Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: miette le 18 Janvier 2019 à 09:29:39
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Petite fille blonde aux joues rosées, tu aimes les bras de ta mère qui t’enlacent et te serrent. Elle sait te faire rire maman. Magicienne, guérisseuse de bobos, c’est vers elle que tu cours pour panser tes maux.
Elle est douce maman, elle coiffe tes cheveux blonds en finissant toujours par une chatouille dans ton cou. Tu es sa princesse, elle est ta reine.
Tu aimes quand elle te dit qu’elle t’aime gros comme ça.. Elle te fait sauter sur ses genoux.
Tu lui ressembles beaucoup, le teint porcelaine, les yeux lagon et cette joie de vivre.
Tu es si belle. Tu as le monde à tes pieds, les brins d’herbe s’écartent pour te laisser passer. On croirait que le vent te porte à chaque pas que tu fais.
Quelle légèreté, quel doux parfum d’enfance que tu portes si bien à ton cou.
Le temps passe et tu es toujours aussi belle, tu lui ressembles de plus en plus.
Les notes de douceur chantonnant dans ton cou ont pourtant laissé place à des touches mélancoliques. Tes pas deviennent lourds, ton regard n’est plus qu’un océan de larmes depuis qu’elles sont parties, parties ensemble.
Tu les aimais pourtant d’un amour profond et sincère. Dans tes souvenirs elles sont à jamais liées. C’est avec beaucoup de tristesse que tu repenses à elles.
Tu te remémores ces instants à leur cotés, ces mots, ces promesses.
Une cicatrice sur ton coeur.
Ta beauté s’efface petit à petit, de petits traits fins apparaissent sur ton front, tu te rappelles que maman avait les mêmes, papa l’agaçait souvent avec cela aujourd’hui c’est toi qu’il titille, il s’amuse à les compter à chacun de tes anniversaires.
Tu deviens mère à ton tour. Tu es la nouvelle guérisseuse de bobo, cette magicienne capable de faire rire ton enfant malgré les larmes.
Tu créé ton propre royaume avec deux beaux sujets à ta cour. Qu’est ce qu’il peuvent t’aimer tes enfants. Tu es cette personne que tu vénéras tant autre fois. Tu lui ressembles encore et ca t’effraie.
Mais non, toi tu ne partira pas. Tu ne déserteras pas le royaume. Il n’y aura pas de guerre dans ton royaume à toi. Tu veux une belle histoire à leur offrir, avec une fin digne des plus grands contes.
A chaque fois que tu fermais les yeux tu pensais à elles, et espérais qu’en les rouvrant tu les retrouverais. Mais maman avait décidé de quitter son royaume, emmenant dans ses bagages ton enfance. Partant sans se retourner, volant cet élan d’insouciante qui te portait. Laissant le roi et la princesse seuls, abandonnés.
La petite fille blonde aux joues rosées, a bien changé. Elle devenu grande sans le vouloir, sans le décider.
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Comme un moulin sans grande âme avec bien peu de sang, ne suis-je finalement qu'une petite machine à ressorts pour dire :
J'ai aimé, c'était chouette.
Le thème ne me touche pas ; je n'aime pas enfants.
Je n'aime pas les mamans.
Mais j'ai bien aimé les océans.
Et le roi et la princesse, seuls, abandonnés.
Alors je trouve que c'est uns très jolie tendresse.
Que de coucher en mots les étreintes oubliées.
Les rides sont sur l'eau parce que tout cela s'est bien tenu.
Une machine bien morne que celle-ci, pour voir que cette joie de vivre. dénote dans le rythme, fourvoie le flux lisse, renvoi vite sans creux celui qui voudrait obtenir un coeur.
Mais sinon, franchement,
J'ai bien aimé la fin.
Bien que cela ne m'ai pas tant évoqué autre chose que des océans qui s'en allaient.
C'était joli quand même.
Merci.
Marchine,
Nacas.
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Bonjour Miette,
Bel hommage aux Mamans !
Mais pourquoi, si j'ai bien compris, isoler son enfance de sa propre vie ?
L'enfance est la maturation de ce que l'on est, elle est toujours partie intégrante de soi et souvent continu d'orienter notre vie.
Quelques "miettes" qui grattent ;) :
Qu’est ce qu’il peuvent t’aimer tes enfants.
« …qu’ils… »
Tu lui ressembles encore et ca t’effraie.
« …ça… »
Mais non, toi tu ne partira pas
« …partiras… »
Elle devenu grande sans le vouloir, sans le décider.
« Elle est devenue ... »
P.our S.ourir : Il est plus facile de voir les pailles des autres dans nos lectures que nos propres poutres dans nos écritures
Merci pour ce partage.
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Bravo pour ce joli texte, touchant, prenant.
Je n'ai pas grand chose à souligner, hormis cette petite phrase peut être dont la tournure m'a un petit peu "chafouiné" je dirais, c'est tout :)
Qu’est ce qu’il peuvent t’aimer tes enfants.
Merci de nous avoir partagé ton texte
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@B.Didault ici l'enfance et la mère sont liées, la maman est partie abandonnant son enfant et lui a en quelque sorte volé cette enfance lors de sa fuite. Et ici miette refuse que ce soit cette enfance volée et ce départ qui orientent sa vie. Elle ne veut pas reproduire le schéma.
Merci à tous pour votre lecture.
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Miette,
merci pour ces explications.
Comme le démontre Umberto ECO dans "Les Limites de l'Interprétation", le lecteur traduit avec ses propres sentiments, sa propre culture.
En l’occurrence, moi qui suis plus amoureux de la mère de mes enfants que de mon épouse (je te rassure c'est la même), j'ai décelé dans ton texte non pas un simple départ, dans le sens "abandon", mais un décès emportant avec lui dans la tombe toutes les images et tous les souvenirs de l'enfance.
Pas de chance ton texte reste magnifique ! ;)