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Sur les marchés de
KOUROUSSA, KANKAN et de SIGUIRI.
A CONAKRY ,
Les racines m’apparaissent telles des îles, des flâneries, des ors, cueillettes et visages d‘airain; la tôle ondulée couvre les cabanons.
Une vieille femme à moitié nue, jette un de ses derniers regards sur des pneus affamés de sentiments.
L’odeur s’entasse. Nausée à l'ambassade.
La nuit sera une longue servitude.
Le torse en sueur, je cherche à pénétrer cette civilisation de mon intrinsèque, de mon cosy-corner...d'homme affamé de femmes et d'hommes, de chants et d'odeurs.
L’Afrique, dans sa longue robe de cotonnade, et mon moi alangui, nonchalant, entre offrande et fétichisme.
Puis LAGOS, l’immense dépotoir, visqueuse.
Venise noire, black tropic, cerneau animal.
« Les moins-possibles », m’explique Man.
Nausée à l'ambassadeur. Dans ce dérèglement aquatique de mon corps plongé dans l’essence, des effluves de FELA KUTI dansantes jusqu'à son trépas.
Ce continent noir voudrait m’offrir un rapport non protégé entre sa superbe poitrine, au milieu des immondices et de la vase.
Là haut, au sommet des buildings, on parle chinois, IBM, KRACH, HEDGE-FUNDS, MONEY CASH.
Au diable l’Afrique de l’or noir !
– Toi, pas parler petit nègre !
– Si, parler petit nègre, pas chinoiseries.
Moi parler langues sahariennes, et langues bantoues.
Moi me nourrir du sel de la mer, d’horizon et de soleil, et moi immobiliser z’yeux; raconter-si-ICI, raconter-sa-LA, hisser drapeau, rassembler soldats, nuée d’abeilles à la proue du navire, moi chanter et toi écouter, attendre.
Nous parler l’angle, la visée de l’impossible.
Avant que nous ne soyons broyés par les aspérités du bitume, la fièvre du crustacé -des zones humides et tangentielles-surgie des faubourgs.
Soyons invulnérables !
« le fils de l’oiseau doit creuser la terre,
S’il ne la creuse,
Il est perdu ! »