Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Dot Quote le 12 Mai 2019 à 21:22:11

Titre: Errance à rosir
Posté par: Dot Quote le 12 Mai 2019 à 21:22:11
Errance à rosir


...du néant de mon périple, se suspend mon incarnation :

Je suis là, sur le bord du plateau ocre au dessus de la plaine, et j'ausculte l'étendue infinie qui s'étend jusqu'au point où mes yeux n'y voient plus rien. La roche terreuse, friable, est recouverte d'une poussière qui remue sans grande conviction, par le vent léger et sec, désertique mouvement de l'immobilisme d'un vaste terrain vague. En contrebas, la ville.

Sin City, destination ponctuelle de mes trots, est une ruine de l'ancien monde. Le béton a survécu, il est presque le seul. Il y a bien des siècles que les structures de bois nourrirent les mites qui aujourd'hui ne sont plus. Des siècles que le verre s'est éparpillé en éclats, polis de jours en jours par la pluie, puis réduits à l'état de poussières aussitôt disparues dans le microcosme. On peut discerner dans les fossiles de civilisation, les reflets d'une vie passée aux relents mystérieux que nul ne saurait interpréter à l'unisson avec qui que ce soit. Des édifices monstrueux, gigantiques ; leurs squelettes se dressent, dans ce cimetière qui fut pourtant leur lieu de vie à une époque révolue. Je scrute, les yeux plissés par un soleil orangé de fin d'horizon.

- En avant, Jappeloup.
Le destrier animant mon périple, à l'air calme et tranquille, cligne un oeil que je devine luisant de la satisfaction d'arriver à terme. Nous nous détournons de la falaise et rebroussons chemin, cherchant la route qui descend du plateau jusqu'à la plaine, probablement assez proche pour que nous atteignions la ville avec une nuit seulement tombée, signe d'un retard que j'aurais aimé combler malgré tout.
Les sabots feutrent le sol, leur bruit est apaisant, rythmé à l'oraison de nos coeurs confondus par la complicité de nos voyage éperdus, félicités par mes satisfactions amères, celles de n'avoir su trouver le but de ma mission ; cette mission à la cause de mes rides, de mes yeux plissés, de ma peau tanée et de mon rictus gravé, celui de l'âme d'enfant que je n'ai jamais retrouvée.
Nous croisons des herbes folles, quelque maquis aux cactus étranges, végétation sèche et vulnérable, mais ô combien téméraire, d'une raison que sa vie tend encore à rendre valable. Je respire son air, je m'enivre d'une senteur aride, chaque odeur filtrée dans la sécheresse minérale du vent ne soufflant que par paresse à bouilloner. Le pas de Jappeloup, calme et tranquille, m'intime à la paix intérieure qu'une agitation impatiente aurait eut tendance à rendre fébrile. Nous y sommes presque.



La ville, à la tombée de la nuit, abrite en son cadavre, la vie d'une population incertaine. Ils ne se cachent pas encore dans l'abri du sommeil lorsque j'arrive à l'orée de Sin City. Leurs déambulations organisées se sont servies des bâtiments morts pour construire des habitations, des lieux d'interaction, sans se souvenir d'un passé bien trop lointain pour être assuré.

J'ai vu.
J'ai su, par une éducation reçue et remise en question, ce que tous semblent ignorer. La déchéance d'une humanité au crépuscule de sa renaissance. Là, la nuit me ceint, et je sais... je sais que ma quête est peut-être ce qui pourrait sauver, ni eux ni moi, mais quelque chose qui nous transcende depuis l'au-delà.

Des regards méfiants se posent tout aussi délicatement que je n'ose le faire sur ces habitants assombris par l'obscurité. Le soleil orangé s'est couché, et les étoiles luisent dans ce ciel sans nuage, sans qu'aucun bruit ne les dérange, sans bouger autrement que d'une imperceptible rotation que seuls les plus avisés savent deviner.
Les autres ne voient qu'une toile bleue presque noire, de laquelle percent ces scintillements bien trop intrigants pour être autrement interrogateurs qu'au propos de leur effet rassurant.
Les étoiles dans le firmament.
Je discerne quelques lames, quelques battes. Au cas où, songent-ils, ou bien pour me prévenir, défendent-ils, et je garde mon calme dans cette hostile ambiance que je ne pourrais remettre en cause. Les humains qui ne se connaissent pas sont le plus souvent intranquilles face à la crainte de leurs alter egos. Et moi, je ne connais personne, ni rien, je sais donc qu'ils ne me connaissent pas et redoutent de voir ce que je ne saurais être, autrement que dans leurs têtes : un ennemi de leurs vies.
Dussé-je leur adresser un sourire qu'ils ne le discerneraient dans la nuit autrement que par des zygomatiques approximatives. Si toutefois cette difficulté était surmontée, alors ils devraient se questionner sur la sincérité de mon expression. Et enfin réagir au mieux ou pas, à ce qu'ils s'en feraient comme idée. Mais de toutes façons, je n'ai de zygomatiques que le néant triste qui m'a toujours façonné de sa grise mine insipide et plate, morfondue dans mon intérieur un peu trop cloisonné pour s'exprimer.

Je suis un chemin qui se dessine selon mes directions : l'affluence grandissant vers un centre des activités, qui me permettrait au mieux de me rediriger vers ma quête.
Lorsque j'arrive devant un vide architectural, je constate l'effervescence de lumières, autour desquelles s'affairent des humains. Leurs ombres vacillantes, par le feu des torches flamboyantes, indiquent un soir qui ne se termine qu'après le coucher du soleil, mais qui imprime une toute autre ambiance que celle, accueillante, qui m'aurait reçu en la présence de l'astre.
Je descends de Jappeloup et lui intime de rester à l'écart.



Un peu plus tard, je me retrouve à partager une boisson chaude.
Mon hôte est tout aussi mystérieux que ce qu'on a pu raconter de moi ; c'est peut-être pour cela que nous nous sommes rencontrés. Il m'a invité entre les murs de sa demeure, une carcasse bétonnée qu'il a aménagée à sa convenance, de toiles et autres pièces apocalyptiques. Assis en tailleurs sur des molletons, nous plongeons nos regards dans l'obscurité tamisée.

- Tu ne m'as pas confié ton prénom, l'ami. Je sais qu'en nos jours furieux, ce n'est pas une information à dévoiler à tout-va, mais en signe de la confiance que j'accorde aux âmes que je sens de bon aloi, voici le mien : tu peux m'appeler Albert, ou Archibald... je ne suis qu'un moustachu grisonnant aux allures de grand-père aveuglé par la nouvelle ère. Ton chapeau de cuir et ton ceinturon ne trompent pas, j'imagine... tu es un pistoléro.

- Oui, l'ami. De noms, ma mère m'a donné Clint, mon père Eastwood, mais tu peux m'appeller Roland Deschain, pistoléro à la poursuite de la tour sombre. J'estime les grisonnants de ton accabit, car ils recèlent le plus souvent des histoires que nul autre ne saurait conter, et dont la profondeur m'intrigue tout autant que l'époque qu'ils retranscrivent. Et en l'occurrence, c'est effectivement d'un voyage dans une ère passée, dont j'ai besoin.

- Racontes-moi tout.

- Je suis à la recherche d'un livre.

- Mon ami, voilà une quête ardue autant qu'étrange. Que vaut cet intérêt révolu pour le papier et les mots d'encre ?

- Une histoire à terminer. Je cherche des réponses dans le codex qui fut, au zénith de l'humanité, un des pilliers de ce qui fait de nous ce que nous sommes à présent.

- Que crois-tu trouver en remuant ce qui était et qui n'est plus ?

- En réalité, l'infime indice que je pourrais y dénicher.



Mon sommeil est agité, mais je ne m'en aperçois qu'au petit matin.
Alors que les rayons dorés du soleil pointent au travers des trous carrés, j'ouvre les yeux. Une ambiance trop calme pour être vivante m'arrache une moue habituelle : je n'ai pas besoin de vérifier, les battements de coeur d'Archibald se sont éteints et je me dois de laisser sur notre route ce compagnon d'infortune, que mon passage aura eu, par coutume dont j'ignore les sentences, de laisser aux portes de la mort.
Je fouille parmi ses maigres possessions à la recherche de ce qu'il m'aurait légué si je lui avais soufflé son avenir. Une étoffe, quelques vivres, une broutille ou deux à troquer, quelque valeur dont il n'aura plus l'occasion de se débarrasser.
Puis je reprends ma route.

Le trot de Jappeloup éveille mon hypnose éternelle.
Suivre le couchant est pour moi une fuite matinale, dont l'astre se déferait bien d'une victoire répétée chaque jour, à mon désespoir stoïque.

Abandonnant le plateau, je sors donc de Sin City en direction d'un horizon si parfait qu'il en devient oppressant. Le plat de sa ligne lisse appelle une volonté que j'espère suffisante pour affronter l'infini d'un cowboy solitaire et pauvre tel qu'on m'imaginerait, ou que je m'imagine moi-même. Les pistolets à la ceinture ne sont pas pour les vaches ou les cactus, je sais ce qui attend les bergers et leurs montures, bien au-delà de la prospérité promise par la nature. Le livre que je poursuis est-il couvert de cuir, relié de fil ? Est-il massif ou discret ? Albert n'a su me le prédire, sans grande surprise ; mais je garde précieusement tout ce qu'il a pu me révéler à un avenir aux associations permises par son discours. Nous avons palabré, oui, comme il se doit entre hommes de bon aloi. Et de notre nuit est né ce jour-ci.

Les cactus défilent, et la lenteur du pas minuscule pourrait s'apparenter à une promenade. Il en va différement de ma quête vitale, dont la vitesse ne saurait rendre compte de l'empressement.

Toujours est-il que la plaine se répète, à chaque parcelle de ce sol aux motifs si précis que nul oeil tel que le mien pourrait en déceler la multitude de particularismes. De fait, mon oeil se plisse, encore, et les pattes-d'oie se creusent, fissurant mon visage de cette marque au bronzage feutré.

A la longue route que j'entame, une fin à dépasser pour la suite...



Le train à l'abris d'une ombre, loin loin d'elle, sur des rails éternels, limant l'or tel le grain de sel se le permettrait d'étoile à vermeille. Son oraculeuse prédiction résonne en moi grâce à une cryptographie traversant le temps qui, dans son immense mansuétude, n'aurait que faire de dilapider quelque infortune démorsurée pour qu'aucune des irrationnalités ne pleuve en des matricules impromptus, cette pancarte, ce rail que je décide de suivre, au milieu du désert.

Un problème : dans quel sens vais-je rencontrer ce qui a un sens et une direction, l'un que je suis l'autre que j'ignore.

L'eau ne manquera pas dans le désert, n'en déplaise à la Tour.
Si elle me veut en vie je le vis jusqu'à la dernière goutte, et sinon je m'en dégoute à vide d'un doute, elle dont les rayons distordent le temps depuis, par exemple, maintenant. Le Roi couronné d'un sauviranion diaphragmenté n'aurait de raison que le cor qu'on lui chanta d'illusion, d'imaginaisons, tandis que cette situation aurait allumé mes chapitrages de raison :

- Toi aussi Jappeloup, n'est-ce pas ?
Tu manques d'eau et le mirage nous guète. Alors. Ce rêve. Pourquoi est-il si sérieux ? Toi et moi on en a vu de pires je crois, mais l'oubli nous a cerné je crois au nombre des travertoises, ces lattes de bois brut, supportant dans la gravillon brut, notre route à l'éternité d'émois en graduation méticuleuse de je-ne-sais-quoi.
De toi à moi, Jappeloup...
Que t'es-t-il arrivé pour que nous en soyons là, toi-et moi dans ce double centre des gravités pondérées, légalement administrées illégallement tant que la Tour s'effrondre, à ce qu'en sentent les ondes d'un cosmos dégénéré, diffus, fondu, morfondu oui Jappeloup...
Sens-tu ce qu'ils sont censés sentir ?
Nous aurions du partir...
Je soliloque de soif, mais, ne t'inquiètes...
Pas foulé à chaque motif répété d'un pas.

Un tchou un vzzz.
J'attends l'articulation du temps éclaté comme les sphères dragonaires, je n'imite pas que l'air, c'est une pensée que je cherche dans un livre, de par un monde qu'un autre a créé...
Roland Deschain le français de je-ne-sais-plus quel chauvain de français. Lui qui sait, au-delà du troisième cercle, ce qu'adviendra à l'autre funeste...
Oui un huis-clos.
Pour s'enfermer soi-même, il faut un volontaire.
Mais comment le taire ?
Il lui faut de la Poussière, en réfère... à cette pulmonaire flesque.
Lui, l'horticulteur des cultures d'or en pluire.
Je l'entends devant ou derrière, je m'en fous maintenant.
Lorsque l'un dit un, l'as fumé en indienne...
On verra ou pas ? Ce qu'advienne...

L'eau.
J'ai soif.
Jappeloup.
Comment tout cela terminera-t- ?
Titre: Fiction à la raison
Posté par: Dot Quote le 04 Juillet 2019 à 17:49:12
Fiction à la Raison
Table des matières (extraits = paratextes + néolocalisation du Métaphysique de l'Imaginaire)
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Titre: Re : Errance à rosir
Posté par: Feather le 12 Juillet 2019 à 09:33:40

Quel plaisir de te lire au travers de cette échappée descriptive, ta prose est limpide, pleine et généreuse.
Tu as su me captiver par cette symphonie stylistique au rythme musicalement doux et curieusement familier.
C'est peut-être cela, la réussite, créer cette proximité entre l'auteur et le lecteur, rompre les espaces, affilier du sens au poétique par la grâce et l'élégance!
Merci.
( j'en suis encore très loin pour ma part)
Titre: Re : Errance à rosir
Posté par: Dot Quote le 04 Août 2019 à 18:55:17
un merci chaleureux, feather, pour ton passage qui m'a l'air emballé ;
ce texte me tient à coeur parce qu'il fait état de ma vision de la nécessité d'incarner les métaphysiques de l'imaginaire, qu'on croit inépuisables à l'heure actuelle, mais qui finiront bien par se tarir, m'est avis ! le personnage de Roland Deschain m'apparait comme un point d'accroche solide pour cette ambition, et si tu souhaites lire la suite incarnée en mots par le Fiction à la Raison, ce peut se trouver sur mon WordPress...
au plaisir !
Titre: Héphalère
Posté par: Dot Quote le 18 Août 2019 à 17:39:06
Héphalère

> Cages et chaînes ; un baillon et une aveuglette... Roland se réveille sans soleil.
Un marmonnement questionne un alentour trop indistinct pour se révéler encore d'une quelconque manière. En gigotant de frémissements, Roland agite les cliquetis, ferronnerie à la lourdeur de ses entraves. Il entend, étouffé par une cagoule. Suant une odeur de vautour, l'atmosphère soulève des à-coups au coeur pourtant refroidi, du pistolero ici amoindri.
Roland Deschain ne sait pas où il est. Il ne sait pas quand. Dans quel univers ? Dans lequel de ses rêves ?
La douleur est diffuse, et pourtant lancinante. Elle rougeoie dans sa conscience, et il n'a que ce voyant alarmant aux illusions de sa question. Quelle est cette nouvelle aventure au démarrage restrictif ? Ne rien faire, attendre. Après les bougonnements, l'évidence. Il n'y a rien à faire, rien à bouger... Rien à survivre encore, il le faut.

> Espoir de mes rêves.
Où se traîne l'ombre de la Tour, un livre. Le Métaphysique de l'Imaginaire. Il y est de magique tout ce que peut incarner de réalité la conscience partagée. Roland l'a digéré, le ka par-delà les universions d'un commun des mortels...
Lorsque d'immobilité, il est contraint d'intérioriser, il n'est qu'affecté à l'inversion de ses aversions. En effet, l'âme solitaire lui retourne un gant d'échelle d'intention proportionnelle, et là, enchaîné, il ne peut Roland que prendre ce qu'il a de plus cher en lui, sa patience.
Lorsqu'un soleil se coucherait, il y aurait au moins une voix pour lui dire quelque chose. Qui est l'auteur, se demande Roland. Un certain. Et du voleur de son âme, rien ne point pour se manifester, autre que ce discours éternel à l'intérieur de lui-même... Qui est donc son créateur ?
Sans se demander, il sonde, Roland, à la recherche de ce qui le fera exister en ce jour, depuis le phénomène de temporalité prénatale associé à son astrale aura dénaturée par la fiction. Par la raison. Par ces choses sans nom que personne, pas même Ulysse, n'aurait pris en bonheur pour que résonne ma question. A moi. Ecrivaillon de naissance ablution, qui se débecte qu'en essence de fiction. Je suis là, dans mon histoire... à la raconter... parce que Roland me l'a demandé !

> Alors un obscur environnement, alors il y a tellement, de ce qui pourrait être autre que lui, à extérioriser, il ne demande qu'à sortir. A peine apaisé que le voilà à atterrir à nouveau dans son corps emmuré. Il doit alors le fuire à nouveau, l'oublier, s'oublier, le temps que cet épisode en caveau soit terminé. Et il le sera. Vie de chat.
Le Roland s'épuise peu à peu, sereinement.
Il suinte la plainte qu'il ne formule pas. Pas d'oreille pas d'oeil, qui n'aurait qu'un sourire sadique pour recevoir son balbutiement impuissant ? Rien. Ni personne. Pas même Ulysse le bienheureux parce que...? Eh bien, moi je ne le serais, parce que ! Moi l'écrivain que Roland tend à... tu vas bien ? Oui, nous essayons de deviner quelle occurrence de martellement de la conscience a forcé une âme telle que la mienne à être partagée dans ce monde, avec qui ? Toi écrivain et toi Roland Deschain ? On repart dans une fiction déraison, soyons donc assurés qu'il y a une identité de ce côté de la diffraction...
Mais qu'en est-il d'une question ? Roland se creuse les méninges pour savoir s'il sera sauvé ou pas, par qui ou par quoi, simplement en tentant de deviner qui lui sert sa réalité dans un rayon de la Tour. Les écrivains s'enchaînent. Ile ne les connait pas tous. Mais lui, quelque chose pourrait auriculer qu'il se déroula une histoire, déjà...

> Roland suffoque.
Lorsqu'il ne tourne pas de l'oeil, il sent qu'on lui injecte des choses. Ca pique, ça pénètre sa peau, comme le croc d'un aspic ou le dard d'un scorpion. Peut-être des cactus. Des braises.
Tout un tas de poisons lui sont ainsi administrés alors qu'il ne peut pas bouger, alors qu'il ne peut pas percevoir, mais juste ressentir sa douleur dans le noir, dans la peur, dans cette absence d'espoir qu'il commence à respirer, une senteur, dans son coeur, comme la mort d'une ardeur, qu'il se remémore, encore, en choeur, dans la diffraction de ses entités ; démultipliées, explosées, diffractées, les voici. Ses âmes qu'il va pour toujours huer.
Au scandale.
Des coutures, des failles, dans l'armure de ses entrailles, il n'y a plus que fissures, cadavres en corail d'un havre immergé suivant décès des intériorités à succès ; plus rien ne saurait le destituer de son sentiment d'échec, et franchement, il survit parce qu'en réalité il pouvait le supporter.
Et alors il supporte.
L'iraison de sa suffocation.

> Roland étreint ainsi son désespoir, enfermé, capturé, séquestré.
Titre: Ravor - 1;6
Posté par: Dot Quote le 08 Octobre 2019 à 07:16:21
Ravor - Lame de front
Je l'ai prise entre mes doigts. Juste une fois. Comme ça. Parce que je ne sais pas. On aurait dit, que s'il n'y avait ne serait-ce qu'autrement ou autre quoi, tout aurait été différent. Evidemment.
Ce que je retiens de tout ça, c'est que... je n'étais pas vraiment là.
Et ce que je verrai, c'est l'avenir qui me le dira.
Une lettre, quelque part, dans un univers que tu trouveras, toi, Roland. Qui me cherches, je le sais, puisque c'est de toi dont j'ai besoin, non d'un rêve fantastique, mais bel et bien fantasmagorique. Tu es un espoir, Roland. Quelqu'un de miroir à l'entendement. Seulement de ton côté. Alors pourtant, lorsque tu auras remarqué, que ce qui se trace en moi n'est pas que de la pensée. Tu sauras. Comment. Me sauver.

Ravor - Inkarnu
Roland ouvre un peu la faille, comme en tirant une poignée depuis l'intérieur de ses entrailles. Le crabe à la chair si fine, n'aurait été apprécié que comme les goulines, c'est-à-dire avec un peu de café, toujours plus d'obscurine. Fruit de mer, frigidaire des frutilitaires, un sucre ou deux dans le café, non monsieur pas si j'ai déjeuné, surtout avec la fumée, je n'aurais su comment aborder toute l'amertume de ma cordialité, que j'assume en priorité lorsque la lune est à sa moitié de l'enclume qui lui sert de centralité. Des aiguilles en guise de pillosité, me voilà paré comme un choupisson, allons-bon, c'est tout ce que nous avons mais non, je ne vois... Pas encore, moi, puisque Roland... Vaille que vaille.
Titre: Re : Errance à rosir
Posté par: Feather le 11 Octobre 2019 à 16:16:13
Bonjour, Dot Quot,
Et merci pour ces deux derniers textes, j'y ai trouvé
Un style limpide, et une facilité de lecture comme un abandon dans le geste mental.Ta plume marque bien cette continuité de la pensée. Il en ressort une sympathie pour ce personnage imaginaire pour lequel le narrateur exprime librement son affection. Curieusement, dans ces deux textes, le narrateur pose les évènements avec une certaine mansuétude et un regard apaisé sur son double visage incarné par cet être aux mille et une facettes.
Cela reste un avis très personnel, mais il y a une élévation plus spirituelle moins torturée que certains de tes autres textes non dénués d'intérêt et d'esthétique, et j'en apprécie la fluidité. Bravo
Titre: Re : Errance à rosir
Posté par: Dot Quote le 14 Octobre 2019 à 23:27:16
Hey, merci

RAVOR traîne un peu mais j'espère qu'il s'écrit

ces brain-strorming appliqués m'apparaissent judicieusement sous ton regard

merci