Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Marcel Dorcel le 31 Mai 2019 à 04:45:25
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Ici, se dessinent les gros moutons sous le lit, les porcheries du rêve dans lesquelles je trimballe ma carcasse; car bientôt je verrai le bout du souffle m’accueillir.
Au-dessus, une pièce. Celle dite des Archevêques.
La soutane relevée, ils offrent au public la mise à nu de leurs gros derrières.
Une nouvelle gastronomie suspend son aérien . Muni de son cerveau gonflable, Leopold Le Pollen recrée les berceuses du nouveau souvenir.
– Je vous attends dans mon ventre, répète à l’envi la mère-maquerelle.
Bénédictins à la loupe.
Dans sa houppelande, Jésus baise Marie.
Je me lave les mains de l’inconscience, mes jambes représentent le logo des High Island , des îles-filles, dans le panier de la guilde, si vous le secouez, vous me verrez m’accroître comme un destin lent, maladroit.
Livre de l’internement.
Dont l’exégèse pourrait se traduire en périodes de rupture ou de points de suspension.
L’avant-dernier sanglot permute.
Se tord.
Chaque corps nu lutte dans l’ultimatum.
Vacances à Sodome. Sommeils réparés.
Louis XV tapine dans un fauteuil. Je mange des langoustines. Je me bannis. Je m’élimine. Je
prospecte.
Je suis une pouffiasse protéiforme, les sons et les odeurs d’un carnaval dans l’espérance de
Samothrace.
Et mon index indique:
Dégât et autres gâteries de l’autrement.
De l’homme qui porte son ombre.
Son ombre sur le dos.
Me fût rendue délicate l'approche des contrées supérieures, l’autre amour, l’autre lieu, peut-être l’autre crime, là ou je ne fus jamais, là où je voulais être.
Valence 1920.
Mais il est temps de tirer la chasse.
Des saucisses, une chienne de vie et autres maux de la vie courante.
Vu de ma lunette: « L’endroit le plus utile d’une maison, ce sont les latrines ».
Chiadé à la Jérôme Bosch.
Vingt-quatre heures sans vomir et sans boire.
Et mes rêves giclent comme des coups de pied dans le ventre…
Je viens d’entamer une nouvelle dont l’héroïne est une jeune fille de dix-sept ans. Elle va mourir sous les griffes d’un vieil homme, enterrée sous le sable. Aurore sous les sables, c’est un bon titre. J’en suis convaincu.
Là-haut, le ciel de la nausée pesait comme un vertige.
La corrosion faisait son œuvre sournoisement et j’espérais sans désobéir. Il me semblait que le malin, en s’emparant de ma chair, avait voulu clouer ma descendance au pilori.
Or, que n’avais-je pas attendu, tant redouté cette situation, devenir un objet consommable, une pâtisserie, une sottise à la pêche, moelleuse à titre privé, sa novice, son repas d’infirme.
Il était convenu que nous nous rejoignions à « L’Epicure », restaurant qui domine la falaise. Vétiver y avait ses habitudes. Dernière table sur la gauche, j’y serai. A l’intonation de sa voix, cela avait sonné comme un ordre. Difficile d’être plus explicite. Et il m’avait laissée seule, confuse, dans l’ignorance…
« Je suis l’animal qui cherche son âme »
Mon journal intime.
On ne fait du mal qu’aux personnes qu’on aime, m’avait dit mon père, avant de mourir. Oui papa, les amoureux font du mal, et toi tu es parti, maintenant tu les laisses faire.
Tout est inerte dans la chaleur étouffante. Il n’y a pas un souffle d’air, l’escalier semble un cadavre figé dans la braise. Au soleil, les murs attendent qu’un étrange destin les ravive dans la paralysie de ce début d’après-midi. Je l’aperçois, sa silhouette dégingandée, j’ai envie de lui dire bonjour Monsieur le directeur du plâtre !
Mais on dirait qu’il est d’humeur braque, . Il y a dans sa façon de croquer les raisins une violence peu coutumière. Du fond de la salle, j’essaie de l’observer en cachette quant soudain il lève son regard et m’aperçoit. Je longe les tables tête basse jusqu’à lui.
– Cher beau lapin, enfin vous voilà !
Je me suis habillée à la va vite et en me regardant dans le miroir tout à l’heure avant de partir, je me suis dégoûtée de la tenue que j’avais mis. Tout ça à cause de ma mère. Je ressemble à présent à un melon poivré à l’ail, une gourgandine, une sauteuse de barriques, une sans esprit. Je me fais horreur et je lui ferai payer un jour ses méthodes de tricheuse.
« Soleil de proie, prisonnier de ma tête
Enlève la colline, enlève la forêt… » (A.Breton)
Nous brûlerons les murs, les sentiers, nous donnerons sens aux preuves irréfutables de l’imaginaire.
Nous serons deux.
Lui, Bruno Vétiver et moi l’Aurore. Son Aurore.
La joie m’intoxique et j’accours...[...]
– Alors, comment vous sentez-vous ?
– Je sors de mon premier entretien de la journée, dis-je en souriant.
– Elle ne vous a pas trop matraqué de questions ?
– Un peu mais je m’en tire bien.
...
De côté, un enfant joue à la balle dans la promiscuité d’un faubourg. L’auteur observe la chair immuable, passion des contingences, son livret aussi, qu’il caresse avec la joue. En arrière-plan, des amazones rouges, princesses de Santal.
Pareilles croisades s’amusent à vivre, se consument et se condamnent, au goût du mécanisme des maux désespérés.
***
Le cheveu sombre et l'air hagard de ses deux yeux penchés, un " tapeur à gages ", comme aimait à se définir Erik S. Il laisse rouler ses doigts sur les noires, caresse le sein des blanches.
Accord perdu, palindrome des pendus.
Les soupes épaisses ne remplissent pas les ventres creux.
Desiderata est née des idées ratées, conformes.
Pourquoi le mièvre a t-il envahi toute existence ?
***
« Trouver un porche sous lequel…changer d’aube… »
***
Dès lors que la poussière disparaîtra, nous penserons à renaître, à nous mesurer la taille des épaules, à jouer dans le gazon l’ombre maudite, le jeu déplacé des doutes scabreux de l’esprit. Ange et anémique, le somnambule tisse les fils en feuilletant ses lambeaux.
Le sel de la rage est romantique. Il survit comme un papillon claustrophobe.
De vulgaires convulsions avant la dernière nausée.
Sur l’unique dalle du parchemin qu’on laissera en route.
Je me suis ligoté devant la porte. J’avais bu à en mourir un vieux et mauvais Bourgogne. Ça m’avait laminé les gencives, l’estomac aussi. Je ne tenais plus debout.
La vie m’avait tenu jusqu’alors.
Ni la comédie de l'horloge ni les tropiques ne me seront utiles.
Chaleur maculée. Piétinements.
Que chacun m’oublie au cœur de la file d’attente. Perdu, muet. Un tas de mots invraisemblables. Et des rires, puisqu’il faut des rires, des mensonges aussi. Des rares cheveux montés comme les arbustes d’un territoire désertique.
Ange et anémique, je joue à cache-cache dans la fosse aux poèmes.
L’endroit est dévolu aux homicides.
Tout est éclatement. Terre glaise.
Des sépultures de poèmes qui attendent le corps du texte.
Un royaume dix fois plus gros que la grosse Stone.
Je veux m’endormir, me jeter, jusqu’à devenir un nœud gigantesque.
Et se laisser goûter par le désordre. Peiner et finir de s’expliquer.
Au bal des bougies, sans le tremblement de l'avidité. Quand l'étendue s'inclinera devant le bruit des cymbales !
Au firmament des paillassons, les déambulations finiront aspirées par les commo-concoctions du phosphore.
« Châteaux de sade…l’encrier restera gravé sur ma langue »
Mes châteaux de sable sont des châteaux de Sade.
Sel, cloison nasale et vent ridé. Je suis un arbre à essences diverses.
Je suis Momie la diatribe.
Semence.
Tu me branles je jouis ! Tu me branles je jouis ! Tu me branles je jouis !
Je goûte mon foutre dans le creux de ta main.
Et je m’écris. Plaintif, butor.
Force restera à la chlorophylle, petit ange...
J’ai faim d’un peu de toi, d’un peu de moi, d’un peu de rien.
Des fois, j’ai faim.
De nos cuisses, de nos ventres.
Les gros tas de conjonctions et de la grammaire attrape-misère paraissent les fléaux d’un monde qui chavirent le cœur des néo- bourgeois, jambes mammifériennes.
Avec Sade et contre tout, je construis des châteaux.
Ainsi parle le limon.
Eviscéré.
Seules, les pierres assises, formant le cercle, parlent de poussière, d'urine.
Dans le fond de ma gorge poussent des clous aux formes traversières.
Les châteaux de Sade m’indiquent que ma vraie place est dans la fosse.
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Bonjour. Je pose la question et me la pose par la même occasion : "Quelle est l'utilité de ce genre de texte" ? Je l'ai lu mais n'étant pas un adepte de la masturbation intellectuelle, j'ai rien compris ni retenu. C'est l'humble avis d'un béotien littéraire sans doute.
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Bonjour. Je pose la question et me la pose par la même occasion : "Quelle est l'utilité de ce genre de texte" ? Je l'ai lu mais n'étant pas un adepte de la masturbation intellectuelle, j'ai rien compris ni retenu. C'est l'humble avis d'un béotien littéraire sans doute.
Et c'est là que les athéniens s'atteignirent ! :mrgreen:
De l'utilité, il n'en a aucune ce texte. Tu as vu juste, c'est une masturbation intellectuelle.
De l'inutilité considéré comme un des beaux-arts si je voulais être prétentieux. Alors, je pourrais écrire comme ça, de telle ou telle manière, t'abreuver de citations pour me protéger de ta critique, te dire que oui, non, je sais pas...
Je ne cherche pas les mots, ils me trouvent.
Je pourrais t'expliquer par a+b ma démarche que tu ne la comprendrais pas ( que j'ai du mal à comprendre), tu t'en battrais les roubignolles et que tu aurais bien raison.
C'est une critique dont j'ai trop l'habitude depuis tant d'années passées sur les forums.
Foutage de gueule ou kes encore ?
Pour dire les choses, il faut demeurer dans l'incertitude de ce que nous sommes. Si j'écrivais autrement, je ne serais pas moi-même. Comme de la peste, sans doute par intuition, je me méfie des écritures hypocrites, un temps elles peuvent se dissimuler mais finiront dans le trou inévitablement.
La seule qualité inattaquable chez un auteur, bon ou mauvais, c'est SA vérité. Elle est absolue car invérifiable.
Et comme dirait Vladimir N. " Tout le reste n'est que littérature "
Sans rancune, l'ami. ;)
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Bonjour Marcel Dorcel,
Comme dirait quelqu'un que je viens de rencontrer : "ce n'est pas mon univers". :D
Commenter est donc ardu (pour moi), mais je veux essayer :)
.
Le texte n'est pas abscons, il est chiffré. Il n'est pas indéchiffrable, il est ostensiblement personnel. Cela dit, écrire c'est comme aller aux chiottes : c'est très personnel (disait Alexandre Astier, Monsieur Kaamelot). De ce fait, soit on chemine au gré des images proposées en acceptant de bâillonner toute forme d'analyse rationnelle et on peut - peut-être - espérer s'approcher de l'univers de l'auteur, soit on tente de mettre un lien logique entre les idées ou les phrases et on ne trouve aucun sens apparent. Ce qui est parfaitement logique : on n'a jamais vu une psyché emprunter l'autoroute pour aller se promener, même pas pour s'évader. L'autoroute est là pour les gens qui se suivent, ceux qui sont comme tout le monde.
Donc, et même si j'avoue sans honte avoir parfois du mal à te suivre durant ce texte, il ressort une sorte de filigrane, comme un lien ou une trame invisible mais présente par sa forme ou son impact (je ne sais pas bien dire).
Cette ambiance noire que l'on tente de tromper par l'hédonisme sous toutes ses formes me parle d'un affrontement instinctif, intérieur et dépourvu de structuration pensée. Le combat entre la vie et la mort, entre l'avis et l'amour.
.
Je ne suis pas sûr d'avoir été constructif. Mais bon, je ferai mieux la prochaine fois :)
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Et comme dirait Vladimir N. " Tout le reste n'est que littérature "
"et tout le reste est littérature", c'est Verlaine, rendons à César ce qui lui appartient
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Et comme dirait Vladimir N. " Tout le reste n'est que littérature "
"et tout le reste est littérature", c'est Verlaine, rendons à César ce qui lui appartient
Merci de la correction. ;)
Bonjour Marcel Dorcel,
Comme dirait quelqu'un que je viens de rencontrer : "ce n'est pas mon univers". :D
Commenter est donc ardu (pour moi), mais je veux essayer :)
.
Le texte n'est pas abscons, il est chiffré. Il n'est pas indéchiffrable, il est ostensiblement personnel. Cela dit, écrire c'est comme aller aux chiottes : c'est très personnel (disait Alexandre Astier, Monsieur Kaamelot). De ce fait, soit on chemine au gré des images proposées en acceptant de bâillonner toute forme d'analyse rationnelle et on peut - peut-être - espérer s'approcher de l'univers de l'auteur, soit on tente de mettre un lien logique entre les idées ou les phrases et on ne trouve aucun sens apparent. Ce qui est parfaitement logique : on n'a jamais vu une psyché emprunter l'autoroute pour aller se promener, même pas pour s'évader. L'autoroute est là pour les gens qui se suivent, ceux qui sont comme tout le monde.
Donc, et même si j'avoue sans honte avoir parfois du mal à te suivre durant ce texte, il ressort une sorte de filigrane, comme un lien ou une trame invisible mais présente par sa forme ou son impact (je ne sais pas bien dire).
Cette ambiance noire que l'on tente de tromper par l'hédonisme sous toutes ses formes me parle d'un affrontement instinctif, intérieur et dépourvu de structuration pensée. Le combat entre la vie et la mort, entre l'avis et l'amour.
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Je ne suis pas sûr d'avoir été constructif. Mais bon, je ferai mieux la prochaine fois :)
« À ma solitude, il se peut que jamais personne ne soit parvenu : je l’endure à la condition d’écrire ...» dit Georges Bataille et Lacan ajoute «L'amour c'est donner quelque chose à quelqu'un qui n'en veut pas.»
Nonobstant l'idée de faire mon psychanalyste de comptoir mais la pulsion de cruauté demeure au centre de ma construction mentale. Mais il se peut que je fasse preuve d'un logocentrisme, voire d'un phallogocentrisme...! Concept issu de Derrida.
Tout ça ce sont des concepts et les concepts on leur fait dire parfois ce qu'on voudrait qu'ils disent...début de réponse, j'en sais rien, p't-être mieux comme ça :)