Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Loup-Taciturne le 07 Mai 2019 à 14:44:26
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Détresse
La mort couvre de remords
l'amour qui sommeille en proie
au silence. Sous l'amer,
de pudeurs prometteuses,
et d’orgueilleux écueils.
D'aveux à venir, ["." remplacé par ","]
ou de vœux d'avenirs.
Secrets !
Ouvrez vos voiles,
avec le plus grand soin
à vos amarres.
À votre mère d'abord.
Ouvrez-vous le cœur comme la mer un miracle.
(N'attendez pas,
je vous prie !
N'attendez pas
que vos amours soient éprouvés
pour vivre à leur chevet.
Toujours.
N'attendez pas
que la mort vous enseigne
à demeurer sous ses étoiles.) ex[à demeurer à leur chevet,
pour toujours.)]
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Hello,
Intéressant ton poème!
J'ai bien aimé les jeux de mots avec le champ lexical de la mer, et l'homophonie: "Sous l'amer", " A votre mère d'abord".
Très beau aussi: "de pudeurs prometteuses,/et d’orgueilleux écueils"
La deuxième partie à partir de "N'attendez pas" m'a fait penser au poème de Ronsard où il y a "Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie."
Je pense que ton message est un peu le même quand tu dis:
" N'attendez pas
que vos amours soient éprouvés
pour vivre à leur chevet. "
J'y ai vu aussi une image religieuse quand tu dis : "Ouvrez-vous le cœur comme la mer un miracle" (le miracle de la mer qui s'ouvre dans un passage de la bible). En tout cas, c'est très beau!
Maintenant quelques points négatifs! T'inquiète, il y en a très peu...
Je trouve parfois bizarre ton emploi des points...???
Je n'en mettrais pas après "D'aveux à venir".
J'en mettrais un après "le plus grand soin".
Si tu mets une majuscule à "A votre mère", il faut en mettre une à "A vos amarres". De plus, il faudrait peut-être des points d'exclamation...A voir...
Je trouve un peu maladroit que tu utilises à la fin deux fois l'adverbe "toujours". Perso, je supprimerais la dernière ligne, ça gâche un peu...Je trouve plus subtil et plus dans l'esprit de l'ensemble, le premier emploi de ce mot.
Attention, il y a une faute de frappe! C'est "demeurer" et non "demeurez".
Et je crois que "Amour" est féminin quand il est au pluriel, donc c'est "éprouvées". A vérifier...
Voilà, j'aime beaucoup le style de ton poème (les allitérations, le jeu sur les homophonies, la métaphore filée et les images, ainsi que le message (ou la mise en garde) qu'il contient.
Bravo!
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Merci beaucoup pour ton retour,
"N'attendez pas" m'a fait penser au poème de Ronsard où il y a "Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie."
Je pense que ton message est un peu le même
Certes, mais je crains que mon message se veuille bien plus grave et désespéré.
Je dois le revoir alors, peut-être l'étoffer et le rendre plus explicite.
Le poète n'est pas dans un enthousiasme lyrique pour le moment présent, un épicurisme jovial, il est anéanti par le poids de la mort et des regrets. Il veut crier le drame de sa tardive prise de conscience. Il veut la partager pour prévenir les autres du malheur qui l'accable.
J'y ai vu aussi une image religieuse quand tu dis : "Ouvrez-vous le cœur comme la mer un miracle" (le miracle de la mer qui s'ouvre dans un passage de la bible). En tout cas, c'est très beau!
Tout à fait, comme pour suggérer à quel point c'est difficile.
Je n'en mettrais pas après "D'aveux à venir".
J'en mettrais un après "le plus grand soin".
Si tu mets une majuscule à "A votre mère", il faut en mettre une à "A vos amarres". De plus, il faudrait peut-être des points d'exclamation...A voir...
Oui pour le point, c'est corrigé.
Pour le reste, c'est cela l'intention :
"Ouvrez vos voiles, avec le plus grand soin à vos amarres. À votre mère d'abord. Ouvrez-vous le cœur comme la mer un miracle."
Je trouve un peu maladroit que tu utilises à la fin deux fois l'adverbe "toujours"
L'idée était d'apporter une nuance entre le "toujours" d'aujourd'hui, du possible, du présent et le "pour toujours" du passé, du regrets, de l’irréversible.
J'y réfléchis.
Attention, il y a une faute de frappe! C'est "demeurer" et non "demeurez".
Ah oui, au début j'avais utilisé l'impératif, comme "ouvrez", et j'ai oublié de modifier, merci !
Et je crois que "Amour" est féminin quand il est au pluriel, donc c'est "éprouvées". A vérifier...
Voilà ce que j'ai trouvé à ce propos : Aujourd’hui ce mot est masculin, mais au pluriel, il est souvent employé au féminin dans la langue littéraire[5][6][7].
Anciennement, amour était féminin au singulier comme au pluriel. Se rencontre également parfois au masculin pluriel.
J'ai rêvé les amours divins — (Charles Cros, Le Coffret de Santal)
De mes amours décomposés — (Baudelaire, Les Fleurs du Mal)
Causent sinistrement de leurs amours défunts — (Baudelaire)
https://fr.wiktionary.org/wiki/amour
le style de ton poème (les allitérations, le jeu sur les homophonies, la métaphore filée et les images, ainsi que le message (ou la mise en garde)
Merci infiniment pour ta lecture attentive et ton commentaire riche.
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Merci pour tes explications.
J'ai quand même du mal avec le sens de " Ouvrez vos voiles...à vos amarres".
Je voyais plutôt ce passage détaché avec le sens de : A vos cordages. C'est pour cela que je l'avais confronté à "A vos mère d'abord", cette deuxième proposition primant pour le narrateur sur la première.
Sinon, un poème peut avoir plusieurs interprétations. Pour moi, ça signifiait qu'il ne faut pas fuir l'amour, par exemple, par peur ou par pudeur, car après, il sera trop tard, et il ne faudrait pas que ce soit la mort qui nous enseigne qu'il ne fallait pas passer à côté mais rester à son chevet. J'y ai vu une histoire de temps qui passe et ne se rattrape pas, d'où mon parallèle avec Ronsard.
J'espère que mon interprétation ne te gêne pas...
Et puis, j'aime bien quand ça reste suggestif, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée de tomber dans le mélodrame et les sentiments trop exacerbés... :/
Ok pour le genre de "Amour" au pluriel ;), surtout si Baudelaire l'écrit au masculin pluriel :mrgreen:.
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Ton interprétation ne peut pas me gêner !
En fait, ce que tu vois est une deuxième intention, effectivement, la première étant plutôt d'évoquer le lien aux proches. On peut voir l'image d'être au chevet de l'amour, comme une personnification, mais en première intention, amours est synonyme de personne réelle, aimée. D'ailleurs, au début j'avais écrit
"N'attendez pas
que vos proches soient éprouvés"
Puis c'est vrai qu'avec "amours", il y avait l'ambivalence dont tu as bénéficié.
Pour ce qui est de
"Ouvrez vos voiles...à vos amarres"
L'idée est d'évoquer à la fois le fait de partir, "mettre les voiles", mais également de les ouvrir, c'est à dire se dévoiler
et "à vos amarres" dans ce contexte est une image pour les proches, la famille, dont la mère est la plus importante et forte.
Mais c'est peut-être trop évident dans ma tête pour l'être à la lecture.
Merci en tout cas !
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Oui, c'est ce qui est intéressant dans le fait de confronter ses textes au regard d'autrui. Comment un regard extérieur va-t-il interpréter le sens et les images qu'il y a dans notre texte? Ce qui pour l'auteur est une évidence, va-t-il l'être également pour le lecteur?
Mais bon, je pense qu'il faut toujours une part d'énigme et de mystère. L'interprétation ne doit pas être non plus trop évidente...
L'important c'est que la magie opère, même si parfois le sens peut sembler obscur.
Je pense aussi qu'il est important d'avoir plusieurs avis. Un seul ça n'est pas suffisant... :/
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Je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'ajouter quoique ce soit pour ce qui est de la construction, j'aime beaucoup ce poème pour ce qu'il transmet comme message : aimer et être présent avant qu'il ne soit trop tard (enfin c'est ce que je comprends).
Joliment écrit, avec force et images, usage de sonorités marquantes.
J'ai juste un peu de réticence sur les répétitions à la fin :
N'attendez pas
que vos amours soient éprouvés
pour vivre à leur chevet.
Toujours.
N'attendez pas
que la mort vous enseigne
à demeurer à leur chevet,
pour toujours.
;)
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Merci beaucoup pour ce retour Claudius,
En effet ta remarque est juste, il y a comme un changement de style, de registre, de ton entre ces deux parties, et la seconde est surement moins bonne, même si paradoxalement, c'est d'elle que partait l'idée du poème.
je vais réfléchir (je la mets entre parenthèses)
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Hello Loup Taciturne, tu exprimes avec profondeur ce regret d'avoir laissé passer le temps d'exprimer l'amour que tu portais à ta mère.
C'est joliment dit.