l' é c r i v a i n
qui voulait en vain
devenir romancier
Et merde.
Pas moyen, n'est-ce pas ? Vraiment, j'aurais essayé. Quelques mois-années à me tester, à tenter vainement de créer un roman qui soit lisible dans les codes reconnus des catégories le rassemblant. La langue spécifique, je ne la maîtrise pas, ou totalement trop pas convenablement, ni la scénaristique ; l'incarnation des personnages aurait quelques espoirs, mais même leurs décors sont fades et gris, presque trop effacés d'inexistence ; structurellement, je ne conscientise que des modulations désorganisées de syntaxes approximatives, de systèmes de mise en page boitillant et indiscernables de toute volonté à appliquer une technique autre que ce qu'un formulat un peu simple qualifierait de minime. Je ne suis même pas appliqué à faire ce que j'aime faire...
Or donc.
Comme il est d'usage, mais encore plus ici, je me lance dans l'autoexégèse d'un texte, mais de plus que ceci également : l'écrivain qui voulait devenir romancier, c'est surtout l'histoire d'un personnage : le personnage écrivain, créé par l'écrivain personnage de la fiction de sa propre histoire hallucinée. On appelle ça du blogging, dans certaines sphères, je crois... dans d'autres on dirait que je raconte ma vie, ici par écrit comme on peut le faire entre amis à l'oral, ou à son psy quand on a pas le moral ; certains croiraient en une vantardise un peu exagérée, surtout dans mon ambition au rien et au néant qui, je l'admets, se révèle bien plus admirable et ascentionnelle que ce qu'on voudrait reconnaitre de prime abord. Mais passons, puisque Frispreur et Silvanions est passé.
Passons, oui.
Car si le livre est dorénavant imprimé, en format environnant les surfaces normalement éditées, il n'en est pas plus un roman. Déjà, c'est pas vraiment une histoire je crois, mais c'est romancé, comme on dit... hein ? Non, on va pas commencer à jouer sur les mots : l'écrivain personnage ne... ah si c'est son travail. Et le personnage écrivain ? Il doit jouer. Jouer son rôle ? Jouer avec les mots ? Et si subsistent uniquement le personnage et l'écrivain, alors qui se permet l'action de postage bloggant une ineptie personnelle quoique linguistiquement... déliropathe ?
Il s'agirait en fait...
D'un exercice conceptuel associé à une littérature en tant que strict manipulation des outils d'écriture ; de mon point de vue. J'assemble des mots, je cherche et je trouve, quoi qu'y puisse s'y trouver... je m'intéresse non pas au sens littéral du produit fini, c'est peut-être là que certains se fourvoieraient, quoique pas tant non plus. Mais... oh, un conflit de la raison : à l'heure de mon solipsisme exhibitionniste, une littérature de l'écrit se distinguerait-elle d'une littérature du lu ?
Bon...
Admettons un instant que lire et écrire ne soit pas la même chose, ce qui paraitrait incongru si on le formulait ici, mais qui m'apparait lucidement beaucoup plus clair maintenant que je l'ai posé. Admettons, et concluons, sans procédure de jugement, ce qui suit : j'écris pour me lire, y'a rien d'autre. Je veux ma littérature à moi, solipsiste exhibitionniste...
Conflit de la raison :
Pourquoi m'exhiber alors ? Eh ! Oui, je pourrais me poser la question en formulant que si j'écris pour me lire, alors pourquoi blogger à la planète entière que je web en webant. Eh bien, j'ai ma petite réponse personnelle on s'en douterait puisque je ne fais rien sans raison mis à part l'irraison, et de fait, je n'en formuerai pas une seule incidence de plus.
Ensuite, et pour le plus important :
Je crois, que j'ai juste articulé une phrase bidon, et j'invente le plus important alors, suivant la direction du panneau indicateur. Le plus important, était je crois me souvenir, une histoire de personnage écrivain et d'écrivain personnage, qui se demandait qui était 'moi', et à la fin affirmant d'un tranchant couperet : "l'écrivain qui voulait en vain devenir romancier, c'est le roman sa vie."
Et puis il s'en va.
Il ne revient pas d'ailleurs, parce que jamais on ne revient d'ailleurs, ce lieu proche de nulle part, où je ténèbre ici comme dans la postface d'un roman de plank.
Les échelles.
heu tout ça pour... OO
? c'est presque de la poésie
mais y'a ce propos de là
alors bin c't'une...
suite ?
Marc & les jours
#mots #délirium #métier de pro #emploi
Je n'aimais plus les jeux de mots.
Il me fallait un travail de mot.
Alors j'ai cherché, sur google. Je lui ai demandé. Inspiré. Par je ne sais quelle ambition je me motivai, et auprès de la référence à l'onisep, je m'invitais pour une recherche thématique fictionnellement fictive. J'étais un peu bênet avec l'internet, alors j'ai demandé au clavier. Bonjour onisep, pourrais-tu me dire c'est quoi le métier des mots. Alors là il m'a sorti un quatre-cent-quatre, c'est-à-dire me dira-t-on plus tard, une erreur de location. Ouais.
Il a pas trouvé, quoi.
Là-dessus je m'imagine une dame dans un bureau de l'anpe, le pôle emploi, l'afpa, celle qui t'explique comment te renseigner quand t'es perdu. Moi je suis perdu, et alors j'attends pendant que la petite horloge de sablier de mon windows 98 se met en rotation. J'agite la souris au bout de son fil à poussière, et puis ? Eh bien j'attends, et j'attends ce qui me semble être des durées plutôt solaires dans leur étirement de durée. Elle me glisse la dame, qu'il faut y aller par mots-clés, ah. Des mots-clés ouioui... Je vois parfaitement. Et je rame, je lag, je bug un peu beaucoup du processeur, parce que c'est quoi le mot-clé de "métier à mot" ? Je tape juste, 'mot'.
Et non. Il trouve toujours pas.
Donc bin je mets un 's'. Au cas où.
Rien.
Pour relâcher la pression, je tape bordel de nom de dieu trouve moi ma passion, que je puisse l'exercer avec raison. Il me sort du bénévolat, de l'humanitaire, des stages, dans le social, et tout. Moi je me dis, ah cool. Du résultat. Mais qu'en faire ?
Je laisse les mots, et ajoute 'mot'.
Il plante.
Je recommence le lendemain, un peu déssoulé. Je ne suis que pas trop pressé. Et tout-de-même attentionné.
Je change d'angle d'attaque.
Direction : le listing des métiers. Je trouverai, d'une manière ou d'une autre.
Les colonnes défilent, les menus, les articles et photos, les liens, que je déroule et dont je suis un fil étrange, oui, celui de l'internet, un pas après l'autre, une adresse qui mène à la suivante, qui n'est pourtant pas forcément voisine. Pis je ferme pour aujourd'hui, toujous bredouille.
Des mots... me dis-je.
Je vais réfléchir par moi-même. Pourquoi ce goût-là ? Je m'en fous, c'est un goût, arbitraire, toute la puissance de l'absence d'explication sur son origine ou sa justification. Mais en tant que je ne trouve pas, il me faut des indices pour savoir, alors je réfléchis.
Des mots, c'est pour écrire ? Parler ? Il me faut alors devenir : porte-parole de rédigeur de dictionnaire ? Ouais, ça doit exister ça ! Je fonce sur l'ordi, tape, avec le clavier, et appuie sur entrée.
Rien du tout du tout.
Merde.
Ausculteur de mégaphone déterioré ? A la limite du garagiste pour sourdine ? Un truc, je sais pas, il faut être quoi quand on veut bosser dans les mots écrits ou oraux ? Choisir déjà, l'un ou l'autre ? Oui...
Bon bah écrit alors, comme ça je m'éteindrai pas la voix à parler.
Colleur de lettrage intempestif.
Existe pas.
Mais c'est quoi ces activités de merde qu'ils proposent alors, et comment on les trouve ? Un truc précis ? Ecrit... écrivain !
Je tape, le mot existe.
Youplaboum.
Qu'est-ce qu'ils en disent ? Que... ah. Ouais.
Heu...
Bon.
Pis dans tout ça, c'est quoi des mots ? Et qu'est-ce je m'en contrefous ? Y'a un truc derrière, non ? Y'a un voile ? J'ai jamais capté, mais y'a du rien de tout. Alors je cherche quoi ? Un métier ? Des mots ? Une pensée ? Y arriver ? A quoi ? Survivre ? Pour quoi ?
J'attends les jours, et ils arrivent.
Ils passent.
Ils partent.
Et moi ?
Je m'imagine que je cherche du boulot.
Pis après j'oublie.