Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Manu le 10 Août 2019 à 15:08:25
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Bonjour et merci aussi pour tout le reste, :-¬? :noange:
Jubilatoire, dérangeant peut-être aussi par certains côtés, mais je mentirais en disant que je n'ai pas aimé. ::) 8) puisque j'ai adoré. >:D
Evidemment, c'est bien écrit et bien pensé. Un brin provocateur et la morale en prend un coup ce qui donne du sel à la lecture.
Cela m'a fait sourire et rire, c'est bon signe et en plus j'y ai pris plaisir. Le top du top. 8) ;) Sacrée Elaine … :-¬?
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Salut Manu,
Il y a des choses que j'ai aimées, des tournures grinçantes qui m'ont fait sourire. D'autres qui sont pour moi "too much", un glauque ostentatoire qui pour mon ressenti personnel perd en impact. Sur le fond j'ai bien aimé ce que tu résumes dans cette phrase : "Ces beaux sentiments d'amour paternel qui m'emprisonnaient." Je crois que j'aurais apprécié davantage le texte s'il avait été cadré un petit peu + du côté de cette loyauté familiale asphyxiante, s'il avait brossé un portrait de la narratrice plus riche en nuances. D'une manière générale, je préfère les moments d'ambivalence ou de contrastes étranges, plutôt que la haine ou le gore crus. Je me demande quelle est l'histoire derrière le destinataire de l lettre, un mystère voulu ; par contre je n'ai pas vu l'intérêt de l'histoire du frère, tel quel, je n'ai pas compris ce que ça apporte au scénario. (A part pour le plaisir de noircir un peu le tableau). Sur la forme, les fluctuations du niveau de langue apportaient parfois un + mais m'ont souvent un peu empêchée d'entrer dans le texte.
Au total : Rien de ridicule à mes yeux. Comme toujours, ça dépend de ce qu'on recherche comme type de lecture. Parfois la volonté de faire glauque perd en subtilité pour moi - et du coup perd beaucoup en impact - mais probablement que d'autres personnes seront dans cette recherche-là.
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Bravo Manu !
Bon texte, j'espère que tu t'es bien amusé à l'écrire, en tous cas, moi oui. ;)
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Hey Manu.
Je ne sais pas si j'ai déjà commenté l'un de tes textes, mais je me suis laissée tenter par celui-ci (EDIT: Oh mais si en fait! Tu es l'auteur de la File, un de mes textes préférés ici!). D'abord, quelques remarques en vrac, puis en « deuxième partie », deux points un peu plus développés sur l'ensemble du texte :
Je veux te savoir en bonne santé, cela a toujours sécurisé mon long voyage vers toi
Je ne comprends pas du tout l'emploi du mot « sécurisé ». Surtout que l'on parle de la bonne santé d'un destinataire et de passions. Ce mot en revanche appartient plus au domaine du maintien de l'ordre ou à un poste douanier. En bref, je trouve ce changement de registre plutôt bizarre et dissonant.
Bien sûr, tu es au courant, nous étions tous des jeunes enfants : mon frère est mort. Tu jouais avec lui, tu jouais avec moi... Mon frère est mort et je vis seule avec mon père
J'adore la rythmique en deux temps de cette phrase, ce mouvement de balancier renforce les répétitions comme les paroles d'une comptine et imprime une mélodie. Mais je ne sais pas si on peut en dégager du sens en dehors de son joli effet sonore ?
et tout le monde sait que je m'occupe bien de la maison, que je me suis sacrifiée pour que la famille tienne le coup
Je comprends la répétition volontaire des « que » pour appuyer l'énumération des pseudo-sacrifices du personnage. Mais je trouve que « pour que » brise ce rythme au lieu de le renforcer. L'effet est lourd, mais pas dans le sens de l’insistance, plutôt de la maladresse.
À trente-cinq ans, je suis encore jeune, et crois-moi, toujours bien roulée,
Le registre du « toujours bien roulée » me paraît déplacé... ça fait très Gégé du PMU. A plusieurs reprise, ton utilise les structures de phrases familières, volontairement lourdes pour caractériser ton personnage (qui marchent très bien!) mais celle-ci, je la trouve vraiment trop...
Dieu était avec moi.[...] Sûr que si Dieu est encore présent pour la Terre,
Mais il est où Dieu du coup ?
Pour moi, il y a deux trucs que j'ai relevé de très différents !
D'abord, le meilleur à mon avis : la description du corps ! Je trouve la description incroyablement bien réussie.
Il est étendu entre la sixième et la deuxième marche.
J'adore cette image. Pas que j'aime particulièrement les descriptions macabres, mais l'image fonctionne parfaitement. Non seulement on sait où est le corps, mais surtout, dans quelle position. C'est très malin et économe.
Sa tête est étrangement ramassée sur ses épaules comme s'il avait perdu son cou dans la chute .
Le renforcement de l'image par la comparaison rend très clair l'aspect du cadavre.
Les bras se sont arrangés n'importe comment. À croire qu'ils sont cassés tous les deux. Aucune tenue !
Le point de vue de plus en plus fort du personnage dans la description est superbement rendu. On sait ce qu'il regarde et on sent monter son dédain, son mépris et sa colère face à ce manquement aux convenances.
Son pied droit a réussi […] les orteils paraissent à vau-l'eau.
Tu retranscris parfaitement le fait que le corps du père ne lui appartient plus. En réunissant tous les passages précédents, on voit la désarticulation - voir le démembrement - globale du cadavre et la perte de contrôle de son corps dans la vieillesse puis dans la mort.
Mon frère est mort quand j'avais 9 ans, je l'ai tué, je t'aimais déjà. Je suis Elaine, depuis peu tueuse en série, j'ai trente-cinq ans et je viens vers toi, mon amour
Sans doute le plus glaçant dans l'histoire !
Deuxième point, le moins réussi pour moi : la relation père-fille qui se construit au début de ton texte:
Les convenances sont très importantes. Surtout pour moi, elles m'aident à me restructurer sans cesse. Me reconstruire autour de toi.
Je comprends cette phrase comme l'annonce d'une pathologie semblable à de la sociopathie voir de la psychopathie, comme si ton personnage avait absolument besoin de repères objectifs pour s'orienter, à défaut de sentiments.
Ces beaux sentiments d'amour paternel qui m'emprisonnaient.
Alors cette phrase, je ne la comprends pas du tout dans le contexte. Est-ce que ce sont les sentiments du père qui l'emprisonnaient ou ses sentiments à elle à l'encontre de son père ? Le début du texte m'a pourtant fait penser que c'étaient les convenances qui dictaient sa vie ? Qu'ont les sentiments à voir là dedans ? Et si ce n'est pas ça les sentiments, pourquoi est-elle restée ? Ces sentiments étaient une convenance ?
Je lave le linge, prépare le repas et dîne en face de lui.
J'aime beaucoup le fait de représenter le dîner comme une énième corvée.
Autre truc qui porte à confusion : le père est décrit comme une « pourriture », il s'« écrase comme une merde », c'est un « boulet », mais c'est aussi un « seigneur »... Ton personnage oscille entre deux champs lexicaux, deux vocabulaires presque, pour parler du père. Du coup, on a du mal à cerner pourquoi cet affrontement à lieu et quels sont les vrais sentiments d'Elaine à son égard. Peut-être que par « seigneur » tu entends « dictateur » ou « tyran » ?
De ce que je comprends, la raison de la haine du personnage envers son père c'est qu'elle en était l'esclave. Mais je n'arrive pas à savoir pourquoi elle en était réduite à cela. Pour moi, c'est le point noir de ton texte. Est-ce les convenances ? L'amour ? Le devoir ? Ca me paraît très confus. Pour moi, il manque quelque chose d'important à ce texte pour qu'il porte comme il le devrait.
En tout cas, j'ai beaucoup aimé te lire. J'espère que ma critique sera constructive :)
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Ow mon Dieu (encore lui!) tu me vends du rêve avec ces textes barrés que je dois rattraper! Dès mon retour de vacances, je ne manquerais pas d'aller les lire. J'avais tellement aimé La File!
Je suis contente que mes critiques d'aident, d'autant plus si elles aboutissent à un nouveau texte plus long :D Au plaisir de te lire donc!