. Ces sentiments lui étaient pourtant interdit.

Les bons moments qu’elle avait passés avec lui défilaient dans son esprit. Elle repensait à ses nouveaux amis qu’elle abandonnait lâchement. Non, pas lâchement ! pensa-t-elle en se rassurant. C’est la seule manière de les protéger.

La première fois qu’elle l’avait aperçu, elle avait remarqué ses cheveux auburn en bataille dans lesquelles ses doigts passèrent et repassèrent de nombreuses fois par la suite. Elle était tombée sous son charme devant son un air un peu bête qu’il arbora sur le visage, la bouche béante ne sachant quoi dire lorsqu’il l’aperçu. Un homme comme les autres !  s’était-elle dit. Elle esquissa un sourire.

Il est vrai que les yeux gris de Selena ne laissaient personne indifférent, Damian y avait succombé immédiatement. De là où elle venait, c’était toutefois plus que banal.

Il lui avait tant appris sur son monde et, en récompense, elle l’accablait d’un fardeau immense. Un nouveau sanglot. Elle repensa à la lettre qu’elle lui avait laissée. À ces mots qu’il avait déjà sûrement parcourus. Qu’allait-il en faire ?

« Mon très cher Damian,
Tous ces sentiments ne sont pas nécessaires, pour une Gardienne. Ils sont indignes de moi. Je suis restée dans ce monde bien trop longtemps. Il est temps de passer à autre chose.
Ne me suis pas, les effets se feront bientôt ressentir. Trouve un homme du nom de Nereo, il t’aidera.
J’espère que tu pourras comprendre.
Brûle cette lettre !
Avec tout mon amour.
Selena. »


Un peu maladroite sur ce terrain accidenté, la jeune femme avait de nouveau butté sur un caillou de gros calibre. Elle se pencha pour masser sa cheville douloureuse sans se douter du danger imminent.

― Nous nous retrouvons enfin !
 
Selena s’arrêta, son sang glacé par la voix de l’homme derrière elle. Son instinct reprit le dessus, son corps tout entier en alerte. L’instant était grave. Le froid n’existait plus à présent. Elle l’avait reconnu, Shad, vice-capitaine de la Garde.

― Je suis très impressionné que tu aies pu te cacher aussi longtemps dans ce monde. Tu as réussi à prolonger le peu de temps qu’il te reste à vivre, Selena.
― Shad, que fais-tu ici ?

Aucune réponse.

L’homme bondit vers elle. Son genou percuta la terre. Et son poing fracassa le sol. L’onde de choc se propagea autour de lui, Selena fut projetée, elle retomba lourdement alors que la vague de roches s’évanouissait au loin. À cette distance, sa précision était moindre, mais il manqua son coup de justesse.

― Deux Gardiens te prennent en filature et toi, tu ne t’en rends pas compte. À ces mots, Selena resta paralysée. Les choses se compliquaient. Je te concède que tu as passé les derniers mois ici, mais je pense que tu t’es ramollie. Maintenant, dis-nous où est l’homme qui t’a volé ton implant ?

Selena se ressaisit. Elle se redressa, ses longs cheveux emportés par le vent formant une vague sombre derrière elle. Il est devenu vraiment fort, je ne pourrai pas l’arrêter, ni même fuir d’ici ! Serrant les poings, la jeune femme rétorqua, prête au combat si nécessaire :

― De quoi parles-tu au juste ? Je suis peut-être affaiblie en ce moment, mais ce n’est que temporaire. Et de tout manière, pourquoi penses-tu qu’on me l’a volé !?
― C’est évident, il suffit de te regarder. Tu n’aurais pas cette stupide expression humaine sur ton visage. Tu nous fais honte ! Rappelle-toi que nous sommes issus du même district pourri. Et pourtant, toi, tu as été prise en charge par une noble famille. Ils ont investi beaucoup pour faire de toi une chasseuse d’élite. Ai-je tort ? N’es-tu pas la grande Selena ? La jeune femme cherchait une réponse cinglante. Ne reste pas plantée-là comme un humain sans âme ! s’emporta le jeune homme. Capitaine Light…

Le second Gardien sortit de l’ombre. Sa silhouette élancée apparut munie d’un uniforme sombre en cuir. Les écailles nanotechnologiques de dernière génération qui le composait désactivaient progressivement son camouflage. Progressivement, le tissu laissait apparaître sa musculature impressionnante.

Le Capitaine Light s’avançait d’un pas calme, serein, presque gracieux. Son regard froid en disait long sur sa capacité à tuer d’un seul coup. Signe de son rang, une longue tresse ébènes se balançait au rythme de ses pas.

Deux armes étaient visibles. L’une dans son dos, un fusil ionique blanc, couleur qui tranchait avec le reste du personnage. De mémoire de Gardien, personne ne pouvait témoigner qu’il s’en soit déjà servi. L’autre était fixée à son avant-bras droit. Une lame si tranchante qu’on la disait capable de traverser tous les matériaux.

Selena resta là, le regardant droit dans les yeux. Figée par la scène qui s’offrait à elle. Devant Rilthas Light, son frère d’adoption, la peur l’envahissait. Ses chances de survie s’amenuisaient. Il ne lui restait pas beaucoup de solutions.

Ses lèvres s’entrouvraient, elle réfléchissait rapidement. Les deux hommes la cernaient, elle était coincée, sans arme, face à des combattants expérimentés.

Le monde semblait s’être arrêté autour de Selena.

― Rilthas, c’est bien toi ?
― Selena, fut l’unique son désapprobateur qui sortit de sa bouche. Il avait prononcé son nom si froidement qu’elle comprit qu’il la haïssait désormais.

Son instinct la prévint du danger.

Le poignard du vice-capitaine siffla dans l’air. À peine le temps de s’écarter que la lame trancha la chair sans décélérer. L’impact sur le mur de pierres fut si violent que l’arme y resta plantée. Tandis que l’écho résonnait dans la nuit, le sang commença instantanément à dégouliner le long de son bras endolori. Par réflexe, Selena appuya son autre main sur la plaie ouverte. Son assaillant restait toujours à une distance dangereuse.

― Ton crime est grave, sois heureuse que le Haut Commandement nous laisse nous en charger, ce sera plus rapide ! Dis-nous où est cet homme, Selena. Elle resta silencieuse, on aurait dit une statue de marbre érigée à la gloire d’une Gardienne tombée au combat. C’est fini, tu vas mourir ! Nous le trouverons avec ou sans toi…

Selena tentait de se relever avec difficulté. Cet adversaire qu’elle considérait comme son ami s’apprêtait à assener un coup fatal. L’espoir disparaissait peu à peu, laissant le désespoir l’envahir.

L’instant d’après, tous les protagonistes se figèrent. Même le vent s’arrêta comme s’il avait compris l’enjeu majeur qui allait se jouer, là, à l’abri des regards indiscrets.

― Serait-ce moi que vous cherchez ?

֎

Au même instant.

Au milieu des monomoteurs et des planeurs stationnés sur l’asphalte de l’aérodrome de Beatty, situé à six kilomètres du quartier central des affaires, un jet privé venait d’atterrir. Le pilote venait de couper les moteurs. Le vacarme infernal se tût après plusieurs secondes tandis que l’escalier se dépliait vers la terre ferme.

À l’ouverture de la porte, un jeune homme s’avança. Sa chemise parfaitement ajustée, son costume de haute couture faisait l’écho de sa fortune. Il esquissait un sourire de satisfaction quant à son récent achat. Ce long-courrier aménagé à la Française était spacieux, rapide et polyvalent. Grâce à lui, ils avaient traversé l’Atlantique à presque mille kilomètres par heure.

Le vent frais s’engouffra par toutes les ouvertures de ses vêtements. Son garde du corps lui emboîta le pas alors qu’il ne perdait pas de temps pour rejoindre le véhicule de location garé au pied de l’appareil.

― Allons-y Dimitri, le temps presse, il faut les trouver ! Sa voix était calme et assurée. Le colosse referma la porte de son employeur avec délicatesse. Un petit claquement. Comme toujours, monsieur Fiorentini avait pris place du côté passager. À son grand étonnement, ce dernier ne s’asseyait jamais à l’arrière.

Dimitri contourna hâtivement le véhicule et s’installa à la place du chauffeur. Il dut ajuster le siège à sa grande taille. Sa ceinture accrochée, il régla finement son rétroviseur. Le moteur vrombit…

Quelques instants plus tard, le véhicule de cette célèbre marque allemande s’élançait sur la route à vive allure. Alexander appréciait déjà la boîte automatique et le confort des sièges en cuir de ce pick-up flambant neuf.

֎

Cet emblème ?! Des tuniques de la Garde ! Encore essoufflé de sa course pour rattraper Selena, Damian reprenait petit à petit sa respiration et ses esprits.

Après avoir enfilé un jean et un sweat à capuche, il avait pris la direction du désert. Était-ce simplement la chance qui l’avait amené jusque-là ? Damian en doutait. Il ne croyait pas à la chance. L’impression d’être connecté à elle ne le quittait pas, il ne pouvait se l’expliquer clairement. Sans doute le résultat de mes nouvelles capacités.

Deux inconnus armés jusqu’aux dents apparemment prêts à en découdre et Selena blessée. Damian se rendait compte de la situation périlleuse dans laquelle ils se trouvaient..

― Dans quel camp es-tu ? interrogea-t-il l’homme tatoué, le plus proche de lui. Il se concentra sur son adversaire potentiel. L’autre lui semblait assez loin pour ne pas être une menace directe.

Shad portait une tunique identique à celle de son capitaine, mais elle semblait de moins bonne qualité. L’emblème de la Garde, un simple bouclier platine, protégeant son cœur était visible. Sous sa veste longue, il dissimulait une série de poignards dont il affectionnait particulièrement l’efficacité. À distance ou en combat rapproché, il était redoutable.

Dans son dos, rangée dans son fourreau, une épée semblait le maintenir droit comme le tuteur d’une plante verte. Seule la poignée dépassait par-dessus son épaule, laissant entrevoir le pommeau décoré finement par l’enchevêtrement de fils d’or.

Le vice-capitaine s’interrogea sur cet humain qui osait lui adresser la parole. Il ne semblait pas armé ni prêt à se battre. Mais son regard était d’une telle intensité qu’il sentait comme une pression sur ses épaules. L’atmosphère devenait pesante. Il était comme hypnotisé par ces iris noirs qui tranchaient avec le blanc de ses yeux.

― Damian, imbécile ! Pourquoi es-tu venu !?
― Alors c’est ça. Tu es l’humain qui a osé voler l’implant de Selena !

Le coup d’envoi était donné. Damian contracta l’ensemble de ses muscles. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas encore pu me mesurer à un Gardien. Il est temps de savoir ce que vaut cet implant !

Shad dégaina son arme étincelante même à la seule lumière lunaire. En un instant, il fonça sur son adversaire. Son arme siffla dans l’air.

Son taux d’adrénaline montant en flèche, Damian commençait à ressentir les effets de l’implant. Il évita non sans peine les deux premiers assauts. Pour le troisième, son avant-bras para le tranchant. Le choc fit vibrer la lame et son propriétaire la rempoigna fermement. Comment est-ce possible ? Il m’a bloqué à main nue !

Ravi, Damian se déconcentra un instant. C’était suffisant pour que son adversaire prenne l’avantage. Ce dernier pivota aisément et vint planter la pointe acérée dans son épaule droite. Un filet de sang se mis à couler lorsqu’elle ressortit.

La douleur était forte, Damian mit un genou à terre tout en pressant son épaule de sa main. Il sentait la chaleur émanant du liquide rouge.

― Damian ! cria Selena impuissante devant cette scène.
― Tu vas mourir et Selena sera jugée, condamnée à mort selon nos lois. Que pensais-tu pouvoir faire !? Tu es vraiment inoffensif pour un Gardien de mon niveau.

Il ne vit pas le coup venir.

Damian s’était relevé. Malgré un bras ankylosé, le direct du gauche qu’il assena sur la pommette de son adversaire le raviva. Shad chancela sous la violence du coup. Ses pieds bien ancrés au sol, il resta debout récupérant son équilibre rapidement.

― Désolé de t’interrompre, mais l’occasion était trop belle !
― Espèce d’insolent !

Shad fixa ce regard qui rigole. Il eut l’impression de l’entendre, ce rire silencieux. Il le recevait comme une injure personnelle, comme une insulte faite à ses valeurs, à tout ce en quoi il croyait. Même sa tunique qui protégeait son corps du froid ne suffisaient pas à cacher le fier guerrier qu’il était. Il bouillonnait de colère.

Posément, le capitaine Light intervint :

― Tu es vraiment imprudent. Cet humain possède l’implant de Selena. Un rapport secret dit qu’il aurait repoussé un groupe de cinq Maraudeurs, il y a quelques jours. S’en était trop pour Shad.
― Je n’y crois pas, regardez la facilité avec laquelle je vais me débarrasser de lui, capitaine !

Rilthas Light resta impassible face à l’allégresse de son vice-capitaine. Il analysait désormais la scène sans rien ajouter.
― Je parie que tu ne peux pas contrôler ton implant.
― Quoi ?
― Regarde bien ! Tu ne verras ça qu’une fois !

Damian resta impuissant face à ce qui se déroulait sous ses yeux. L’arme de son adversaire changeait à vue d’œil. L’épaisseur de la lame rétrécit et une lueur bleutée émanait à présent de sa surface. Un courant électrique parcourt son épée, fut la première chose qui lui traversa l’esprit. Sur ce point, il n’avait pas tort.

Le tranchant vint déchirer la peau de son bras encore valide brûlant les chairs autour. La décharge électrique parcouru son corps et il sentit ses muscles se contracter involontairement. Il s’écroula, haletant, essayant de reprendre sa respiration. Son cœur pouvait lâcher à tout moment s’il subissait un second coup comme celui-là.

― Tu vas mourir ici !

Cette décharge avait réveillé en lui un sentiment inconnu. La soif de tuer. Son corps devenait incontrôlable. Cette force qui montait en lui, il ne pouvait l’arrêter de croître.

Ses veines palpitaient alimentant en oxygène son corps tout entier. Les nanites prenaient le contrôle. Son rythme cardiaque accéléra dangereusement.

― Sauve-toi Damian ! hurla Selena. Elle se rua sur son vieil ami. Mais affaiblie, Shad la repoussa comme si elle n’avait pas été là. Empoignant son épée fermement, il continua sa course.

Plus rien, Damian ne sentait plus rien.

Tout était redevenu normal, ou presque. La douleur s’était évanouie. Quand il releva la tête, Selena le reconnut à peine. Ses yeux étaient désormais argentés, il émanait de lui une aura de guerrier sanguinaire.

Les nanites venaient de modifier son corps tout entier pour le combat. Il leva les yeux soutenant le regard de son adversaire. Shad stoppa son mouvement, pétrifié.

Damian s’élança si rapidement qu’il le frappa avant qu’il ne puisse bouger. Shad ne pouvait suivre la rapidité de ses mouvements. Le premier coup dans le plexus solaire l’empêcha de respirer. La seconde frappe, quant à elle, envoya valser le vice-capitaine dans les airs.

Il s’écrasa durement. Un sac de sable lancé d’une fenêtre n’aurait pas fait mieux. Son arme lui échappa des mains, elle atterrit non loin de Damian qui s’en saisit.

Le goût du sang emplit la bouche du Shad, l’obligeant à cracher. Il se relava non sans difficulté pour faire face à son assaillant. Que se passe-t-il ? Je n’arrive pas à suivre…

Le bras levé, Damian chargeait une nouvelle fois. La mort frapperait bientôt. Il s’arrêta net. Coupé dans son élan. Une douleur intense grandissait en lui. Elle était maintenant insoutenable. Il s’écroulait comme un pantin.

Pour lui, la scène se déroulait au ralenti. Que s’est-il passé ?! Il n’a pourtant pas bougé. Serait-ce, l’autre Gardien… Non, impossible ! Il n’a pas bougé, il n’aurait rien pu le faire à cette distance. Pourtant…

Il remarqua que l’épée qu’il avait précédemment en main était maintenant en possession de cet autre Gardien, ce soi-disant capitaine.

Il continuait de tomber.

Ses récentes blessures le faisaient de nouveau souffrir. Son corps lui faisait mal comme si on l’avait frappé à plusieurs reprises. Je ne comprends pas. Il m’a frappé ? Je n’en suis pas certain. Il toucha le sol brutalement dans un nuage de poussières. Autour de lui, la terre prenait une teinte pourpre. J’ai mal. Le froid commença à l’engourdir doucement.

Le capitaine Light se rapprocha dangereusement du jeune homme mourant. Prononcés calmement, ses mots acerbes résonnèrent dans la tête de Damian.

― Tu es lent même pour mourir. Tu es d’un ennui absolu.

Rilthas se détourna de cette scène d’agonie.

Shad avait à peine pu percevoir l’attaque de son capitaine. Cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas vu combattre. Il est vraiment très fort. Je n’ai rien pu voir clairement. Combien de coups lui a-t-il porté ? C’est vraiment incroyable ! Cet homme n’a rien compris à ce qu’il lui arrivait. Mais d’où lui est venue cette force incroyable ?

― Un problème, Shad ?
― Non. Vous n’auriez pas dû à intervenir, capitaine. J’aurais pu m’en charger.
― Ne dis pas ça. Si je restais toujours à regarder sans rien faire, mon niveau commencerait à flancher.
― Damian !  Selena courrait vers son bien-aimé. Shad saisit la jeune femme par l’épaule et l’arrêta.
― Lâche-moi, Shad ! Damian a besoin…
― Qu’est-ce que tu racontes ?! Regarde bien ! Il est mourant ! Tu sais très bien qu’en l’aidant, tu aggraveras ton cas. Pourquoi faire ça alors qu’il va mourir ?
― C’est ma faute s’il est… Si je veux aller auprès de lui, où est le problème ?! Sa voix tressaillit et les larmes commencèrent à couler.

Son frère d’adoption s’adressa à Selena d’une voix presque compatissante du haut de sa stature impressionnante.

― Même si ta sentence s’alourdit, veux-tu vraiment venir le voir ? Venir auprès de ce misérable ? J’ai compris, Selena. C’est clair maintenant. Il lui ressemble beaucoup.

Toujours face au sol, Damian saisit la cheville du capitaine dans un sursaut.

― Ne compte pas continuer cette conversation sans moi ! Je ne suis pas encore mort.
― Enlève ta main. Il prononça ses mots sans même daigner regarder sa victime.
― Regarde-moi quand tu me parles !

Le vice-capitaine n’en croyait pas ses yeux. Il est encore capable de bouger ? Rilthas pivota légèrement :

― Je vois que tu ne tiens pas à ton bras.

Selena parcouru les derniers mètres. Elle écrasa la main qui retenait Rilthas Light. Damian lâcha sous la surprise.

― Qu’est-ce qui te prend, Selena ?
― Vulgaire humain. Comment un vulgaire humain peut-il oser agripper la jambe d’un capitaine de la Garde ? Apprends à rester à ta place ! Allons-y, Rilthas.

Damian était abasourdi par les paroles de la femme pour qui son cœur battait encore. Elle ajouta :

― Selena Light a retrouvé la raison à cause de l’impolitesse de cet humain. Je t’en prie, ramène-moi chez nous. J’expierai mes fautes sans retenue.
― Attends ! Qu’est-ce que tu racontes ?

Selena ne semblait plus l’entendre.

― Je ne pense pas qu’un coup de grâce soit nécessaire. Il finira par mourir si on le laisse ici. Rentrons !
― Selena ?! Regarde-moi ! Damian prononça ces mots en essayant de se relever malgré ses blessures.
― Ne bouge pas ! Si tu fais un mouvement de plus. Si tu essaies de me suivre. Je ne te le pardonnerai jamais ! La jeune femme lui tournait le dos, cachant son chagrin grandissant. Tu vas finir par mourir alors profite des instants qu’il te reste.
― D’accord. Je ne l’achèverai pas. J’ai frappé des points vitaux. Il mourra dans peu de temps. Shad.
― A vos ordres.

Le vice-capitaine rengaina son arme. Il prit la tête du petit groupe. Et tout trois s’enfoncèrent dans l’obscurité. Sans se retourner. Disparaissant peu à peu vers les montagnes.

Je ne peux même plus parler. Retiens-là ! Non, elle m’a protégé…

Damian serra le poing, gaspillant ainsi ses dernières forces. Son corps était lourd. Il avait mal, il avait froid. Il sentait ses forces l’abandonner de plus en plus vite. La tristesse, la colère mais aussi le désespoir furent les derniers sentiments qu’il ressentit. Ensuite, plus rien.

Le vent soufflait de nouveau sur cette terre désolée.


Version 3
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Ambriel le 12 Août 2019 à 10:46:53
Salut et bienvenue !


Citer
Le monde évoluait sans cesse, le nôtre plus rapidement que le vôtre malgré la transgression de notre humanité.
Je trouve cette première phrase assez obscure.

Citer
Le hasard voulut qu’il croise sa route révélant ainsi la coexistence de nos deux mondes.
Qu'il croise la route de qui ? Du hasard ?

Citer
Un trophée posé fièrement sur le rebord de la cheminée de son appartement pouvait en attester.
Tiens, je savais pas que les appartements pouvaient avoir des cheminées  ^^

Citer
S’il avait su que le choix d’un seul chemin fût le début d’un effet papillon qui allait l’emmener au-delà de toutes ces espérances, ce serait-il écarté de sa route habituelle ce soir-là ?
Je ne crois pas que "fût" soit au temps qu'il faut. Je pense que c'est plutôt "serait" ?
"ses espérances"
"se serait-il"
De manière générale, je trouve cette phrase assez maladroitement tournée. Tu peux peut être la simplifier ou la découper.

Citer
Il accéléra le rythme de sa course se laissant emporter par la mélodie.
j'aurais mis une virgule après "course".

Citer
« Quelle voix mélodieuse ! » pensa-t-il avant de se retourner pour la situer dans la pénombre.
Je trouve ça assez surréaliste que le mec, en entendant quelqu'un appeler à l'aide, la première pensée qui lui vienne soit "tiens, quelle jolie voix !". Surtout que quelqu'un en pleine détresse a rarement une voix mélodieuse...

Pourquoi ce choix de cacher le nom du personnage ?
Sinon, rien de particulier à dire, c'est un début d'histoire. Le fantastique (personne dans le monde réel qui découvre du surnaturel) n'est pas forcément mon genre favori, ça dépend principalement du contenu et du traitement ^^.
Titre: Re : Re : Op.T.
Posté par: Merlok le 12 Août 2019 à 11:58:47
Citer
Le monde évoluait sans cesse, le nôtre plus rapidement que le vôtre malgré la transgression de notre humanité.
Je trouve cette première phrase assez obscure.

Modification prise en compte. Je reviendrai plus tard sur la phrase en exprimant un peu mieux l'idée.

Citer
Le hasard voulut qu’il croise sa route révélant ainsi la coexistence de nos deux mondes.
Qu'il croise la route de qui ? Du hasard ?

Modification prise en compte.

Citer
Un trophée posé fièrement sur le rebord de la cheminée de son appartement pouvait en attester.  Tiens, je savais pas que les appartements pouvaient avoir des cheminées  ^^

Il existe des appartements avec cheminée. Je modifie pour garder une cohérence avec la suite de l'histoire.

Citer
S’il avait su que le choix d’un seul chemin fût le début d’un effet papillon qui allait l’emmener au-delà de toutes ces espérances, ce serait-il écarté de sa route habituelle ce soir-là ?
Je ne crois pas que "fût" soit au temps qu'il faut. Je pense que c'est plutôt "serait" ?
"ses espérances"
"se serait-il"
De manière générale, je trouve cette phrase assez maladroitement tournée. Tu peux peut être la simplifier ou la découper.

Oups, j'ai eu les yeux qui saignent sur ce coup! Modifications prises en compte.  :)

Citer
Il accéléra le rythme de sa course se laissant emporter par la mélodie. j'aurais mis une virgule après "course".

Oui moi aussi  ::)

Citer
« Quelle voix mélodieuse ! » pensa-t-il avant de se retourner pour la situer dans la pénombre.
Je trouve ça assez surréaliste que le mec, en entendant quelqu'un appeler à l'aide, la première pensée qui lui vienne soit "tiens, quelle jolie voix !". Surtout que quelqu'un en pleine détresse a rarement une voix mélodieuse...

Oui effectivement, ce n'est pas l'effet recherché. Je change légèrement mais c'est à retravailler.

Citer
Pourquoi ce choix de cacher le nom du personnage ?
Simplement parce que je n'ai pas encore fait de choix.  :o

Citer
Sinon, rien de particulier à dire, c'est un début d'histoire. Le fantastique (personne dans le monde réel qui découvre du surnaturel) n'est pas forcément mon genre favori, ça dépend principalement du contenu et du traitement ^^.

L'objectif est de donné envie d'aller plus loin dans l'histoire, est-ce réussi ?
Globalement, il s'agit d'un premier jet qui va s'étoffer. Manque-t-il des descriptions (lieu, personnage) ou est-ce suffisant pour un début ?
Quelle est la phrase qui te fait penser a du fantastique ?
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Ambriel le 12 Août 2019 à 13:07:05
Citer
L'objectif est de donné envie d'aller plus loin dans l'histoire, est-ce réussi ?
Globalement, il s'agit d'un premier jet qui va s'étoffer. Manque-t-il des descriptions (lieu, personnage) ou est-ce suffisant pour un début ?
Quelle est la phrase qui te fait penser a du fantastique ?
Ben pour moi je dirais... réussi moyennement. ^^

Pour les descriptions c'est personnel. Pour moi : Ton personnage est assez "lointain" pour le moment, tu nous dresses son portrait de manière distante. Il est cuisinier, il fait du footing le soir en écoutant de la musique. Voilà en gros ce qu'on sait de lui ^^. Il n'a pas vraiment de personnalité propre pour le moment je trouve. Or personnellement j'aime bien m'attacher aux personnages.

Le coup de "un seul être va changer la destinée du monde", c'est plutôt classique. Ça peut marcher quand même (attiser la curiosité) sauf si le lecteur a vu et revu ce concept et qu'il cherche autre chose. ^^

Qu'est ce qui me fait penser à du fantastique, ben, je sais pas si fantastique est le nom approprié, mais tu dis qu'il va découvrir un monde parallèle, en gros. Non ?
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Merlok le 12 Août 2019 à 15:07:11
Merci beaucoup pour ton avis.

Cela va me permettre de repenser ma manière de présenter les éléments.
Je présenterai mon texte refondu pour essayer que l'envie d'aller plus loin ne soit plus"moyenne"  :-¬?

J'ai hésité à présenter au lecteur la partie "fantastique".
Je me demande si je ne devrais pas la supprimer pour ne pas perdre des lecteurs qui n'aiment pas trop ce genre de thème... :???:

Juste pour info, qu'est-ce qui te donne envie de dépasser un prologue mis à part l'attachement au personnage ?

Au boulot du coup.
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Ambriel le 12 Août 2019 à 15:36:17
Hehe, après mon avis n'est que personnel bien sûr.

Qu'est-ce qui m'accroche dans un prologue ?
Je ne saurais trop dire, quelque chose qui interpelle, un cliffhanger étonnant, ou peut être la façon d'écrire que je trouve agréable...

Pour la partie fantastique à toi de voir. Peut être simplement l'évoquer de manière plus subtile, moins classique ?

Bon courage :)
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Manu le 12 Août 2019 à 15:51:30
.
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Merlok le 12 Août 2019 à 16:25:59
Bonjour Manu,

Si je te suis bien, tu penses qu'après ces 3 phrases le chapitre 1 peu démarrer ou alors dans le prologue il faut développer ces 3 points ?

Citer
Le monde évoluait sans cesse, le nôtre plus rapidement que le vôtre. La route menant jusqu’à nous était gardée secrète. Personne n’aurait cru que la destinée d’un seul être puisse tout changer.

Il s’appelait Daryl.
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Manu le 12 Août 2019 à 16:31:52
.
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Merlok le 12 Août 2019 à 16:41:58
D'accord je comprends.

Effectivement, je compte remanier de manière radicale ces quelques lignes. Il s'agissait d'un texte écrit il y a plusieurs année mais je pense qu'il va fortement évoluer.

Par contre, je me demande si la phrase"Il s’appelait Daryl." ne devrait pas être la première phrase ?

Mon idée est de développer une scène d'actions laissant transparaître ces points au lecteur sans trop en dire effectivement.



Voici un remaniement de la première partie. N'hésitez pas à critiquer de manière constructive comme d'habitude  ;D

++
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

++

La rime n'est pas forcément voulue...
Si une bonne âme à une meilleure idée que le mot "bouleverser", je suis preneur  :P



Supprimé. Voir le premier poste.

Modération :
3 messages regroupés, Merlock, il faut éviter de multiplier les réponses à la suite sous un même fil, utiliser la fonction "modifier" pour revenir sur le message précédent (s'il est le dernier de la liste) permet une plus grande lisibilité du fil. Merci
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Lilyma le 03 Septembre 2019 à 15:36:05
Hello Merlok!

Alooors, je viens de lire ce début et personnellement... je n'ai pas grand chose à dire sur la forme, dans le sens que je n'ai pas vu de fautes majeures. (même si j'ai un léger doute sur "Ses pupilles aux reflets de la nacre"...j'aurais dis "Ses pupilles aux reflets de nacre")

J'ai beaucoup aimé ce début et pourtant je suis pas une grande fan de sci-fi. En quelques lignes tu as réussi à donner déjà énormément d'informations sur tes personnages et sur les lieux, et à déjà mettre ton personnage dans une sombre situation ahah.
J'ai trouvé les dialogues un peu grandiloquant pour mon goût mais c'est vraiment personnel et finalement, si tu tiens ce style tout le long, ça devient juste la manière de parler de l'histoire.

Hate de lire la suite!
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Miromensil le 03 Septembre 2019 à 16:28:13
Bonjour Merlok,
Comme ce chapitre est la suite directe du prologue, j'ai fusionné tes fils. Pourrais-tu à l'avenir poster tous les chapitres/toutes les parties à la suite, dans ce fil ? C'est pour des raisons de clarté. Merci !
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Merlok le 03 Septembre 2019 à 23:13:56
oui, aucun problème Miromensil. Ce sera mieux en effet !

Merci pour ta lecture Lilyma! Content que cela te plaise, je travaille sur la suite...

Citer
j'aurais dis "Ses pupilles aux reflets de nacre")
Je pense que nacre n'est pas une couleur, mais une matière. Ma version est juste, mais si quelqu'un a une idée sur le sujet ... :noange:

A bientôt.



Lilyma que veux-tu dire par des dialogues grandiloquents?


Modération : messages regroupés, même remarque que précédemment éviter les doublons.
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Lilyma le 04 Septembre 2019 à 17:39:53
Hey Manu,

alors grandiloquant est peut être un peu fort mais parfois je trouve que les dialogues sont un peu "forcés"... encore une fois, c'est une critique tout à fait personnel et je suis sûre que d'autre n'ont aucun problème avec les dialogues du texte.

Par exemple:

"― Deux Gardiens se cachent juste derrière toi, mais tu es tellement perdue dans tes pensées que tu ne t’en es pas rendu compte. À ces mots, Selena resta paralysée. « Deux Gardiens ! ». Les choses se compliquaient. Je te concède que tu as passé les derniers mois ici, mais je pense que tu t’es ramollie. Crache le morceau, où est l’homme qui t’a volé ton implant ?"

J'ai mis en gras les passages que j'aurais formulés autrement. Je ne les trouve pas "naturels".
Les répliques sont l'essence des personnages, donc je ne pense absolument pas qu'ils devraient être changés.


Titre: Re : Op.T.
Posté par: Merlok le 04 Septembre 2019 à 19:14:29
Ah oui je comprends. J'ai effectivement encore un peu de mal à écrire les dialogues qui semblent naturels.

Si tu as du temps, ton analyse m'intéresse pour l'ensemble des dialogues  :noange:



La version 3 est finalisée et prête pour les yeux experts des lecteurs  :P

Voir le premier poste.

Modération : idem que les 2 remarques précédentes, messages regroupés.
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Lilyma le 07 Septembre 2019 à 10:17:26
Aloooors, me revoilà. Bon, j'aime toujours autant et je ne m'attendais pas à ce dénouement.

Voici mes reflexions:

La première, c'est que j'ai l'impression que parfois le point de vue du narrateur change. Il y a des passages où on passe d'un narrateur totalement externe qui sait tout des personnages, à des moments où le narrateur a "un avis" sur ce qui se passe, comme si on repassait par une focalisation interne:

Citer
À l’ouverture de la porte, un jeune homme, vêtu d’un costume hors de prix

"Hors de prix", selon qui ? selon Damian? Si le narrateur est externe, c'est un costume de très bonne qualité, ou au pire "couteux". Mais je trouve que le terme "hors de prix" est très personnel. Donc au début, j'ai pensé qu'on était dans les pensées de Damian, mais par la suite, on se retrouve dans les pensées de Tin, puis de Selena, donc le narrateur serait externe? Bref, j'espère que tu as compris ce que je voulais dire.

Citer
La route menant à nous
J'ai trouvé cette formulation un peu maladroite. La route menant à notre territoire? La route qui menait à nous?

Citer
son cœur accélérait
Son coeur s'accélérait?

Citer
il s’avança d’un pas calme, serein, presque gracieux, malgré sa silhouette élancée.
Pourquoi "malgré"? Une silhouette élancée peut être gracieuse... C'est souvent un adjective qu'on utilise pour les top-models.

Citer
Je n’y crois pas, regardez la faciliter
facilité

Citer
son mouvement comme paralyser.
paralysé



Voilà voilà
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Merlok le 07 Septembre 2019 à 16:23:11
Très heureux que l'histoire te plaise. Je voulais un dénouement qui donne envie de continuer la lecture  :-¬?

Effectivement le narrateur est omniscient. Je vais essayer de gommer les avis personnels.

Mise à part les quelques fautes qui piquent les yeux  :-[ un avis sur les dialogues et autres pensées qui te semblaient grandiloquents. J'essaie qu'ils soient le plus naturels mais je ne sais pas si j'y arrive !?
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Gramme le 11 Septembre 2019 à 01:00:22
Salut Merlok ! Je viens lire Op. T donc :)

Je balance d'abord des remarques (subjectives) en vrac au fil de la lecture (je n'ai pas lu les commentaires précédents, donc désolé d'avance pour les redondances éventuelles, j'irai les lire après).

Citer
mais leur amour allait tout bouleverser
Je trouve le "leur amour" un poil cliché, tu pourrais peut-être dire la même chose mais avec un peu plus de "connotation" ? genre on comprend l'idée mais on a pas la formule un peu cliché ? à voir



Citer
cette lune immense
direct je retrouve ta façon de déterminer les choses : le "cette" comme si on en avait déjà parlé. En vrai je pense que c'est un tic de langage, à toi de voir ce que tu veux en faire, perso je trouve que c'est un truc intéressant, pas forcément à dégager, mais peut-être à creuser pour voir pourquoi tu l'utilises.



Citer
les traits
ça sonne un peu bizarre pour des montagnes, je trouve. Leurs formes / silhouettes / nimportekoidotre ? Encore une fois, c'est ultra subjectif ce que je dis.

Citer
parcourrait
parcourait

Citer
l’avait obligé
obligée ? ça dépend quelle orthographe tu utilises, moi j'suis coincé dans le passé

Citer
et son sac à dos complétait
complétaient

Citer
Les lumières de la petite ville de Beatty éclairaient l’horizon formant un dôme lumineux
Pour moi il faut une virgule après "horizon" sinon on peut croire que c'est l'horizon qui forme un dôme lumineux.

Citer
annonça-t-il d’un ton cruel à voix haute
le "à voix haute" est peut-être superflu : le verbe annoncer fait le taf, la phrase est un poil lourde en plus, elle serait mieux sans. Et pareil juste avant la ligne de dialogue sonne un peu bizarre, peut-être qu'il a pas besoin de dire son nom et son prénom, il les connaît déjà, ça fait un peu "méchant de dessin animé". A voir.

Citer
Selena qui avançaient
avançait


Citer
Depuis sa rencontre, elle l’aimait, mais elle ne pouvait continuer sans le mettre en danger
j'enlèverais "depuis sa rencontre", la phrase serait plus percutante. De plus j'imagine que la suite de l'histoire développera ce point, donc l'info est pas indispensable.

Citer
Un homme comme les autres ! » se dit-elle en esquissant un sourire.
"s'était-elle dit" ? là je suis plus que méga subjectif.

Citer
L’onde de choc se propagea, créant une vague de roches autour de lui jusqu’à atteindre sa cible avant de s’évanouir au loin. La jeune femme fut projetée dans les airs avant de retomber lourdement.
Je trouve qu'il y a un petit effet dissonant dans le fait qu'on lit d'abord que l'onde se propage et disparaît au loin, puis on revient à l'action du moment où elle est projetée. C'est ok dans la forme, mais à la lecture ça fait, je trouve, un effet dissonant. Peut-être mixer les deux phrases (l'onde de choc se propage, Selena est projetée, elle retombe lourdement alors que la vague de roches s'évanouit au loin) ?

Citer
que tu ne t’en es pas rendu compte
rendue compte

Citer
À ces mots, Selena resta paralysée. « Ils sont deux ! ». Les choses se compliquaient
J'enlèverais "Ils sont deux!" car on a déjà sa réaction (paralysée) et une analyse (les choses se compliquaient), donc ça apporte pas d'info utile mais ça alourdit le récit je trouve.

Citer
Serrant les poings, la jeune femme rétorqua, prête au combat si nécessaire.
Il faut terminer par : et non par .

Citer
S’en est un !
je comprends pas ce qu'il veut dire ^^

Citer
Le poignard du vice-capitaine siffla dans l’air. Elle eut à peine le temps de s’écarter que la lame trancha la chair sans décélérer. L’impact sur le mur de pierres fut si violent que l’arme y resta plantée. L’écho résonna dans la nuit. Le sang commença instantanément à dégouliner le long de son bras endolori. Selena tomba à genoux appuyant avec son autre main sur la plaie. Son assaillant restait à une distance dangereuse.
Très stylé ce passage, nerveux, graphique, j'aime beaucoup.

Citer
Il s’apprêtait à assainir le coup fatal
asséner

Citer
s’avança au sommet de l’escalier suivit de son garde du corps.
suivi

Citer
Le vent frais s’engouffra par toutes les ouvertures de leurs vêtements.
le genre de petits détails qui "font vrai", tu en uses bien, je cite juste celui-là pour dire que je trouve ça cool.

Citer
Dans son dos, rangée dans son fourreau, une épée semblait le maintenir droit comme le tuteur d’une plante verte.
ça c'est chouette aussi, comment faire d'une pierre plein-de-coups : dire quelle arme il a, comment elle est rangée, comment il se tient et tout ça en une fois, de façon fluide et ça apporte autre chose que juste dire "y'a ça, et y'a ça aussi. et ya encore ça". Bien ouéj!

Citer
Damian contracta l’ensemble de ces muscles. « Jusqu’à maintenant, je n’ai pas encore pu me mesurer à un Gardien. Il est temps de savoir ce que vaut cet implant ! »
lol, badass x) mais badasserie assumée alors why not.

Citer
Tin dégaina son arme étincelante même à la seule lumière lunaire. En un instant, il était sur son adversaire. Le taux d’adrénaline montait en flèche. Damian commençait à ressentir les effets de l’implant. Il évita non sans peine les deux premiers assauts. Pour le troisième, son avant-bras para le tranchant. Le choc fit vibrer la lame et son propriétaire la rempoigna fermement. « Comment est-ce possible, il m’a bloqué à main nue ? ».

Damian était ravi, mais il se déconcentra un instant. Son adversaire en profita pour pivoter et venir planter la pointe acérée dans son épaule droite. Un filet de sang coula lorsqu’elle ressortit. La douleur était forte, Damian mit un genou à terre tout en pressant son épaule de sa main gauche. Il sentait la chaleur émanant du liquide rouge qui coulait entre ses doigts.
On sent que tu aimes écrire ces scènes d'action, et franchement ça fonctionne pas mal. Tu utilises les adjectifs et les adverbes avec parcimonie, c'est cool. Vraiment. Pas mal d'infinitifs aussi, parfaitement adaptés au rythme que tu veux donner. Tu dis que c'est ton premier texte, et c'est -je trouve- vraiment pas mal tu évites là-dessus des écueils communs quand on se met à écrire (moi le premier), tu sembles avoir bien l'intuition de ce que tel ou tel procédé de langue peut donner comme feeling au texte.

Citer
― Espèce d’insolent ! s’emporta le fier guerrier qu’il était.
de façon générale, (j'y reviendrai à la fin) je suis pas ultra fan de tes dialogues mais cette ligne est pas mal, notamment "le fier guerrier qu'il était" : la notation apporte un peu de profondeur au personnage, de façon simple.

Citer
Un rapport secret parle qu’il aurait repoussé un groupe de cinq Chasseurs, il y a quelques jours.
Un rapport secret dit qu'il... // Avec "parle" ça fait vraiment langage plus que relâché, en soi pourquoi pas c'est du discours direct, sauf que jusqu'ici le gars s'exprime correctement.

Citer
regardez la faciliter
facilité

Citer
qui stoppa son mouvement comme paralyser.
paralysé

Citer
Le coup dans le plexus solaire l’empêcha de respirer.
encore une fois, petit détail bien vu qui ajoute au réalisme des combats.

Citer
― C’est ma faute si Damian est…mort ! Si je veux aller auprès de lui, où est le problème ?!
Un exemple de discours que je trouve un peu bancal.  Tes dialogues sont un peu trop "mécanique", tu donnes trop d'informations, je pense, c'est un équilibre à trouver. C'est compliqué les dialogues, moi-même, j'en chie bien comme il faut et je les évite d'ailleurs. Dans ce cas précis, un truc tout simple peut lui donner un peu plus de fluidité : "C'est ma faute s'il est.. Si je veux aller auprès de lui, où est le problème ?!" Voilà c'est qu'un exemple, mon dialogue est pas forcément génial mais c'est pour te donner l'idée. Tu ne dis pas tout, mais le lecteur comble les trous. Je pense que le pire ennemi des dialogue c'est l'exhaustivité, faut trouver sa musique, être un peu plus discontinu, allusif, sans l'être trop.

Citer
Damian était abasourdi par les paroles de la femme qu’il aimait. Elle ajouta.
elle ajouta :


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Alors voilà pour le relevé en vrac. Encore une fois, je donne que mon avis, un avis parmi d'autres, un avis qui vaut ce qu'il vaut.

Je ne suis pas extrêmement fan de ce genre d'histoires, et je sens la tienne parfois un peu "cliché" mais après c'est à voir avec ton projet. Ne prend pas cette remarque trop durement, parce que y'a "cliché" mais y'a aussi "un peu". En revanche, pour un premier texte, franchement je trouve ça vraiment pas mal. J'ai cru sentir que tu t'éclatais à raconter cette histoire, que tu avais réfléchis en amont à pas mal de choses, on sent que tu sais où tu vas et ça, c'est super. On sent aussi que tu visualises bien ce que tu décris et du coup au niveau des descriptions c'est pas mal aussi, des petits détails un peu partout qui font bien vivre et voir le truc, très très chouette ça. Tu me sembles bien adepte (consciemment ou pas, par tes influences, ta façon de voir les choses) du "montrer au lieu de dire" et ça fonctionne très bien avec ce genre d'histoires. Tu cherches des idées de mise en scène, des angles pour aborder un passage, une description, une action : c'est chouette je trouve, ton récit est vivant.

Les scènes d'actions c'est un des points forts de ton texte je trouve. Elles sont assez stylées, parfois assez brèves mais sans que ça les rende moins percutantes.  Très graphiques aussi, on est pas loin du manga parfois (c'est pas du tout négatif, c'est ton esthétique tout simplement).

L'histoire en elle-même, comme je t'ai dit je crois poindre un peu de cliché par moments, mais on sent que l'univers est travaillé, y'a du background derrière qui demande qu'à se développer. On en sait peu pour l'instant, trop peu pour juger, mais on est curieux de savoir la suite. Là-dessus, ça fonctionne plutôt pas mal.

Je suis d'accord avec Lilyma sur le statut parfois un peu flou du narrateur, c'est à travailler, en tout cas à creuser : faut que tu sois conscient du statut que tu donnes au narrateur, c'est important je pense.

Je trouve ton style globalement soigné, t'en fais pas des caisses mais tu fais pas du plan-plan non plus, j'ai beaucoup aimé cet aspect de ton travail. On sent que tu écris une histoire, tu ne cherches pas juste à la raconter, on voit le medium, on sent que tu essaies, ça me paraît une bonne approche. Assez peu de fautes, assez peu de lourdeurs, c'est propre. Je sais pas si c'est ton tout premier texte, mais que ce soit le premier ou un des premiers bah j'ai envie de te dire : continue d'écrire !

Le gros point noir, pour moi, ce sont les dialogues. Mais c'est pas étonnant, c'est chaud les dialogues. Là-dessus on sent que tu rames vraiment, et ils participent au côté "cliché". J'arrête pas de mettre cliché entre guillemets, c'est que en soit on s'en fout que ce soit une énième histoire d'amour impossible, avec des liens familiaux compliqués, deux mondes qui se mélangent mal, etc... Ce sont des récits universels, t'es pas le premier à t'y essayer, tu seras pas le dernier, c'est pas du tout rédhibitoire à mon sens. Le tout, c'est d'y apporter un peu de coffre et de profondeur et d'y apporter aussi sa touche. Ta touche, ça va être ton lore : on peut pas en juger pour l'instant bien sûr, mais on sent qu'il y en a et c'est déjà chouette, c'est normal d'en avoir que des bribes pour l'instant, ça participe à donner envie de lire la suite ; ça va être aussi la façon dont tu raconte cette histoire, dont tu développes les personnages, etc...

Tes dialogues par contre, ils galèrent à faire le taf pour moi. Ils tendent un peu à "caricaturer" les personnages. Mais comme j'ai écrit plus haut, je suis plutôt une quiche en dialogues donc j'aurais du mal à te donner des conseils précis, mais tu peux faire des recherches en ligne il doit y avoir énormément de choses qui peuvent t'aider. Et lis attentivement des dialogues dans des bouquins que t'as apprécié, ça va t'inspirer de les lire avec un regard "averti".

Pour finir, je me permets de te conseiller un petit bouquin génial qui te plaira peut-être : ça s'appelle "Bastard Battle", de Céline Minard. C'est pas du tout de la SF, c'est en gros le récit de la rencontre WTF en plein Moyen-Âge entre des bandits qui attaquent des villages et des samouraï qui sont de passage. C'est écrit avec un mélange de "vieux français" (mais compréhensible par tout le monde) et de français bien bourrin et moderne. Et les scènes d'actions sont juste géniales, c'est drôle, etc... Je te le conseille surtout pour le côté action, presque manga là aussi, et le côté original (c'est juste un à-côté). J'y ai pensé en lisant tes scènes, peut-être que tu aimeras.

Allez, à plus !

Titre: Re : Op.T.
Posté par: Merlok le 11 Septembre 2019 à 11:18:57
Re-bonjour Gramme,

Je te remercie de cette lecture attentive au vu de l'heure tardive de ta réponse  8) Tout est vraiment pertinent !

Mes yeux saignent en voyant les fautes d'orthographe... J'ai horreur de ça !!! Pourtant j'ai utilisé les correcteurs Word et Scribens !

Je suis également content que le texte donne envie de continuer l'histoire. Je cherchais à mettre un peu d'actions tout en présentant les personnages et l'univers dans lequel on se trouve pour accrocher le lecteur.

Quant au cliché de l'histoire, c'est "un peu" voulu... Je vais essayer que la suite soit plus original dans la manière de traiter les thèmes.

Alors pour les dialogues, je rame, je rame, comment dire ? Je suis dans la galère !  :'( Je compte améliorer ça...
Que penses-tu de la typographie que j'utilise ? Il est possible également d'ouvrir les guillemets pour chaque dialogue ou pas ou...

Merci pour le conseil de lecture, je vais regarde de plus près.

Je confirme que c'est mon tout premier texte ! Dans les textes courts, on peut trouver "Préambule". Ce texte viendra en introduction de celui-ci.


Une nouvelle version est en cours pour prendre en compte toutes les remarques/améliorations. J'espère vous retrouver au rendez-vous  ;D
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Gramme le 11 Septembre 2019 à 14:08:44
Citer
Mes yeux saignent en voyant les fautes d'orthographe... J'ai horreur de ça !!! Pourtant j'ai utilisé les correcteurs Word et Scribens !
Bah il y en avait pas tant que ça, t'inquiète. Les fautes, ça se corrige on s'en fout tant que c'est lisible. Là j'ai relevé quand j'en voyais vu que ça fait partie des améliorations possibles d'un texte mais elles ne gênaient pas la lecture, dans l'ensemble c'était clean !

Citer
Alors pour les dialogues, je rame, je rame, comment dire ? Je suis dans la galère !  :'( Je compte améliorer ça...
Que penses-tu de la typographie que j'utilise ? Il est possible également d'ouvrir les guillemets pour chaque dialogue ou pas ou...
Je peux pas t'aider là-dessus, comme je t'ai dit, je suis une quiche en dialogue. Ma solution (de faignasse) c'est de ne pas en mettre, ou le moins possible. Mais ça se travaille, je pense qu'on est nombreux à galérer là-dessus et beaucoup (ceux qui bossent, pas comme moi) s'améliorent.

Citer
Je confirme que c'est mon tout premier texte ! Dans les textes courts, on peut trouver "Préambule". Ce texte viendra en introduction de celui-ci.
Et bien c'est vraiment pas mal comme premier texte, notamment la "charpente", c'est construit, ce n'est pas un enchaînement de phrases qui délivrent toutes leur information essentielle, c'est cool ça.

En tout cas je te souhaite de continuer à prendre du plaisir en écrivant  ^^
Titre: Re : Op.T.
Posté par: Merlok le 13 Septembre 2019 à 14:15:09
Mise à jour du texte en tenant compte des commentaires. Et quelques améliorations en bonus  :-¬?