Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: sergent le 15 Avril 2019 à 00:45:55

Titre: Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 15 Avril 2019 à 00:45:55


     Pourrait pas avoir sa cafetière en haut c'connard.
Monter au sixième avec deux verres de café, c’est pas une mince affaire, surtout quand l’immeuble jouxte la ligne verte... rendez-vous compte, faut enjamber les gravats, éviter les étrons, faire un peu d’escalade quand dans la cage d’escalier il manque des marches et qu'un palier n’est pas vraiment intact.
Compter dans sa tête trois secondes pour progresser par bonds successifs lorsqu’une partie du mur n’existe plus.
Un, on regarde où on veut, ou plutôt où on peut aller.
Deux, on avance courbé en deux.
Trois, on s’planque.
Et on espère que l’autre, celui d’en face, n’a pas de RPG. 
Surtout que de l’autre côté c’est le Hezbollah, une toute nouvelle milice qui en veut, qui nous en veut, quand je dis ça... C’est pas tout à fait vrai, va faire comprendre à ces cons que je suis là en touriste.
 Enfin le sixième, pas vrai !… Les cafés sont encore chauds… et comme on les aime… sans sucre, avec beaucoup de marc au fond et ce petit goût de cardamone qui fait toute la différence.
 « J » est là, assis dans une espèce de transat sale et méchamment troué.
Sur ses genoux une putain de belle arme, un SVD avec sa lunette.
Devant nous une grande ouverture, cela a dû être une bien belle baie vitrée comme en témoigne tout ce verre pilé qui crisse sous mes pas.
Tout le pourtour n’est qu’une dentelle de ciment. Les murs vérolés sont un gruyère d'où dépassent des fers à béton qui pointent leurs doigts rouillés vers un danger qui vient d'en face.
Nous sommes en retrait « J » toujours assis dans son transat, moi sur des sacs de sable.
J’ai une furtive pensée pour ceux qui ont monté tout ce sable, car ces murs sont épais bien que bas.
     - Alors ?
    - Alors… à l’ouest rien de nouveau, et merci pour le kawa.
     - De rien, je viens pour la vue... y parait qu’on voit la mer.
     - T’as raison, ici... la vue, elle est mortelle. 
 Et c’était vrai…
Dans les deux cas c’était vrai.
Vrai comme un pari stupide.
Vrai, que ce jour-là… pourtant bordel, je devrais me souvenir de la date exacte pourtant… Pourtant non.

Juste, que je me rappelle que j’étais en perm.
Juste, j’ai eu l’opportunité de tuer mon premier homme.
     - T’as d’quoi fumer ? j’ai fini mes Lucky et j’peux pas descendre.
     - J’ai d’la troupe.
     - Vous les Français avec vot’putain de tabac brun, z’êtes pas civilisés.
     - J’ai aussi du rouge, si ça te dit, c’est du bon, tu vas voir un joint avec… c’est pas de la fumette pour amerlocs et puis la chéchia... tu vas pas m’dire que c’est toujours du blond. Passe-moi plutôt ton Dragounov et roule au lieu de débiter des conneries.
     - Pourquoi c’est pas toi qui roules ?
     - C’est toi qui veux fumer. Et puis je veux voir la bête, ça me changera de mon SIG ou de mon FRF1. T’en as fumé combien avec ?
« J » sans relever la tête, concentré qu’il était à vouloir réussir un pétard, un joli trois feuilles, distraitement me dit :
     - T’as qu’à regarder sur le mur.
     - T’as pas fait de croix ?
     - T’es con ou quoi, c’est pas des chrétiens que j’flingue.
     - J’plaisante, pas mal 12, ça commence à l’faire.
     - Putain c’est vrai qu’il est bon !
     - file une taffe... tu peux remercier ceux d’en face, il vient de chez eux, j’en ai pris un kilo à Chaoui Street.   
C’est qu’ils ont voulu nous entuber ces salaud.             
     - Comment ça ? T’aurais dû passer par nous, nous aussi, on en a du bon.
     - Oui, mais quand j’ai fait mon marché je savais pas que tu étais rentré et en plus eux, on les a juste en face du camp.
     - Alors ce deal raconte.
     - Oui, alors un gars des Minguettes, Chavignieu qu’il s’appelle, ce crétin… Cherche pas, tu connais pas. Il nous dit, oui à moi et a Durant, qu’il connaît un type qui vend de la bonne... Pffff... dans une boutique à côté de celle qui nous lave nos affaires. Le seul problème c’est qui vend que par kilo. En fait de problème c’en était pas un, vu qu’on était plus d’une dizaine à en chercher. Chavignieu dit qu’il se charge de tout. Ok qu’on dit, mais on se méfie, comme j’t’ai dit Chavignieu, c’est un crétin, doublé d’un con. Dans leurs tours, là-bas, ils doivent se reproduire en famille, si non c’est pas possible. Refile une taffe... Pffff...c’est vrai qu’elle est bonne... Pffff... quand je pense au foin que je fumais à Montpellier. Tiens je te repasse le joint... Alors oui où j’en étais... ah oui, Chavignieu, il revient avec une brique, oui un sac en jute comme une brique, j’te jure avec le tampon du Hezbollah poché dessus ,tu sais, le bras tendu qui tient la kalash. Bon on lui demande, tu l’as goûté au moins ? L’air con qu'il prend. Non qu’il nous dit, la dessus Mzira prend le paquet l’ouvre. Tu me croiras si tu veux, c’était d’la terre, de la putain d’argile. Je reprends le paquet à Mzira qui rit jaune... tu sais, il vient du Maroc et avec lui, on plaisante pas avec ses choses-là. On dit à l’autre con, toi, tu bouges pas! Nous, on va causer avec ton gars… Fait tourner...Pfff... tu vois le tabac brun çà s'marie bien avec le rouge, c'est du brut, pas d'la fumette pour minette.
J’aspire fort encore une fois et je retiens ma respiration, j’ai les yeux qui piquent. Je lui rends le joint.
     - Tiens, j’te le rends, c’est presque le cul.
     - Le cul ! Vous aimez, vous les Français.
     - Oui, mais pas celui-là ( J’aurais pu dire: "je préfère celui de ta sœur" Mais on ne plaisante pas avec ça. Surtout quand on sait que sa sœur, elle a été butée par les Syriens. Je le sais parce qu'il n’y a pas longtemps de cela, je lui avais demandé pourquoi à son collier, il y avait deux croix, alors il m’avait raconté… Depuis avant de moucher une cible, il embrassait la petite croix en or de sa cadette.)
     - A quoi tu penses ?
     - Non à rien, ton cousin, il fait un bon café (là, je pensais sûrement à la pub "grand-mère sait faire un bon café" et puis là, je me suis souvenu que la grand-mère de "J" était morte avec sa petite sœur. Alors là, je suis parti d’un fou rire, mais d’un fou-rire mazette.)
     - Qu’est ce qui te fait rire comme une baleine ?
     - Non rien, tu pourrai pas comprendre.
     - Dis que je suis un con comme ton Chassinieu, non, Chavinieu.
     - Non, juste à une note de service qui nous oblige à prendre tous nos repas, y compris le café au réfectoire.
     - Et alors je vois pas ce qu’il y a de drôle ?
 - T’as jamais été au réfectoire… quand tu sauras qu’on pisse dans le bac à plonge et qu’on met une double ration quand c’est le tour de la vaisselle des officiers.
     - Alors tu finis ton histoire pendant que j’en roule un autre.
     - Ok, mais t’a rien à boire ?
     - Oui, j’ai une bouteille de Miranda.
 Je bus une bonne gorgée tiédasse de ce qui ressemblait furieusement à du Fanta Orange.
     - Oui, donc… ah oui, faut te dire que c’est rare qu’on soit en civil. On est toujours en treillis avec nos armes, c’est la consigne. Même pour faire nos courses, alors quand tu vois trois mecs qui rentrent dans un magasin fusil en main… Tu t’écrases, l’autre avec son 9 mm qu’est ce que tu veux qu’il fasse, il s’écrase. Mzira qui parle Marocain commence à palabrer, l’autre comprend rien, c’est pas le même Arabe y parait. Je lui jette sa came et je dis not good ! Durant, qui parle mieux l’anglais qui rajoute : You make fun of us, you want to sell us shit ! Ca je l'ai bien retenu.
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: derrierelemiroir le 15 Avril 2019 à 10:37:23
Salut sergent

au fil du texte:

Citer
Et c’était vrai…

Dans les deux cas c’était vrai.

Vrai comme un pari stupide.

Vrai, que ce jour-là… pourtant bordel, je devrais me souvenir de la date exacte pourtant… pourtant non.

Juste, que je me rappelle que j’étais en perm.

Juste, j’ai eu l’opportunité de tuer mon premier homme.
avec toutes ces petites phrases, je m'attendais que ton texte allait traiter de ça, mais ça ne revient pas du tout plus bas

Citer
c’est qu’ils ont voulu nous entuber ces salaud.             
ça ça fait partie de la phrase d'en-haut non? ça fait bizarre, coupé comme ça. La première fois que j'ai lu, j'ai pas compris d'où elle sortait cette phrase

Euh, mais du coup, le texte il est pas fini? Ou alors j'ai vraiment rien compris.

En général bah, je sais pas, on dirait le début d'une histoire, mais elle est coupée au milieu, donc je ne sais pas trop quoi en dire. Je n'aime pas trop le language vulgaire et la manière dont c'est raconté, mais je pense que ça pourrait bien coller à de telles personnages. Je ne peux pas dire grand chose de plus, vu que ça a l'air de n'être que le début. Peut-être que tu devrais laisser une note pour dire ce que tu attends des commentaires?

Voili, a +
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 15 Avril 2019 à 14:08:29

Salut,
Ce que tu écris est vrai.
Mais il y a toujours un, mais même si on est encore en avril...
C'est pour moi en quelque sorte un anniversaire qui n'a rien à voir avec ma naissance.
Ce texte est la réponse à deux rubriques : une dans l'atelier et l'autre dans l'aire de jeux.
" Que voyez vous quand vous écrivez " et surtout "Décrire ce que vous voyez en regardant à votre fenêtre".
Le texte finissait donc à: "la vue est mortelle, ce qui était vrai."
Mais voilà, je suis aussi sur d'autres forums, et j'avais besoin d'un texte court, n'aimant pas gaspiller, j'ai fait du recyclage...
Sauf qu'on m'a demandé cette suite qui n'est pas la fin.
Pour ce qui est des dialogues, ils sont, on va dire édulcorés, car pour du vrai, ils seraient ponctués de Libanais, d'insultes multilingues.
Ne prends pas mal ce que je te dis, tu es jeune et tu es une femme, donc tu ne peux qu'être étrangère au monde que je décrivais, ou plutôt que j'effleurais. Un Monde ou "J" qui occupe de nos jours un poste important, mais serait passible d'un tribunal pour crime de guerre, un monde ou le narrateur après avoir fait trois petits tours... serait rentré en France et aurait continué sa vie avec comme bagages quelques souvenirs, disons encombrants.
Mais tout ce que j'écris n'est qu'une pure fiction.  :-¬?
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Poursuite le 15 Avril 2019 à 19:49:18
Bonjour Sergent,

J’aime beaucoup l’ambiance qui se dégage de votre texte ainsi que le sujet, ça me fait penser à un roman de Yasmina Khadra. Des moments prêtent à sourire, même si ça n’aurait pas dû être le lieu. Cette conversation qu’on aurait pu croire banal si ce n’était ponctué par les lieux détruits, les rappels des morts, la précision des noms des armes, bref un temps de guerre. Je n’ai pas connu la guerre, et j’espère que vous non plus, mais je vois dans ce genre de récits, la banalisation de la guerre comme si c’était quelque chose qui était normal pour ces gens, tandis que cela révolte ceux qui sont en dehors. Du coup je trouve le texte immersif et réaliste (notamment avec le vocabulaire pertinent). J’aime que ce texte soit pris à la volée, on ne connaît ni le début ni comment ça peut continuer. On peut donc facilement imaginer mais j’ai aussi envie d’en lire plus de votre plume. Donc y-a-t-il plus ? J’ai vraiment envie d’en savoir plus sur ces personnages qui ont l’air différents mais qui sont pourtant regroupés pour la même « cause ».
La seule chose que j aurais à redire c'est que je trouve ça bizarre aussi que des fois, les dialogues commencent par une majuscule, des fois non.

Poursuite
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 15 Avril 2019 à 22:30:00
Merci, je peux répondre en grande partie à tes questions, il suffit que tu lises mes réponses à "derrierelemiroir"
pour le reste j'ai fait les corrections car ce texte, je l'ai écrit d'une traite vers 4 h du mat. donc il avait besoin de quelques retouches.
pour ce qui est de la suite j'attends. je sais pas si je dois. "J" risque de se reconnaitre quoi... que cela m'étonnerait qu'il lise sur les forums les bétises d'anciens...
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: derrierelemiroir le 15 Avril 2019 à 22:37:10
Salut Sergent

Citer
Ne prends pas mal ce que je te dis, tu es jeune et tu es une femme, donc tu ne peux qu'être étrangère au monde que je décrivais, ou plutôt que j'effleurais.
c'est pas vraiment une question de mal le prendre ou pas, je ne comprends juste pas ce que ce commentaire a à voir avec mon commentaire. Que je n'ai jamais vécu pareil évènement, c'est évident, comme bien d'autres. Que je puisse le comprendre ou m'y identifier d'une manière ou d'une autre, ça dépend de l'écriture, qui pour moi, ici n'a pas été suffisante. J'ai déjà lu bien des histoires de guerre, avec des hommes ou des femmes à l'action que j'ai appréciées, et le fait que je sois jeune, et une femme, n'ont rien à voir avec ça je pense.
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 15 Avril 2019 à 22:56:12
Vu comme cela, je comprends.
Vu que c’est vrai, le texte est léger et insuffisant.
Quand j’ai tort, je l’admets et là, j’avais tort.
Donc j’ai relu et corrigé du mieux que je le pouvais. Mais bon…
Alors mille pardons, gamine.
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: derrierelemiroir le 16 Avril 2019 à 10:29:37
 :D pardons acceptés papy
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 16 Avril 2019 à 12:52:12
Attends que je mette des roulettes à mon déambulateur et tu vas voir la fessée que tu vas prendre. Sale gamine…  :vaurien:
Non mais des fois ! :ned:
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Gwynplaine__ le 17 Avril 2019 à 11:28:14
Hello Sergent !

Pour commencer, quelques notes au fil du texte, si tu veux bien.

Citer
Beyrouth 1983,
Original, la virgule dans le titre, mais pourquoi pas...
 
Citer
Compter dans sa tête trois secondes pour progresser par bonds successifs lorsqu’une partie du mur n’existe plus.
Un, on regarde où on veut, ou plutôt où on peut aller.
Deux, on avance courbé en deux.
Trois, on s’planque.
Du coup, s’ils avancent courbés, ils ne progressent pas par bonds, si ?

Citer
Et on espère que l’autre, celui d’en face, n’a pas de RPG. 
S’il tire au lance-roquette sur un seul soldat, c’est qu’ils ne sont vraiment pas contents :D

Citer
sans sucre, avec beaucoup de marc au fond et ce petit goût de cardamone qui fait toute la différence.
Oh oui, ce café de la côte orientale de la Méditerranée, c’est tellement bon…

Citer
Sur ses genoux une putain de belle arme, un SVD avec sa lunette.
La France a utilisé des armes Russes ?

Citer
Vrai comme un pari stupide.
Vrai, que ce jour-là… pourtant bordel, je devrais me souvenir de la date exacte pourtant… Pourtant non.

Juste, que je me rappelle que j’étais en perm.
Juste, j’ai eu l’opportunité de tuer mon premier homme.
J’aime bien cette réminiscence, ce souvenir presque traumatisant qui envahit l’esprit de façon impromptue.

Citer
     - Vous les Français avec vot’putain de tabac brun, z’êtes pas civilisés.
     - J’ai aussi du rouge, si ça te dit, c’est du bon, tu vas voir un joint avec… c’est pas de la fumette pour amerlocs et puis la chéchia... tu vas pas m’dire que c’est toujours du blond. Passe-moi plutôt ton Dragounov et roule au lieu de débiter des conneries.
Ok, du coup c’est un Russe, tout s’explique ^^.

Citer
     - Oui, j’ai une bouteille de Miranda.
Ce n’est pas plutôt du Mirinda ? Si c’est bien de ce truc imbuvable que tu parles ^^.

Citer
c’est pas le même Arabe y parait
« arabe », sans la majuscule.

Voilà, ton texte est très sympa. On a affaire à un tableau qui est bien saisi, joliment dépeint, hyper visuel. Il se lit bien, et on accroche vite au dialogue. C’est réussi.
Si je peux me permettre quelques critiques tout de même (faut que mes commentaires soient constructifs, il paraît), tout d’abord le texte est assez cliché ^^ ce n’est pas un problème en soit, surtout que tu rentres bien dans les détails, toutes les armes sont correctes, les boissons sont bien celles que l’on trouve sur place, idem pour la fumette, mais je voulais juste le préciser. Et puis ajouter un peu plus de scénario pourrait peut-être enrichir le texte, tout en gardant cette aspect « tableau ».

Voilou, c’est tout pour moi.

Cordia, Le Mans.
gwyn
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 17 Avril 2019 à 12:21:32
Merci pour la critique.
 C’est vrai pour la boisson, j’avais oublié le nom et cela me gavait de faire une recherche.
Pour ce qui est de « J, c’est un Libanais plus précisément un Maronite d’une milice Phalangiste.
Le narrateur est un soldat français en permission. Si je continue le texte, on saura qu’il n’a pas le droit d’être là, car leurs permissions, c’était : soit à Chypre soit en Israël ou encore en Egypte.
Le narrateur a connu « J » en France quand ils étaient étudiants, puis le hasard a fait qu’il se sont retrouvés à un check point sur la rivière « Nahr Ibrahim ».
Pour ce qui est des armes, beaucoup de belligérants avaient des armes russes, car pas chères, fiables et rustiques. Tout l’inverse des armes américaines.
Le Français les connaît, car on les formait aux maniements des armes étrangères, en général le 2ème bureau réunissaient les bidasses pour des journées de formations.
Le narrateur et aussi tireur FRF 1 ce qui implique certaines compétences, d’autant qu’il n’est pas mauvais en tire posté. Je parle aussi du SIG fusil d’assaut de fabrication suisse si mes souvenirs sont bons en 1983, ils équipaient les forces françaises de la FINUL, car la France n’avait pas fait le nécessaire pour importer les FAMAS. Seule l’interposition en avait.
Personnellement, je crois qu’on peut progresser par bonds en étant courbé.
Et pour ce qui est de l’utilisation des RPG, c’était du n’importe quoi... quand un gamin de 15 ans a ça entre les mains... oui, c’est vraiment du n’importe quoi.
Mais évidemment ce que j’écris est de la pure fiction avec pour source le guide du routard. :viviane:
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Vilmon le 18 Avril 2019 à 02:42:08
Bonjour sergent,

L'atmosphère est impeccable, le dialogue sonne vrai, c'est bien rendu.
J'ai l'impression que c'est comme une "photo de voyage" qui raconte ce moment précis.  Qui ajoute une autre dimension à la "photo", celle du souvenir.
Beyrouth 1983 et la guerre contre l'EI, je n'ai connu personnellement de près ni l'un ni l'autre, mais il doit y avoir des similitudes, bien que les armes ont changé.

Vilmon
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 18 Avril 2019 à 03:46:16
 les armes pas tant que ça, les protections oui.
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Gwynplaine__ le 18 Avril 2019 à 11:57:17
Merci pour les précisions, et j'attends déjà la suite ^^
'pis on doit pas avoir le même guide du routard ^^
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Marcel Dorcel le 10 Juin 2019 à 12:44:58
Je fouille...je fouille...et je tombe sur ça...

Ok, pas mal d'indécisions typographiques ou littéraires mais je m'en tape.

Limite, si je suis sur un forum, c'est pas pour me vautrer  à lire à longueur de textes du pisse-copie, et donc voilà, on m"emmène quelque part, un ailleurs, une situation, une scène, une vibration que je suis à même de ressentir.

Pas un grand moment de littérature mais u grand  moment de lecture. Et puis ça me suffit, alors je prends.
Alors Merci, tout simplement.
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 10 Juin 2019 à 13:47:33
Merci, c’est vrai je n’ai pas cherché à faire dans le littéraire, plutôt dans le viscéral.
Le plus difficile a été d’arrêter, car la suite n’est pas crédible pour la majorité et j’en ai marre de devoir justifier chacun de mes écrits. Merci encore pour la lecture et la critique. 
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Gwynplaine__ le 24 Juin 2019 à 10:23:25
Le ton hautain et la prétention de Marcel Dorcel sont bien déplacées, on ne lui demande pas de raconter sa vie de lecteur, de glorieux juge de vulgaires textes sur un forum. Une critique constructive, c'est prendre les morceaux dans le texte qui ne vont pas et aider l'auteur, pas de déconsidérer gratuitement le texte.
Je suis personnellement bien curieux de voir la suite de ce texte, et si ce n'est pas cohérent, le texte t'appartient ^^

Rockdialement
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Ashka le 28 Juin 2019 à 23:40:10
Ainsi voilà la suite de l'atelier. ;)
Pardon d'avoir été si longue à la détente. Il y a un ton particulier dans ce texte. Et des choses qui pointent et suintent terriblement.
Citer
Devant nous une grande ouverture, cela a dû être une bien belle baie vitrée comme en témoigne tout ce verre pilé qui crisse sous mes pas.
Tout le pourtour n’est qu’une dentelle de ciment. Les murs vérolés sont un gruyère d'où dépassent des fers à béton qui pointent leurs doigts rouillés vers un danger qui vient d'en face.
Par exemple, c'est bien tourné, ça !
Je ne suis pas encore en état de reprendre un texte long, j'ai du mal à me concentrer, mais sur du court, si tu veux poster la suite, je te lirai. Et si tu en as marre de donner des explications, alors je ne t'en demanderai pas.  ;)
En tout cas, si tu veux sortir ça ici je doute que quiconque y retrouve à redire. J'aimerai bien connaitre la suite. Mais comme tu veux.  :calin:
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Meilhac le 29 Juin 2019 à 00:04:19


     Pourrait pas avoir sa cafetière en haut c'connard.
Monter au sixième avec deux verres de café, c’est pas une mince affaire, surtout quand l’immeuble jouxte la ligne verte... rendez-vous compte, faut enjamber les gravats, éviter les étrons, faire un peu d’escalade quand dans la cage d’escalier il manque des marches et qu'un palier n’est pas vraiment intact.
Compter dans sa tête trois secondes pour progresser par bonds successifs lorsqu’une partie du mur n’existe plus.
Un, on regarde où on veut, ou plutôt où on peut aller.
Deux, on avance courbé en deux.
Trois, on s’planque.
Et on espère que l’autre, celui d’en face, n’a pas de RPG. 
Surtout que de l’autre côté c’est le Hezbollah, une toute nouvelle milice qui en veut, qui nous en veut, quand je dis ça... C’est pas tout à fait vrai, va faire comprendre à ces cons que je suis là en touriste.
 Enfin le sixième, pas vrai !… Les cafés sont encore chauds… et comme on les aime… sans sucre, avec beaucoup de marc au fond et ce petit goût de cardamone qui fait toute la différence.
 « J » est là, assis dans une espèce de transat sale et méchamment troué.
Sur ses genoux une putain de belle arme, un SVD avec sa lunette.
Devant nous une grande ouverture, cela a dû être une bien belle baie vitrée comme en témoigne tout ce verre pilé qui crisse sous mes pas.
Tout le pourtour n’est qu’une dentelle de ciment. Les murs vérolés sont un gruyère d'où dépassent des fers à béton qui pointent leurs doigts rouillés vers un danger qui vient d'en face.
Nous sommes en retrait « J » toujours assis dans son transat, moi sur des sacs de sable.
J’ai une furtive pensée pour ceux qui ont monté tout ce sable, car ces murs sont épais bien que bas.
     - Alors ?
    - Alors… à l’ouest rien de nouveau, et merci pour le kawa.
     - De rien, je viens pour la vue... y parait qu’on voit la mer.
     - T’as raison, ici... la vue, elle est mortelle. 
 Et c’était vrai…
Dans les deux cas c’était vrai.
Vrai comme un pari stupide.
Vrai, que ce jour-là… pourtant bordel, je devrais me souvenir de la date exacte pourtant… Pourtant non.

Juste, que je me rappelle que j’étais en perm.
Juste, j’ai eu l’opportunité de tuer mon premier homme.
     - T’as d’quoi fumer ? j’ai fini mes Lucky et j’peux pas descendre.
     - J’ai d’la troupe.
     - Vous les Français avec vot’putain de tabac brun, z’êtes pas civilisés.
     - J’ai aussi du rouge, si ça te dit, c’est du bon, tu vas voir un joint avec… c’est pas de la fumette pour amerlocs et puis la chéchia... tu vas pas m’dire que c’est toujours du blond. Passe-moi plutôt ton Dragounov et roule au lieu de débiter des conneries.
     - Pourquoi c’est pas toi qui roules ?
     - C’est toi qui veux fumer. Et puis je veux voir la bête, ça me changera de mon SIG ou de mon FRF1. T’en as fumé combien avec ?
« J » sans relever la tête, concentré qu’il était à vouloir réussir un pétard, un joli trois feuilles, distraitement me dit :
     - T’as qu’à regarder sur le mur.
     - T’as pas fait de croix ?
     - T’es con ou quoi, c’est pas des chrétiens que j’flingue.
     - J’plaisante, pas mal 12, ça commence à l’faire.
     - Putain c’est vrai qu’il est bon !
     - file une taffe... tu peux remercier ceux d’en face, il vient de chez eux, j’en ai pris un kilo à Chaoui Street.   
C’est qu’ils ont voulu nous entuber ces salaud.             
     - Comment ça ? T’aurais dû passer par nous, nous aussi, on en a du bon.
     - Oui, mais quand j’ai fait mon marché je savais pas que tu étais rentré et en plus eux, on les a juste en face du camp.
     - Alors ce deal raconte.
     - Oui, alors un gars des Minguettes, Chavignieu qu’il s’appelle, ce crétin… Cherche pas, tu connais pas. Il nous dit, oui à moi et a Durant, qu’il connaît un type qui vend de la bonne... Pffff... dans une boutique à côté de celle qui nous lave nos affaires. Le seul problème c’est qui vend que par kilo. En fait de problème c’en était pas un, vu qu’on était plus d’une dizaine à en chercher. Chavignieu dit qu’il se charge de tout. Ok qu’on dit, mais on se méfie, comme j’t’ai dit Chavignieu, c’est un crétin, doublé d’un con. Dans leurs tours, là-bas, ils doivent se reproduire en famille, si non c’est pas possible. Refile une taffe... Pffff...c’est vrai qu’elle est bonne... Pffff... quand je pense au foin que je fumais à Montpellier. Tiens je te repasse le joint... Alors oui où j’en étais... ah oui, Chavignieu, il revient avec une brique, oui un sac en jute comme une brique, j’te jure avec le tampon du Hezbollah poché dessus ,tu sais, le bras tendu qui tient la kalash. Bon on lui demande, tu l’as goûté au moins ? L’air con qu'il prend. Non qu’il nous dit, la dessus Mzira prend le paquet l’ouvre. Tu me croiras si tu veux, c’était d’la terre, de la putain d’argile. Je reprends le paquet à Mzira qui rit jaune... tu sais, il vient du Maroc et avec lui, on plaisante pas avec ses choses-là. On dit à l’autre con, toi, tu bouges pas! Nous, on va causer avec ton gars… Fait tourner...Pfff... tu vois le tabac brun çà s'marie bien avec le rouge, c'est du brut, pas d'la fumette pour minette.
J’aspire fort encore une fois et je retiens ma respiration, j’ai les yeux qui piquent. Je lui rends le joint.
     - Tiens, j’te le rends, c’est presque le cul.
     - Le cul ! Vous aimez, vous les Français.
     - Oui, mais pas celui-là ( J’aurais pu dire: "je préfère celui de ta sœur" Mais on ne plaisante pas avec ça. Surtout quand on sait que sa sœur, elle a été butée par les Syriens. Je le sais parce qu'il n’y a pas longtemps de cela, je lui avais demandé pourquoi à son collier, il y avait deux croix, alors il m’avait raconté… Depuis avant de moucher une cible, il embrassait la petite croix en or de sa cadette.)
     - A quoi tu penses ?
     - Non à rien, ton cousin, il fait un bon café (là, je pensais sûrement à la pub "grand-mère sait faire un bon café" et puis là, je me suis souvenu que la grand-mère de "J" était morte avec sa petite sœur. Alors là, je suis parti d’un fou rire, mais d’un fou-rire mazette.)
     - Qu’est ce qui te fait rire comme une baleine ?
     - Non rien, tu pourrai pas comprendre.
     - Dis que je suis un con comme ton Chassinieu, non, Chavinieu.
     - Non, juste à une note de service qui nous oblige à prendre tous nos repas, y compris le café au réfectoire.
     - Et alors je vois pas ce qu’il y a de drôle ?
 - T’as jamais été au réfectoire… quand tu sauras qu’on pisse dans le bac à plonge et qu’on met une double ration quand c’est le tour de la vaisselle des officiers.
     - Alors tu finis ton histoire pendant que j’en roule un autre.
     - Ok, mais t’a rien à boire ?
     - Oui, j’ai une bouteille de Miranda.
 Je bus une bonne gorgée tiédasse de ce qui ressemblait furieusement à du Fanta Orange.
     - Oui, donc… ah oui, faut te dire que c’est rare qu’on soit en civil. On est toujours en treillis avec nos armes, c’est la consigne. Même pour faire nos courses, alors quand tu vois trois mecs qui rentrent dans un magasin fusil en main… Tu t’écrases, l’autre avec son 9 mm qu’est ce que tu veux qu’il fasse, il s’écrase. Mzira qui parle Marocain commence à palabrer, l’autre comprend rien, c’est pas le même Arabe y parait. Je lui jette sa came et je dis not good ! Durant, qui parle mieux l’anglais qui rajoute : You make fun of us, you want to sell us shit ! Ca je l'ai bien retenu.


ouais !
j'ai lu le débat je trouve ça hyper bien !
libre, léger, élégant, stylé
pas du tout balai dans le cul
et pas non plus "faussement original et en fait complètement convenu"
te lire, ça donne envie d'être libre, et ça donne envie d'écrire, et d'écrire comme on sent !
et ça donne aussi envie de revenir lire la suite :--)
le "jouxte" fait un peu décalé dans tout ça (un peu balai dans le cul pour le coup)
la virgule à la fin du titre c'est exprès je suppose ? c'est  drôle et intrigant et intéressant et léger, j'aime bien!
merci pour ce texte ! :)
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 04 Juillet 2019 à 22:48:51
Merci pour les retours.

Tout d’abord, je tiens à préciser que je suis entièrement d’accord avec les critiques de Marcel Dorcel, que je trouve pertinentes et aucunement offensantes, je ne trouve pas non plus son ton hautain, car je n’ai jamais envisagé de faire de la littérature, j’en suis incapable.

Gwynplaine__ tes critiques et tes questions m’ont fait avancer, car elles aussi sont justifiées et très constructives.
Merci pour tes encouragements et la marque de sodas que j’avais oublié, comme tant d’autres choses d’ailleurs… Comme la fois où je me suis fait virer du Soudan. (Non, je ne suis pas un ancien barbouze.)  :P

Ashka, tu sais très bien que tes critiques, je les apprécie et que j’en tiens compte.
Que les : (" j’en ai marre de devoir justifier chacun de mes écrits, " )  tu sais bien que cette remarque ne t’était aucunement destinée. :bisou:

En réalité, j’aime que mes écrits soient dérangeants,  >:D c’est pour cela que je me moque d’avoir, ou de ne pas avoir des lecteurs, c’est pour cela que j’ai conservé l’histoire de la chaîne, tu vois de quoi je parle (j’ai demandé à des connaissances si cela était vraisemblable, la réponse a été oui.) :facepalm:

Meilhac, merci pour la critique et oui la virgule est volontaire pour la simple raison que je ne sais pas où mettre un point finale à cette triste histoire.
Pour l’instant, je la laisse en suspens, car j’ai peur de me laisser entraîner sur quelque chose de plus noir. J’aime la noirceur, mais où placer le curseur ?

Autant pour « Retour à Domina » cela ne me dérange pas, autant pour ce texte il en va tout autrement.

Qu’on me dise, c’est mal écrit, avec une ponctuation approximative et une orthographe à chier, d’accord.
Non ce qui me dérange, ce sont les remarques sur mon sexisme, sur ma pornographie libidineuse, sur le côté violence gratuite, comme quoi, ce n'est pas bien et tout et tout…
Bordel t’aimes pas, tu zappes et tu passes à autre chose, je ne prends personne en traître.
J’écris pour passer le temps, je revendique le mauvais genre et le droit d’écrire des horreurs sans que la police des mœurs débarque chez moi, NA !!!
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 06 Juillet 2019 à 20:24:32
Une petite suite c'est un brouillon.

_ Et merde j’ai plus de feu, t’en as ?

_ Oui tiens mon Zippo, il s’appelle revient.

_ Tu me prends pour un Juif ?

_ Sans les Israéliens il y a longtemps que les Druzes vous auraient mis la raclée, alors tu devrais la mettre en veilleuse.

_ Ho ça va ! C’est pas parce que MOOSSIEUX baise avec une Juive que…
Je ne pus pas entendre la fin de sa phrase, car le bruit assourdissant d’une rafale de PK résonna, avec pour résultat immédiat une pluie de ciment et un nuage de poussière.
Je sais pas qui est le con qui disait que quand on vous tire dessus, on n’a pas le temps d’entendre les balles… Mon cul !
Je comprenais maintenant pourquoi il y avait ici une telle épaisseur de sac de sable à cet étage.
Je ne sais pas pourquoi non plus dans de tels moments les pensées les plus incongrues vous viennent à l’éprit et présentement, je fixais des yeux mon verre de café rempli de graviers, je me disais, si ma mère savait où je suis, elle serait folle.
Encore heureux, j’ai fini de le boire. Les impacts continuaient leurs crépitements accompagnés de milliers d’éclats. Je pense que le terme arrosé était le plus approprié, celui d’en face nous arrosait consciencieusement, allant de droite à gauche, pulvérisant un peu plus une façade qui n’en demandait pas tant.
« J » me criai :
_ C’est bientôt fini, il a des K7 de 200, en plus ce con… il tire trop haut. Je l’ai logé, mais j’arrive pas à l’avoir. Alors la suite de ton histoire ?
Une fois de plus dans ma vie, je me sentis stupide, mais stupide… Je racontais un deal un peu musclé, mais sans plus, alors que « J » se faisait canarder quotidiennement et dégommait des gens avec application, c’était plutôt à lui de me raconter ses aventures.
– Bof rien on a réglé ça à l’amiable, il a compris, alors il nous a donné de la bonne avec une plaquette de 250 g en plus, histoire d’enterrer notre différent. Criais-je.
Comme un fait exprès le silence se fit.
C’était la première fois qu’on me tirait dessus, un dépucelage au gros calibre.
– Tu peux pas le dégommer au RPG ?
– Trop loin, il est à plus de 300 m.

_ Et avec ton SVD ?
_  Je sais pas, tu sais mon truc, c’est la rue, plus loin c’est pas évident.
_ C’est vrai ? Sans blague. La visée conforme, tu connais ? C’est souvent qu’il tire comme ça ?
_ C’est ma faute, j’ai oublié l’heure… Le matin, on est dans l’ombre, après midi le soleil tourne et ça éclaire jusqu’au fond de la pièce. On a eu de la chance. Viens, on change de pièce, il nous verra plus.
Heureusement, j’étais couvert de poussière de la tête aux pieds, aussi, je pense que « J » ne remarqua pas à quel point j’étais blanc.
En même temps que nous changions de pièce, il me dit.
_ Oui je m’entraîne en tirant sur des chiens dans la rue, tu croyais tout de même pas que j’avais descendu 12 mecs ?
_ Pov con ici plus rien ne m’étonne.
_ Non j’en ai flingué que 3. C’est quoi ta visée ?
_ En vrai, vu que t’a une lunette et une chouette c’est pas comme ça que je devrai dire mais plutôt ligne de visée.
_ Oui t’es toujours aussi chiant, déjà à Toulouse…
_ Oui ça va, je sais ce que tu vas dire.
_ Non j’crois pas, j’ai été surpris quand je t’ai vu au check point de « Nahr Ibrahim » surtout que t’étais un baba antimilitariste fumeur de joints.
_  Je l’suis toujours, disons que maintenant, je sais pourquoi je l’suis.
_ Comment tu t’es retrouvé ici ?
_ Bof, tu sais, j’ai pas pu me faire réformer et je sais pas comment je me suis débrouillé… Bref, j’me suis retrouvé en régiment, semi-disciplinaire, compagnie de combat et tout le tintouin. En fait semi-disciplinaire ça veut rien dire, ce sont des bobards qu’on raconte aux bleues bites. J’aurai pu faire mon trou dans un bureau. Mais j’suis con et puis à chaque fois que je rentrais de perme, je passais devant chez mon ex-copine. Tu sais Cosette, alors ça, je pouvais plus. Alors quand ils ont dit, il y a des places pour le Liban ça a fait clic. C’est qu’ils sont bons pour te vendre d’la merde. Bref 6 mois de classes plus tard papapam… me voilà.
Au fait, je te remercie pour le cric. (Là il faut que j’explique pour les lecteurs, j’étais en mission avec un ami, Ress rasta de son état dans le civil, mission de chaises, ça ne s’invente pas, je conduisais un 6X6 bourré à ras bord de chaises pliantes, direction un bataillon étranger de la FINUL au-delà de Nahr Ibrahim, il faut dire aussi qu’on avait démarré vers les cinq du mat qu’il était maintenant plus de 11h et que depuis tout ce temps on fumait des joints, elle est belle l’armée française. Les voitures qu’on croisait n’arrêtaient pas de nous faire des appels de phares, nous, on croyait qu’ils nous faisaient un coucou, mais non, j’avais un cul de bouteille planté dans le pneu avant gauche, je m’étais rendu compte de rien.)   
[Bon j’arrête là c’est trop de la daube.]
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: FVarga le 15 Juillet 2019 à 14:22:17
j'aime bien ce genre de texte qui suinte l’authentique, truffé de détails à priori pas utiles mais qui renforcent l'effet de réalité. On ne voit pas trop ou l'auteur veut en venir, mais  il faut prendre ce texte comme un tableau, la capture d'un instant, d'une atmosphère.
les dialogues sonnent terriblement justes et l'ensemble pourrait bien sur etre amélioré apres une première relecture mais au risque d'affadir l'ensemble.
Rares sont ceux qui ont vécu quelque guerre que ce soit et qui sont capables d'en parler avec justesse. Le Liban et la Finul constituaient cette montagne d'ineptie du temps de la conscription. Il ne se passait pas grand chose, mais ça pouvait valser à tout moment. Personne n'avait vu venir l'atentat du Drakar et les soldats tapaient le carton, picolaient et fumaient leur clope comme à l'accoutumée, jusqu'à ce que cela pete.
Ce texte suinte l'absurde et la peur; ces moments ou l'ordre du monde prend un ordonnancement qui lui est propre, incompréhensible aux yeux de ceux qui n'y étaient pas. C'est peut etre pour cela qu'il est si difficile d'en revenir.

Titre: Re : Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Dieter le 15 Juillet 2019 à 15:05:58
incompréhensible aux yeux de ceux qui n'y étaient pas.
Tellement incompréhensible d'ailleurs que je m'effraie aujourd'hui avec le recul d'avoir rêvé d'être acteur de ce désastre. En tant que sous-officier de carrière dans les années 90, comme nombre de mes camarades, j'espérais avoir un jour la chance de connaître le feu : tout le monde se battait pour avoir "l'honneur" d'être choisi pour participer l'opération Daguet. Quelle connerie ! J'étais bien calmé au retour...
Mais bon, je vais arrêter là le trollage de texte.
"Et lui il rêve de toi, Marie-Marianne..." - JPM
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 17 Juillet 2019 à 14:07:29

 Ben oui, je connais la chanson Beyrouth, ;)  mais je trouve son orchestration à chier.
Perso, je préfère « Opium » de Charlys et Guy d'Abzac. (les paras ont parfois un humour décalé.) :coeur:
Je voulais t’envoyer une longue bafouille dans ta boite à dialogue, mais elle est toujours pleine.  :/
En fin de compte, c’était peut-être un signe.       
Titre: Re : Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Dieter le 17 Juillet 2019 à 14:20:14
Je voulais t’envoyer une longue bafouille dans ta boite à dialogue, mais elle est toujours pleine.  :/
Il faudra que j'y fasse le ménage, mais elle est pleine de pense-bête de choses en cours, alors forcément ça s'accumule...

Citer
je connais la chanson Beyrouth, ;)  mais je trouve son orchestration à chier.
Perso, je préfère « Opium » de Charlys et Guy d'Abzac. (les paras ont parfois un humour décalé.) :coeur:
Les brulôts de Jean Pax sont déjà assez polémiques comme ça, je ne crois pas qu'il soit bien indiqué de soulever le thème des chants militaires d'origine "douteuse", tels qu'Opium ou encore tous les anciens chants nazis. Cela pourrait par contre peut-être faire l'objet d'un paragraphe dans un texte comme le tien si tu le poursuis.
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 17 Juillet 2019 à 14:31:57
FVarga,
Ce que tu dis est vrai sauf pour le Drakkar je me souviens avoir parlé avec plusieurs de l’interposition, quand je les ai quitté, j’avais la méchante impression d’être dans un passage de Dune, quand le duc Leto occupe son nouveau fief d'Arrakis et que son palais est truffé de pièges.
Il ne faut pas oublier que le Drakkar était le siège des syriens.
Titre: Re : Re : Beyrouth 1983,
Posté par: FVarga le 17 Juillet 2019 à 15:24:44
FVarga,
Ce que tu dis est vrai sauf pour le Drakkar je me souviens avoir parlé avec plusieurs de l’interposition, quand je les ai quitté, j’avais la méchante impression d’être dans un passage de Dune, quand le duc Leto occupe son nouveau fief d'Arrakis et que son palais est truffé de pièges.
Il ne faut pas oublier que le Drakkar était le siège des syriens.

je n'ai pas connu le liban, mais la yougoslavie ca valait le coup question parano et stupidité. Je ne me suis jamais senti autant en danger que dans les moments de calme où les gradés faisaient semblant de nous faire croire en se mentant d'abord à eux memes que tout était sous controle.
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 17 Juillet 2019 à 16:49:12
Si ça continue, on va faire un club avec Dieter et toi, encore un et on sera "les trois mousquetaires".
Pour moi la FINUL, c’était des vacances ennuyeuses, une seule fois, j’ai eu une montée d’adrénaline et elle était injustifiée.
Bordel je pensais que l’ONU était là pour faire le ménage, tout ce que j’ai vu c’est du trafic en tout genre.
Je déteste être un spectateur impuissant, alors mes vraies bêtises, c’était en civil durant mes permes avec une milice et des copains Israéliens, mais là, on rentre dans du politiquement incorrecte.
C'est aussi pour cela que je me tâte pour écrire une suite.
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 17 Juillet 2019 à 16:54:06
Oui, mais bon, tout cela est une œuvre de pure fiction.
Toutes personnes pouvant se reconnaître ne serait que le produit d'un hasard fortuit indépendant de la volonté de l'auteur. :P
Titre: Re : Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Dieter le 17 Juillet 2019 à 18:51:09
mes vraies bêtises, c’était en civil durant mes permes avec une milice et des copains Israéliens, mais là, on rentre dans du politiquement incorrecte.
Il y a une quinzaine de jours, avec un ancien du 13e RDP, j'ai été invité chez une connaissance à lui. Un ancien officier du 2e REI, aujourd'hui Col. de réserve de gendarmerie. Ce dernier avait appris que je disposais de matériel pour décaper le métal et m'a demandé si je pouvais m'occuper de certains de ses "jouets". On s'est d'ailleurs amusés avec en fin de repas (et je vous laisse imaginer ce que peut être un repas avec un ancien du 13 et un ancien de Calvi...). L'avantage d'être en pleine montagne  :-¬?
Il n'y a donc pas que les soldats "de base" qui font des bêtises dans le civil   ;D
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 17 Juillet 2019 à 20:55:33

Perso même sous la torture, :aah:  je déclare que je ne possède aucune arme, hormis un arc, un lance-pierre et un P4 qui entre de mauvaises mains peut être dangereux tant pour celui qui est au volant que pour celui qui serait malencontreusement couché sous ses roues. :facepalm:
Par ailleurs, je suis doux comme un agneau  :bisou: et surtout, j’ai coupé court à toute relation avec toute personne qui connaîtrait mon passé entre 1982 et 1984.
J’ai d’ailleurs fait un tri drastique sur toutes photos, pouvant être mal interprétés. >:D
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Dieter le 17 Juillet 2019 à 21:30:45
J'ai eu un P08 parabellum dans ma période con, mais on me l'a piqué dans ma bagnole. J'ai un lance-pierre pour la pèche, et je me suis essayé à la fronde pour la chasse (plus puissant que le lance-pierre, mais pas génial concernant la précision à longue distance, ou alors il faut des années d'entraînement). Il ne me reste plus que deux gazeuses, et quelques couteaux de chasse ou de combat.
Concernant les véhicules, le P4 ne m'a jamais séduit (surtout après avoir eu la chance d'essayer un Hummer de l'armée américaine). Par contre j'adorerais pouvoir me payer un Marmon et avec beaucoup de chance un Unimog. Faut bien rêver...
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 17 Juillet 2019 à 22:23:29
Le Marmon, je connais les nôtres marchaient à l’essence et la direction était une de ces merdes. Le P4 j’aime bien, c’est rustique mais fiable, je ne crois pas en avoir conduit au Liban par contre la Hotchkiss j’ai beaucoup aimé. Pour le Hummer, je suis trop vieux.
Par contre en 83 j’ai eu la chance de faire un tour en Merkava et je ne pense pas que beaucoup de soldats français puissent en dire autant, à l’époque j’avais un reflex Zénit TTL avec un objectif bricolé qui me permettait de connaitre les distances (je me comprends.) bref j’avais promis de le poser sur la jupe avant de l’engin ce que j’ai fait. Cette bestiole a un nez bien incliné, alors quand ils ont mis en marche l’engin, mon beau Zénit tout neuf ou presque... vlan par terre Merkava 1 Zénit 0.
Je bavarde, mais toi, tu dois en avoir plein d’anecdotes à raconter ?
Titre: Re : Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Dieter le 17 Juillet 2019 à 23:12:29
Par contre en 83 j’ai eu la chance de faire un tour en Merkava et je ne pense pas que beaucoup de soldats français puissent en dire autant
M1 Abrams pour moi. Je mettrai la photo demain  :)
Des anecdotes, j'en ai, mais je ne suis pas certain qu'on me croirait, tellement j'ai assisté à des conneries qui auraient envoyé au tribunal ou au minimum fait virer avec perte et fracas n'importe quel civil. D'ailleurs, alors que j'en parlais une fois lors d'une réunion d'encadrement, un capitaine m'a demandé de la fermer : je "portais atteinte au moral de l'armée..."
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 18 Juillet 2019 à 00:33:23
Bon ça va alors, je ne suis pas le seul.
Putain ce texte c’est comme un chewing-gum collé à ma chaussure.
J’essaye de ne pas en dire trop, mais après 36 ans de silence, il a fallu que je tombe sur ce forum qui flatte un peu trop ma vanité.
Et puis c’est jamais qu’une fiction.
Titre: Re : Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Dieter le 18 Juillet 2019 à 12:46:25
Et puis c’est jamais qu’une fiction.
Je me suis souvent demandé ce qui pourrait arriver si un jour certains d'entre nous racontaient certaines choses, même après toutes ces années.
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: Post scriptum le 22 Juillet 2019 à 10:57:24
Beyrouth c'est un bon sujet que l'un de mes proches a vécut personnellement. Il a de bons souvenirs au Liban et des anecdotes sympathiques. Une fois il était parti faire une patrouille avec un israélien et pour l'arrêter l'israélien avait tiré une rafale de Galil dans la P4. Il avait failli le tuer mais quand il est sorti il lui a fait comprendre de jamais recommencer. En tout cas un texte que je trouve vraiment proche de la réalité et bien écrit, continue comme ça.
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: vertheliotrope le 22 Juillet 2019 à 21:07:30
Bonsoir Beyrouth,

J'ai apprécié lire vos deux textes. Et j'attends la suite...
J'ai noté au cours de ma lecture :
Citer
d'où dépassent des fers à béton qui pointent leurs doigts rouillés vers un danger qui vient d'en face.

Les fers, ce sont des tirants metalliques.? Ce pourrait être un terme qui colle bien à la phrase ?

Lors de l'échange de pétard, je pense qu'il faut enlever les
Citer
pff
Le texte est assez précis et suggére que les personnages fument le pétard.

J'aime beaucoup le passage où le personnage pense à boire son café et parle de ce que pourrait penser sa mère. Cela me semble essentiel, authentique et cette dérision est très puissante.

Citer
Il faut que j'explique au lecteur
C'est assez sympa d'avoir l'introduction du narrateur. Cela le rapproche du lecteur.

Citer
Elle est belle l'armée française !
Je pense que cette phrase implique qu'il faudrait entreprendre une longue explication géo politique.... C'est dommage car le ton du texte ne semble pas être dans cette logique.
Merci et au plaisir de vous lire...
Verthéliotrope


Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 22 Juillet 2019 à 21:48:22
Merci Vertheliotrope et Post scriptum pour votre lecture ainsi que pour vos remarques, les Pff je les gardes pour Yvan, la suite dort dans un coin mais je dois faire quelques modifs pour Dieter.
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 23 Juillet 2019 à 13:41:34
Une suite, mais j'y vais à reculons...

(Là, il faut que j’explique pour les lecteurs), j’étais en mission avec un ami Ress, rasta de son état dans le civil.
Mission de chaises ça ne s’invente pas, je conduisais un 6X6 bourré à ras bord de chaises pliantes, direction un bataillon étranger de la FINUL au-delà de Nahr Ibrahim, il faut dire aussi qu’on avait démarré vers les cinq du mat qu’il était maintenant plus de 11 h et que depuis tout ce temps, on fumait des joints en écoutant Bob Marley sur nos walkmans.
Elle est belle l’armée française.
Depuis un moment, les voitures qu’on croisait n’arrêtaient pas de nous faire des appels de phares, nous, on croyait qu’ils nous faisaient un coucou.
Mais non, j’avais un cul de bouteille planté dans le pneu avant gauche. Je m’étais rendu compte de rien.
L’escorte qu’on avait, s’était tirée pour aller becter chez les Irlandais où la bouffe était meilleur et où surement il ne devait pas y avoir de pipi dans l’eau de vaisselle.
On avait eu un contact radio au trpp11, en gros, ils nous disaient démerdez vous.
Qui voudrait une cargaison de chaise ?
On avait une roue de secours, mais pas de cric.
Le trpp11 passait plus.
Un soleil de plomb, pas d’ombre et nous, on se marrait assis par terre à l’ombre du camion.
_ Yé man, qu’est-ce qu’on fout maintenant ?
_ J’me frai bien une petite bière.
_ Yé man, c’est toujours toi qu’a les idées.
_ Oui, mais là j’ai comme un coup de mou. Bon, tu restes ici, t’es plus balaise que moi, alors tu commences à déboulonner la roue. Moi, je prends la radio et je m’avance pour chercher de l’aide. Avec de la chance… Et puis on est en territoire Maronite, c’est tranquille il parait. Tout ce que je risque... c’est qu’on se fout de moi. Ici, tout le monde nous prend pour des touristes.

Je vérifie mon équipement, frag-jacket, brelaches, mon SIG avec quatre chargeurs, deux scotchés ensembles dont un engagé, sélecteur de feu sur semi-automatique, autour du cou le trpp11 qui chouine et roule ma poule direction l’inconnu et au-delà en espérant que ce ne soit pas l’au-delà, mais il faudrait vraiment une putain de poisse.

Le casque du walkman sur les oreilles, une K7 de Lavilliers qui tourne en boucle :
« On meurt parfois pour un rien
Une mygale ou un chagrin
Un scorpion, un américain
Elle travaillait dans un hôtel
Restaurant essence et bordel
Mode de Paris Winchester »

Un kilomètre plus loin, je faisais une énième tentative avec le walkie-talkie toujours sans succès hormis ce « pffffff » bien chiant qui tape sur les nerfs.
En plus, les piles commençaient à être nazes, du matos français pur jus, bref de la merde.
Après un énième virage, je vois un pont et un check-point.

Je sens que ça va être le bordel et les emmerdes comme d’hab.
Quand je pense que si j’avais été réformé, à l’heure qu’il est, je serai à Québec.
Putain, ils ont bousillé ma vie ces cons et maintenant, j’suis là, marchant droit sur une bande de plus crétins que moi mais surement plus dangereux qu’une bande de Tahitiens ivres morts…
Je retire mon casque lourd et mes écouteurs que je fixe à la ceinture. Je me coiffe de mon béret bleu, malgré la chaleur j’agrafe mon frag jacket qui doit dater des années 60 et qui à défaut d’arrêter les balles peut, peut être amortir les cailloux, c’est une bien maigre protection, mais ça fait sérieux et on devine moins mon côté gringalet.
Putain dans quelle merde je suis. J’aurai dû rester avec Ress. Cette putain de bordel de merde d’escorte ferait bien demi-tour un de ces quatre. Je les hais tous ces cons galonnés, tout ce qu’ils voient, ce sont les primes, leurs putains de treillis retaillés à la mode para et les médailles avec l’agrafe Liban.

En face, je sais qu’on m’observe à la jumelle. Pour me donner une certaine contenance, je continue de siffloter Fortaleza. En tout cas, je filerai pas mon arme, je ferai pas comme ces lopettes de Hollandais.
Quand je suis à portée de voix, j’entends un grand rire, moi méfiant, je prends mon arme à deux mains.
_ Et con ! T’es bien loin de Toulouse connard !
Cette voix, je la reconnais, c’est « J » qui était étudiant en archi.
_ Et toi sale bâtard de mes couilles ! T’as raté tes partiels ?
Bon, la suite est sans intérêt « J » et ses copains nous ont aidés pour changer notre roue. J’en ai été quitte pour leur filer une demi-douzaine de chaises, comme cela, ils surveilleraient leur pont, assis les pieds sur un bidon rempli de glace et de bières Israéliennes. De la Maccabee, je sais, je sais ça aussi ça ne s’invente pas.
             
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: vertheliotrope le 23 Juillet 2019 à 21:09:40
Bonsoir Sergent,

Je lis la suite. J'ai le sentiment que tu l'as écrit plus rapidement. J'ai le sentiment que tu voulais en finir rapidement avec cette partie. C'est dommage je crois.
Je ne sais pas si c'est voulu tes interventions et tes jugements sur la qualité de l'action.
Citer
Bon, la suite est sans intérêt « J » et ses copains nous ont aidés pour changer notre roue.
Si c'est sans intéret, une phrase de conclusion suffirait je crois.

[/quote]plus dangereux qu'une bande de Thaitiens ivres morts
Citer

Et bien, il va falloir raconter en quoi une bande de Thaîtiens ivres mort sont dangereux non?

J'ai moins accroché pour cette partie. Je pense parce qu'il y a une autre action qui succède à la précédente et qu'il n'y a pas de lien entre les deux.

Au plaisir de te lire.

Verthéliotrope.
Titre: Re : Beyrouth 1983,
Posté par: sergent le 24 Juillet 2019 à 01:28:59
Damned, il va falloir que je m’habitue aux remarques pertinentes de ce forum. _/-o_
Oui, c’est vrai, c’est bâclé.  :vaurien:
Je ne voulais pas m’étendre sur une action secondaire du récit, c’est juste pour situer « J » et l’histoire du cric qui fut plus tard sujet à de trés mauvais jeux de mots   :facepalm:  et montrer l’amateurisme de la FINUL, ainsi que la décrépitude d’un matériel désuet.

Pour les Tahitiens, il faut en avoir côtoyé pour comprendre.
Une anecdote véridique parmi tant d’autres.
À mon retour de permission, la dernière en France avant notre voyage pour le Liban.
Une partie des Corses et des Tahitiens ont dû être écartés, motifs : ils s’étaient battu à la baïonnette, avec pour résultat plusieurs soldats aux urgences et du sang jusque sur les plafonds des chambrées.
En résumé, côtoyer des Tahitiens ivres, c’est comme jouer avec une grenade dégoupillée. Et le problème, c’est qu’ils étaient souvent ivres.

Quant aux Corses, ils ont profité du Liban pour revenir avec des kilos d’explosifs et de détonateurs planqués dans les boombox et autre ghetto-blaster à K7 en vogues dans les années 80.  :ninja:
Je sais ce que j’écris n’est pas politiquement correct, mais c’est la vérité. :chut: