Bonjour Tchi,
Personnellement, j'ai des convictions totalement opposées aux tiennes.
Si j'écris blanc, c'est pour que le lecteur lise blanc. Sinon, ça ne sert à rien d'écrire. C'est pour ça qu'il y a la technique. L'émotion que ça suscite, c'est la cerise sur le gâteau. Mais ça n'a rien à voir avec la technique, il s'agit de talent.
L'auteur donne les clés d'un univers qu'il a construit, le lecteur découvre l'univers avec ses propres yeux, mais ce qu'il ressent n'est pas totalement aléatoire, ça rentre dans un champ de possibilités qui ont pour origine le pouvoir évocateur des mots utilisés.
La technique c'est essentiel pour construire l'univers où se promène le lecteur, sinon tout paraît bancal et il n'y a pas d'émotion, justement.
Je suis peut-être la seule à être à côté de la plaque mais ce serait possible de définir ce que vous entendez par "la technique" ? (parce que quelle que soit l'option que j'imagine, je vois pas en quoi ça change le fait d'accepter / apprécier / rechercher ou non que le lecteur puisse avoir une lecture différente de ce qu'imaginait l'auteur).
Pour moi la technique englobe toutes les réflexions de construction de texte. Forme comme fond (plan, tournure grammaticale, figure de style.....)
Dans tout art il faut selon moi : partir du principe qu'on ne sait rien > apprendre le règle > comprendre pourquoi ces règles existes > comment elles se sont imposé et pourquoi (qu'est ce qui fait qu'on enseigne qu'il faut écrire de cette façon plutôt qu'une autre) > créer ses propres règles.+ 1000 :coeur:
Sauter depuis la première marche jusqu'à la dernière c'est se priver soit même d'un parcours extrêmement formateur.
Milena
Merci votre réponse m'éclaire beaucoup ! Je pense en effet ne jamais avoir cerné l'utilité des règles en question.
En effet je ne connais rien c'est un fait et c'est pour ca que je veux commencer par le commencement, remettre en questions mes à priori.
Dans tout art il faut selon moi : partir du principe qu'on ne sait rien > apprendre le règle > comprendre pourquoi ces règles existes > comment elles se sont imposé et pourquoi (qu'est ce qui fait qu'on enseigne qu'il faut écrire de cette façon plutôt qu'une autre) > créer ses propres règles.
Sauter depuis la première marche jusqu'à la dernière c'est se priver soit même d'un parcours extrêmement formateur.
Enfin, pour les analyses de textes, j'aimais pas ça avant de comprendre en seconde qu'elles pouvaient être passionnantes ; on se rend vraiment compte en étudiant les textes de près du génie d'un auteur, de sa maîtrise des techniques, mais également de sa capacité à se détacher des normes et à produire un texte original et littéraire ! et puis, le sens d'un texte peut être compris différemment selon les sensibilités, évoqué différentes choses, mais à mon sens, son idée globale est commune à tous. Après, il peut toucher différemment !Yep :coeur:
étudier les brouillon permet de comprendre l'origine des choix d'un auteur (certains de ses parties prit deviennent plus claire lorsqu'on sait ce qui les a motivé).
Et ça dépasse tout à fait la prosodie : aujourd'hui si tu ne te rapproches ni du surréalisme ni du romantisme, tu es quasiment hors-jeu. Il y a quasiment des codes pour les « sujets poétiques » et les « sujets qui ne seraient pas poétiques ».J'interviens juste pour dire que c'est totalement faux, et que pour le savoir il suffit d'ouvrir un bouquin de poésie qui a moins de 50 ans. Les règles évoluent encore actuellement en poésie.
CiterEt ça dépasse tout à fait la prosodie : aujourd'hui si tu ne te rapproches ni du surréalisme ni du romantisme, tu es quasiment hors-jeu. Il y a quasiment des codes pour les « sujets poétiques » et les « sujets qui ne seraient pas poétiques ».J'interviens juste pour dire que c'est totalement faux, et que pour le savoir il suffit d'ouvrir un bouquin de poésie qui a moins de 50 ans. Les règles évoluent encore actuellement en poésie.
Pour ça que les analyses au lycée ou collège, avec multitudes de termes techniques pour définir l'analyse, ça donne quelque part une vision fausse de l'écrivain. Le fameux "Je suis sûr qu'il a jamais pensé à mettre telle figure de style sciemment en écrivant ça". Parce qu'en effet, l'écrivain s'en fout bien de placer telle figure de style constamment à chaque ligne, c'est des choses qui finissent par se sentir, par habitude de lecture, par habitude d'écriture, par habitude de se lire soi aussi.Je pense qu'une part des idées reçut sur ce qu'est réellement la technique en littérature provient justement du fait que les professeur ne la présente pas correctement au collège et au lycée (ce qui est normale : ils n'ont pas le temps, pas les moyens, pas le public adéquat pour véritablement entrer dans les détails, mais malgré tout il faut garder en tête que beaucoup de personnes n'ont jamais eu d'études sur la littérature en dehors des cours de lycée, très peux de gens ont l'occasion d'étudier la littérature à la fac). Je pense aussi que certains professeurs n'ont pas la bonne approche et qu'ils faussent du même coup la vision des étudiant.
Ecrire, entre techniques et émotionsComment ça "entre" ? :o
dégoûté par mes professeurs de français s'entêtant à vouloir me faire analyser des textes mais refusant d'entendre mon interprétation.J'ai bien connu ;D
C'est bien là l'origine de toutes mes questions sur ce qu'est un écrit,Un écrit, c'est d'abord et avant tout une sorte de cri, un truc qui veut sortir et on ne sait pas comment le faire sortir. On peut discuter à l'infini de la forme qu'il peut ou doit prendre, mais ne t'interdit jamais de crier, s'il te plaît. :)
Aaah, la technique. Je suis probablement tout ce que la technique dois détester. Suis-je la seule?Je souhaite juste souligner que tu as, ici, personnifié "la technique" pour l'accuser de te détester.
Mais au fait, qu'est-ce que écrire? Et puis, pourquoi écrit-on?Ok. Mais puisque tout le monde écrit, alors nous sommes tous des artistes. Donc toi aussi.
Mon point de vu? Ecrire est un art.
Mais chacun dois pouvoir faire la sienne sans être jugé.On peut discuter longtemps sur les ressorts qui fonderaient la liberté de jugement, mais chacun(e) d'entre nous est légitime à avoir un jugement sur une oeuvre d'autrui. Le jugement d'une oeuvre artistique est quelque chose de culturel et personnel. Et les professionnels du jugement (les critiques d'art) sont une espèce assez particulière, que l'on retrouve surtout dans l'entresoi des salons. Qui dit jugement dit lois, tribunal et avocat, mais la morale fait ça très bien aussi. Nul n'est légitime à contester ton droit à écrire (à quelques règles près), mais interdire tout jugement est impossible. Il faut donc s'en remettre à la bienveillance lorsqu'elle est présente (je suis nouveau ici, mais il me semble que cette bienveillance est très présente sur ce forum)
Quand on dessine un chat on prend le risque que certains voient une panthère, est-ce mal? Quoi? le titre du tableau était "mon chat"? Mais moi je vois un panthère!1) Sauf que si je dessine une cuiller et que tu me dis "C'est un carburateur", je pressens que l'on va avoir des difficultés à se comprendre. Si les mots et les symboles n'ont pas le même sens, on pensera depuis deux univers différents.
Si quand je dis blanc certains lisent noir?On s'en fout. Tu écris d'abord pour faire sortir quelque chose. C'est toi qui est important(e).
Je pense qu'il faut écrire pour suscité des émotions.Et les faire partager, un peu, non ?
Et la technique la dedans? Moi je ne la comprend pas.Ca viendra. Et peut-être la nommeras-tu autrement. Et ce n'est pas important.
Car c'est probablement que j'ai quelque chose encore en moi a découvrir.Te voilà arrivé(e) à ce qui me semble être l'Essentiel : l'écriture comme catalyseur d'une aventure intérieure.
Et vous, quel est votre point de vu?Il existe autant de façon d'écrire que de rapports à l'écrit. J'écris, comme je lis, d'abord pour me faire plaisir.