Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Plume d'argent le 20 mars 2007 à 22:53:47
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L'appel du voyage
O sensation nouvelle, sentiment jusqu’à lors inconnu
Qui m’emplit d’allégresse et me procure des frissons !
Une peur sournoise laisse place à un plaisir éperdu ;
Une impression encore neuve qui ne porte pas de nom.
Contemplant par le vitre ce géant de fer ailé,
Qui survole les villes, emportant ses passagers
Vers un horizon inexploré, une fabuleuse entreprise
Improvisée, sans précédent au sein d’une colombe grise.
Traversant la passerelle, enveloppant l’aire d’un adieu,
L’appel du voyage se fait de plus en plus insistant.
Avec ivresse, se glisse en mon âme, un appel impertinent.
J’imagine déjà les plaines immenses et les récifs montagneux.
Prise d’une vertigineuse envie de nouveauté et de découverte,
D’une brise légère et fraîche, de collines colorées ou vertes,
Le cœur en harmonie avec mon esprit fougueux et fugitif,
Je m’évade loin des fumées étouffantes vers des airs plus vifs.
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Un appel venant du lointain ? du rêve ?
Contemplant par le vitre ce géant de fer ailé,
"la vitre", non ?
Vers un horizon inexploré, une fabuleuse entreprise
"fabuleuse entreprise", cela fait un peu étrange en poésie.
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Le schéma de ton texte est : abab, aabb, abba, aabb (tu aurais pu garder au moins "abab" pour le troisième quatrain...)
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Voilà qui ravit les yeux et les oreilles dès qu'on le lit :)
Le thème, bien que déjà surexploité, est revisité avec une sensibilité que j'apprécie beaucoup. Même si l'on peut regretter le côté académique (début par le ô ou le thème du voyage, ou encore les rimes suivies par moment et croisées à d'autres), ce n'est rien en comparaison de l'originalité et de la sensibilité de l'analyse lyrique du sentiment de l'appel au voyage :
Une peur sournoise laisse place à un plaisir éperdu ;
Une impression encore neuve qui ne porte pas de nom.
Le deuxième vers semble s'imposer de lui-même et témoigne de l'émerveillement poétique devant un sentiment inconnu, base de tout lyrisme. Les "colombes grises" nous semblent bien moins prosaïques que dans les aéroports.
Traversant la passerelle, enveloppant l’aire d’un adieu,
Ce vers est d'une grande force par l'emploi du terme géométrique "aire", extrêment concret dans un aéroport, suivi "d'un adieu", comme si la zone géométrique dans laquelle se trouve le "je" était définie par l'étendue de ce "je" lui-même, comme si ce n'était pas un corps qui traversait une passerelle pour rejoindre un avion mais un lieu de l'esprit, défini, qu'on appelle l'adieu, qui menait vers ce sentiment inconnu que procure un départ. Nul besoin qu'un homme prenne l'avion pour ressentir un tel appel, et c'est cela la poésie.
J'aime moins le vers suivant, qui veut trop expliciter ce qui n'a pas besoin de l'être et qui a une sonorité beacoup moins belle. (L’appel du voyage se fait de plus en plus insistant.)
Les deux autres sont plus académiques.
Mais le "must" rest le dernier vers, d'une importance capitale, ça peut faire un poème (ex: le dormeur du val de Rimbaud)
Je m’évade loin des fumées étouffantes vers des airs plus vifs.
Ce monosyllabe final montre une physicalité telle qu'elle transperse littéralement le lecteur, comme le "je" et réussit son pari. Si l'on lis le poème avec implication, on sent cet appel qui nous traverse le corps et l'esprit.
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Waow j'ai été scotché sur place en lisant ton commentaire. En fait, en voyant qu'on m'avait répondu, j'ai pensé: qu'est-ce qu'ils ont à commenter ce poème minable, il est même pas bien rimé! Et je trouve avec plaisir qu'il a plu à certains.
Eh ben ton commentaire me ravit Imago!
Je vais voir si je peux arranger les rimes math'.