Dans le même temps je cherche un ou des récits décrivant bien la folie qui gagne son protagoniste, raconté du point de vue exterieur et /ou intérieur . Si possible par peine de coeur."Décrivant bien" = "bien" sur le plan réaliste ou stylistique ?
Ariane: Décivrant bien sur le plan réaliste. Je suis même prêt à me jeter dans un livre de psycho mais sans formation en la matière j'ai peu peur de me perdre ^^.
Bonjour
Je ne sais plus quels sont les livres de cet auteur : un lien pour te faire une idee ICI (http://fichesauteurs.canalblog.com/archives/2008/12/02/11600963.html) !
J ai commence par les " Mantes religieuses " - surpris au depart par le cote epistolaire de ce polard mais assez vite pris dans l intrigue et la psychologie des personnages.
j ai replonge dans d autres polards du meme sieur - toujours bien ficeles - puis dans des ouvrages plus serieux : " La pucelle " "Neropolis "et le requisitoire contre le pape " Rome n est plus dans Rome " - toujours en admiration devant la verve l imagination et la logique impitoyable de cet homme !!! :)
Il ne s'agit pas de retranscrire cliniquement les symptômes d'un malade, mais plus de m'en inspirer. ^^Par exemple, je trouve cette remarque relativement inquiétante.
retranscrire de manière réaliste un personne qui sombre dans la schizophrénie et la paranoïa, mais pas forcément au sens strict du terme, j'entend juste quelque chose qui y ressemble tout du moins
Comme vous le précisez tous, si je continue sur cette voie cela me donne une sorte de "responsabilité de la représentation" vis-à-vis des malades. Je dois avouer que je ne l'avais pas vu sous cet angle ( à ma grande honte). Je vais réviser un peu mon tir je pense, je ne voudrais pas blesser par mégarde, même bien informé sur le sujet.
Je dois avouer que je ne l'avais pas vu sous cet angle ( à ma grande honte). Je vais réviser un peu mon tir je pense, je ne voudrais pas blesser par mégarde, même bien informé sur le sujet.Pas de souci, tout pour comme Ariane (j'te jure, on ne s'est pas concertés ! ;D) il me semble rien dans ce que tu as écrit ne laisse transparaître d'arrogance ou de mépris. Donc tu découvres un univers, et il me semble inapproprié de te reprocher ta curiosité. :)
En tout cas, moi à ta place, c'est comme ça que je le ferais : pas de nom de diagnostic dans le récit, pas de référence à la maladie mentale, et la liberté d'imaginer ce que je veux comme je veux, sans qu'on vienne me chercher des poux...;D ;D ;D
J'ai jamais vu Vol au-dessus d'un nid de coucouSur une échelle d'appréciation proposant de 1 à 5 étoiles, j'en mettrai 6... :)
Comme vous le précisez tous, si je continue sur cette voie cela me donne une sorte de "responsabilité de la représentation" vis-à-vis des malades. Je dois avouer que je ne l'avais pas vu sous cet angle ( à ma grande honte). Je vais réviser un peu mon tir je pense, je ne voudrais pas blesser par mégarde, même bien informé sur le sujet.
Ben pas vraiment en fait... C'est le gros débat tarte à la crème dès qu'on aborde la maladie mentale. Si tu ne mets aucun nom de pathologie, si tu ne médicalises pas ton récit, si tu fais juste un personnage qui devient "barge" dans le sens commun du terme, sans t'avancer sur le côté médical, et d'un tu fais totalement comme tu veux, et de deux tu ne blesses personne. Si tu t'inspires de faits réels, de moults interprétations et sources, et que tu fabriques à partir de ça un personnage fictif qui claque, c'est très bien. En vérité, il y a des milliers de personnages "cinglés" (dans le sens non médical du terme, donc sans rapport forcément avec la maladie mentale) qui sont super bien dans les romans, films et autres œuvres de fiction. Pourquoi devrais-tu te sentir obligé de faire un reportage sur telle ou telle maladie ? Il te reste toujours le choix de botter en touche, de ne pas parler de folie, ni de diagnostics à la gomme dans ton récit, et de faire un personnage sublime dans sa perdition, et voilà, tu n'embêtes personne. Les stéréotypes ne touchent que des noms de diagnostics, ce dont un bon romancier ne devrait pas avoir grand chose à foutre, honnêtement. En tout cas, moi à ta place, c'est comme ça que je le ferais : pas de nom de diagnostic dans le récit, pas de référence à la maladie mentale, et la liberté d'imaginer ce que je veux comme je veux, sans qu'on vienne me chercher des poux...
Voilà, je ne sais pas si ça peut t'être utile, mais c'est l'approche que j'aurais moi (et que j'ai d'ailleurs). En fait, c'est le médical et la référence à ça qui fout la merde. Mais un bon auteur, il décrit son personnage, il le rend vibrant, vivant, mais il se tape de le diagnostiquer, non ? À quoi ça sert, les diagnostics (pour le romancier, j'entends) ? ;)
En vérité, il y a des milliers de personnages "cinglés" (dans le sens non médical du terme, donc sans rapport forcément avec la maladie mentale) qui sont super bien dans les romans, films et autres œuvres de fiction. Pourquoi devrais-tu te sentir obligé de faire un reportage sur telle ou telle maladie ?Déjà, comment tu sais qu'ils sont bien ? Tu as peut-être le sentiment qu'ils sont réussi mais si tu avais du recule (sur les stéréotype justement) peut-être ne les verrais tu pas aussi réussi.
Pour appliquer le paragraphe ci-dessus à ton propre projet, l'idée ce serait de regarder ce que "les fous" subissent aujourd'hui comme préjugés ; regarder la façon dont ils sont représentés dans la fiction en général ; et voir si ce que tu souhaites faire va dans le même sens ou non, si tu es en accord ou non. Evidemment c'est du boulot, et évidemment, c'est plus facile de s'en foutre. Mais au moins on t'en aura parlé :) .
Déjà, comment tu sais qu'ils sont bien ? Tu as peut-être le sentiment qu'ils sont réussi mais si tu avais du recule (sur les stéréotype justement) peut-être ne les verrais tu pas aussi réussi.
Ensuite, tu sembles penser à certains personnages en particulier, as-tu des preuves que les personnes ayant écrit ces personnages que tu apprécie ne s'étaient pas documenter sur le domaine médicale ?
ou alors je vais lancer un second débat national;D
l'absence de diagnostic ou d'approche médicale ne suffit pas pour se détacher du champ de la psychiatrie. Les fictions véhiculent plus que ce qui est dit explicitementOui. Entièrement, complètement d'accord :)
@ArianeDans le livre je ne me souviens plus, mais dans le film Gollum/Smeagol tombe vraiment en plein dans les clichés sur les double personnalités. C'est même un exemple typique.Citerl'absence de diagnostic ou d'approche médicale ne suffit pas pour se détacher du champ de la psychiatrie. Les fictions véhiculent plus que ce qui est dit explicitementOui. Entièrement, complètement d'accord :)
Mais lorsque Erwan parle de l'anormalité de Golum, son approche a du sens : personne ne s'interrogera jamais sur le nom à mettre sur l'obsession vécue par Golum. Il suffit de "basculer" dans un univers de rites et/ou de magie pour que la folie ne soit plus qu'une question d'âmes perdues, d'immortelles sorcières maléfiques, de fantômes omniprésents et taquins ou de chamanes en contact avec des vénusiens cacochymes du 34ème siècle planqués dans leur maison de retraite sulfurique.
Gollum/Smeagol tombe vraiment en plein dans les clichés sur les double personnalitésTout à fait. Et le personnage en lui-même n'est d'ailleurs intéressant qu'en tant que perturbateur du "bon déroulement" de l'histoire. Avant d'être un personnage à part entière, il est une péripétie. Sa psychologie n'est pas intéressante en soi.
Je peux pousser plus loin en laissant tomber les symptômes, je ne sais pas encore si cela génerait fondamentalement la vision de mon personnage.
@ArianeDans le livre je ne me souviens plus, mais dans le film Gollum/Smeagol tombe vraiment en plein dans les clichés sur les double personnalités. C'est même un exemple typique.Citerl'absence de diagnostic ou d'approche médicale ne suffit pas pour se détacher du champ de la psychiatrie. Les fictions véhiculent plus que ce qui est dit explicitementOui. Entièrement, complètement d'accord :)
Mais lorsque Erwan parle de l'anormalité de Golum, son approche a du sens : personne ne s'interrogera jamais sur le nom à mettre sur l'obsession vécue par Golum. Il suffit de "basculer" dans un univers de rites et/ou de magie pour que la folie ne soit plus qu'une question d'âmes perdues, d'immortelles sorcières maléfiques, de fantômes omniprésents et taquins ou de chamanes en contact avec des vénusiens cacochymes du 34ème siècle planqués dans leur maison de retraite sulfurique.
Pour moi, l'erreur que tu fais ici, c'est de "lire" médicalement un livre fantastique, un récit, une aventure.Je pense que tu te trompes sur ce point.
Le fou
Je rêve un pays rouge et suant le carnage,
Hérissé d'arbres verts en forme d'éteignoir,
Des calvaires autour, et dans le voisinage
Un étang où pivote un horrible entonnoir.
Farouche et raffolant des donjons moyen âge,
J'irais m'ensevelir au fond d'un vieux manoir :
Comme je humerais le mystère qui nage
Entre de vastes murs tendus de velours noir !
Pour jardins, je voudrais deux ou trois cimetières
Où je pourrais tout seul rôder des nuits entières ;
Je m'y promènerais lugubre et triomphant,
Escorté de lézards gros comme ceux du Tigre.
- Oh ! fumer l'opium dans un crâne d'enfant,
Les pieds nonchalamment appuyés sur un tigre !
Les Névroses, Maurice Rollinat
Comme le disent Milena et Ariane, si tu te risques dans une approche plus psychopathologique (donc avec un notion de diagnostic, de comportement identifiés, de pathologie au sens médical - donc au sens "souffrance" - du terme), là je crois indispensable d'être vigilant quant au respect pour le malade.Non je n'ai pas dis cela (j'ai même dis l'exacte inverse).
Tolkien a créé son personnage fantastique sans réfléchir à ces questions de double personnalité, j'en ai peur. Gollum n'est pas affecté d'une pathologie mentale quelconque
Et ça ne vient pas d'une analyse psy, aucun psychiatre n'ira te dire que Gollum est schizophrène. Tu peux aussi taper Gollum - double personnalité et tu verras que peu de gens s'embarrassent d'une analyse médicale pour lui affubler d'office cette étiquette, le film a tout fait pour la rendre criante.Je suis partiellement d'accord. Cependant, on retrouve ceci sur le wiki anglophone : https://en.wikipedia.org/wiki/Gollum#Personality (https://en.wikipedia.org/wiki/Gollum#Personality), c'est écrit tout en bas de la section "personality". Donc, si, ça peut arriver que des gens posent des diagnostics à la gomme sur des personnages, malheureusement. Je ne crois pas que ça n'a pas d'importance, puisque ce sont des gens avec une assise certaine, et que ça se retrouve sur Wikipédia, en l'occurrence. Mais bon, là n'est pas le vrai problème à mon avis. Pour moi, le soucis, c'est surtout que de mon point de vue, un personnage "barge" n'est pas atteint de maladie mentale pour autant. Il y a des malades psychiques qu'on dira "barges", d'autres non, et des gens sans maladie psychique qu'on dira "barges" ou non. Je veux dire que je ne fais pas le lien entre les deux notions, et du coup je ne comprendrais pas que mes lecteurs en fasse.
Au final oui c'est le public qui risque (selon sa sensibilisation au thème) de créer ces amalgames, et pour toi du coup l'auteur s'en dédouane ; pour moi non. (cf. ce que j'écrivais plus haut sur la comparaison avec le racisme).
L'ignorance est le bus par le lequel les stéréotype et les clichés entrent dans un récit.
Que tu en ais conscience ou non, tu es imprégné de clichés sur la psychologie et les pathologie psychique (véhiculé par la culture populaire, ton entourage, les témoignages que tu as reçut, etc). Tu as probablement intégrés ces clichés de façon inconsciente et tu ne pourra t'en défaire qu'à condition de remplacer l'ignorance par la connaissance.
Je veux dire que je ne fais pas le lien entre les deux notions, et du coup je ne comprendrais pas que mes lecteurs en fasse.Ben oui mais malheureusement c'est le cas, la majorité des personnes ne réfléchissent pas comme toi et assimilent les deux ("folie" et maladie psychiatrique). Je comprends que tu vois une différence et même si pour moi le terme "folie" est totalement flou et je ne saurais pas le définir, je suis d'accord avec Alan sur le fait qu'il faut absolument le différencier de la maladie mentale. Si je ne le fais pas dans cette discussion-ci c'est justement parce que je me place d'un point de vue extérieur et je pense que pour la majorité des gens tout cela se regroupe dans un grand flou. C'est ce qui ressort de toutes les conversations que j'ai avec... n'importe qui en fait, dès que je parle de mon métier, je t'assure que pour presque tout le monde les termes fou ou folie sont employés à la place des maladies. Donc oui bien sûr si ton personnage est juste marginal ou atypique il est possible qu'il ne soit pas assimilé à cette folie ni à la psychiatrie, mais s'il expérimente n'importe quelle distorsion du réel, il risque très vite d'être concerné par toutes ces associations et préjugés.
Alors, oui, on peut se renseigner, si on a envie, c'est un choix, pas une obligation, ni une "responsabilité", je veux dire, je trouve important que les gens écrivent, même s'ils n'y connaissent rien. C'est une vision non élitiste et ouverte sur l'écriture, je veux dire sinon, beaucoup de gens peu cultivés (par exemple), ne pourront pas écrire, faute de pouvoir avoir assez de connaissances ou de se sentir assez compétents. Là aussi, c'est une question de regard personnel sur les choses, mais j'aime que la pratique artistique soit accessible, même à la personne la plus inculte, la moins informée qu'il soit. Je trouve préférable qu'elle écrive, même beaucoup de conneries, mais qu'elle apprenne au moins une ou deux choses en passant, et surtout qu'elle s'enrichisse en écrivant. C'est un point de vue, on peut voir tout autrement, je te l'accorde. Après, rien n'empêche de signaler gentiment à la personne qu'elle a écrit une connerie, elle en prendra compte ou pas, mais je préfère qu'elle ait écrit sa connerie que rien du tout, pour ma part. C'est surtout pour ça que je rejette cette notion de responsabilité, non pas que je trouve souhaitable en soi de propager des stéréotypes.C'est un point de vue - que je ne partage pas. Je ne pense pas qu'écrire "des conneries" sur une population vulnérable / déjà sujette à la discrimination, sans rien y connaître, soit préférable à rien du tout. Et je ne comprends pas comment l'auteur pourrait "apprendre une ou deux choses en passant" s'il ne se renseigne pas, l'écriture en autarcie ne me semble pas propice à apprendre des choses sur des groupes de personnes dont on ne sait rien.
C'est un point de vue - que je ne partage pas. Je ne pense pas qu'écrire "des conneries" sur une population vulnérable / déjà sujette à la discrimination, sans rien y connaître, soit préférable à rien du tout. Et je ne comprends pas comment l'auteur pourrait "apprendre une ou deux choses en passant" s'il ne se renseigne pas, l'écriture en autarcie ne me semble pas propice à apprendre des choses sur des groupes de personnes dont on ne sait rien.
Par curiosité et sans présumer de ta réponse, est-ce que tu écrirais la même chose si on parlait de stéréotypes racistes ?