Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: EDreamy22 le 07 Juillet 2019 à 18:59:20
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Mal. Je me sentais si mal que le mot en lui-même ne suffisait pas à parfaitement qualifier mon ressenti. Perdue. Seule. J’étais à jamais enfermée dans ma propre tête, dans mon imaginaire, prise à mon propre piège tout en ignorant comment en sortir. C’était stupide. J’avais honte, terriblement et je ne pouvais en parler à personne sauf à mon subconscient qui ne faisait que renforcer sa prise sur mon être. Penser m’était douloureux, réfléchir également car je ne pouvais totalement m’associer au monde extérieur. Il m’était si étranger, hostile, effrayant. J’étais restée si longtemps emprisonnée dans mon propre monde que tout ce que je ne concevais pas était trop lourd à porter. Je coulais, me noyais dans ma solitude, dans la vie que j’avais imaginé, celle qui n’existait pas et qui n’existerait jamais. Je le savais et pourtant j’avais besoin de m’y accrocher encore. Pour survivre dans ce monde de désespoir, de rêves tués, de réalité.
Tout ce que je voulais, c’était me poser quelque part, n’importe où, peu importait quand. Je voulais écrire, écrire jusqu’à en mourir. Écrire tout ce qui me passait par la tête, mettre sur papier toutes les émotions qui traversaient mon âme, tout. Tout écrire. Et rien. J’avais besoin de rendre éternel tout ce que je vivais. Les bons moments comme les mauvais. Surtout les mauvais. J’avais l’espoir que ces derniers deviennent moins lourds à supporter, moins tristes, qu’ils aient moins d’impact qu’ils n’en avaient eu dans le passé, au moment où ils s’étaient déroulés. Mais tous ces sentiments m’étaient revenus en pleine figure en front commun, j’avais pleuré, beaucoup. Puis je n’avais plus rien ressenti, juste le vide. J’avais tout vidé, tout déversé sur un seul et même papier et il ne restait rien. Aucune peine, aucune joie. Juste la simple et terrible réalité que tout cela n’était rien comparé à l’immensité de la vie. Je n’étais rien dans ce monde gigantesque, juste une poussière dotée de pauvres sentiments. Insignifiants face à l’atrocité de tout ce qui était.
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Salut salut,
Et bienvenue parmi nous ! :)
D'abord les détails
Mal. Je me sentais si mal que le mot en lui-même ne suffisait pas à parfaitement qualifier mon ressenti. Perdue. Seule. J’étais à jamais enfermée dans ma propre tête, dans mon imaginaire, prise à mon propre piège tout en ignorant comment en sortir.
J'aime beaucoup le fait de commencer par une phrase avec un seul mot.
le texte fonctionne beaucoup sur l'idée de répétition (il me semble): mal, propre. Dans le deuxième paragraphe, c'est particulièrement flagrant avec "tout". Je trouve que dans certaines phrases ça marche bien, mais comme c'est quasiment systématique, ça tue l'effet (à mon avis). Au bout d'un moment, je ressens plus ces répétitions, énumérations et insistances comme une forme de lourdeur, et l'effet recherché ressort moins aux quelques endroits où les répétitions en question sont bien choisies parce qu'un peu noyées dans les autres.
La répétition du "en" en fin de phrase m'a paru évitable.
J’avais honte, terriblement et je ne pouvais en parler à personne sauf à mon subconscient qui ne faisait que renforcer sa prise sur mon être.
la tournure du début de phrase me perturbe un peu ; je crois qu'il me manque une virgule après "terriblement". Ou alors, peut-être que j'écrirais simplement "J'avais terriblement honte et je ne pouvais".
Penser m’était douloureux, réfléchir également car je ne pouvais totalement m’associer au monde extérieur.
j'ai trouvé le choix du verbe "associer" un peu vague. Me sentir en phase ?
Il m’était si étranger, hostile, effrayant.
parmi les effets d'énumération, qui reviennent beaucoup dans le texte. Typiquement, je trouve le rythme chouette, les mots bien choisis ; c'est juste une question de dosage, je crois.
J’étais restée si longtemps emprisonnée dans mon propre monde que tout ce que je ne concevais pas était trop lourd à porter. Je coulais, me noyais dans ma solitude, dans la vie que j’avais imaginé, celle qui n’existait pas et qui n’existerait jamais.
imaginée
Je le savais et pourtant j’avais besoin de m’y accrocher encore.
je crois que je séparerais la phrase en deux.
Pour survivre dans ce monde de désespoir, de rêves tués, de réalité.
Tout ce que je voulais, c’était me poser quelque part, n’importe où, peu importait quand.
la répétition "d'importe" est un peu dommage, je trouve.
Mais tous ces sentiments m’étaient revenus en pleine figure en front commun, j’avais pleuré, beaucoup.
ici aussi, j'aime pas trop la répétition de "en" (je crois que je retirerais "en front commun", je trouve l'expression assez curieuse).
Au global, le texte est soigné et il y a une recherche dans le rythme que j'ai trouvée intéressante (j'ai bien aimé comme je l'ai relevé le début du texte et les phrases non verbales). Je crois que ce qui m'a moins plu tient plus à une question de dosage des effets de style (et par endroits, certains mots que j'ai trouvés pas forcément très bien choisis): pour moi, il y a trop de répétitions, trop d'accumulations et d'énumérations, trop de "si", de "tout", et au bout d'un moment ça casse un peu l'effet recherché ("trop d'effet tue l'effet").
Merci pour le partage ! :)
Chapart
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Merci beaucoup pour ta réponse, j'apprécie tes conseils et vais en prendre compte. Oui j'aime ce style de répétition pour accentuer un sentiment mais comme tu me le fais remarquer, il y en peut-être un peu trop et je vais, à l'avenir, essayer de doser.
Merci encore d'avoir pris le temps de me lire ;)