On y va. C’est l’heure de la réconciliation. Le grand instant le bon, on a un ou deux trucs à se dire toi et moi. Et si tu veux tout savoir. C’est peine perdue. Tu gagneras pas. Tu l’emporteras pas. Jamais. Rien, ni personne. Ecriture. J’écris ton nom. Ouais j’ose. Maintenant qu’t’es là. Tant qu’t’es là mais t’as pas l’air de vouloir partir. Dégage je t’avais dit fous le camp, un dernier shot et j’arrête, plus la place pour la douleur. J’ai plus la patience j’ai plus la force. Je t’aime pas Ecriture. Non. En fait, c’est pas une question d’aimer ou de pas aimer. On s’en fout de ça. T’es l’amie que je voulais pas. L’épine dans le pied le bouton qui pique le bouton qu’on gratte. Le cadeau empoisonné. La soupe aux épinards. Aujourd’hui je t’éclate.
Ecriture. Les mots qui vont suivre. Je les ai jamais écrits. Je les ai dits j’les ai pensés. Aujourd’hui je les écris. J’ai longtemps cru qu’t’étais tout pour moi. T’es juste moi. Un feu qu’essaye d’éteindre un feu, mon gars du feu plus du feu ça fait toujours du feu peut-être un feu un tout petit peu plus chaud. Y avait quoi avant tout ça ? Avant toi Ecriture, avant la douleur avant l’instant avant que l’éphémère devienne éphémère y avait quoi ? Avant tout ça.
Un piano. Et une fille.
Où il est le piano ?
Où elle est. La fille.
A cette époque simple cette époque perdue tu voulais jouer pour lui plaire t’as toujours eu besoin de lui plaire de leur plaire à quel moment à quel instant t’a oublié d’essayer de te plaire à toi, tu t’étais jamais posé de question pas la moindre question avant les filles avant le piano avant que l’Art vienne te les briser tu répétais pas y avait pas besoin comme toi Ecriture je t’ai jamais pratiquée juste jouée jamais répétée. Une partition. Un instant. Et au suivant.
Le vide. Le rien. Voilà ce qu’il te reste. Voilà ce que tu te laisses ce à quoi tu te laisses. Le voilà ton potentiel gâché ton talent « tu devrais en faire quelque chose ».
Un jour. On m’a donné un piano. Une envie. Et j’ai joué. Puisse à partir d’aujourd’hui le reste de ma vie être aussi simple qu’un son. Aussi évident qu’un désir. Aussi innocent que l’enfant en moi qui ne mourra jamais. Aussi éternel que le sourire d’une fille.
Quand le point final sera écrit, ce texte ne sera plus jamais retouché. Il gardera ses qualités. Ses défauts. Je le relirai peut-être jamais. Je l’oublierai. Et alors. Tu le disais toi-même mon gars. Putain, que c’est bon, l’éphémère. Commence à t’écouter, mon gars. Et vis putain.
Bonjour !
Même si je ne saisis pas tout à fait le combat qui est ici mené, j'aime l’obsession du narrateur pour son dilemme introspectif. J'apprécie ce passage, qui donne l'impression que l'auteur lutte pour pouvoir terminer sa phrase et lâcher ses mots avec une certaine nervosité. On capte le poids émotionnel de la démarche. Non. En fait, c’est pas une question d’aimer ou de pas aimer. On s’en fout de ça. T’es l’amie que je voulais pas. L’épine dans le pied le bouton qui pique le bouton qu’on gratte. Le cadeau empoisonné. La soupe aux épinards. Aujourd’hui je t’éclate.
Ecriture. Les mots qui vont suivre. Je les ai jamais écrits. Je les ai dits j’les ai pensés. Aujourd’hui je les écris.
L’absence de clé d'interprétation supplémentaire de ton texte me freine malheureusement pour l'apprécier dans sa globalité...