Comme je l'ai dit dans le titre, je relève ici le défi proposé par Rémi il y a quelques jours. Il s'agit d'écrire un texte avec une girafe méchante, mais avec interdiction de situer le texte dans un zoo ou dans la savane.
Je t'avoue Rémi que j'ai eu du mal à trouver une idée, et finalement ça fait une petite nouvelle mignonne. J'espère que ça vous plaira! Sur ce, je ne vous fais pas plus attendre!
Défi de Rémi :
Ecrire un texte avec une girafe méchante.
Contrainte : Ne pas situer le texte dans un Zoo ni dans la savane
C’était un véritable défilé. Se pavanaient face à la jeune fille éléphants, hippopotames, et autres bêtes qu’elle n’avait jamais vus encore d’aussi près. Autant d’animaux impressionnants, au beau milieu de la route, qui semblaient avancer comme en procession.
Elle crut même apercevoir, malgré la foule qui l’empêchait de se rapprocher, un rhinocéros. Voyant ses difficultés à observer l’événement, l’homme à côté d’elle sourit avant de l’installer sur ses épaules. Elle cria un « merci, papa » à son oreille, que ce dernier devina plus qu’il ne l’entendit avec le brouhaha ambiant. Il rit, et sentit des petites mains se poser dans ses cheveux. Sa fille était déjà plongée dans l’étonnant spectacle qui se déroulait devant eux. La hauteur qu’il lui avait fait gagner lui permettait enfin de l’observer pleinement, et les soubresauts de son corps lui annonçait quelques petits rires.
La jeune fille était émerveillée. Un regard à droite, et elle vit disparaître au coin de la rue, dans un dernier rugissement, la crinière brune d’un jeune lion. Devant elle, immenses, les éléphants occupaient toute la largeur de la rue, talonnés par un rhinocéros. Elle en était sûre, c’était la bonne bête qu’elle avait repéré d’en bas, reconnaissant l’ombre d’une corne.
Un regard à gauche, et elle vit apparaître lentement, d’un pas presque pataud, une petite girafe. Petite, car celle qui la suivait, presque collée à la première, était bien plus grande ! L’enfant sentit une grande excitation, et tapait sur la tête de son père, afin d’attirer son attention sur le duo. Celui-ci lui fit comprendre d’un mouvement sec de ne pas se trémousser sur lui, puis se tourna légèrement pour se placer en face des deux bêtes. Sans se préoccuper de la réaction de l’homme, la petite commença à faire de grands gestes, tentant d’attirer l’attention du plus grand animal.
Celui-ci ne réagit pas, gardant le regard devant lui en avançant.
La jeune fille fronça les sourcils. Elle n’aimait pas être ignorée. Ses mouvements redoublèrent de vigueur, et elle tenta de forcer son père à s’approcher.
Celui-ci n’apprécia pas sa réaction, et la fit redescendre en la grondant. Il l’avait prévenue, si elle ne pouvait pas s’empêcher de lui faire mal en bougeant, elle ne pourrait rester. Il commença à lui prendre la main pour l’éloigner de la foule et de l’agitation, mais sentit les petits doigts glisser entre les siens tandis que sa fille grognait en s’écartant. Elle parvint à se faufiler entre les gens devant eux avant qu’il ne puisse la rattraper. Il commença alors à la suivre, jouant des coudes, l’appelant sans succès pour qu’elle fasse demi-tour.
La jeune fille avait un objectif en tête. Elle passait sans difficulté entre deux corps, frôlant ici un bras, s’excusant là pour avoir l’espace libre. Rapidement, elle parvint face aux bêtes, aussi près que lui permettaient les hommes devant elle, qui surveillaient les barrières placées devant le cortège animalier.
Les girafes arrivaient justement à son niveau. La fillette leva la tête dans une exclamation impressionnée. Elles étaient encore plus grandes qu’elle ne l’avait cru, et le soleil dans le ciel l’empêchait, contrairement à tout à l’heure, de voir la tête de la plus grande.
Ebahie, la petite suivit du regard le grand cou s’abaisser, la tête de la girafe arrivant presque à sa hauteur. Elle aperçut ses yeux, et il lui sembla que la bête captait également son propre regard de son iris rougeâtre. Tout à coup, mue par un étrange sentiment de peur, elle se recula tandis que, dans un bruit sourd, le museau de la bête s’écrasait sur le sol, dans un dernier mugissement sinistre.
Alors que l’écho du fracas retentissait encore, l’enfant se faisait balloter par foule autour d’elle qui cherchait à s’éloigner dans un brouhaha. Derrière elle, les girafes arrêtées bloquaient les animaux suivants, et un coup d’œil entre les corps lui permit de voir qu’ils s’écrasaient aux autres ou les évitaient de justesse.
Soudain, des mains la saisirent par les épaules. Elle se retourna pour se jeter dans les bras de son père, qui se leva en la serrant contre lui. Tandis qu’il s’éloignait de la scène de désolation, la tête de sa fille enfouie contre son torse, la foule se faisait plus éparse et enfin plus calme.
Lorsqu’elle sentit qu’ils étaient suffisamment éloignés, l’enfant regarda son père.
- C’est la girafe papa, la girafe qui a tout cassé ! Tu crois que son bébé est cassé aussi ? Elle est méchante, à cause d’elle j’ai pas vu les autres animaux ! J’ai eu peur…