Texte écrit en une heure lors du dernier défi tic-tac, au vu d'une page de livre aléatoirement choisie.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
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Version 2
Dans un vieil immeuble en centre ville, Célestine raccroche le combiné du téléphone et reprend son tricot. Une maille à l'envers, une maille à l'endroit. Elle soupire et consulte la grande comtoise, il est presque minuit. L'appartement est sombre, éclairée par une lampe elle s'affaire sur son ouvrage et parfois lève la tête prêtant l'oreille. Elle s'impatiente. Cette fois elle n'a pas rêvé, on a toqué. Toc ! Toc ! Elle se lève prestement et se dirige vers l'entrée.
— Bonsoir docteur, enfin si vous êtes bien la personne que j'attends ! Vous êtes bien le médecin de garde ?
Le jeune homme qui vient de frapper à la porte de la vieille dame reste figé sur place. Cette femme, d'un âge incertain, semble avoir une énergie à revendre. Il entre et se présente :
- Docteur Stup madame, SOS médecin, nous avons reçu un appel, c'est bien vous qui avez appelé ?
- Célestine, enchantée - Bonsoir Docteur, vous me paraissez bien jeune pour être déjà diplômé en médecine.
Puis elle s'efface pour le laisser entrer. Il découvre un appartement vieillot mais décoré avec goût, les meubles cossus du siècle dernier, des tentures lourdes de velours vieilli. La pièce principale est presque dans le noir, faiblement éclairée pour un lampadaire qui dirige son faisceau sur un fauteuil et un petit guéridon où est posée une boite à ouvrage. Il se présente :
- Pardonnez ma jeunesse, madame euh... Célestine, mais je suis juste sorti des jupes de mes professeurs. C'est ma première nuit d'urgence après mon internat. Ne vous inquiétez pas, je suis bien qui je prétends être. Vous avez appelé pour une urgence, mais vous me semblez en pleine santé ! Vous savez qu'il est mal de déranger SOS médecins pour rien ?
— Ah ! Mais Docteur ! Vous vous méprenez, ce n'est pas moi la malade, c'est Ernest.
Le toubib rougit un peu de son empressement dû à son inexpérience ; il demande à cette brave Célestine où se trouve le malade. Elle le conduit dans une pièce encore plus sombre, dès qu'elle en ouvre la porte une odeur pestilentielle le prend à la gorge. Il suggère qu'on allume la lumière, mais elle refuse catégoriquement : Ernest ne supporte pas la grande clarté. Elle approche alors d'une petite lampe de chevet basse tension dont elle presse l'interrupteur presque à regret.
Un faible halo éclaire à peine la pièce, Stup s'approche du lit et aperçoit un homme allongé sur le dos, les bras croisés sur le torse, immobile. L'odeur est intenable, un mélange de moisi, de poussière, de thé et d'eau de lavande.
— Je viens de lui faire sa toilette, s'empresse de dire la grand-mère.
Eh ! Bien, heureusement pense Stup dans sa petite tête
Il pose sa sacoche sur un tabouret et s'approche du lit, il s'adresse au malade :
— Bonsoir Ernest, je suis le docteur Stup, dites-moi : d'où souffrez-vous ?
En posant sa main sur celle du malade pour tenter de prendre son pouls, il est pris de panique et recule d'un mouvement instinctif. Le malade ne souffre pas, ou plus... il est froid comme un glaçon et sûrement mort depuis un bout de temps. De son corps en putréfaction se dégagent des relents écœurants.
Stup reste un instant bouche bée, sans bouger, à un mètre du lit. Reprenant peu à peu ses esprits, il se tourne vers Célestine, mais celle-ci est repartie à la cuisine. Elle lui crie :
- Voulez-vous du thé Docteur ?
- Oui, ce n'est pas de refus, merci !
Ça gagnera du temps, mais comment vais-je bien pouvoir lui annoncer qu'il est mort son homme ? Elle ne semble pas en être consciente. Célestine, je ne sais si vous le savez mais... Euh... Votre mari Célestine est... et merde ! J'y arrive pas... Célestine, vous savez votre mari n'est plus - Non ça ne va pas - Je n'ai vraiment pas de chance pour ma première urgence !
Alors qu'il réfléchit à la manière la plus douce d'annoncer à la vieille dame la triste nouvelle, elle entre guillerette un plateau au bout des bras. Deux tasses et une théière, accompagnées de petits gâteaux secs bien appétissants qu'elle pose sur une table basse.
Elle remplit les deux tasses et tend l'assiette à Stup, qui prend un des biscuits si gentiment offert.
— Vous savez docteur, ça fait trois jours qu'il est comme ça, mais je n'osais pas déranger la médecine pour si peu.
— Mais enfin Célestine, il aurait fallu nous appeler avant, votre mari...
— Ah ! je vous arrête Docteur, ce n'est pas mon mari ! Je ne connais pas cet homme, il a frappé à ma porte il y a trois jours et depuis il dort sur mon lit.
— Mais vous l'appelez Ernest madame, vous le connaissez donc !
— Mais oui jeune homme, comme tous les Ernest qui me rendent visite ! Il est de SOS médecins, comme vous.
Mais je vous en prie, Ernest, finissez donc votre thé et mes biscuits faits maison, ne sont-ils pas délicieux ?
:mrgreen: