Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Lilnjel le 03 Mars 2019 à 19:22:00

Titre: Je ne sais quoi en février.
Posté par: Lilnjel le 03 Mars 2019 à 19:22:00
Il y a des moments où je ne suis plus. Je suis sur un balcon surplombant une colline, sur un plongeoir prête à sauter. Je regarde une jeune fille, une étudiante sûrement, je ne sais pas dire son âge. La vue depuis la fenêtre du tramway semble absorbante, comme un plaisir essentiel à sa survie, une corde à laquelle elle se rattache. Ses yeux défilent. Une femme lit, des enfants rient, la peinture écaillée d’une façade décrépie forme une mappemonde où elle voyage. Le frottement régulier et métallique du wagon contre les rails berce ses passagers. Les yeux de la jeune fille se ferment, puis se réouvrent tout à coup dès qu’une voix robotique annonce son arrêt. Frustrée, elle sort rapidement abandonnant là ses pensées, sa divagation, et laissant place au rationnel.
Le vent dégagé par le départ du tramway me fait reprendre mes esprits. Il fait frais. Je ne sais plus trop où j’étais, où je suis allée. Je me souviens seulement du soleil caressant mon visage et du défilement des paysages. Bâtiments délabrés, une ombre langoureuse, l’observation de nuages comme quand j’étais enfant. Sortie de ma torpeur enveloppante, je prends alors le chemin de mon appartement. Je me pose, alors, encore cette fameuse question. Est-ce normal de ne plus se souvenir ? De tout ressentir ? D’observer le monde depuis son échafaudage, puis de revenir à une certaine banalité des sensations ? Celles où je dois trouver un sens à mes actions, celles où j’ai le besoin de tout expliquer, le besoin de tout comprendre, tout maîtriser… Le temps devient, alors, angoissant. J’ai besoin de me trouver une organisation. Pourquoi ais-je l’impression d’être une autre personne dès que mon corps rencontre un événement inspirant. La légèreté devient le maître-mot, le temps n’est plus compté. J’admire, je me fascine, je m’émerveille devant les moindres petites choses, pouvant paraître des plus banales.
Arrivant à mon appartement, mes réflexions se freinent, pour ne pas dire s’arrêtent. Elles ne me laissent jamais tranquilles. Loin de me déranger, elles me permettent de me survoler. Tout me parait alors enivrant : le bruit, la lumière, un oiseau sur sa branche, un homme préoccupé. Tout devient inspiration.
Je continue à me frayer un chemin dans cette rue bondée, pleine de pensées. Une collision. Je tombe nez à nez avec elle. Je deviens, alors, un amas de questions sans réponses, d’anticipations irrationnelles. Le vélo descend la pente à toute allure, je ne trouve pas les freins. Je n’ai plus pied. La peur s’empare de moi, retour brutal à ce qui me semble être la réalité. J’arrive à me défaire lentement de son étreinte. Mes épaules sont lourdes. Atlas doit bien rire. Je m’extirpe de cette cohue, je remonte à la surface et freine enfin ce vélo irrépressible.
Je respire…
Où est, alors, la réelle réalité, celle que tout le monde vit sûrement. Tout compte fait, existe-t-il réellement une réalité générale. Je ne sais pas dire quand je suis dans une rue relativement calme et banale. Il n’y a pas d’entre deux entre la cohue et la plénitude. Je dois partir à la recherche de cette rue, à mi-chemin entre mes univers.
Je ne trouve plus mes clés. Je fouille dans mon sac. Je regarde l’heure. Il ne s’est passé que 10 minutes depuis ma descente du wagon, et pourtant, ça fait des heures que je ne suis pas retournée à la surface. J’entre enfin dans mon appartement.
Titre: Re : Je ne sais quoi en février.
Posté par: Léilwën le 03 Mars 2019 à 20:40:51
Hoy o/

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a peinture écaillée d’une façade décrépie forme une mappemonde où elle voyage
=> joli ça :)
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Frustrée, elle sort rapidement abandonnant là ses pensées, sa divagation, et laissant place au rationnel.
=> il manque une virgule avant "abandonnant", qui introduit une proposition subordonnée à "elle sort rapidement".
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une ombre langoureuse
=> :coeur:
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l’observation de nuages
=> c'est personnel, mais ici j'aurais préféré un "des" plutôt que "de" au niveau des sonorités
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Je me pose, alors, encore cette fameuse question
=> ici, les virgules sont de trop (pour mettre une virgule, il faudrait le rejeter en début de proposition)
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Le temps devient, alors, angoissant
=> idem
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Pourquoi ais-je
=> ai-je (sans l'inversion, c'est "j'ai")
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Pourquoi ais-je l’impression d’être une autre personne dès que mon corps rencontre un événement inspirant.
=> il s'agit d'une question, il faut donc un "?" à la place du point
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, pouvant paraître des plus banales
=> je trouve ce bout de phrase stylistiquement en dessous du reste et un peu bancal
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Tout me parait alors enivrant : le bruit, la lumière, un oiseau sur sa branche, un homme préoccupé. Tout devient inspiration.
=> :)
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cette rue bondée, pleine de pensées
=> les sonorités :coeur: :coeur:
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Je deviens, alors,
=> pas de virgules (et c'est la 3ème occurrence de cet adjectif dans le texte ; peut-être le remplacer pour varier ?)
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Où est, alors,
=> tu sais ce que je vais te dire ;)
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Où est, alors, la réelle réalité, celle que tout le monde vit sûrement.
=> il s'agit d'une question (même si elle est rhétorique), du coup il faut mettre un "?" à la place du point.
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Tout compte fait, existe-t-il réellement une réalité générale.
=> idem
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Il n’y a pas d’entre deux entre la cohue et la plénitude. Je dois partir à la recherche de cette rue, à mi-chemin entre mes univers.
=> j'aime bien ! :)
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Il ne s’est passé que 10 minutes depuis ma descente du wagon, et pourtant
=> pas de virgule avant "et", qui joue déjà ce rôle dans la phrase

Bon, arrête de douter de ton "débutantisme" :mrgreen: tu maîtrises la langue et il y a de chouettes images dans ton texte ;)

À bientôt !
Titre: Re : Re : Je ne sais quoi en février.
Posté par: Lilnjel le 03 Mars 2019 à 22:55:02


Merci beaucoup de ton temps et de ta réponse ! :)
Et merci pour la correction des différentes petites fautes ( la grammaire c'est pas trop mon fort, même si c'est relativement essentiel)