Bonjour :). Voici une courte histoire sortie un peu de nul part (de mon imagination sûrement) il y a quelques mois.
A nouveau, il fronça des sourcils poussiéreux. Il ne parvenait toujours pas à discerner ses mains dans cet amas de sable et de pénombre. Alors, il les réchauffa devant le feu qu'il fixa à s'en brûler les yeux. Son sac déchiqueté par le vent traînait là, à ses côtés. Lorsqu'il se relèverait, ce lambeau du passé menacerait de glisser de l’épaule et de s’écraser au sol à chaque pas. Il glissa ses doigts dans la bouche formée par la fermeture enrayée et parvint à en extirper une photo dont il caressa les bords jaunis. Lentement, ses doigts parcoururent des ombres de papier qui s’engouffrèrent presque aussitôt dans les flammes. Tout était loin. Il fallait reprendre la route. Un bref coup de pied ensevelit les dernières braises, se transforma en une succession de pas que le sable, encore et toujours le sable, avalait.
Le voici redevenu ombre dans une ombre plus dense. L’ombre s’oriente comme elle peut. Elle appelle au secours sans relâche des étoiles timides, ignorantes ou égoïstes. Depuis ce qui s’apparentait à des heures de soupir, l’une d’entre elles se détachait des autres. Vraiment, elle brillait bien plus, elle brillait de plus en plus à mesure qu’il s’avançait pour l’atteindre. Il avait commencé par se persuader que ça n’était qu’une étoile. Seulement, le grain de poussière lumineux semblait le chercher depuis l’infini. Et il n’avait que lui, une lune, une ville, un feu, un joyau perçant le noir et gonflant dans ses pupilles. Il le fixa sans relâche, se mit à courir, traîna des pieds, courut à nouveau, tenta de lancer son bras lourd vers l’horizon, fonça tête baissée contre le vent, sauta sur place, tendit son bras et remua la pointe des doigts pour caresser le grain de poussière. Il s’arrêta. Ses paupières s’abattirent car à présent un éclair l’aveuglait en permanence. Quand il rouvrit les yeux, le soleil se déversait sur l’horizon.