Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Dot Quote le 12 Avril 2019 à 14:00:53
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ICARESSE
M'essaim de guêpent les piqûres altéristes...
Le canard colvert et la canne adhère...
Le cygne et le paon parradent du bec...
L'aigle en haut dans son aire...
Un petit air frais et sec !
Rien n'est dit derrière ces sexes !
ICARESSE
M'a vu le vélo qui coule et ch'arpente...
La frégate mâle hésite sang...
Le tétras blanc...
Quand à celui du paradis bleu...
Des oiseaux zélés planant nuage !
Les rois d'hommes mêlés d'anges en pages !
ICARESSE
M'effet se rebondit que t'as tort...
Le pigeon aussi, lui fait la cour...
Elle aussi, d'effroi court...
On est pas montés équidés
On est aviaires, pas moins que mammifères !
En réfèrent nos parades à viol prolifères !
ICARESSE
C'est pas le rêve de l'homme de voler !
Il lui a encore volé à elle, eve n'avait pas croqué !
Mais le romantisme des aves convient-il réellement à toutes nos ailes...?
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Salut Dot :)
Je me risque à commenter un peu de poésie aujourd'hui. Je ne suis vraiment pas une spécialiste alors il ne faudra pas accorder trop d'importance à mon opinion.
J'ai beaucoup aimé le début, tout ce passage-là :
M'essaim de guêpent les piqûres altéristes...
Le canard colvert et la canne adhère...
Le cygne et le paon parradent du bec...
L'aigle en haut dans son aire...
Un petit air frais et sec !
Rien n'est dit derrière ces sexes !
Très aérien, de belles sonorités, et puis la canne adhère ^^. Très chouette.
M'a vu le vélo qui coule et ch'arpente...
La frégate mâle hésite sang...
Le tétras blanc...
Quand à celui du paradis bleu...
Ici tu m'as un peu perdue. Le vélo et la frégate ont voulu me ramener sur terre alors que j'étais en train de prendre de l'altitude, ça m'a déstabilisée dans mon vol.
ICARESSE
M'effet se rebondit que t'as tort...
Le pigeon aussi, lui fait la cour...
Elle aussi, d'effroi court...
On est pas montés équidés
J'ai senti un virage un peu violent, comme une ombre planant au dessus de la lectrice que je suis.
En réfèrent nos parades à viol prolifères !
Ici je ne comprends pas le propos et je suis pas fan des sonorités.
ICARESSE
C'est pas le rêve de l'homme de voler !
Il lui a encore volé à elle, eve n'avait pas croqué !
Mais le romantisme des aves convient-il réellement à toutes nos ailes...?
J'aime bien ce passage, même si comme pour tout le reste, j'ai du mal à mettre des mots sur le pourquoi. J'aime les sonorités et ce que je reçois du propos, même si ce n'est pas ce que le propos envoie.
En dehors du passage qui m'a déstabilisée dans mon envol et de celui qui m'a purement échappé, j'ai passé un bon moment. J'en ressors avec des petits insectes colorés qui volettent dans ma tête :) Merci pour le partage.
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Hello Dot Quote !
J'aime beaucoup ! Notamment tous les jeux de langage et néologismes, qui créent un poème tout en double-sens ciselés ; entre l'humain et l'oiseau, la pureté du vol et le côté terre-à-terre de la parade nuptiale. Le contraste entre le niveau de langue soutenu et l'irrévérence relative due au mélange des registres (entre le côté romantique des oiseaux en vol et les avions ou vélo, la noblesse supposée des aigles et les parties du corps féminin) met le lecteur dans une position inconfortable au début, mais créé tout le sens et l'invite à s'attarder sur la réalité de ce qu'il lit. J'y lis quelque chose de mi-ludique mi-ironique, et plutôt très féministe (ou bien c'est ma sur-interprétation due à mes biais personnels ^^), et j'ai pris plaisir à le relire pour y détecter de nouveaux jeux de mots et de sens. "Icaresse", quelle belle idée de réécriture du mythe :D !
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Salut Chouc :)
T'en fais pas moi non plus j'y connais rien en poésie en vrai, ce qu'il faut c'est vivre un truc relâché ! L'art sert entre autres à se détendre, je suis sûr !
Fay, je suis ravi que ton analyse fasse écho à beaucoup de mes intentions créatrices, d'autant que tu as l'air de lire attentivement ce qui te parle. Je ne peux pas affirmer que je suis féministe, parce que ce serait ne pas souligner la part honnête de l'homme que je suis, qui cependant n'est pas contre son éternel partenaire, bien au contraire... comment qualifie-t-on un discours qui valorise non pas un sexe, mais les sexes en globalité, donc le sexe en général ? Me vient spontanément 'sexiste', littéralement 'qui considère le sexe', mais c'est déjà pris... mince.
Sinon effectivement puisque c'est tout le propos : la métaphysique de la binarité de nos génitalohédonosociolités, ou autrement dit... je partais instinctivement sur des conceptions personnelles ou pas, et en tissais une réflexion qui remet en cause l'état actuel visiblement problématique de nos états sentimentalocharnels, en réfère aux mouvements multiples concernant la thématique, de par le monde d'aujourd'hui...
Je crois donc faire état non pas d'un jugement de valeur concernant les hommes ou les femmes, mais, au delà de l'imagerie, d'un réajustement à conceptualiser. Partant du principe que les préjugés de notre époque sont dépassés, concernant une condition des sexes en évolution, je me propose de revenir à des éléments de nos rapports afin d'en tirer des directions ou des repères personnels.
Merci de votre passage !