Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: BettYY le 04 Avril 2019 à 22:19:30
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Les socles des pots d'acier claquent contre le bois. Ça gicle un peu. Du rouge, du bleu. Un peu de jaune aussi, et du noir. Et du blanc. De petites traces, de petites tâches, qui papillonnent sur le sol comme des confettis ou des feux d'artifices, figés. Pourtant ici, rien n'est gai. On ne fête rien. On repeint. Un mur, une toile, on sait plus trop. Trop de couleurs. De mélanges. D'abord les pinceaux en brosses droites, mais le temps s'allonge, alors des balais. Ça fait aussi bien l'affaire, le beau est subjectif : si on n'aime pas, quelqu'un d'autre aimera. La chaleur monte, c'est qu'on est à l'étage, alors on retire les hauts, on remonte les bas. Parfois, les peaux se frôlent, et se colorent. Puis des éclats de voix. Trop de bleu, ça fait garçon, trop de rose, ça fait fille, trop de vert, trop de jaune, trop, trop. Un seau vole. Fracas. Vide au sol. Du rouge macule le mur. Ou la toile, on sait plus trop. Trop de rouge, ça fait sanglant. Ça fait vivant. Ça coule, opaque et visqueux, jusque sur le parquet. Heureusement, il y a une bâche. Pourquoi t'as fait ça, t'aimes pas le rouge, si mais pas comme ça, pourquoi pas comme ça, je sais pas, ça te fait peur, pourquoi, parce que c'est toi.
Ses doigts effleurent son torse, se posent sur sa peau, y laissent une marque, un étrange sceau, rouge, et de sa bouche, s'écoulent des mots. J'ai mis la main sur ton cœur. Taché.
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Texte tout a fait savoureux et visuel..merci
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Coucou Manu
Je vais essayer de corriger ça, je n'ai rien en tête pour l'instant mais je vais creuser.
Contente que ça t'ait plu !
Merci à toi pour ton retour.
Coucou Xaba,
Merci à toi d'avoir laissé un petit mot !
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Salut !
Les socles des pots d'acier cognent contre le sol. Ça gicle un peu. Du rouge, du bleu. Un peu de jaune aussi, et du noir. Et du blanc. De petites traces, de petites tâches, qui papillonnent sur le sol comme des confettis ou des feux d'artifices, figés.
répétition de sol, peut-être "par terre ?
hop, tout lu !
J'ai beaucoup aimé ! Quelque chose avec le mouvement, le rythme, la poésie, m'a emportée. Côté style, je pense que c'est très maîtrisé ce qui permet ce rythme et cette poésie que je viens d'évoquer, avec une fluidité et une légèreté très agréables.
Sur le fond, j'ai pas l'impression d'avoir capté le tableau en plein, il manque trop d'info, mais je repars avec un tas de sensations et d'images et ça me paraît tout à fait suffisant pour ce format un peu tableau en prose poétique.
bref, une belle réussite à mon sens :coeur:
merci pour ce chouette texte et au plaisir !
Milla
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Coucou !
Les socles des pots d'acier cognent contre le sol.
Hum…. il me semble qu'on cogne quelque chose (contre quelque chose d'autre), ou qu'on se cogne contre. Je crois que j'écrirais "se cognent" contre le sol, ici… ou "frappent le sol".
De petites traces, de petites tâches, qui papillonnent sur le sol comme des confettis ou des feux d'artifices, figés.
pour moi dans "papillonner" (et indirectement, dans "confettis" et "feux d'artifice"), y a une idée de mouvement. Un "feu d'artifice figé", j'aime bien l'antithèse, après sur "papillonner" je suis pas convaincu.
Pourtant ici, rien n'est gai. On ne fête rien. On repeint. Un mur, une toile, on sait plus trop.
"On ne fête rien" puis "on sait plus trop": le fait qu'il y ait une fois une négation, et pas l'autre, m'a un peu fait tiquer… après, "on sait plus trop" revient plus tard, et comme le texte se rapproche ensuite de l'oralité et intègre même des pensées/dialogues, je crois que j'aime bien "on sait plus trop"... du coup je sais pas trop quoi conseiller. J'aurais tendance à dire "on fête rien", mais du coup il y a aussi "rien n'est gai", et là c'est plus délicat d'enlever la négation.
Ça fait aussi bien l'affaire, le beau est subjectif : si on n'aime pas, quelqu'un d'autre aimera. La chaleur monte, c'est qu'on est à l'étage, alors on retire les hauts, on remonte les bas. Parfois, les peaux se frôlent, et se colorent. Puis des éclats de voix. Trop de bleu, ça fait garçon, trop de rose, ça fait fille, trop de vert, trop de jaune, trop, trop. Un seau vole. Fracas. Vide au sol. Du rouge macule le mur. Ou la toile, on sait plus trop. Trop de rouge, ça fait sanglant. Ça fait vivant. Ça coule, opaque et visqueux, jusque sur le parquet.
j'aime beaucoup l'enchaînement ici
Ses doigts effleurent son torse, se posent sur sa peau, y laissent une marque, un étrange sceau, rouge, et de sa bouche, s'écoulent des mots. J'ai mis la main sur ton cœur. Taché.
J'aime bien la fin, et je me dis qu'avec un retour à la ligne, ce serait peut-être encore plus percutant ?
Au global, j'ai beaucoup aimé le côté évocateur du texte, et le rythme. C'est court mais ça se suffit à soi-même, parce que le contexte reste flou tout en laissant plusieurs interprétations possibles.
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Coucou Milla !
Je n'avais pas vu cette répétition des "sol" ... je vais modifier ça, merci !
Oui c'est un tableau très flou haha, une sorte de "vision" que j'ai eue comme ça et que j'ai voulu transcrire. Et merci pour tous ces compliments olalah :-[
Au plaisir !
Coucou Chapart !
Effectivement, l'emploi de "cogner" ne va pas, je vais changer... merci !
Pour "papillonner" j'avais l'image des confettis qui tourbillonnent dans l'air quand ils tombent, comme des papillons... je vais essayer de voir si je trouve autre chose.
Pourtant ici, rien n'est gai. On ne fête rien. On repeint. Un mur, une toile, on sait plus trop.
J'ai voulu faire pressentir cette omission de la négation avec "on repeint", et j'avoue qu'au début c'était "on ne sait plus trop"... mais justement la négation m'a gênée car ne pas savoir si c'est un mur ou une toile, ce n'est pas négatif en soi, donc j'ai voulu adoucir. (et il y a bien un côté oral, pour induire une focalisation interne)
Je n'avais pas pensé à ce retour à la ligne mais j'aime l'idée !
Merci pour ces conseils !!