Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Lester le 02 juin 2010 à 10:28:31
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Une autre version du texte est disponible dans la section "poésie"; celle là est plus narrative (mais pas trop).
C’est une grande maison très charmante que l’on voit remplie de pluie. L’eau y goutte. J’y revêtait mes poumons d'une écharpe, leur évitant d'un même geste l’inélégance de la pénurie de soie et la douleur des maladies d’hiver. Voyez là Cécile qui y habite, et qui marche dans le petit salon. Les meubles se bousculent au même pas sur le tapis; une commode y couine un étranglement affaibli. Le rideau soupire. Les carafes, scintillantes, ruissellent. Un chat miaule, que veut-il, on ne lui a pas donné sa pâté. Je prend le tabouret et m’y assied: beurrant mes tartines, je vous compte l'histoire de Cécile.
Cécile aimait dire: « Ah, tiens, j’entends un orage qui s’approche. ». Alors, pensez vous, on riait. Nos gorges s'ouvrent, et chantez les amygdales. J'entends les oiseaux qui gazouillent: les pigeons cherchent le pain, et voici la tour Eiffel qui s'étire. L’arc de triomphe se coiffe, les autos rient saouls de leur propre destin, les platanes ont les bras ouverts, sereins. Et puis on entend un raclement de gorge. Allons donc, vos visages s’affadissent. La rosée matinale, où est-elle, il me semble qu’elle coule hors de vos joues. De grandes femmes douces pénètrent dans les calèches. Les feuillages dansent, épileptiques. Cécile sourit au ciel : c’est le Seigneur Dieu lui-même, perché sur ses chevaux de tendresse, qui s’amuse à rugir et en rit comme un fou.
Cécile s’éprenait de ces feulements rauques de l’orage. Regardez madame, disait-elle, regardez, c’est un crachat lourd que tout amène. C’est le ventre rond du ciel zébré comme un couvercle. J'aime ces éclairs, prémisses d'autre chose, un poème, des cicatrices. Comme j'aime poser ma tête contre cet abdomen rougit! Je suis comme un paysan coiffé de nielles, entrelacés de sonnailles vulgaires, qui danse pauvrement. Un mot de ta part et je m'évanouis.
Cécile disait:
J’ai vu naguère les étranges ailes des corbeaux pleurer des diamants, des larmes sonores; a tire-d’aile, qu'ils allaient, en mesure, ballets, ballets, ballets, ballets! Au temps, en demi-temps, au contre-temps, toutes les quatre barres en somme voilà que tout s’amène et souffle au vent. Que tout s’amène, voulez-vous, que tout s'amène: j’ai le langage entier dans la bouche.
Cécile disait beaucoup de conneries. Un jour sa maison prit feu: j'y ai vu flâner les chiens de paille. Alors sans ses pleurs elle s'avança et moucha le nez de l'orage, où gite une morve d'éclair. Ce faisant, elle démêla les nœuds constrictors des draps blancs, crottés de cendres et faits de suie, où Cécile est un pleur et une goutte elle aussi; le tonnerre, par mégarde, la fit tomber de son veston. Ainsi elle ne fut plus qu'un cerne, un signe entre les constellations.
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C’est une grande maison très charmante que l’on voit remplie de pluie.
j'adore
J’y revêtait mes poumons d'une écharpe, leur évitant d'un même geste l’inélégance de la pénurie de soie et la douleur des maladies d’hiver.
j'adore le début de la phrase, mais le reste la "plombe" un peu
Je prend le tabouret et m’y assied: beurrant mes tartines, je vous compte l'histoire de Cécile.
prends, assieds (?), le "compte" est voulu ?
les autos rient saouls de leur propre destin
c'est féminin une auto =)
Comme j'aime poser ma tête contre cet abdomen rougit!
rougi (?)
J’ai vu naguère les étranges ailes des corbeaux pleurer des diamants, des larmes sonores; a tire-d’aile,
à
elle démêla les nœuds constrictors des draps blancs,
j'adore
le tonnerre, par mégarde, la fit tomber de son veston. Ainsi elle ne fut plus qu'un cerne, un signe entre les constellations.
éblouissant
L'ensemble est magnifique <3 L'ambiance qui se dégage dès le début est loin de tout ce que j'ai pu lire jusqu'ici, et elle est sublime. Merci pour ce texte, je vais le relire de ce pas ^ ^ En tous cas, zou, dans la liste pour le prochain recueil, obligé =D
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Oh, c'est tellement beau ! Les images sont magnifiques ; texte vivant, phrases riches !
L’eau y goutte. J’y revêtait mes poumons d'une écharpe, leur évitant d'un même geste l’inélégance de la pénurie de soie et la douleur des maladies d’hiver
Revetais, non ?
Regardez madame, disait-elle, regardez, c’est un crachat lourd que tout amène. C’est le ventre rond du ciel zébré comme un couvercle. J'aime ces éclairs, prémisses d'autre chose, un poème, des cicatrices.
Très, très, très beau ! :coeur:
J’ai vu naguère les étranges ailes des corbeaux pleurer des diamants, des larmes sonores; a tire-d’aile, qu'ils allaient, en mesure, ballets, ballets, ballets, ballets! Au temps, en demi-temps, au contre-temps, toutes les quatre barres en somme voilà que tout s’amène et souffle au vent. Que tout s’amène, voulez-vous, que tout s'amène: j’ai le langage entier dans la bouche.
Ça aussi, c'est vraiment joli !
Tu as une manière de jouer et d'habiter le langage que j'adore, que je vois rarement. Poétique, coulant : tes mots deviennent de véritables personnages ! Ça me donne envie de tout effacer ce que je fait et de recommencer (je ne leferai pas, mais c'est bon signe pour mon appréciation !)
Poste plus, je t'en prie !! :)
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Merci a vous deux,vos commentaires me touchent beaucoup.
Aussi pour les coquilles relevées.
j'essayerai de poster d'autres textes du même genre, à l'occasion :)
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Bon, Zach' a déjà relevé les coquilles, donc je ne le ferai pas, je n'en ai pas vu.
J'ai vraiment beaucoup aimé ! :) C'est fluide, agréable à lire, et bien écrit. Je n'ai aucune remarque pertinente à faire, à part que j'adore le passage:
Cécile disait:
J’ai vu naguère les étranges ailes des corbeaux pleurer des diamants, des larmes sonores; a tire-d’aile, qu'ils allaient, en mesure, ballets, ballets, ballets, ballets! Au temps, en demi-temps, au contre-temps, toutes les quatre barres en somme voilà que tout s’amène et souffle au vent. Que tout s’amène, voulez-vous, que tout s'amène: j’ai le langage entier dans la bouche.
Cécile disait beaucoup de conneries.
C'est vraiment sympa.
En bref, j'ai énormément apprécié. Seul reproche que je te ferais: la chute est peut-être un peu trop brève. Mais c'est bien quand même.
Et re-paf ! J'ai de nouveau commenté tous les textes de la page 1...
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J'ai également beaucoup aimé ton texte. C'est beau, c'est bien écrit, et il y a des images sublimes. Très poétique (sans blague :mrgreen:).
Bref, au plaisir de te relire !
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J'ai beaucoup aimé le passage avec la description de l'orage. Le rythme est vraiment agréable et le choix des mots fait de ce texte, un régal pour les yeux. :D
J'ai beaucoup aimé, bien que, hélas, je n'ai rien de plus constructif à dire. :P
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Je crois que ce que j'aime le plus, c'est le rythme, qui reste soutenu.. Malgré des mots qui ne sont pas forcément fort, mais le contexte que tu leur donne leur confére une signification bien plus forte.
Un super texte, qui vaut d'être lu !
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C’est une grande maison très charmante que l’on voit remplie de pluie.
C'était la maison natale... :mrgreen:
J’y revêtait mes poumons d'une écharpe, leur évitant d'un même geste l’inélégance de la pénurie de soie et la douleur des maladies d’hiver.
revêtais
la phrase pourrait être cool, j'aime bien l'image de l'écharpe, mais "l'inélégance de la pénurie de soie", bof bof.
les autos rient saouls de leur propre destin, les platanes ont les bras ouverts, sereins.
saoules
C'est assez joli. Je le vois plus comme de la poésie qu'un texte en fait mais on s'en fout. J'ai pas tout tout pigé mais tu as une belle plume et on trouve de belles images dans ton texte, j'ai beaucoup aimé la fin.
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J'aime bien, il y a dans ton texte quelque chose qui se démarque, une plume qui joue avec les mots et les images, et ça réussit, ça emporte, c'est plaisant à lire. Les toutes dernières phrases sont très jolies.
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m’y assied
assieds
Comme j'aime poser ma tête contre cet abdomen rougit!
rougi
a tire-d’aile
à
Je suis partagée en lisant ton texte : j'ai pas trop accroché, mais en même temps j'ai l'impression que le problème vient de moi : c'est vraiment de la poésie, et personnellement, j'ai du mal avec ce genre. Et la lecture était sans doute trop exigeante pour quelqu'un de fatigué et de pas très concentré - il faudrait que je le relise à un moment où je serai plus disposé. Il y a des images belles et insolites. En tous cas :
Tu as une manière de jouer et d'habiter le langage
je suis d'accord !
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Oh ben il plait, ce texte là :') J'essayerai d'en écrire d'autres du même genre, à l'occasion.
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J’y revêtait mes poumons d'une écharpe,
revêtais
Un chat miaule, que veut-il, on ne lui a pas donné sa pâté. Je prend le tabouret et m’y assied:
pâtée, assieds
Comme j'aime poser ma tête contre cet abdomen rougit!
rougi
ballets!
un espace avant le point d'exclamation
j’ai le langage entier dans la bouche.
J'adore cette phrase, j'ai l'impression de l'avoir déjà lue quelque part cela dit, ou une qui y ressemble, enfin en tout les cas je l'adore.
C'est très différent de ce que j'ai déjà lu. Enfin le style est vraiment spécial, et ça c'est cool. Après l'histoire j'ai dû relire pour bien m'imprégner. J'ai été aussi un peu dérangée par les fautes d'orthographe.
J'ai bien aimé même si ça ne m'a pas transportée, en tout cas ton style est vraiment intéressant je trouve, j'aime particulièrement le début, là :
Les meubles se bousculent au même pas sur le tapis; une commode y couine un étranglement affaibli. Le rideau soupire. Les carafes, scintillantes, ruissellent. Un chat miaule, que veut-il,
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Y'a des espaces avant : et ;
Je vais être franche... je n'ai pas du tout accroché :-[ Y'a de belles images mais, bizarrement, elles ne me touchent pas. Et j'aime pas trop les interrogations bizarres qui parsèment le texte :
Un chat miaule, que veut-il, on ne lui a pas donné sa pâté. /Allons donc, vos visages s’affadissent. La rosée matinale, où est-elle, il me semble qu’elle
C'est bizarre car si j'essaie d'être objective tu as un bon style, mais non, ça passe pas. Et c'est pas le moment qui veut ça, car j'en suis à ma 2eme lecture et ça ne change rien :-[
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C’est une grande maison très charmante que l’on voit remplie de pluie.
Ca me rappelle Bonnefoy, tiens !
J’y revêtait mes poumons d'une écharpe, leur évitant d'un même geste l’inélégance de la pénurie de soie et la douleur des maladies d’hiver.
« revêtais » ? Sinon, les images sont pas mal, mais les mots, trop longs ou trop nombreux, alourdissent terriblement les effets.
Je prend le tabouret
Word me dis, un « s » a « prend ».
les autos rient saouls de leur propre destin, les platanes ont les bras ouverts, sereins.
MDR !
Un mot de ta part et je m'évanouis.
Etrangement, cette simple phrase me touche.
Au temps, en demi-temps, au contre-temps,
On a « au », puis « en », puis « au », c’est normal ou ne faudrait-il pas que des « au » ?
Drôle de fin, les rimes que j’ai discernées m’ont plus niveau sonorité, après l’histoire en elle-même, surtout la fin, ne m’a pas emballé autant que le début.
P.S : Je remarque un truc, tu dis « merci pour les coquilles » mais ne les corrige pas… a quoi bon ?!
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J'avoue, corrige les coquilles.
Bah j'ai pas bien accroché, ça m'a étonné en fait, parce que, sans les commenter, je lis de temps en temps les poèmes que tu postes et j'y trouve des morceaux KIFFANTS.
Je reviendrai commenter en détail... mais j'ai l'impression que je partage l'impression de Kailiana.
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Je ne commente pas toujours, mais je lis attentivement. Et puis, comme il est poli de laisser un petit mot, autant le déposer ici, n'est-ce pas.
Ton style me rappelle vaguement Christian Bobin, surtout dans sa dynamique, mélancoliquement poétique, dans la narration calme, régulière, où toutes les nuances se jouent dans la balance des mots. Il y a de cette sérénité que l'on ne ressent qu'à l'évocation des souvenirs, joliment habillés de leur habits de poussières et d'années. Une sorte de mémoire en noir et blanc que tu évoques par touches. Ce qui te différencie de Bobin, par contre, c'est le contenu bien plus dense, bien plus ferme même, plus poussé, plus profond. Parfois on s'y perdrait. A vrai dire, je m'y perds souvent.
Concernant ce texte, plus spécifiquement, je m'avoue un peu muette. Ce ne sont pas les idées qui me marquent une à une, mais la sensation dégagée de l'ensemble. Et en tant que telle, c'est si diffus que je ne saurais trop comment la définir.
Mais peu importe - j'ai aimé.